♥️ C Était Mon Oncle Résumé Par Chapitre

Cétait Mon Oncle ! Calaméo by Nathan Jeunesse. C' 27/06/12 19:28 C'etait_mon_oncle-BAT.indd Je ne pouvais être concerné que par le tas du milieu, où j’espérais chaque soir une lettre de mes cousins ou une invitation à un anniversaire. J’avais 9 C'etait_mon_oncle-BAT.indd 9 27/06/12 19:28 . envie de sortir de chez moi car je m’y sentais

Cet article est pouvez émettre vos suggestions de modification sur la page de discussion. Harry Potter à l'école des sorciers Angl. Harry Potter and the Philosopher's Stone est le premier tome de la saga Harry Potter écrite par Rowling et traduite par Jean-François Ménard. Chapitre 01 Le survivant Harry Potter se retourna sous ses couvertures sans se réveiller. Sa petite main se referma sur la lettre posée à côté de lui et il continua de dormir sans savoir qu'il était un être exceptionnel, sans savoir qu'il était déjà célèbre, sans savoir non plus que dans quelques heures, il serait réveillé par le cri de Mrs Dursley qui ouvrirait la porte pour sortir les bouteilles de lait et que pendant des semaines, il serait piqué et pincé par son cousin Dudley... Il ne savait pas davantage qu'en ce moment même, des gens s'étaient rassemblés en secret dans tout le pays et qu'ils levaient leur verre en murmurant À la santé de Harry Potter. Le survivant ! » — Un bébé déposé sur le seuil de la famille Dursley, au 4, Privet Drive Le survivant Angl. The Boy Who Lived est le premier chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Le jeune Harry Potter est déposé devant le domicile de la famille Dursley. Il a miraculeusement survécu à une horrible tragédie qui a coûté la vie à ses parents... Résumé Les Dursley mènent une vie paisible au 4, Privet Drive, jusqu'au jour où un mystérieux individu, un certain Albus Dumbledore dépose Harry, alors âgé de quinze mois, devant leur porte. Il s'agit du fils des Potter et sa mère est la sœur de Pétunia Dursley. Les deux sœurs ne se parlaient plus. Les parents de Harry sont morts quelques heures plus tôt, assassinés par une personne effrayante dont les sorciers n'osent prononcer le nom, Voldemort, mais le bébé a miraculeusement survécu à l'attaque. Le monde de la sorcellerie n'hésite plus à appeler le jeune miraculé Harry Potter, le survivant. Révélations Les Dursley se définissent comme des gens tout à fait normaux mais possèdent un secret, qui concerne la sœur de Pétunia Dursley, avec laquelle ils refusent toute relation. Les sorciers font des fêtes dans toute la Grande-Bretagne, au mépris du Code international du secret magique hiboux, pluies d'étoiles filantes, habits fantasques... Les Moldus remarquent des évènements bizarres et en parlent même au journal télévisé. Vernon Dursley surprend des conversations sur les Potter et Harry et on lui dit que même lui devrait être heureux car "Vous-Savez-Qui" a disparu. Minerva McGonagall passe sa journée à surveiller le 4, Privet Drive et est capable de se transformer en chat. Albus Dumbledore arrive plus tard. Harry Potter arrive sur la moto volante de Sirius Black avec Rubeus Hagrid. Il porte une cicatrice en forme d'éclair au front. Il a survécu à l'attaque de Voldemort. Ses parents sont morts et Dumbledore le confie à son oncle et à sa tante. Révélations sur la suite de la saga Le secret est lié au monde de la sorcellerie. Pétunia a toujours été jalouse de Lily. Elle a essayé d'entrer à Poudlard en écrivant à Dumbledore. Harry est devenu un Horcruxe involontaire de Voldemort. Harry a été protégé par l'amour que sa mère lui portait et son sacrifice. C'est de la vieille magie. Contrairement à la majorité des sorciers, Dumbledore ne pense pas que Voldemort soit parti pour toujours. Dumbledore a laissé une lettre où il demandait aux Dursley de considérer Harry comme leur fils mais ils ne le feront jamais. Dumbledore a mis en place des protections autour du 4, Privet Drive qui dureront jusqu'à la majorité de Harry dix-sept ans pour les sorciers. Sirius Black, le premier sur les lieux du crime, sera emprisonné, à tort, à Azkaban il a été condamné pour avoir livré les Potter. Harry utilisera le même moyen de transport, la moto volante, pour son dernier départ du 4, Privet Drive. Premières apparitions Personnages Vernon Dursley • Pétunia Dursley • Dudley Dursley • Lily Potter mention • James Potter mention • Harry Potter • Sorciers et Moldus • Sorcier avec une cape vert émeraude • Passants • Une demi-douzaine d'employés de la Grunnings • Secrétaire de Vernon Dursley • Vieux sorcier minuscule • Voisine des Dursley et sa fille • Ted • Des centaines de témoins • Experts • Jim McGuffin • Albus Dumbledore • Minerva McGonagall • Dedalus Diggle mention • Voldemort mention • Madame Pomfresh mention • Rubeus Hagrid • Sirius Black mention Créatures Hiboux • Chat tigré Surnoms Harvey ou Harold ou Howard pour Harry par Vernon Dursley • Vous-Savez-Qui pour Voldemort • Le survivant pour Harry Potter Évènements Meurtres de James et Lily Potter • Chute de Voldemort • Rassemblements secrets de sorciers • Arrivée de Harry Potter au 4, Privet Drive • Vols de hiboux • Pluie d'étoiles filantes Objets Éteignoir • Montre d'Albus Dumbledore • Lettre d'Albus Dumbledore à la famille Dursley • Moto de Sirius Black Lieux 4, Privet Drive • Grunnings • Privet Drive • Boulangerie • Kent mention • Yorkshire mention • Dundee mention version originale uniquement • Écosse mention version française uniquement • Godric's Hollow mention • Bristol mention • Londres mention • Métro de Londres mention Magie Métamorphose en chat • Cicatrice Termes propres à la magie Moldu • Terme d'Animagus métamorphose en chat non mentionné Chapitre 02 Une vitre disparaît Dudley Dursley Pousse-toi de là, par surprise, Harry tomba sur le sol de ciment. Ce qui se passa ensuite fut tellement rapide que personne ne vit comment c'était arrivé. Soudain, alors qu'ils se tenaient côte à côte devant la cage de verre, Piers et Dudley firent un bond en arrière en poussant des cris d' se redressa, le souffle coupé la vitre qui retenait le boa prisonnier avait disparu. Le long serpent se déroula rapidement et quitta sa cage en ondulant sur le sol. Pris de panique, les visiteurs du vivarium se précipitèrent vers la sortie en hurlant de terreur. Boa Et maintenant, direction le Brésil ! Merssssi, amigo. — Une vitre disparaît au vivarium du zoo Dudley Dursley Pousse-toi de là, par surprise, Harry tomba sur le sol de ciment. Ce qui se passa ensuite fut tellement rapide que personne ne vit comment c'était arrivé. Soudain, alors qu'ils se tenaient côte à côte devant la cage de verre, Piers et Dudley firent un bond en arrière en poussant des cris d' se redressa, le souffle coupé la vitre qui retenait le boa prisonnier avait disparu. Le long serpent se déroula rapidement et quitta sa cage en ondulant sur le sol. Pris de panique, les visiteurs du vivarium se précipitèrent vers la sortie en hurlant de Et maintenant, direction le Brésil ! Merssssi, amigo.— Une vitre disparaît au vivarium du zoo Une vitre disparaît Angl. The Vanishing Glass est le deuxième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Dudley Dursley fête son onzième anniversaire. Pour l'occasion, la famille Dursley se rend au zoo avec, à leur grand dépit, le cousin de Dudley, Harry Potter. Des évènements étranges vont se produire... Résumé Dix ans après les évènements précédents, au 4, Privet Drive, Harry Potter est maltraité par son oncle et sa tante. Lors de l'anniversaire de son cousin Dudley Dursley, Harry va avec celui-ci, sa tante et son oncle et un ami au zoo. Là, il fait la rencontre extraordinaire d'un serpent et se surprend à parler avec lui ; mais il n'est pas le seul à s'en rendre compte l'ami de Dudley, Piers Polkiss, appelle Dudley. Celui-ci arrive et donne un coup à Harry pour qu'il se pousse. La vitre qui retenait le serpent disparaît alors et le reptile s'enfuit. Révélations Harry Potter rêve d'une moto volante. Harry dort dans un placard sous l'escalier. Dudley Dursley est un enfant très capricieux. Harry va au zoo avec Dudley, l'oncle Vernon, la tante Pétunia et Piers parce que personne ne peut le garder d'habitude c'est Arabella Figg, mais elle s'est cassé la jambe à cause de l'un de ses chats. Quand elle le garde, Arabella Figg le force à regarder des photos de chats. Il arrive souvent des évènements étranges à Harry qui mettent ensuite l'oncle Vernon dans une fureur noire. Harry parle à un serpent au zoo. Piers en est témoin. Alors que Harry est bousculé par Dudley, la vitre du vivarium disparaît. Le serpent s'enfuit, tout en s'amusant à faire peur à Dudley et Piers. Il n'y a pas de photos des parents de Harry au 4, Privet Drive. Révélations sur la suite de la saga Les sorciers parlant aux serpents, les Fourchelangs, sont rares. Cela est souvent assimilé à un acte de magie noire. Voldemort est un Fourchelang. Harry n'est pas un vrai Fourchelang. Quand la partie de Harry liée à Voldemort va mourir, la capacité de Harry de parler aux serpents va également disparaître. Premières apparitions Personnages Arabella Figg mention prénom non mentionné • Marjorie Dursley mention • Yvonne mention • Piers Polkiss • Mère de Piers Polkiss • Bande de Dudley Dursley • Directrice de l'école • Vendeuse de glaces du zoo • Gardien du vivarium • Directeur du zoo • Dedalus Diggle mention auparavant mais première apparition réelle • Femme échevelée habillée de vert • Homme chauve avec un manteau pourpre Créatures "Chats" d'Arabella Figg mention • Pompom mention • Patounet mention • Mistigri mention • Mignonnette mention • Gorille • Serpents et lézards • Boa constrictor Surnoms Dudlynouchet pour Dudley Dursley par Pétunia Dursley écrit Dudlinouchet au chapitre suivant Évènements Onzième anniversaire de Dudley Dursley • Harry Potter parle avec un serpent pour la première fois Lieux Majorque mention • Zoo • Brésil mention Magie Divers évènements inexplicables mentionnés cheveux de Harry qui repoussent en une nuit même coupés à ras, pull horrible qui rétrécit, Harry qui se retrouve en haut d'un toit alors qu'il est poursuivi • Vitre qui disparaît • Lumière verte Termes propres à la magie Termes de Fléreurs chats, de Fourchelang parler au serpent, d'Avada Kedavra lumière verte et nom de Dedalus Diggle homme minuscule coiffé d'un chapeau haut de forme violet non mentionnés Chapitre 03 Les lettres de nulle part Dudley Dursley Papa ! Papa, regarde ! Harry a reçu quelque chose !Harry était sur le point de déplier sa lettre, écrite sur un parchemin semblable à celui de l'enveloppe, lorsque l'oncle Vernon la lui arracha des mains. Harry Potter C'est à moi ! Vernon Dursley Qui donc t'écrirait ?D'une main, il secoua la lettre pour la déplier, puis il y jeta un coup d'œil. Son teint passa alors du rouge au vert plus vite qu'un feu de signalisation. Et il n'en resta pas là. En quelques secondes, il était devenu d'un gris pâle de vieux porridge. — Première lettre de nulle part Dudley Dursley Papa ! Papa, regarde ! Harry a reçu quelque chose !Harry était sur le point de déplier sa lettre, écrite sur un parchemin semblable à celui de l'enveloppe, lorsque l'oncle Vernon la lui arracha des Potter C'est à moi !Vernon Dursley Qui donc t'écrirait ?D'une main, il secoua la lettre pour la déplier, puis il y jeta un coup d'œil. Son teint passa alors du rouge au vert plus vite qu'un feu de signalisation. Et il n'en resta pas là. En quelques secondes, il était devenu d'un gris pâle de vieux porridge.— Première lettre de nulle part Les lettres de nulle part Angl. The Letters from No One est le troisième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter, qui ne reçoit jamais de courrier, reçoit un jour une lettre... Résumé Un matin, en allant prendre le courrier, Harry Potter découvre une lettre qui lui est destinée. Mais son oncle Vernon la lui confisque et semble très inquiet. Le lendemain, la lettre arrive à nouveau et il en arrive de plus en plus chaque jour. Pour échapper à ces lettres et de peur que Harry ne réussisse à en attraper une, la famille Dursley, sur décision de l'oncle Vernon, part se réfugier dans une petite cabane. Révélations Harry Potter reçoit une lettre, adressée à "Mr. H. Potter - Dans le placard sous l'escalier - 4, Privet Drive - Little Whinging - Surrey" Vernon et Pétunia Dursley paniquent lorsqu'ils examinent l'enveloppe et la confisquent. Ils donnent à Harry la deuxième chambre de leur fils Dudley. Le lendemain, une nouvelle lettre arrive, adressée à "Mr. H. Potter - Dans la plus petite chambre du 4, Privet Drive...". Elle est à nouveau confisquée. Après de nouvelles lettres, Vernon décide de partir. Ils se réfugient dans un hôtel. À la réception, le lendemain, les attendent une centaine de lettres adressées à "Mr. H Potter - Chambre 17 - Hôtel du Rail - Carbone-les-Mines" La nuit du 30 au 31 juillet, Harry est éveillé. Exactement à minuit, alors que c'est son onzième anniversaire, il entend "BOUM ! BOUM !" Révélations sur la suite de la saga Les lettres proviennent de Poudlard, l'école des sorciers. Albus Dumbledore est resté un grand enfant, comme on peut le remarquer avec la scène des verres quand il vient chercher Harry chez les Dursley dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, bien que ressentant un grand agacement vis à vis des Dursley qui empêchent Harry de lire sa lettre de Poudlard, il a dû prendre un malin plaisir à les torturer avec la magie entourant ces lettres. Il attend tout de même le jour de l'anniversaire de Harry pour prendre des mesures plus radicales en envoyant Hagrid. Premières apparitions Personnages Dennis • Malcolm • Gordon • Patronne de l'Hôtel du Rail • Propriétaire de la barque Créatures Perroquet • Tortue Objets Lettre de Poudlard • Parchemin Lieux Smelting mention • Collège du quartier mention • Île de Wight mention • Little Whinging première mention du nom • Poste de Little Whinging • Carbone-les-Mines • Hôtel du Rail • Cabane Magie Sur les enveloppes que reçoit Harry, le lieu exact où il dort est toujours mentionné • Multiplication des lettres • Lettres dissimulées dans des œufs • Projection d'une quarantaine de lettres... Chapitre 04 Le gardien des Clés Harry Potter Je suis désolé, mais je ne sais toujours pas qui vous êtes. Rubeus Hagrid Appelle-moi Hagrid, comme tout le monde. Et je te l'ai dit, je suis le gardien des Clés de Poudlard. Tu sais déjà ce qu'est Poudlard, j'imagine ? Harry Potter Euh... non... Désolé. Rubeus Hagrid Désolé ? C'est eux qui devraient être désolés ! Je savais que tu ne recevais pas les lettres mais j'ignorais que tu n'avais même pas entendu parler de Poudlard ! Tu ne t'es donc jamais demandé où tes parents avaient appris tout ça ? Harry Potter Tout ça quoi ? Rubeus Hagrid TOUT ÇA QUOI ? Attends un peu ! Vous n'allez pas me dire que ce garçon ne sait rien sur... RIEN ? — Harry apprend la vérité sur la famille Potter, cachée depuis des années par les Dursley Harry Potter Je suis désolé, mais je ne sais toujours pas qui vous Hagrid Appelle-moi Hagrid, comme tout le monde. Et je te l'ai dit, je suis le gardien des Clés de Poudlard. Tu sais déjà ce qu'est Poudlard, j'imagine ?Harry Potter Euh... non... Hagrid Désolé ? C'est eux qui devraient être désolés ! Je savais que tu ne recevais pas les lettres mais j'ignorais que tu n'avais même pas entendu parler de Poudlard ! Tu ne t'es donc jamais demandé où tes parents avaient appris tout ça ?Harry Potter Tout ça quoi ?Rubeus Hagrid TOUT ÇA QUOI ? Attends un peu ! Vous n'allez pas me dire que ce garçon ne sait rien sur... RIEN ?— Harry apprend la vérité sur la famille Potter, cachée depuis des années par les Dursley Le gardien des Clés Angl. The Keeper of the Keys est le quatrième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. À minuit, le jour de ses onze ans, Harry Potter reçoit une étrange visite... Résumé Cette nuit, c'est l'anniversaire de Harry Potter. Tout le monde dort, sauf lui. Soudain, un géant du nom de Rubeus Hagrid qui se présente comme le gardien des Clés vient perturber le calme de la cabane et réveille toute la famille Dursley. Il raconte à Harry que ses parents ont été tués par un puissant et très méchant sorcier du nom de Voldemort. Puis il lui remet une lettre il doit aller à Poudlard, l'école des sorciers à laquelle il est inscrit depuis sa naissance. Révélations Rubeus Hagrid fait irruption pour remettre une nouvelle lettre à Harry Potter, adressée à "Mr. H. Potter - Sur le plancher de la cabane au sommet du rocher, en pleine mer". Harry est un sorcier, comme l'étaient ses parents. Il est inscrit à Poudlard depuis sa naissance. Les études durent sept ans. Dans le monde des sorciers, tous les enfants connaissent le nom de Harry Potter, alors que Harry ne connaît pas l'existence du monde des sorciers, à la grande colère de Hagrid. Hagrid lance un sort à Dudley Dursley, il se retrouve affublé d'une queue de cochon en tire-bouchon. Hagrid n'a pas le droit d'utiliser la magie il a été renvoyé de l'école et sa baguette a été cassée en deux. Il a un parapluie rose très étrange... Révélations sur la suite de la saga Hagrid est appelé "le géant". Malgré son apparence, la plupart des personnes pensent en fait qu'il lui est arrivé un accident de magie dans son enfance qui a changé son apparence. Mais effectivement, Hagrid a bien du sang de géant, par sa mère, Fridluva. Premières apparitions Personnages Père de Lily et Pétunia Evans mention • Mère de Lily et Pétunia Evans mention • Adeptes de Voldemort mention • Famille McKinnon mention dont probablement Marlene McKinnon non précisé • Famille Bones mention dont probablement Edgar Bones non précisé • Famille Prewett mention dont probablement Fabian Prewett et Gideon Prewett non précisé Créatures Scarabées mention • Têtard mention Évènements Lecture de la lettre de Poudlard par Harry Potter • Onzième anniversaire de Harry Potter Objets Plume d'oie • Gargouille mention • Parapluie rose de Rubeus Hagrid Lieux Cabane au sommet du rocher première mention du nom donné par la lettre de Poudlard • Poudlard mention Magie Métamorphose échouée en cochon • Tasse en rat mention Termes propres à la magie Gardien des Clés et des Lieux à Poudlard • Commandeur du Grand-Ordre de Merlin • Docteur ès Sorcellerie • Enchanteur-en-chef • Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers • Hibou dans le sens de courrier, lettre • Moldu explication • Terme de Mangemort adepte de Voldemort non mentionné Secrets du tournage Dans le film Rubeus Hagrid fait semblant de confondre Dudley Dursley et Harry Potter. L'écriture sur le gâteau d'anniversaire comporte des fautes "joyeu aniversère". Harry ne doute jamais qu'il est un sorcier. Hagrid ne raconte pas entièrement toute son histoire à Harry, ils en parlent à nouveau au Chaudron Baveur après avoir fini les achats sur le Chemin de Traverse. Hagrid et Harry partent sans passer la nuit dans la cabane. Chapitre 05 Le Chemin de Traverse Rubeus Hagrid Bienvenue sur le Chemin de Traverse.— Première visite de Harry Potter dans le Londres magique Le Chemin de Traverse Angl. Diagon Alley est le cinquième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter se rend au Chemin de Traverse, une rue cachée de Londres... Résumé Rubeus Hagrid emmène Harry Potter acheter ses fournitures scolaires sur le Chemin de Traverse à Londres, un chemin caché auquel on accède par magie. À la banque des sorciers de Gringotts, Harry apprend que ses parents lui ont laissé beaucoup d'argent avant de mourir. Tandis qu'il prend l'argent, le géant récupère dans une chambre forte un objet entouré de papier mais sérieusement gardé. Harry achète son matériel, dont une baguette magique à propos de laquelle il apprend qu'elle est faite avec une plume du même phénix que la baguette de Voldemort. Révélations L'argent des sorciers n'est pas le même que celui des Moldus. Harry Potter a un héritage qui l'attend dans un coffre Gringotts, peut-être l'endroit le plus sûr du monde. Rubeus Hagrid rêve d'avoir un dragon. Harry est célèbre. Quirinus Quirrell est perturbé depuis son retour d'un voyage où il aurait rencontré des vampires et des harpies. Des lieux sorciers peuvent être cachés. On accède ainsi au Chemin de Traverse, à Londres. Hagrid doit retirer un objet dans le coffre 713 de Gringotts pour le professeur Dumbledore. Harry fait la rencontre d'un garçon au teint pâle qu'il trouve très désagréable. Le Statut de Sang semble avoir une importance capitale pour certains sorciers. Il vaut mieux ne pas utiliser la magie contre des Moldus. Lily Potter possédait une excellente baguette pour les enchantements. James Potter possédait une baguette un peu plus puissante et remarquablement efficace pour les métamorphoses. La baguette choisit son maître. Le parapluie rose de Hagrid contient les morceaux de sa baguette qu'il a gardés. La baguette qui choisit Harry a une plume de phénix jumelle de celle de la baguette de Voldemort. La rentrée est fixée au 1er septembre. Révélations sur la suite de la saga Bathilda Tourdesac, auteur d'un des manuels de Poudlard, et Gripsec, un gobelin de Gringotts, ont un rôle important par la suite. Premières apparitions Personnages Cornelius Fudge mention • Tom • Doris Crockford • Quirinus Quirrell • Autres clients du Chaudron Baveur • Petite femme rondelette • Garçon du Chemin de Traverse • Madame Guipure • Drago Malefoy nom non mentionné • Employée de Madame Guipure • Lucius Malefoy nom non mentionné mention • Narcissa Malefoy nom non mentionné mention • Apothicaire • Mr Ollivander Créatures Gobelins • Dragons mention • Vampires mention • Harpies mention • Anguilles • Chauves-souris • Plusieurs gobelins non identifiés à Gringotts • Gripsec • Licornes mention • Hedwige nom non mentionné • Phénix mention Surnoms • Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom pour Voldemort Évènements Choix de la baguette Objets La Gazette du sorcier • Robes et chapeaux de sorciers • Gants protecteurs en peau de dragon • Le Livre des sorts et enchantements, niveau 1 par Miranda Fauconnette • Histoire de la magie par Bathilda Tourdesac • Magie théorique par Adalbert Lasornette • Manuel de métamorphose à l'usage des débutants par Emeric G. Changé • Mille herbes et champignons magiques par Phyllida Augirolle • Potions magiques par Arsenius Beaulitron • Vie et habitat des animaux fantastiques par Norbert Dragonneau • Forces obscures comment s'en protéger par Quentin Jentremble • Baguette magique • Chaudron • Boîte de fioles en verre ou en cristal • Télescope • Balance en cuivre • Balai • Livre sur les vampires • Foie de dragon • Nimbus 2000 • Yeux d'anguille • Foies de chauve-souris • Paquet du coffre 713 nom non mentionné • Livres gros comme des pavés, livres pas plus gros qu'un timbre poste, livres dont les pages sont blanches • Sorts et contresorts par le professeur Vindictus Viridian • Corne de licorne • Yeux de scarabées • Baguette de Lily Potter • Baguette de James Potter • Baguette de Rubeus Hagrid • Poil de licorne • Plume de phénix • Cœur de dragon • Baguette de Harry Potter • Baguette de Voldemort Lieux Londres • Gringotts • Chaudron Baveur • Forêt Noire • Chemin de Traverse • Magasin de chaudrons • Au Royaume du Hibou • Magasin de balais nom non mentionné • Coffre numéro 713 Gringotts • Coffre de Harry Potter Gringotts • Lac souterrain • Madame Guipure, prêt-à-porter pour mages et sorciers • Cabane de Hagrid mention • Boutique pour acheter du parchemin et des plumes d'oies • Fleury et Bott • Boutique de l'apothicaire • Ollivander - Fabricants de baguettes magiques • Gare de Paddington • King's Cross mention Magie Hagrid qui vole non précisé • Briques pour accéder au Chemin de Traverse • Protections de Gringotts • Sortilège de Crâne chauve mention • Maléfice de Jambencoton mention • Sortilège de Langue de plomb mention • Choix de la baguette Termes propres à la magie Noise • Ministère de la Magie • Mornille • Gallion • Quidditch • Maison • Serpentard • Poufsouffle Secrets du tournage Dans le film Les bonus de la version initiale et la version étendue montrent une version plus détaillée du trajet vers le Chemin de Traverse. On y voit Rubeus Hagrid et Harry Potter dans le train puis dans la rue. Ils commentent à voix haute la liste de fournitures jointe à la lettre de Poudlard, sans tenir compte du Code international du secret magique. Dans le livre, Harry demande juste s'il est vraiment possible de trouver tout cela à Londres. Hagrid tape plusieurs briques dans un ordre précis pour provoquer l'ouverture du Chemin de Traverse alors que dans le livre il tapote trois fois sur une brique précise. Le professeur Quirrell porte déjà son turban la première fois que Harry le rencontre au Chaudron Baveur alors que dans le livre, il ne porte qu'après avoir échouer la tentative de vol de la Pierre philosophale à Gringotts. Hagrid ne donne pas le numéro du coffre au gobelin à Gringotts, il indique juste que "c'est au sujet de vous savez quoi, dans le coffre vous savez lequel". Le coffre de Harry Potter est identifié comme étant le 687. Hagrid n'est pas malade en wagonnet, il ne laisse donc pas Harry pour aller prendre un remontant. Harry et Drago Malefoy ne se rencontrent pas chez Madame Guipure, prêt-à-porter pour mages et sorciers. Hagrid va acheter Hedwige pendant que Harry choisit sa baguette chez Ollivander - Fabricants de baguettes magiques. Mr Ollivander ne décrit pas les baguettes des parents de Harry. Le jeune garçon essaie moins de baguettes avant qu'Ollivander ne sorte la baguette à la plume de phénix. Hagrid laisse Harry à la gare de King's Cross, ce qui signifie qu'un mois entier est omis, du 31 juillet au 1er septembre. Dans le livre, Hagrid laisse Harry à la gare de Paddington pour qu'il rentre chez les Dursley et Vernon Dursley l'emmène à Londres où la queue de cochon de Dudley doit être retirée. Chapitre 06 Rendez-vous sur la voie 9¾ Harry Potter Je dois prendre le train à la gare de King's Cross à onze heures, sur la voie Dursley La voie combien ?Harry Potter Dursley Ne dis pas de bêtises. La voie 9¾ n'existe Potter C'est écrit sur mon Dursley Ils sont tous fous !— Harry demande à son oncle de le conduire à la gare Rendez-vous sur la voie 9¾ Angl. The Journey from Platform Nine and Three-quarters est le sixième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter doit prendre le train pour se rendre au collège Poudlard mais le quai indiqué sur son billet ne semble pas exister à la gare de King's Cross... Résumé Le 1er septembre, dans le train qui le conduit à Poudlard, Harry Potter fait la connaissance de Ron Weasley, Hermione Granger et Neville Londubat qui entrent comme lui en première année à l'école de sorcellerie. Mais il ne se fait pas que des amis il doit aussi affronter les moqueries de Drago Malefoy et de ses copains Vincent Crabbe et Gregory Goyle. Il apprend aussi qu'à Poudlard il y a quatre maisons et que les élèves y entrent selon leur personnalité. Révélations Selon Vernon Dursley, la voie 9¾ n'existe pas, cela ne l'empêche pas néanmoins de déposer Harry Potter à King's Cross, trop heureux de se débarrasser de ce neveu encombrant. Force est de constater que Rubeus Hagrid n'a laissé aucune indication à Harry sur le moyen de se rendre sur le quai ! La tante Pétunia ne semble pas connaître non plus la voie 9¾. Heureusement, Harry rencontre une famille de sorciers les Weasley, ils parlent de Moldus, de la voie 9¾ et aussi ils ont des hiboux. Harry sympathise très vite avec Ron, qui lui aussi entre en première année et souffre de se retrouver dans l'ombre de ses grands frères. Fred et George reconnaissent Harry à sa cicatrice. Albus Dumbledore était à Gryffondor. Les Weasley étaient aussi à Gryffondor. Voldemort était à Serpentard. Ron apprend à Harry que des voleurs ont forcé un coffre à Gringotts, mais ne lui pas dit pas le jour où cela s'est passé. Hermione Granger s'est entrainée à jeter des sorts l'été et a appris par cœur tous les livres au programme. Elle a lu des livres supplémentaires, et notamment certains où le nom de Harry Potter est cité. Révélations sur la suite de la saga Le ministère de la Magie n'est pas intervenu par rapport à la queue de cochon dont Rubeus Hagrid a doté Dudley Dursley. Plutôt que d'être soigné magiquement, Dudley va se faire retirer sa queue de cochon dans un hôpital moldu, par chirurgie. Harry va voir un souvenir dans la Pensine où Pétunia a accompagné sa sœur Lily pour prendre le train pour Poudlard. Le Poudlard Express semble toujours partir de la voie 9¾, on peut donc se demander la raison des paroles échangées entre Molly Weasley et ses enfants. Harry et Ron sont loin de sympathiser immédiatement avec Hermione. Il va falloir l'intervention d'un troll des montagnes pour qu'ils forment un trio inséparable. Harry et Ron rencontrent tous les deux dans ce chapitre les jeunes filles qui deviendront leurs épouses. Premières apparitions Personnages Employé de la gare • Molly Weasley • Percy Weasley • Fred Weasley • George Weasley • Ron Weasley • Ginny Weasley • Neville Londubat • Augusta Londubat nom non mentionné • Bill Weasley mention • Charlie Weasley mention • Lee Jordan • Sorcière à chariot nom non mentionné • Gellert Grindelwald mention • Nicolas Flamel mention • Hermione Granger • Arthur Weasley mention • Drago Malefoy première mention du nom • Vincent Crabbe • Gregory Goyle • Machiniste de la locomotive Créatures Hedwige première mention du nom • Trevor • Croûtard Évènements Premier voyage en Poudlard Express Objets Tapis volant mention • Insigne de préfet • Baguette de Ron Weasley ancienne baguette de Charlie Weasley • Dragées surprises de Bertie Crochue • Ballongommes du Bullard • Chocogrenouilles • Patacitrouilles • Fondants du Chaudron • Baguettes magiques à la réglisse • Cartes de Chocogrenouille d'Agrippa, de Ptolémée, d'Albus Dumbledore, de Morgane, de Hengist de Woodcroft, d'Alberic Grunnion, de Circé, de Paracelse, de Merlin, de Cliodna • Sang de dragon • Histoire de la magie moderne • Les Grands Évènements de la sorcellerie au XXe siècle • Grandeur et décadence de la magie noire Lieux King's Cross • Voie 9¾ • Clinique privée de Londres mention • Voie 9 • Voie 10 • Poudlard • Lac de Poudlard Magie Barrière magique qui permet d'accéder à la voie 9¾ • Photo qui disparaît de la carte de Chocogrenouille Termes propres à la magie Préfet • Préfet-en-chef • Gryffondor • Serdaigle Secrets du tournage Dans le film Ron Weasley découvre que son compagnon de route est Harry Potter alors qu'ils se présentent l'un à l'autre dans le compartiment qu'ils partagent. Dans le livre, Fred et George aident Harry à monter sa valise dans le Poudlard Express, voient sa cicatrice et rapportent la nouvelle à leur famille. Les parfums des Dragées surprises de Bertie Crochue sont identiques dans le livre et le film dans la version originale, mais la version française résultante est différente sur les deux supports. Hermione Granger fait une démonstration de magie en laissant un sort pour réparer les lunettes de Harry Oculus Reparo. Harry Potter découvre directement dans le journal alors qu'il est déjà arrivé à Poudlard l'article de La Gazette du sorcier concernant le cambriolage de Gringotts. Dans le livre, Ron lui mentionne déjà le vol dans le train avant qu'il ne trouve le journal chez Rubeus Hagrid. Harry et Drago n'ont pas leur deuxième rencontre dans le train. La rencontre se fait à l'arrivée de Poudlard. Harry et Ron partagent leur barque avec Dean Thomas et Neville Londubat et Hermione partage une barque avec Seamus Finnigan et Susan Bones alors que dans le livre, Harry, Ron, Hermione et Neville sont dans la même barque. Chapitre 07 Le Choixpeau magique Choixpeau magique Hum, ce n'est pas facile. C'est même très difficile. Je vois beaucoup de courage. Des qualités intellectuelles, également. Il y a du talent et... ho ! ho ! mon garçon, tu es avide de faire tes preuves, voilà qui est intéressant... Voyons, où vais-je te mettre ? Harry Potter Pas à Serpentard, pas à Serpentard. Choixpeau magique Pas à Serpentard ? Tu es sûr ? Tu as d'immenses qualités, sais-tu ? Je le vois dans ta tête et Serpentard t'aiderait singulièrement sur le chemin de la grandeur, ça ne fait aucun doute. Alors ? Non ? Vraiment ? Très bien, si tu es sûr de toi, il vaut mieux t'envoyer à... GRYFFONDOR ! — La Répartition du jeune Harry Potter Choixpeau magique Hum, ce n'est pas facile. C'est même très difficile. Je vois beaucoup de courage. Des qualités intellectuelles, également. Il y a du talent et... ho ! ho ! mon garçon, tu es avide de faire tes preuves, voilà qui est intéressant... Voyons, où vais-je te mettre ?Harry Potter Pas à Serpentard, pas à magique Pas à Serpentard ? Tu es sûr ? Tu as d'immenses qualités, sais-tu ? Je le vois dans ta tête et Serpentard t'aiderait singulièrement sur le chemin de la grandeur, ça ne fait aucun doute. Alors ? Non ? Vraiment ? Très bien, si tu es sûr de toi, il vaut mieux t'envoyer à... GRYFFONDOR !— La Répartition du jeune Harry Potter Le Choixpeau magique Angl. The Sorting Hat est le septième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter doit coiffer le Choixpeau magique pour savoir dans quelle maison il sera affecté tout le reste de sa scolarité... Résumé Les élèves arrivent à Poudlard. Pour savoir dans quelle maison ils vont passer leur scolarité, ils doivent chacun leur tour coiffer un chapeau très spécial, le Choixpeau magique quand on l'a sur la tête, il annonce la maison dans laquelle on doit aller. Harry Potter est envoyé à Gryffondor pour rejoindre "les courageux, les plus hardis et les plus forts", avec Ron Weasley et Hermione Granger. Il est content d'avoir résisté au Choixpeau qui voulait l'envoyer à Serpentard avec Drago Malefoy. Révélations Minerva McGonagall accueille les élèves de première année. La cérémonie de la Répartition n'est pas connue de tous les élèves même Ron Weasley, élevé dans une famille de sorciers, ne sait pas exactement comment cela se passe. Son frère Fred avait prétendu qu'il fallait combattre un troll. Le Choixpeau magique est chargé de la Répartition. Neville Londubat est tellement nerveux qu'il part avec le Choixpeau sur la tête. Drago Malefoy est envoyé à Serpentard dès que le Choixpeau frôle sa tête. Le Choixpeau hésite pour Harry Potter mais celui-ci supplie "Pas à Serpentard". Révélations sur la suite de la saga Certains noms d'élèves sont introduits dès ce chapitre, alors qu'on les verra effectivement que bien plus tard, comme Blaise Zabini par exemple. D'autres élèves ne seront jamais revus, comme Sally-Anne Perks dont on soupçonne parfois d'être l'une des deux filles de Gryffondor réparties en 1991 mais non identifiées, ou bien Moon qui a été remplacée par Luna Lovegood. Malgré son appréhension des trolls, Ron devra effectivement en combattre un, mais plus tard ! Le Choixpeau avait envisagé d'envoyer Hermione à Serdaigle. Anecdote dans la version française, le nom de Justin Finch-Fletchley peut apparaître avec une coquille. Premières apparitions Personnages Moine Gras • Peeves • Nick Quasi-Sans-Tête • Hannah Abbot • Susan Bones • Terry Boot • Mandy Brocklehurst • Lavande Brown • Millicent Bulstrode • Justin Finch-Fletchley • Morag MacDougal • Moon • Theodore Nott • Pansy Parkinson • Padma Patil • Parvati Patil • Sally-Anne Perks • Lisa Turpin • Blaise Zabini • Seamus Finnigan • Baron Sanglant • Père de Seamus Finnigan mention • Mère de Seamus Finnigan mention • Algie mention • Enid mention • Severus Rogue • Argus Rusard • Madame Bibine • Grosse dame • Dean Thomas dans certaines éditions uniquement Créatures Fantômes • Troll mention • Esprit frappeur Évènements Banquet • Cérémonie de la Répartition • Chansons du Choixpeau magique • Coupe des Quatre Maisons • Première douleur à la cicatrice de Harry Potter • Hymne de Poudlard Objets L'Histoire de Poudlard • Choixpeau magique • Grande Table des professeurs • Tableaux • Armures Lieux Hall • Grande Salle • Dortoir mention • Salle commune mention • Blackpool mention • Forêt interdite mention • Couloir interdit du deuxième étage mention • Tour de Gryffondor • Salle commune de Gryffondor • Dortoirs de Gryffondor • Dortoir des filles de Gryffondor • Dortoir des garçons de Gryffondor Magie La perruque d'un professeur de Harry Potter a pris une couleur bleu vif un jour • Plafond magique de la Grande Salle Termes propres à la magie "Caput Draconis" mot de passe Secrets du tournage Dans le film Les élèves ne sont pas appelés par ordre alphabétique pour la Répartition. Les élèves que l'on voit appeler sont tour à tour Hermione Granger, Drago Malefoy, Susan Bones, Ron Weasley et Harry Potter. Toute la Grande Salle assiste aux paroles échangées entre le Choixpeau magique. Dans le livre, les échanges sont privés Harry Potter pense uniquement, entend une petite voix à son oreille, seul le nom de la maison est dit à l'attention de tous. Peeves est absent les scènes ont été coupées et n'apparaissent pas non plus dans la version étendue. Chapitre 08 Le maître des potions Severus Rogue Potter ! Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ? Harry Potter Je ne sais pas, Monsieur. Severus Rogue Apparemment, la célébrité n'est pas tout dans la vie. Essayons encore une fois, Potter. Où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un bézoard ? Harry Potter Je ne sais pas, Monsieur. Severus Rogue Vous n'alliez quand même pas vous donner la peine d'ouvrir un de vos livres avant d'arriver ici, n'est-ce pas, Potter ? Potter, quelle est la différence entre le napel et le tue-loup ? Harry Potter Je ne sais pas. Mais je crois qu'Hermione le sait. Vous auriez peut-être plus de chance avec elle. Severus Rogue Asseyez-vous ! Pour votre information, Potter, sachez que le mélange d'asphodèle et d'armoise donne un somnifère si puissant qu'on l'appelle la Goutte du Mort vivant. Un bézoard est une pierre qu'on trouve dans l'estomac des chèvres et qui constitue un antidote à la plupart des poisons. Quand au napel et au tue-loup, il s'agit de la même plante que l'on connaît aussi sous le nom d'aconit. Alors ? Qu'est-ce que vous attendez pour prendre note ? Et votre impertinence coûtera un point à Gryffondor, Potter. — Premier cours de potions Severus Rogue Potter ! Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ?Harry Potter Je ne sais pas, Rogue Apparemment, la célébrité n'est pas tout dans la vie. Essayons encore une fois, Potter. Où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un bézoard ?Harry Potter Je ne sais pas, Rogue Vous n'alliez quand même pas vous donner la peine d'ouvrir un de vos livres avant d'arriver ici, n'est-ce pas, Potter ? Potter, quelle est la différence entre le napel et le tue-loup ?Harry Potter Je ne sais pas. Mais je crois qu'Hermione le sait. Vous auriez peut-être plus de chance avec Rogue Asseyez-vous ! Pour votre information, Potter, sachez que le mélange d'asphodèle et d'armoise donne un somnifère si puissant qu'on l'appelle la Goutte du Mort vivant. Un bézoard est une pierre qu'on trouve dans l'estomac des chèvres et qui constitue un antidote à la plupart des poisons. Quand au napel et au tue-loup, il s'agit de la même plante que l'on connaît aussi sous le nom d'aconit. Alors ? Qu'est-ce que vous attendez pour prendre note ? Et votre impertinence coûtera un point à Gryffondor, Potter.— Premier cours de potions Le maître des potions Angl. The Potions Master est le huitième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter a son premier cours avec le maître des potions, Severus Rogue... Résumé Lors de cette première semaine de cours, Harry Potter découvre ses professeurs et surtout la haine que semble lui vouer Severus Rogue, le professeur de potions. Le vendredi, Rubeus Hagrid l'invite à prendre le thé dans sa cabane, au bord de la Forêt interdite. Là, Harry voit un journal annonçant que la banque des sorciers avait été cambriolée le jour même où lui et Hagrid y étaient allés. Il comprend que le cambriolage visait précisément la chambre forte où Hagrid avait récupéré l'objet mystérieux. Révélations Harry Potter et Ron Weasley se sont perdus et se sont retrouvés devant le couloir interdit du deuxième étage. Argus Rusard a menacé de les enfermer au cachot. Le professeur Binns est un fantôme. La salle de défense contre les forces du Mal est imprégnée d'une forte odeur d'ail soi-disant destinée à éloigner le vampire rencontré précédemment par le professeur Quirrell. Dès le premier cours de potions, Severus Rogue retire un point à Gryffondor après avoir interrogé Harry. Une coupure de La Gazette du sorcier révèle à Harry que le cambriolage de Gringotts s'est déroulé le 31 juillet. Le coffre ayant été vidé plus tôt. La réaction de Rubeus Hagrid convainc Harry que c'est le coffre 713 qui a été forcé. Premières apparitions Personnages Pomona Chourave • Cuthbert Binns • Emeric le Hargneux mention • Ulric le Follingue mention • Filius Flitwick • Prince africain mention Créatures Miss Teigne • Zombie mention • Limaces à cornes version originale • Crockdur • Porte-parole des gobelins Évènements Premiers cours • Première visite d'un élève à l'infirmerie mentionnée Neville Londubat • Article de La Gazette du sorcier LE CAMBRIOLAGE DE GRINGOTTS Objets Bézoard mention • Crochets de serpent • Épines de porc-épic Lieux Salles de classe • Escaliers • Passages secrets mention • Serres = salle de classe de botanique • Salle de classe d'histoire de la magie • Salle de classe de sortilèges • Salle de classe de métamorphose • Salle de classe de défense contre les forces du Mal • Volière mention • Cabane de Hagrid • Couloir interdit du deuxième étage • Salle de classe de potions • Cachots • Infirmerie mention Magie Métamorphose d'un bureau en cochon • Métamorphose d'une allumette en aiguille • Goutte du Mort vivant mention • Potion pour soigner les furoncles Plantes Armoise mention • Asphodèle mention • Napel mention • Tue-loup mention • Aconit mention • Ortie Secrets du tournage Dans le film Harry Potter et Ron Weasley sont en retard au premier cours de métamorphose. Minerva McGonagall les attend sous sa forme Animagus. Dans le livre, les élèves ne la voient pas en première année sous sa forme de chat, par contre elle métamorphose son bureau en cochon. Les bonus de la version initiale et la version étendue montrent une version plus détaillée du premier cours de potions avec la rencontre entre le professeur Rogue et Harry. On y découvre un échange plus long entre les deux personnages. Chapitre 09 Duel à minuit Drago Malefoy Alors, c'est ton dernier repas, Potter ? Quand est-ce que tu retournes chez les Moldus ? Harry Potter Tu faisais moins le fier quand tu n'avais pas tes petits copains avec toi. Drago Malefoy Je te prends quand tu veux. Cette nuit si ça te convient. Duel de sorciers. Baguettes magiques uniquement, pas de contact physique. Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne sais pas ce qu'est un duel de sorciers ? Ron Weasley Bien sûr que si. Et je veux bien être son second. Et toi, qui tu prends comme second ? Drago Malefoy Crabbe. À minuit d'accord ? On se retrouve dans la salle des trophées, elle n'est jamais fermée. — Malefoy tend un piège à Harry et à Ron Drago Malefoy Alors, c'est ton dernier repas, Potter ? Quand est-ce que tu retournes chez les Moldus ?Harry Potter Tu faisais moins le fier quand tu n'avais pas tes petits copains avec Malefoy Je te prends quand tu veux. Cette nuit si ça te convient. Duel de sorciers. Baguettes magiques uniquement, pas de contact physique. Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne sais pas ce qu'est un duel de sorciers ?Ron Weasley Bien sûr que si. Et je veux bien être son second. Et toi, qui tu prends comme second ?Drago Malefoy Crabbe. À minuit d'accord ? On se retrouve dans la salle des trophées, elle n'est jamais fermée.— Malefoy tend un piège à Harry et à Ron Duel à minuit Angl. The Midnight Duel est le neuvième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter est provoqué en duel par Drago Malefoy... Résumé Neville Londubat, un ami de Harry Potter, reçoit un Rapeltout envoyé par sa grand-mère. Lors du premier cours de vol, Drago Malefoy s'en empare, ce qui fait éclater entre Malefoy et Harry une bagarre pour récupérer le Rapeltout dans les airs, Harry se montre très doué sur un balai. Harry réussit à récupérer l'objet de Neville mais se fait attraper par le professeur McGonagall qui l'emmène dans le château et lui fait une proposition être attrapeur de Quidditch. Malefoy croit que Harry s'est fait renvoyer de Poudlard et le provoque en duel. Harry se rend au rendez-vous et découvre par hasard où se trouve le petit paquet enveloppé de papier kraft que Rubeus Hagrid était allé cherché dans la chambre forte numéro 713 de la banque Gringotts il est sous une trappe du couloir interdit, protégée par un terrible chien à trois têtes. Révélations Augusta Londubat envoie un Rapeltout à Neville. Premier cours de vol, Neville se blesse et est emmené à l'infirmerie par Madame Bibine. Drago Malefoy s'empare du Rapeltout, Harry Potter qui n'était jamais monté auparavant sur un balai fait preuve d'une grande adresse. Alors qu'il s'attend à être renvoyé par le professeur McGonagall, elle le présente au capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, Olivier Dubois, et il est promu attrapeur. Le professeur McGonagall doit prévoir une exception au règlement pour que Harry possède son propre balai. Harry devient le plus jeune attrapeur depuis un siècle. Drago provoque Harry en duel à minuit dans la salle des trophées. Le second de Drago est Vincent Crabbe et celui de Harry est Ron Weasley. Hermione Granger et Neville Londubat imposent leur présence lorsque Harry et Ron sortent de la tour de Gryffondor pour se rendre à la salle des trophées. Drago a probablement lancé un piège à Harry il n'est pas dans la salle des trophées, mais Argus Rusard et Miss Teigne montent la garde. Le quatuor arrive de justesse à s'esquiver et se réfugie dans un couloir qui était fermé à clé. Ils réalisent qu'ils sont dans le couloir interdit et voient la raison de l'interdiction un immense chien à trois têtes. Harry fait immédiatement le rapprochement avec l'objet volé dans le coffre 713 de Gringotts. Révélations sur la suite de la saga Touffu est le chien de Rubeus Hagrid, il l'a confié à Albus Dumbledore et constitue la première protection de la Pierre philosophale. Malgré l'immense confiance que porte Dumbledore à Hagrid, le garde-chasse est un gaffeur né et il ne sait pas tenir sa langue il va révéler malgré lui l'existence de Touffu et le moyen de le calmer à Voldemort. Premières apparitions Personnages Dean Thomas • Olivier Dubois • Équipe de Quidditch de Gryffondor Créatures Hibou de Drago Malefoy • Chien à trois têtes nom non mentionné Évènements Harry Potter sur un balai • Harry Potter nommé attrapeur • Duel de sorciers • Pénétration dans le couloir interdit du deuxième étage et rencontre avec Touffu Objets Le Quidditch à travers les âges • Rapeltout • Astiqueur 7 mention • Statue de Gregory le Hautain mention Lieux Terrain de vol • Salle des trophées • Couloir interdit du deuxième étage • Trappe sur laquelle est couché Touffu Magie Sortilège de Transfert version originale uniquement • Sortilège des Crottes de Nez version originale uniquement • Alohomora Termes propres à la magie Attrapeur • Batteur • "Groin de porc" mot de passe Secrets du tournage Dans le film Minerva McGonagall est dans son bureau quand elle aperçoit Harry Potter attraper le Rapeltout tout près de sa fenêtre. Dans le livre, elle arrive si rapidement qu'il est peu probable qu'elle ait été située dans son bureau. Hermione Granger indique à Harry qu'il a le Quidditch dans le sang et lui montre une plaque où il est indiqué que son père était attrapeur. Le trio rencontre Touffu car les escaliers ont changé d'orientation et les ont menés devant le couloir interdit. Dans le livre, c'est suite à une provocation en duel que Harry et Ron rencontrent Touffu. Ils sont accompagnés alors d'Hermione et de Neville. Hermione indique qu'Alohomora est présent dans Le Livre des sorts et enchantements, chapitre 7. Lorsqu'Hermione indique comme dans le livre qu'ils auraient pu se faire tuer ou pire renvoyer, Ron réplique qu'il faudrait qu'elle revoit l'ordre de ses priorités. Chapitre 10 Halloween Des milliers de chauves-souris voletaient dans la salle et fondaient sur les tables en de gros nuages noirs qui faisaient vaciller les flammes des chandelles à l'intérieur des citrouilles évidées. Les mets du festin apparurent tout à coup dans les plats d'or, comme lors du banquet de début d' avait commencé à se servir lorsque le professeur Quirrell entra dans la salle en courant, le turban de travers, le visage déformé par la terreur. Tout le monde le regarda se précipiter sur le professeur Dumbledore, s'effondrer à moitié sur la table et balbutier, hors d'haleine Quirinus Quirrell Un troll... dans les cachots... je voulais vous prévenir...Puis il tomba évanoui sur le sol. — Les festivités d'Halloween interrompues par l'introduction d'un troll à Poudlard Des milliers de chauves-souris voletaient dans la salle et fondaient sur les tables en de gros nuages noirs qui faisaient vaciller les flammes des chandelles à l'intérieur des citrouilles évidées. Les mets du festin apparurent tout à coup dans les plats d'or, comme lors du banquet de début d' avait commencé à se servir lorsque le professeur Quirrell entra dans la salle en courant, le turban de travers, le visage déformé par la terreur. Tout le monde le regarda se précipiter sur le professeur Dumbledore, s'effondrer à moitié sur la table et balbutier, hors d'haleine Quirinus Quirrell Un troll... dans les cachots... je voulais vous prévenir...Puis il tomba évanoui sur le sol.— Les festivités d'Halloween interrompues par l'introduction d'un troll à Poudlard Halloween est le dixième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Un troll perturbe les festivités d'Halloween. Hermione Granger est en danger... Résumé Le jour d'Halloween, Hermione Granger, qui entend une remarque blessante de Ron Weasley, va se réfugier dans les toilettes. Mais Harry Potter et Ron apprennent qu'un troll s'est introduit dans Poudlard. Ils décident d'aller la chercher. En jetant un sort, Ron réussit à assommer le troll avec sa propre massue et à sauver Hermione. Révélations Harry Potter reçoit un Nimbus 2000 envoyé par Minerva McGonagall. Le jour-même, il commence les entraînements de Quidditch et Olivier Dubois lui fait une présentation générale du sport. Charlie Weasley aurait pu jouer en professionnel s'il n'avait pas préféré étudier les dragons. Après le cours de sortilèges, Ron Weasley traite Hermione Granger de cauchemar. Hermione écoute cette conversation et part se réfugier dans les toilettes des filles. Le professeur Quirrell fait irruption lors du banquet d'Halloween pour prévenir qu'un troll est dans les cachots. Les élèves doivent retourner à leur salle commune. Harry et Ron s'éclipsent pour partir à la recherche d'Hermione. Ils enferment par erreur le troll dans les toilettes où se trouve Hermione puis entrent à leur tour dans la pièce. Harry, Ron et Hermione sympathisent à partir de ce jour car elle les couvre par un mensonge. Révélations sur la suite de la saga Le professeur Quirrell a un don avec les trolls. Il a introduit ce troll des montagnes, mais Harry et Ron vont longtemps penser qu'il s'agissait du professeur Rogue. Que cela soit dans le roman ou le film, le mensonge d'Hermione paraît peu naturel elle n'avait aucun moyen de savoir les circonstances selon lesquelles un troll était entré dans le château. Premières apparitions Personnages Équipe de Quidditch d'Angleterre mention • Baruffio mention • Épouse de Baruffio mention version française uniquement Créatures Troll mention auparavant mais première apparition réelle • Troll des montagnes • Premier troll des montagnes de Quirinus Quirrell Évènements Halloween Objets Comète 260 • Souafle • Cognard • Vif d'or Lieux Terrain de Quidditch de Poudlard • Toilettes des filles Magie Wingardium Leviosa Termes propres à la magie Poursuiveur • Gardien Secrets du tournage Harry Potter ouvre dans la Grande Salle le paquet contenant son balai Nimbus 2000, le jour de son premier match. Dans le livre, Minerva McGonagall lui demande de l'ouvrir discrètement, le jour de son premier entraînement avec Olivier Dubois. Hermione Granger rappelle à Ron Weasley comment tenir sa baguette pour lancer le sortilège de Lévitation et combattre le troll des montagnes. Dans le livre, Ron lance à tout hasard le sortilège qu'ils viennent de voir en cours. Harry remarque la jambe blessée de Severus Rogue. Dans le livre, il le voit plus tard, dans la salle des professeurs, alors que le professeur de potions est soigné par Argus Rusard. Chapitre 11 Le match de Quidditch Lorsque Harry redescendit en piqué vers le sol, la foule vit qu'il avait une main plaquée contre sa bouche, comme s'il était sur le point de vomir. Il atterrit brutalement sur la pelouse du stade, toussa et un objet doré tomba alors au creux de sa main. Harry Potter J'ai attrapé le Vif d'or !Et le match prit fin dans la plus totale minutes plus tard, Marcus Flint continuait de hurler Marcus Flint Il ne l'a pas attrapé, il a failli l'avaler !Mais comme aucune règle du jeu ne l'interdisait, Gryffondor avait bel et bien remporté le match par cent-soixante-dix points contre soixante. — Victoire de l'équipe de Gryffondor pour le premier match de Quidditch de Harry Potter Lorsque Harry redescendit en piqué vers le sol, la foule vit qu'il avait une main plaquée contre sa bouche, comme s'il était sur le point de vomir. Il atterrit brutalement sur la pelouse du stade, toussa et un objet doré tomba alors au creux de sa Potter J'ai attrapé le Vif d'or !Et le match prit fin dans la plus totale minutes plus tard, Marcus Flint continuait de hurler Marcus Flint Il ne l'a pas attrapé, il a failli l'avaler !Mais comme aucune règle du jeu ne l'interdisait, Gryffondor avait bel et bien remporté le match par cent-soixante-dix points contre soixante.— Victoire de l'équipe de Gryffondor pour le premier match de Quidditch de Harry Potter Le match de Quidditch Angl. Quidditch est le onzième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter va participer à son premier match de Quidditch... Résumé C'est le premier match de Quidditch, après un long entraînement. Pendant le match, le balai de Harry Potter est soudain détourné par un maléfice inconnu il emporte Harry de plus en plus haut et cherche à le faire tomber. Dans les tribunes, Hermione Granger aperçoit le professeur Rogue formuler des incantations en regardant fixement Harry. Elle court vers lui pour le déstabiliser, renverse au passage le professeur de défense contre les forces du Mal, le professeur Quirrell et envoie une étincelle sur la robe de Rogue qui prend feu. Le feu s'éteint vite, Harry reprend le contrôle de son balai et Gryffondor gagne le match. Comme Harry, Ron et Hermione vont ensuite boire un thé chez Hagrid, ils apprennent que l'objet que celui-ci était allé chercher à la banque des sorciers "est une affaire entre Dumbledore et Nicolas Flamel". Révélations Le chien à trois têtes a blessé Severus Rogue à la jambe. Le troll était une diversion pour voler ce que garde le chien. C'est le premier match de Quidditch de l'année. Il oppose Gryffondor et Serpentard. Harry Potter perd le contrôle de son balai. Hermione Granger voit le professeur Rogue remuer les lèvres et pense que c'est lui l'auteur. Elle va donc agir pour l'empêcher de continuer et bouscule au passage le professeur Quirrell. Harry attrape le Vif d'or... avec sa bouche. Harry, Ron et Hermione révèlent leurs soupçons à Rubeus Hagrid sur Rogue et ce que garde le chien. Il les détrompe en faisant une gaffe et donnant un indice au trio Nicolas Flamel. Révélations sur la suite de la saga Harry ne se souvient pas qu'il a déjà lu le nom de Nicolas Flamel sur la carte de Chocogrenouille d'Albus Dumbledore. Ce n'est pas Rogue le responsable de l'attentat sur Harry mais Quirrell. Albus Dumbledore conservera le Vif d'or attrapé par Harry et lui lèguera. Il y cachera un objet. Premières apparitions Personnages Angelina Johnson • Marcus Flint • Alicia Spinnet • Katie Bell • Adrian Pucey • Miles Bletchley • Terence Higgs Créatures Touffu première mention du nom Lieux Sahara mention • Salle des professeurs • Vestiaires Évènements Premier match de Quidditch Gryffondor contre Serpentard • Coupe du Monde de Quidditch de 1473 Magie Flammes bleues • Sort jeté au balai de Harry Potter • Incantations lancées par Severus Rogue Secrets du tournage Olivier Dubois raconte à Harry Potter une anecdote sur son premier match de Quidditch. Marcus Flint prend une batte et lance un Cognard sur Olivier Dubois. Rubeus Hagrid indique qu'il a acheté Touffu à un irlandais et non à un grec. Ce changement est difficilement compréhensible car la légende du chien à trois têtes nous vient de Grèce. Chapitre 12 Le Miroir du Riséd Harry Potter Maman ? Papa ?L'homme et la femme le regardèrent en souriant. Lentement, Harry détailla les autres personnes qui se trouvaient dans le miroir. Il vit d'autres yeux verts comme les siens, d'autres nez qui ressemblaient au sien, et même une petite vieille qui avait les mêmes genoux noueux que lui. Pour la première fois de sa vie, il avait sa famille devant les yeux. — Découverte du Miroir du Riséd Harry Potter Maman ? Papa ?L'homme et la femme le regardèrent en souriant. Lentement, Harry détailla les autres personnes qui se trouvaient dans le miroir. Il vit d'autres yeux verts comme les siens, d'autres nez qui ressemblaient au sien, et même une petite vieille qui avait les mêmes genoux noueux que lui. Pour la première fois de sa vie, il avait sa famille devant les yeux.— Découverte du Miroir du Riséd Le Miroir du Riséd Angl. The Mirror of Erised est le douzième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter reçoit en cadeau de Noël une cape d'invisibilité. Résumé Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger recherchent dans la bibliothèque des informations sur Nicolas Flamel. Harry reçoit une cape d'invisibilité pour Noël et en profite pour aller visiter la Réserve de la bibliothèque interdite aux élèves de première année, mais un livre se met à hurler. Pour échapper à Argus Rusard, Harry rentre dans une pièce dont la porte est entrouverte. Il y découvre un miroir étrange, sur lequel il est écrit Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej. Il fait un pas en avant et voit son reflet avec un groupe de gens derrière lui, sa famille paternelle et sa famille maternelle. Harry revient plusieurs fois car il veut en savoir plus sur lui-même. Un jour, Albus Dumbledore le surprend. Il explique à Harry que le Miroir du Riséd ne montre que notre désir le plus profond et le plus cher et lui annonce que le miroir va être déplacé. Révélations Révélations sur la suite de la saga Le Miroir du Riséd va constituer la dernière protection de la Pierre philosophale. Albus Dumbledore prétend voir dans le Miroir du Riséd son reflet avec une bonne paire de chaussettes à la main, mais il voit comme Harry Potter sa famille. Premières apparitions Personnages Madame Pince • Père d'Hermione Granger mention • Mère d'Hermione Granger mention Surnoms Gred et Forge pour George et Fred Weasley par George Évènements Noël Objets Épines de poisson-diable • Les Grands Sorciers du XXe siècle • Les Noms célèbres du monde magique contemporain • Les Grandes Découvertes magiques • Étude des récents progrès de la sorcellerie • Jeu d'échecs version sorcier • Cape d'invisibilité • Pétards surprises • Livre de la Réserve • Miroir du Riséd Lieux Bibliothèque • Réserve de la bibliothèque Magie Boules de neige magiques qui poursuivent le professeur Quirrell Plantes Gui Secrets du tournage Dans le film Harry Potter ne voit que ses parents dans le Miroir du Riséd alors que dans le livre, il y voit toute sa famille paternelle et sa famille maternelle. Harry va chercher Ron Weasley la même nuit pour qu'il regarde à son tour le reflet de ses parents alors que dans le livre, c'est une autre nuit. Chapitre 13 Nicolas Flamel Neville Londubat Tu veux la carte du Choco ? Tu en fais la collection, je crois ?Neville alla rejoindre le dortoir pendant que Harry jetait un coup d'œil à la carte du Chocogrenouille. Harry Potter C'est encore Dumbledore. J'étais déjà tombé sur lui la première fois...Il poussa alors une exclamation en dévorant des yeux ce qui était écrit au dos de la carte. Puis il regarda Ron et l'ai trouvé ! J'ai trouvé Flamel ! Je vous l'avais dit que j'avais déjà vu son nom quelque part. Je l'ai lu dans le train qui nous a amenés ici. — Le trio découvre qui est Nicolas Flamel Neville Londubat Tu veux la carte du Choco ? Tu en fais la collection, je crois ?Neville alla rejoindre le dortoir pendant que Harry jetait un coup d'œil à la carte du Potter C'est encore Dumbledore. J'étais déjà tombé sur lui la première fois...Il poussa alors une exclamation en dévorant des yeux ce qui était écrit au dos de la carte. Puis il regarda Ron et l'ai trouvé ! J'ai trouvé Flamel ! Je vous l'avais dit que j'avais déjà vu son nom quelque part. Je l'ai lu dans le train qui nous a amenés ici.— Le trio découvre qui est Nicolas Flamel Nicolas Flamel est le treizième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Après des semaines de recherche, le trio trouve enfin qui est Nicolas Flamel et en déduit ce que garde Touffu. Résumé Nicolas Flamel, alchimiste, a fabriqué la seule Pierre philosophale qui existe de nos jours. Elle produit l'élixir de longue vie et transforme n'importe quel métal en or. Révélations Le match de Gryffondor contre Poufsouffle ne dure que cinq minutes ! Harry Potter attrape le Vif d'or. Révélations sur la suite de la saga Harry a souvent l'abominable impression que Severus Rogue lit dans les pensées. On apprendra qu'effectivement Rogue est un occlumens hors pair. Premières apparitions Personnages Pernelle Flamel Créatures Loup-garou mention Évènements Match de Quidditch Gryffondor contre Poufsouffle Objets Livre sur Nicolas Flamel • Pierre philosophale première mention du nom Lieux Hangar à balais Magie Maléfice du Bloque-jambes Locomotor Mortis • Élixir de longue vie Secrets du tournage Dans le film Les bonus de la version initiale et la version étendue montrent une version plus détaillée de la découverte de l'identité de Nicolas Flamel. On y voit Ron Weasley avec des cartes de Chocogrenouille alors que Neville Londubat arrive en sautant, victime d'un maléfice du Bloque-jambes. C'est alors que le nom de Flamel est vu sur l'une des cartes et le trio part consulter un livre, alors que personne n'a libéré Neville. Dans le livre, Neville arrive en sautant, il est libéré par Hermione. Harry lui donne le dernier Chocogrenouille reçu à Noël et laisse à Harry la carte, celle d'Albus Dumbledore, déjà trouvée dans le Poudlard Express. Il la relit, retrouve où il avait déjà vu ce nom tant recherché et Hermione se précipite alors dans son dortoir pour aller chercher le livre où est certainement cité Flamel. Chapitre 14 Norbert le dragon Rubeus Hagrid Il est tendit la main pour le caresser, mais le dragon claqua des mâchoires en montrant de petits crocs brave petit, il a reconnu sa maman ! — Éclosion de Norbert Rubeus Hagrid Il est tendit la main pour le caresser, mais le dragon claqua des mâchoires en montrant de petits crocs brave petit, il a reconnu sa maman !— Éclosion de Norbert Norbert le dragon Angl. Norbert the Norwegian Ridgeback est le quatorzième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Rubeus Hagrid réalise son rêve depuis tout petit posséder un dragon. Résumé Harry Potter apprend que Rubeus Hagrid élève un dragon dans sa cabane bien qu'il sache qu'il est interdit de posséder ou d'élever un dragon en Grande-Bretagne. Mais le dragon grandit et la catastrophe est imminente. Harry réussit, avec Ron Weasley et Hermione Granger, à convaincre Hagrid d'envoyer le dragon en Roumanie, où le frère de Ron, Charlie étudie cette espèce dans une réserve. Après tout ça, Hagrid explique à Harry, Ron et Hermione que la Pierre philosophale est gardée au passage interdit par Touffu et par les sortilèges des professeurs. Un soir à minuit, alors que Ron est à l'infirmerie, Harry et Hermione emmènent Norbert le dragon au sommet de l'une des tours de l'école pour que les amis du frère de Ron, qui arrivent sur leurs balais, l'emportent. Révélations Premières apparitions Personnages Quatre amis de Charlie Weasley nom non mentionné Créatures Dragon • Vert gallois mention • Noir des Hébrides mention • Œuf de dragon • Norvégien à crête • Norbert Évènements Interdiction de l'élevage des dragons lors de la Convention des sorciers de 1709 • Éclosion de Norbert • Morsure venimeuse de Ron Weasley par Norbert Objets Les Différentes Espèces de dragon d'Angleterre et d'Irlande • De l'œuf au brasier • Le Guide de l'amateur de dragons • L'Élevage des dragons pour l'agrément ou le commerce Lieux Tour d'astronomie nom non mentionné Magie Sort pour oublier probablement sortilège d'Amnésie Secrets du tournage Dans le film La scène de Norbert est réduite au jour de son éclosion. Il s'agit donc d'un condensé du livre où Rubeus Hagrid semble avoir Norbert une quinzaine de jours. Cela provoque des différences notables par exemple le trio est puni avec Drago Malefoy en revenant de la cabane de Hagrid et Albus Dumbledore envoie lui-même Norbert en Roumanie. Chapitre 15 La Forêt interdite Rubeus Hagrid Regardez, vous voyez cette chose argentée, c'est du sang de licorne. Il y a dans les environs une licorne qui a été gravement blessée par je ne sais quoi. C'est la deuxième fois cette semaine. J'en ai trouvé une morte mercredi dernier. On va essayer de retrouver cette malheureuse bestiole. Il faudra peut-être mettre fin à ses souffrances. Drago Malefoy Et qu'est-ce qui se passe si le je-ne-sais-quoi qui a blessé la licorne nous trouve avant ? Rubeus Hagrid Tant que tu es avec moi et Crockdur, rien de ce qui vit dans cette forêt ne pourra te faire de mal. Ne vous écartez pas du chemin. Nous allons tout de suite nous séparer en deux groupes et suivre les traces dans des directions différentes. Il y a du sang partout, elle a dû errer dans tous les sens depuis la nuit dernière. Drago Malefoy Je veux Crockdur avec moi. Rubeus Hagrid D'accord, mais je te préviens, c'est un trouillard. Alors, Harry, Hermione et moi, on va d'un côté, Drago, Neville et Crockdur de l'autre. Si l'un de nous trouve la licorne, il envoie des étincelles vertes, d'accord ? Sortez vos baguettes et entraînez-vous dès maintenant. Voilà, très bien. Et si quelqu'un a des ennuis, il envoie des étincelles rouges pour que les autres viennent à son secours. Allons-y, maintenant, et faites bien attention. — Punition dans la Forêt interdite Rubeus Hagrid Regardez, vous voyez cette chose argentée, c'est du sang de licorne. Il y a dans les environs une licorne qui a été gravement blessée par je ne sais quoi. C'est la deuxième fois cette semaine. J'en ai trouvé une morte mercredi dernier. On va essayer de retrouver cette malheureuse bestiole. Il faudra peut-être mettre fin à ses Malefoy Et qu'est-ce qui se passe si le je-ne-sais-quoi qui a blessé la licorne nous trouve avant ?Rubeus Hagrid Tant que tu es avec moi et Crockdur, rien de ce qui vit dans cette forêt ne pourra te faire de mal. Ne vous écartez pas du chemin. Nous allons tout de suite nous séparer en deux groupes et suivre les traces dans des directions différentes. Il y a du sang partout, elle a dû errer dans tous les sens depuis la nuit Malefoy Je veux Crockdur avec Hagrid D'accord, mais je te préviens, c'est un trouillard. Alors, Harry, Hermione et moi, on va d'un côté, Drago, Neville et Crockdur de l'autre. Si l'un de nous trouve la licorne, il envoie des étincelles vertes, d'accord ? Sortez vos baguettes et entraînez-vous dès maintenant. Voilà, très bien. Et si quelqu'un a des ennuis, il envoie des étincelles rouges pour que les autres viennent à son secours. Allons-y, maintenant, et faites bien attention.— Punition dans la Forêt interdite La Forêt interdite Angl. The Forbidden Forest est le quinzième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter, Hermione Granger, Neville Londubat et Drago Malefoy sont punis et doivent aller dans la Forêt interdite où ils vont faire une mauvaise rencontre... Résumé détaillé Harry Potter, Hermione Granger, Neville Londubat et Drago Malefoy reçoivent une punition, car ils étaient dehors après le couvre-feu. Peu avant les examens, Harry soupçonne le professeur Quirrell d'avoir été à nouveau menacé par le professeur Rogue et de lui avoir cédé. Le lendemain de cette découverte, Harry, Hermione, Neville et Malefoy apprennent en quoi doit consister leur retenue ils doivent aller dans la Forêt interdite avec Rubeus Hagrid pour retrouver une licorne blessée. Quand Harry et Malefoy retrouvent la licorne, elle est morte mais à côté d'elle, ils trouvent une créature avec une capuche qui est en train de boire le sang de la licorne. Harry éprouve alors une douleur insupportable à sa cicatrice mais il est sauvé par un centaure du nom de Firenze. Révélations Premières apparitions Créatures Licorne • Centaure • Ronan • Bane • Firenze Évènements Première entrée dans la Forêt interdite Objets Sang de licorne • Sabliers Lieux Bureau d'Argus Rusard mention Magie Étincelles vertes • Étincelles rouges Secrets du tournage Dans le film Les quatre punis sont Harry Potter, Ron Weasley, Hermione Granger et Drago Malefoy alors que dans le livre, Ron était à l'infirmerie et c'est Neville qui est puni à sa place. Harry Potter va avec Drago Malefoy alors que dans le livre, Harry va avec Rubeus Hagrid et Hermione. Ronan et Bane sont absents. La créature dans la Forêt interdite se déplace jusqu'à Harry en volant. Firenze est foncé dans le film alors que dans le livre il est décrit comme étant clair. Chapitre 16 Sous la trappe Harry Potter Ce soir, je vais essayer d'aller chercher la Pierre avant lui. Ron Weasley Tu es fou ! Hermione Granger Tu ne peux pas faire ça ! Après ce que McGonagall et Rogue ont dit ? Tu vas te faire renvoyer ! Harry Potter Et alors ? Vous ne comprenez donc pas ? Si Rogue parvient à s'emparer de la Pierre, Voldemort va revenir ! Vous n'avez jamais entendu dire comme c'était quand il a voulu prendre le pouvoir ? S'il y arrive, on ne pourra plus se faire renvoyer tout simplement parce que Poudlard n'existera même plus ! Il va le détruire, ou le transformer en école de magie noire ! Perdre des points n'a plus aucune importance. Tu crois qu'il vous laissera tranquilles, vous et vos familles si Gryffondor gagne la coupe ? Si je me fais prendre avant d'avoir réussi à atteindre la Pierre, je n'aurai plus qu'à retourner chez les Dursley et y attendre que Voldemort vienne me chercher. Ça ne fera que retarder un peu le moment de ma mort, parce que moi, je ne me mettrai jamais du côté des forces obscures ! Cette nuit, je passe par cette trappe et vous ne pourrez pas m'en empêcher ! C'est Voldemort qui a tué mes parents, il ne faut pas l'oublier. — Harry Potter décide de se rendre sous la trappe... Harry Potter Ce soir, je vais essayer d'aller chercher la Pierre avant Weasley Tu es fou !Hermione Granger Tu ne peux pas faire ça ! Après ce que McGonagall et Rogue ont dit ? Tu vas te faire renvoyer !Harry Potter Et alors ? Vous ne comprenez donc pas ? Si Rogue parvient à s'emparer de la Pierre, Voldemort va revenir ! Vous n'avez jamais entendu dire comme c'était quand il a voulu prendre le pouvoir ? S'il y arrive, on ne pourra plus se faire renvoyer tout simplement parce que Poudlard n'existera même plus ! Il va le détruire, ou le transformer en école de magie noire ! Perdre des points n'a plus aucune importance. Tu crois qu'il vous laissera tranquilles, vous et vos familles si Gryffondor gagne la coupe ? Si je me fais prendre avant d'avoir réussi à atteindre la Pierre, je n'aurai plus qu'à retourner chez les Dursley et y attendre que Voldemort vienne me chercher. Ça ne fera que retarder un peu le moment de ma mort, parce que moi, je ne me mettrai jamais du côté des forces obscures ! Cette nuit, je passe par cette trappe et vous ne pourrez pas m'en empêcher ! C'est Voldemort qui a tué mes parents, il ne faut pas l'oublier.— Harry Potter décide de se rendre sous la trappe... Sous la trappe Angl. Through the Trapdoor est le seizième chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter va essayer de s'emparer de la Pierre philosophale afin que Voldemort ne revienne pas... Résumé Harry Potter comprend que le professeur Rogue essaie de prendre la Pierre philosophale pour redonner la vie à Voldemort. Rogue ayant réussi à convaincre le professeur Quirrell, il va probablement essayer de voler la Pierre le soir même. Harry apprend justement qu'Albus Dumbledore est absent. Harry, Ron Weasley et Hermione Granger décident donc d'aller prendre la Pierre avant Severus Rogue. Ils vont parvenir à franchir tous les obstacles, mais seul Harry parvient à la dernière pièce, où se trouve la Pierre et quelqu'un qui n'est ni Rogue, ni Voldemort. Révélations Premières apparitions Personnages Elfric l'Insatiable mention Créatures Calmar géant • Deuxième troll des montagnes de Quirinus Quirrell Évènements Épreuves de première année • Code de conduite des loups-garous de 1637 Objets Venin de dragon • Clés volantes • Échiquier géant • Vin d'ortie Lieux Sous la trappe Magie Sort anti-triche • Épreuve de sortilèges faire danser un ananas sur une table • Épreuve de métamorphose transformer une souris en tabatière • Épreuve de potions préparer une potion d'Amnésie • Maléfice du Saucisson Petrificus Totalus Plantes Filet du Diable Secrets du tournage Dans le film Le trio n'apporte pas d'instrument de musique pour calmer Touffu. La harpe apportée par le professeur Quirrell joue toujours à leur arrivée, mais le chien se réveille et bave sur Ron Weasley. Hermione Granger est emprisonnée par le Filet du Diable comme Harry Potter et Ron Weasley. Hermione et Harry glissent en dessous de la plante en se détendant et Hermione libère Ron avec un sort Lumos Solem alors que dans le livre, Hermione s'est libérée avant d'être immobilisée et produit des flammes bleues. Le cours de botanique est appelé le cours d'herbologie. Seul Harry monte sur un balai pour attraper la clé volante. Dès qu'il monte sur le balai, il est poursuivi par toutes les clés. Lorsqu'il a réussi à attraper la bonne, il la lance à Hermione et Ron pour ouvrir la porte. Dans le livre, chaque membre du trio est sur un balai et les clés ne les poursuivent pas. Pour l'épreuve de l'échiquier géant, Hermione veut s'élancer lorsque Ron est mis à terre. Harry l'en empêche tant que la partie n'est pas finie et ensuite les laisse tous les deux avant de continuer. Les protections des professeurs Quirrell troll et Rogue logique et potions sont absentes. Chapitre 17 L'homme aux deux visages Voldemort Laisse-moi lui parler face à face. Quirinus Quirrell Maître, vous n'avez pas assez de forces. Voldemort J'en ai assez pour ça...Harry eut alors l'impression qu'un Filet du Diable le clouait sur place. Il ne parvenait plus à remuer le moindre muscle. Pétrifié, il regarda Quirrell lever les bras et commencer à défaire son turban. Bientôt, le turban tomba et la tête de Quirrell parut étrangement petite. Puis il pivota sur ses aurait voulu crier, mais il était incapable d'émettre le moindre la tête de Quirrell, au lieu de son crâne, il y avait un visage, le visage le plus terrifiant que Harry eût jamais vu. Il était d'une blancheur de craie avec des yeux rouges flamboyants et des fentes en guise de narines, comme sur la tête d'un serpent. — L'homme aux deux visages Voldemort Laisse-moi lui parler face à Quirrell Maître, vous n'avez pas assez de J'en ai assez pour ça...Harry eut alors l'impression qu'un Filet du Diable le clouait sur place. Il ne parvenait plus à remuer le moindre muscle. Pétrifié, il regarda Quirrell lever les bras et commencer à défaire son turban. Bientôt, le turban tomba et la tête de Quirrell parut étrangement petite. Puis il pivota sur ses aurait voulu crier, mais il était incapable d'émettre le moindre la tête de Quirrell, au lieu de son crâne, il y avait un visage, le visage le plus terrifiant que Harry eût jamais vu. Il était d'une blancheur de craie avec des yeux rouges flamboyants et des fentes en guise de narines, comme sur la tête d'un serpent.— L'homme aux deux visages L'homme aux deux visages Angl. The Man with Two Faces est le dix-septième et dernier chapitre de Harry Potter à l'école des sorciers. Harry Potter découvre que le professeur Quirrell est celui qui voulait obtenir la Pierre philosophale. Il abrite l'âme décharnée de Voldemort. Harry parvient à obtenir la Pierre et à survivre, une fois de plus. Résumé En arrivant dans la pièce, Harry Potter s'aperçoit qu'il n'est pas le premier à entrer. Et contre toute attente, c'est le professeur Quirrell qui se trouve dans la pièce et non le professeur Rogue. Dans la salle se trouve également le miroir dans lequel Harry apercevait ses parents. Quirrell avait donc passé également toutes les épreuves qui permettaient de protéger la Pierre philosophale sauf la dernière. Il reste en effet l'épreuve du miroir. Parvient à la passer celui qui désire la Pierre dans un autre but que de devenir immortel, ce qui n'est pas le cas de Quirrell. La Pierre arrive dans la poche de Harry. Quirrell est en fait une double personnalité, lorsque celui ôte le long ruban autour de sa tête, on voit de l'autre côté du visage, celui de Voldemort. Voldemort et Harry ont une discussion au cours de laquelle Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom lui explique que c'était lui qui a fait entrer le troll dans Poudlard, que c'était lui qui avait essayé de le déstabiliser de son balai pendant le match de Quidditch et qu'il y serait parvenu si Rogue n'avait pas prononcé quelques formules magiques pour l'en empêcher. Voldemort veut alors tuer Harry pour récupérer la Pierre qui est dans sa poche, mais n'y parvient pas car Harry est toujours sous le pouvoir magique de la protection de sa mère. Harry va néanmoins s'évanouir pendant la lutte et se réveiller quelques instants plus tard à l'infirmerie. Lors du banquet final Gryffondor gagne la coupe des Quatre Maisons grâce notamment aux points remportés par Ron, Hermione et Harry pour le courage dont ils ont fait preuve. Révélations Voldemort est caché derrière la tête de Quirrell Premières apparitions Personnages Gardien de King's Cross Objets Album photo de Harry Potter Évènements Match de Quidditch Gryffondor contre Serdaigle Secrets du tournage Dans le film Le professeur Quirrell tombe en poussière lorsqu'il touche Harry Potter, qui assiste à sa mort. Il est ensuite traversé par Voldemort. Le professeur Dumbledore trouve une Dragée surprise de Bertie Crochue qui possède le même goût que celui prétendument trouvé par Fred Weasley. version française uniquement Rubeus Hagrid remet sur le quai de la gare de Pré-au-Lard l'album photo contenant les photos de la famille Potter alors que dans le livre, il lui remet à l'infirmerie. Harry Potter à l'école des sorciers Chapitres Le survivant • Une vitre disparaît • Les lettres de nulle part • Le gardien des Clés • Le Chemin de Traverse • Rendez-vous sur la voie 9¾ • Le Choixpeau magique • Le maître des potions • Duel à minuit • Halloween • Le match de Quidditch • Le Miroir du Riséd • Nicolas Flamel • Norbert le dragon • La Forêt interdite • Sous la trappe • L'homme aux deux visages Univers étendu Livre • CD audio • Film • Bande originale • Jeux vidéo Enrésumé, il y avait chez nous le parti de ma mère, représenté par Rose, Ursule et moi, le nous allions retrouver ma grand'mère chez mon grand-oncle de Beaumont. C'était un vieil usage de famille fort doux que ce dîner hebdomadaire qui réunissait invariablement les mêmes convives. Il s'est presque perdu dans la vie agitée et désordonnée que l'on mène
You will be automatically redirected to the requested page after 3 fermez pas cette page. Veuillez attendre 3 secondes avant de poursuivre. The page was generated at Fri, 19 Aug 2022 174531 Browser time
Chapitre02 : Nouveau départ. Il avait quitté l'avion et maintenant il traversait l'aéroport, il était tôt, il avait eu la chance d'avoir un voyage de nuit et malgré le décalage horaire, il repéra une horloge il était seulement six heures du matin. Il était épuisé et rêvait d'une douche bien chaude. Il se vit dans un miroir et se fixa quelques instants Il avait du mal à se
Chagrin d’école de Daniel Pennac Pour Minne, ô combien ! À Fanchon Delfosse, Pierre Arènes, José Rivaux, Philippe Bonneu, Ali Mehidi, Françoise Dousset et Nicole Harlé, sauveurs d’élèves s’il en fut. Et à la mémoire de Jean Rolin, qui ne désespéra jamais du cancre que j’étais. I - La poubelle de Djibouti Statistiquement tout s’explique, personnellement tout se complique. 1. Commençons par l’épilogue Maman, quasi centenaire, regardant un film sur un auteur qu’elle connaît bien. On voit l’auteur chez lui, à Paris, entouré de ses livres, dans sa bibliothèque qui est aussi son bureau. La fenêtre ouvre sur une cour d’école. Raffut de récré. On apprend que pendant un quart de siècle l’auteur exerça le métier de professeur et que s’il a choisi cet appartement donnant sur deux cours de récréation, c’est à la façon d’un cheminot qui prendrait sa retraite au-dessus d’une gare de triage. Puis on voit l’auteur en Espagne, en Italie, discutant avec ses traducteurs, blaguant avec ses amis vénitiens, et sur le plateau du Vercors, marchant, solitaire, dans la brume des altitudes, parlant métier, langue, style, structure romanesque, personnages… Nouveau bureau, ouvert sur la splendeur alpine, cette fois. Ces scènes sont ponctuées par des interviews d’artistes que l’auteur admire, et qui parlent eux-mêmes de leur propre travail le cinéaste et romancier Dai Sijie, le dessinateur Sempé, le chanteur Thomas Fersen, le peintre Jürg Kreienbühl. Retour à Paris l’auteur derrière son ordinateur, parmi ses dictionnaires cette fois. Il en a la passion, dit-il. On apprend d’ailleurs, et c’est la conclusion du film, qu’il y est entré, dans le dictionnaire, le Robert, à la lettre P, sous le nom de Pennac, de son nom entier Pennacchioni, Daniel de son prénom. Maman, donc, regarde ce film, en compagnie de mon frère Bernard, qui l’a enregistré pour elle. Elle le regarde d’un bout à l’autre, immobile dans son fauteuil, l’œil fixe, sans piper mot, dans le soir qui tombe. Fin du film. Générique. Silence. Puis, se tournant lentement vers Bernard, elle demande - Tu crois qu’il s’en sortira un jour ? 2. C’est que je fus un mauvais élève et qu’elle ne s’en est jamais tout à fait remise. Aujourd’hui que sa conscience de très vieille dame quitte les plages du présent pour refluer doucement vers les lointains archipels de la mémoire, les premiers récifs à ressurgir lui rappellent cette inquiétude qui la rongea pendant toute ma scolarité. Elle pose sur moi un regard soucieux et, lentement - Qu’est-ce que tu fais, dans la vie ? Très tôt mon avenir lui parut si compromis qu’elle ne fut jamais tout à fait assurée de mon présent. N’étant pas destiné à devenir, je ne lui paraissais pas armé pour durer. J’étais son enfant précaire. Elle me savait pourtant tiré d’affaire depuis ce mois de septembre 1969 où j’entrai dans ma première classe en qualité de professeur. Mais pendant les décennies qui suivirent c’est-à-dire pendant la durée de ma vie adulte, son inquiétude résista secrètement à toutes les preuves de réussite » que lui apportaient mes coups de téléphone, mes lettres, mes visites, la parution de mes livres, les articles de journaux ou mes passages chez Pivot. Ni la stabilité de ma vie professionnelle, ni la reconnaissance de mon travail littéraire, rien de ce qu’elle entendait dire de moi par des tiers ou qu’elle pouvait lire dans la presse ne la rassurait tout à fait. Certes, elle se réjouissait de mes succès, en parlait avec ses amis, convenait que mon père, mort avant de les connaître, en aurait été heureux mais, dans le secret de son cœur demeurait l’anxiété qu’avait fait naître à jamais le mauvais élève du commencement. Ainsi s’exprimait son amour de mère; quand je la taquinais sur les délices de l’inquiétude maternelle, elle répondait joliment par une blague à la Woody Allen - Que veux-tu, toutes les Juives ne sont pas mères, mais toutes les mères sont juives. Et, aujourd’hui que ma vieille mère juive n’est plus tout à fait dans le présent, c’est de nouveau cette inquiétude qu’expriment ses yeux quand ils se posent sur son petit dernier de soixante ans. Une inquiétude qui aurait perdu de son intensité, une anxiété fossile, qui n’est plus que l’habitude d’elle-même, mais qui demeure suffisamment vivace pour que Maman me demande, sa main posée sur la mienne, au moment où je la quitte - Tu as un appartement, à Paris ? 3. Donc, j’étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier. Champagne ! Fermé à l’arithmétique d’abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l’apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux leçons non apprises, travail non fait, je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique, ni le sport, ni d’ailleurs aucune activité parascolaire. - Tu comprends ? Est-ce que seulement tu comprends ce que je t’explique ? Je ne comprenais pas. Cette inaptitude à comprendre remontait si loin dans mon enfance que la famille avait imaginé une légende pour en dater les origines mon apprentissage de l’alphabet. J’ai toujours entendu dire qu’il m’avait fallu une année entière pour retenir la lettre a. La lettre a, en un an. Le désert de mon ignorance commençait au-delà de l’infranchissable b. - Pas de panique, dans vingt-six ans il possédera parfaitement son alphabet. Ainsi ironisait mon père pour distraire ses propres craintes. Bien des années plus tard, comme je redoublais ma terminale à la poursuite d’un baccalauréat qui m’échappait obstinément, il aura cette formule - Ne t’inquiète pas, même pour le bac on finit par acquérir des automatismes… Ou, en septembre 1968, ma licence de lettres enfin en poche - Il t’aura fallu une révolution pour la licence, doit-on craindre une guerre mondiale pour l’agrégation ? Cela dit sans méchanceté particulière. C’était notre forme de connivence. Nous avons assez vite choisi de sourire, mon père et moi. Mais revenons à mes débuts. Dernier-né d’une fratrie de quatre, j’étais un cas d’espèce. Mes parents n’avaient pas eu l’occasion de s’entraîner avec mes aînés, dont la scolarité, pour n’être pas exceptionnellement brillante, s’était déroulée sans heurt. J’étais un objet de stupeur, et de stupeur constante car les années passaient sans apporter la moindre amélioration à mon état d’hébétude scolaire. Les bras m’en tombent », Je n’en reviens pas », me sont des exclamations familières, associées à des regards d’adulte où je vois bien que mon incapacité à assimiler quoi que ce soit creuse un abîme d’incrédulité. Apparemment, tout le monde comprenait plus vite que moi. - Tu es complètement bouché ! Un après-midi de l’année du bac une des années du bac, mon père me donnant un cours de trigonométrie dans la pièce qui nous servait de bibliothèque, notre chien se coucha en douce sur le lit, derrière nous. Repéré, il fut sèchement viré - Dehors, le chien, dans ton fauteuil ! Cinq minutes plus tard, le chien était de nouveau sur le lit. Il avait juste pris le soin d’aller chercher la vieille couverture qui protégeait son fauteuil et de se coucher sur elle. Admiration générale, bien sûr, et justifiée qu’un animal pût associer une interdiction à l’idée abstraite de propreté et en tirer la conclusion qu’il fallait faire son lit pour jouir de la compagnie des maîtres, chapeau, évidemment, un authentique raisonnement ! Ce fut un sujet de conversation familiale qui traversa les âges. Personnellement, j’en tirai l’enseignement que même le chien de la maison pigeait plus vite que moi. Je crois bien lui avoir murmuré à l’oreille - Demain, c’est toi qui vas au bahut, lèche-cul. 4. Deux messieurs d’un certain âge se promènent au bord du Loup, leur rivière d’enfance. Deux frères. Mon frère Bernard et moi. Un demi-siècle plus tôt, ils plongeaient dans cette transparence. Ils nageaient parmi les chevesnes que leur chahut n’effrayait pas. La familiarité des poissons donnait à penser que ce bonheur durerait toujours. La rivière coulait entre des falaises. Quand les deux frères la suivaient jusqu’à la mer, tantôt portés par le courant tantôt crapahutant sur les rochers, il leur arrivait de se perdre de vue. Pour se retrouver, ils avaient appris à siffler entre leurs doigts. De longues stridulations qui se répercutaient contre les parois rocheuses. Aujourd’hui l’eau a baissé, les poissons ont disparu, une mousse glaireuse et stagnante dit la victoire du détergent sur la nature. Ne demeure de notre enfance que le chant des cigales et la chaleur résineuse du soleil. Et puis, nous savons toujours siffler entre nos doigts; nous ne nous sommes jamais perdus d’oreille. J’annonce à Bernard que je songe à écrire un livre concernant l’école; non pas l’école qui change dans la société qui change, comme a changé cette rivière, mais, au cœur de cet incessant bouleversement, sur ce qui ne change pas, justement, sur une permanence dont je n’entends jamais parler la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs, l’interaction de ces chagrins d’école. - Vaste programme… Et comment vas-tu t’y prendre ? - En te cuisinant, par exemple. Quels souvenirs gardes-tu de ma propre nullité, disons… en math ? Mon frère Bernard était le seul membre de la famille à pouvoir m’aider dans mon travail scolaire sans que je me verrouille comme une huître. Nous avons partagé la même chambre jusqu’à mon entrée en cinquième, où je fus mis en pension. - En math ? Ça a commencé avec l’arithmétique, tu sais ! Un jour je t’ai demandé quoi faire d’une fraction que tu avais sous les yeux. Tu m’as répondu automatiquement Il faut la réduire au dénominateur commun. » Il n’y avait qu’une fraction, donc un seul dénominateur, mais tu n’en démordais pas Faut la réduire au dénominateur commun ! » Comme j’insistais Réfléchis un peu, Daniel il n’y a là qu’une seule fraction, donc un seul dénominateur », tu t’es foutu en rogne C’est le prof qui l’a dit; les fractions, faut les réduire au dénominateur commun ! » Et les deux messieurs de sourire, le long de leur promenade. Tout cela est très loin derrière eux. L’un d’eux a été professeur pendant vingt-cinq ans deux mille cinq cents élèves, à peu près, dont un certain nombre en grande difficulté », selon l’expression consacrée. Et tous deux sont pères de famille. Le prof a dit que… », ils connaissent. L’espoir placé par le cancre dans la litanie, oui… Les mots du professeur ne sont que des bois flottants auxquels le mauvais élève s’accroche sur une rivière dont le courant l’entraîne vers les grandes chutes. Il répète ce qu’a dit le prof. Pas pour que ça ait du sens, pas pour que la règle s’incarne, non, pour être tiré d’affaire, momentanément, pour qu’ on me lâche ». Ou qu’on m’aime. À tout prix. - Un livre de plus sur l’école, alors ? Tu trouves qu’il n’y en a pas assez ? - Pas sur l’école ! Tout le monde s’occupe de l’école, éternelle querelle des anciens et des modernes ses programmes, son rôle social, ses finalités, l’école d’hier, celle de demain… Non, un livre sur le cancre ! Sur la douleur de ne pas comprendre, et ses dégâts collatéraux. - Tu en as bavé tant que ça ? - Peux-tu me dire autre chose sur le cancre que j’étais ? - Tu te plaignais de ne pas avoir de mémoire. Les leçons que je te faisais apprendre le soir s’évaporaient dans la nuit. Le lendemain matin tu avais tout oublié. Le fait est. Je n’imprimais pas, comme disent les jeunes gens d’aujourd’hui. Je ne captais ni n’imprimais. Les mots les plus simples perdaient leur substance dès qu’on me demandait de les envisager comme objet de connaissance. Si je devais apprendre une leçon sur le massif du Jura, par exemple plus qu’un exemple, c’est, en l’occurrence, un souvenir très précis, ce petit mot de deux syllabes se décomposait aussitôt jusqu’à perdre tout rapport avec la Franche-Comté, l’Ain, l’horlogerie, les vignobles, les pipes, l’altitude, les vaches, les rigueurs de l’hiver, la suisse frontalière, le massif alpin ou la simple montagne. Il ne représentait plus rien. Jura, me disais-je, Jura ? Jura… Et je répétais le mot, inlassablement, comme un enfant qui n’en finit pas de mâcher, mâcher et ne pas avaler, répéter et ne pas assimiler, jusqu’à la totale décomposition du goût et du sens, mâcher, répéter, Jura, Jura, jura, jura, jus, rat, jus, ra ju ra ju ra jurajurajura, jusqu’à ce que le mot devienne une masse sonore indéfinie, sans le plus petit reliquat de sens, un bruit pâteux d’ivrogne dans une cervelle spongieuse… C’est ainsi qu’on s’endort sur une leçon de géographie. - Tu prétendais détester les majuscules. Ah ! Terribles sentinelles, les majuscules ! Il me semblait qu’elles se dressaient entre les noms propres et moi pour m’en interdire la fréquentation. Tout mot frappé d’une majuscule était voué à l’oubli instantané villes, fleuves, batailles, héros, traités, poètes, galaxies, théorèmes, interdits de mémoire pour cause de majuscule tétanisante. Halte là, s’exclamait la majuscule, on ne franchit pas la porte de ce nom, il est trop propre, on n’en est pas digne, on est un crétin ! Précision de Bernard, le long de notre chemin - Un crétin minuscule ! Rire des deux frères. - Et plus tard, rebelote avec les langues étrangères je ne pouvais pas m’ôter de l’idée qu’il s’y disait des choses trop intelligentes pour moi. - Ce qui te dispensait d’apprendre tes listes de vocabulaire. - Les mots d’anglais étaient aussi volatils que les noms propres… - Tu te racontais des histoires, en somme. Oui, c’est le propre des cancres, ils se racontent en boucle l’histoire de leur cancrerie je suis nul, je n’y arriverai jamais, même pas la peine d’essayer, c’est foutu d’avance, je vous l’avais bien dit, l’école n’est pas faite pour moi… L’école leur paraît un club très fermé dont ils s’interdisent l’entrée. Avec l’aide de quelques professeurs, parfois. Deux messieurs d’un certain âge se promènent le long d’une rivière. En bout de promenade ils tombent sur un plan d’eau cerné de roseaux et de galets. Bernard demande - Tu es toujours aussi bon, en ricochets ? 5. Bien entendu se pose la question de la cause originelle. D’où venait ma cancrerie ? Enfant de bourgeoisie d’État, issu d’une famille aimante, sans conflit, entouré d’adultes responsables qui m’aidaient à faire mes devoirs… Père polytechnicien, mère au foyer, pas de divorce, pas d’alcooliques, pas de caractériels, pas de tares héréditaires, trois frères bacheliers des matheux, bientôt deux ingénieurs et un officier, rythme familial régulier, nourriture saine, bibliothèque à la maison, culture ambiante conforme au milieu et à l’époque père et mère nés avant 1914 peinture jusqu’aux impressionnistes, poésie jusqu’à Mallarmé, musique jusqu’à Debussy, romans russes, l’inévitable période Teilhard de Chardin, Joyce et Cioran pour toute audace… Propos de table calmes, rieurs et cultivés. Et pourtant, un cancre. Pas d’explication non plus à tirer de l’historique familial. C’est une progression sociale en trois générations grâce à l’école laïque, gratuite et obligatoire, ascension républicaine en somme, victoire à la Jules Ferry… Un autre Jules, l’oncle de mon père, l’Oncle, Jules Pennacchioni, mena au certificat d’études les enfants de Guargualé et de Pila-Canale, les villages corses de la famille; on lui doit des générations d’instituteurs, de facteurs, de gendarmes, et autres fonctionnaires de la France coloniale ou métropolitaine… peut-être aussi quelques bandits, mais il en aura fait des lecteurs. L’Oncle, dit-on, faisait faire des dictées et des exercices de calcul à tout le monde et en toutes circonstances; on dit aussi qu’il allait jusqu’à enlever les enfants que leurs parents obligeaient à sécher l’école pendant la cueillette des châtaignes. Il les récupérait dans le maquis, les ramenait chez lui et prévenait le père esclavagiste - Je te rendrai ton garçon quand il aura son certificat ! Si c’est une légende, je l’aime. Je ne crois pas qu’on puisse concevoir autrement le métier de professeur. Tout le mal qu’on dit de l’école nous cache le nombre d’enfants qu’elle a sauvés des tares, des préjugés, de la morgue, de l’ignorance, de la bêtise, de la cupidité, de l’immobilité ou du fatalisme des familles. Tel était l’Oncle. Pourtant, trois générations plus tard, moi, le cancre ! La honte de l’Oncle, s’il avait su… Par bonheur, il mourut avant de me voir naître. Non seulement mes antécédents m’interdisaient toute cancrerie mais, dernier représentant d’une lignée de plus en plus diplômée, j’étais socialement programmé pour devenir le fleuron de la famille polytechnicien ou normalien, énarque évidemment, la Cour des comptes, un ministère, va savoir… On ne pouvait espérer moins. Là-dessus, un mariage efficace et la mise au monde d’enfants destinés dès le berceau à la taupe de Louis-le-Grand et propulsés vers le trône de l’Élysée ou la direction d’un consortium mondial de la cosmétique. La routine du darwinisme social, la reproduction des élites… Eh bien non, un cancre. Un cancre sans fondement historique, sans raison sociologique, sans désamour un cancre en soi. Un cancre étalon. Une unité de mesure. Pourquoi ? La réponse gît peut-être dans le cabinet des psychologues, mais ce n’était pas encore l’époque du psychologue scolaire envisagé comme substitut familial. On faisait avec les moyens du bord. Bernard, de son côté, proposait son explication - À six ans, tu es tombé dans la poubelle municipale de Djibouti. - Six ans ? L’année du a ? - Oui. C’était une décharge à ciel ouvert, en fait. Tu y es tombé du haut d’un mur. Je ne me rappelle pas combien de temps tu y as macéré. Tu avais disparu, on te cherchait partout, et tu te débattais là-dedans sous un soleil qui devait avoisiner les soixante degrés. Je préfère ne pas imaginer à quoi ça ressemblait. L’image de la poubelle, tout compte fait, convient assez à ce sentiment de déchet que ressent l’élève perdu pour l’école. Poubelle » est d’ailleurs un terme que j’ai entendu prononcer plusieurs fois pour qualifier ces boîtes privées hors contrat qui acceptent à quel prix ? de recueillir les rebuts du collège. J’y ai vécu de la cinquième à la première, pensionnaire. Et parmi tous les professeurs que j’y ai subis, quatre m’ont sauvé. - Quand on t’a sorti de ce tas d’ordures, tu as fait une septicémie; on t’a piqué à la pénicilline pendant des mois. Ça te faisait un mal de chien, tu mourais de trouille. Quand l’infirmier se pointait on passait des heures à te chercher dans la maison. Un jour tu t’es caché dans une armoire qui t’est tombée dessus. Peur de la piqûre, voilà une métaphore parlante toute ma scolarité passée à fuir des professeurs envisagés comme des Diafoirus armés de seringues gigantesques et chargés de m’inoculer cette brûlure épaisse, la pénicilline des années cinquante – dont je me souviens très bien –, une sorte de plomb fondu qu’ils injectaient dans un corps d’enfant. En tout cas, oui, la peur fut bel et bien la grande affaire de ma scolarité; son verrou. Et l’urgence du professeur que je devins fut de soigner la peur de mes plus mauvais élèves pour faire sauter ce verrou, que le savoir ait une chance de passer. 6. Je fais un rêve. Pas un rêve d’enfant, un rêve d’aujourd’hui, pendant que j’écris ce livre. Juste après le chapitre précédent, à vrai dire. Je suis assis, en pyjama, au bord de mon lit. De gros chiffres en plastique, comme ceux avec lesquels jouent les petits enfants, sont éparpillés sur le tapis, devant moi. Je dois mettre ces chiffres en ordre ». C’est l’énoncé. L’opération me paraît facile, je suis content. Je me penche et tends les bras vers ces chiffres. Et je m’aperçois que mes mains ont disparu. Il n’y a plus de mains au bout de mon pyjama. Mes manches sont vides. Ce n’est pas la disparition de mes mains qui m’affole, c’est de ne pas pouvoir atteindre ces chiffres pour les mettre en ordre. Ce que j’aurais su faire. 7. Pourtant, extérieurement, sans être agité, j’étais un enfant vif et joueur. Habile aux billes et aux osselets, imbattable au ballon prisonnier, champion du monde de polochon, je jouais. Plutôt bavard et rieur, farceur même, je me faisais des amis à tous les étages de la classe, des cancres certes, mais des têtes de série aussi – je n’avais pas de préjugés. Plus que tout, certains professeurs me reprochaient cette gaieté. C’était ajouter l’insolence à la nullité. La moindre des politesses, pour un cancre, c’est d’être discret mort-né serait l’idéal. Seulement, ma vitalité m’était vitale, si je puis dire. Le jeu me sauvait du chagrin qui m’envahissait dès que je retombais dans ma honte solitaire. Mon Dieu, cette solitude du cancre dans la honte de ne jamais faire ce qu’il faut ! Et cette envie de fuir… J’ai ressenti très tôt l’envie de fuir. Pour où ? Assez confus. Fuir de moi-même, disons, et pourtant en moi-même. Mais un moi qui aurait été acceptable par les autres. C’est sans doute à cette envie de fuir que je dois l’étrange écriture qui précéda mon écriture. Au lieu de former les lettres de l’alphabet, je dessinais des petits bonshommes qui s’enfuyaient en marge pour s’y constituer en bande. Je m’appliquais, pourtant, au début, j’ourlais mes lettres tant bien que mal, mais peu à peu les lettres se métamorphosaient d’elles-mêmes en ces petits êtres sautillants et joyeux qui s’en allaient folâtrer ailleurs, idéogrammes de mon besoin de vivre Aujourd’hui encore j’utilise ces bonshommes dans mes dédicaces. Ils me sont précieux pour couper à la recherche de la platitude distinguée qu’on se doit d’écrire sur la page de garde des services de presse. C’est la bande de mon enfance, je lui reste fidèle. 8. Adolescent, j’ai rêvé d’une bande plus réelle. Ce n’était pas l’époque, ce n’était pas de mon milieu, mon environnement ne m’en donnait pas la possibilité, mais aujourd’hui encore, je le dis résolument, si j’avais eu l’occasion de me constituer en bande, je l’aurais fait. Et avec quelle joie ! Mes camarades de jeu ne me suffisaient pas. Je n’existais pour eux qu’à la récréation; en classe je me sentais compromettant. Ah ! me fondre dans une bande où la scolarité n’aurait compté pour rien, quel rêve ! Ce qui fait l’attrait de la bande ? S’y dissoudre avec la sensation de s’y affirmer. La belle illusion d’identité ! Tout pour oublier ce sentiment d’étrangeté absolue à l’univers scolaire, et fuir ces regards d’adulte dédain. Tellement convergents, ces regards ! Opposer un sentiment de communauté à cette perpétuelle solitude, un ailleurs à cet ici, un territoire à cette prison. Quitter l’île du cancre à tout prix, fût-ce sur un bateau de pirates où ne régnerait que la loi du poing et qui mènerait, au mieux, en prison. Je les sentais tellement plus forts que moi, les autres, les professeurs, les adultes, et d’une force tellement plus écrasante que le poing, si admise, si légale, qu’il m’arrivait d’en éprouver un besoin de vengeance proche de l’obsession. Quatre décennies plus tard, l’expression avoir la haine » ne me surprit pas quand elle apparut dans la bouche de certains adolescents. Multipliée par quantité de facteurs nouveaux, sociologiques, culturels, économiques, elle exprimait encore ce besoin de vengeance qui m’avait été si familier. Par bonheur, mes camarades de jeu n’étaient pas de ceux qui se constituent en bande, et je n’étais originaire d’aucune cité. Je fus donc une bande de jeunes à moi tout seul, comme dit la chanson de Renaud, une bande bien modeste, où je pratiquais en solitaire des représailles plutôt sournoises. Ces langues de bœufs, par exemple une centaine, prélevées nuitamment aux conserves de la cantine et que j’avais clouées à la porte d’un intendant parce qu’il nous les servait deux fois par semaine et que nous les retrouvions le lendemain dans nos assiettes si nous ne les avions pas mangées. Ou ce hareng saur ficelé au pot d’échappement de la toute neuve voiture d’un professeur d’anglais c’était une Ariane, je me la rappelle, le flanc des pneus blanc comme des chaussures de maquereau…, qui se mit à puer inexplicablement le poisson grillé au point que, les premiers jours, son propriétaire lui- même empestait la poiscaille en entrant dans la classe. Ou encore cette trentaine de poules, chipées dans les fermes avoisinant mon pensionnat de montagne, pour remplir la chambre du surveillant général pendant toute la durée du week-end où il m’avait consigné. Quel magnifique poulailler devint cette piaule en trois jours seulement fientes et plumes collées, et la paille pour faire plus vrai, et les œufs cassés un peu partout, et le maïs généreusement distribué par là-dessus ! Sans parler de l’odeur ! Ah, la jolie fête quand le chef des pions, ouvrant benoîtement la porte de sa chambre, libéra dans les couloirs les prisonnières affolées que chacun se mit à poursuivre pour son propre compte ! C’était idiot, bien sûr, idiot, méchant, répréhensible, impardonnable… Et inefficace, avec ça le genre de sévices qui n’améliore pas le caractère du corps enseignant… Pourtant, je mourrai sans arriver à regretter mes poules, mon hareng et mes pauvres bœufs à la langue tranchée. Avec mes petits bonshommes fous, ils faisaient partie de ma bande. 9. Une constante pédagogique à de rares exceptions près, le vengeur solitaire ou le chahuteur sournois, c’est une question de point de vue ne se dénonce jamais. Si un autre que lui a fait le coup, il ne le dénonce pas davantage. Solidarité ? Pas sûr. Une sorte de volupté, plutôt, à voir l’autorité s’épuiser en enquêtes stériles. Que tous les élèves soient punis privés de ceci ou de cela jusqu’à ce que le coupable se livre ne l’émeut pas. Bien au contraire, on lui fournit par là l’occasion de se sentir partie prenante de la communauté, enfin ! Il s’associe à tous pour juger dégueulasse » de faire payer » tant d’ innocents » à la place d’un seul coupable ». Stupéfiante sincérité ! Le fait qu’il soit le coupable en question n’entre plus, à ses yeux, en ligne de compte. En punissant tout le monde l’autorité lui a permis de changer de registre nous ne sommes plus dans l’ordre des faits, qui regarde l’enquête, mais sur le terrain des principes; or, en bon adolescent qu’il est, l’équité est un principe sur lequel il ne transige pas. - Ils ne trouvent pas qui c’est, alors ils nous font tous payer, c’est dégueulasse ! Qu’on le traite de lâche, de voleur, de menteur ou de quoi que ce soit d’autre, qu’un procureur tonitruant déclare publiquement tout le mépris où il tient les affreux de son espèce qui n’ont pas le courage de leurs actes » ne le touche guère. D’abord parce qu’il n’entend là que la confirmation de ce qu’on lui a mille fois répété et qu’il est d’accord sur ce point avec le procureur c’est même un plaisir rare, cet accord secret Oui, tu as raison, je suis bien le méchant que tu dis, pire même, si tu savais… » et ensuite parce que le courage d’aller accrocher les trois soutanes du préfet de discipline au sommet du paratonnerre, par exemple, ce n’est pas le procureur qui l’a eu, ni aucun autre élève ici présent, c’est bien lui, et lui seul, au plus noir de la nuit, lui dans sa nocturne et désormais glorieuse solitude. Pendant quelques heures, les soutanes ont fait au collège un noir drapeau de pirate et personne, jamais, ne saura qui a hissé ce pavillon grotesque. Et si on accuse quelqu’un d’autre à sa place, ma foi, il se tait encore, car il connaît son monde et sait très bien avec Claudel, qu’il ne lira pourtant jamais qu’ on peut aussi mériter l’injustice ». Il ne se dénonce pas. C’est qu’il s’est fait une raison de sa solitude et qu’il a enfin cessé d’avoir peur. Il ne baisse plus les yeux. Regardez-le, il est le coupable au regard candide. Il a enfoui dans son silence ce plaisir unique personne ne saura, jamais ! Quand on se sent de nulle part, on a tendance à se faire des serments à soi- même. Mais ce qu’il éprouve, par-dessus tout, c’est la joie sombre d’être devenu incompréhensible aux nantis du savoir qui lui reprochent de ne rien comprendre à rien. Il s’est découvert une aptitude, en somme faire peur à ceux qui l’effrayaient; il en jouit intensément. Personne ne sait ce dont il est capable, et c’est bon. La naissance de la délinquance, c’est l’investissement secret de toutes les facultés de l’intelligence dans la ruse. 10. Mais on se ferait une fausse idée de l’élève que j’étais si on s’en tenait à ces représailles clandestines. D’ailleurs, les trois soutanes, ce n’était pas moi. Le cancre joyeux, ourdissant nuitamment des coups de main vengeurs, l’invisible Zorro des châtiments enfantins, j’aimerais pouvoir m’en tenir à cette image d’Épinal, seulement j’étais aussi – et surtout – un gosse prêt à toutes les compromissions pour un regard d’adulte bienveillant. Quémander en douce l’assentiment des professeurs et coller à tous les conformismes oui, monsieur, vous avez raison, oui… hein, monsieur, que je ne suis pas si bête, pas si méchant, pas si décevant, pas si… Oh ! l’humiliation quand l’autre me renvoyait, d’une phrase sèche, à mon indignité. Oh ! l’abject sentiment de bonheur quand, au contraire, il y allait de deux mots vaguement gentils que j’engrangeais aussitôt comme un trésor d’humanité… Et comme je me précipitais, le soir même, pour en parler à mes parents J’ai eu une bonne conversation avec monsieur Untel… » comme s’il s’agissait d’avoir une bonne conversation, devait se dire mon père, à juste titre…. Longtemps, j’ai traîné derrière moi la trace de cette honte. La haine et le besoin d’affection m’avaient pris tout ensemble dès mes premiers échecs. Il s’agissait d’amadouer l’ogre scolaire. Tout faire pour qu’il ne me dévore pas le cœur. Collaborer, par exemple, au cadeau d’anniversaire de ce professeur de sixième qui, pourtant, notait mes dictées négativement Moins 38, Pennacchioni, la température est de plus en plus basse ! » Me creuser la tête pour choisir ce qui ferait vraiment plaisir à ce salaud, organiser la quête parmi les élèves et fournir moi-même le complément, vu que le prix de l’affreuse merveille dépassait le montant de la cagnotte. Il y avait des coffres-forts dans les maisons bourgeoises de l’époque. J’entrepris de crocheter celui de mes parents pour participer au cadeau de mon tortionnaire. C’était un de ces petits coffres sombres et trapus, où dorment les secrets de famille. Une clef, une molette à chiffres, une autre à lettres. Je savais où mes parents rangeaient la clef mais il me fallut plusieurs nuits pour trouver la combinaison. Molette, clef, porte close. Molette, clef, porte close. Porte close. Porte close. On se dit qu’on n’y arrivera jamais. Et voilà que soudain, déclic, la porte s’ouvre ! On en reste sidéré. Une porte ouverte sur le monde secret des adultes. Secrets bien sages en l’occurrence quelques obligations, je suppose, des emprunts russes qui dormaient là en espérant leur résurrection, le pistolet d’ordonnance d’un grand-oncle, dont le chargeur était plein mais dont on avait limé le percuteur, et de l’argent aussi, pas beaucoup, quelques billets, d’où je prélevai la dîme nécessaire au financement du cadeau. Voler pour acheter l’affection des adultes… Ce n’était pas exactement du vol et ça n’acheta évidemment aucune affection. Le pot aux roses fut découvert lorsque, durant cette même année, j’offris à ma mère un de ces affreux jardins japonais qui étaient alors à la mode et qui coûtaient les yeux de la tête. L’événement eut trois conséquences ma mère pleura ce qui était rare, persuadée d’avoir mis au monde un perceur de coffres le seul domaine où son dernier-né manifestait une indiscutable précocité, on me mit en pension, et ma vie durant je fus incapable de faucher quoi que ce soit, même quand le vol devint culturellement à la mode chez les jeunes gens de ma génération. 11. À tous ceux qui aujourd’hui imputent la constitution de bandes au seul phénomène des banlieues, je dis vous avez raison, oui, le chômage, oui, la concentration des exclus, oui, les regroupements ethniques, oui, la tyrannie des marques, la famille monoparentale, oui, le développement d’une économie parallèle et les trafics en tout genre, oui, oui, oui… Mais gardons-nous de sous-estimer la seule chose sur laquelle nous pouvons personnellement agir et qui, elle, date de la nuit des temps pédagogiques la solitude et la honte de l’élève qui ne comprend pas, perdu dans un monde où tous les autres comprennent. Nous seuls pouvons le sortir de cette prison-là, que nous soyons ou non formés pour cela. Les professeurs qui m’ont sauvé et qui ont fait de moi un professeur n’étaient pas formés pour ça. Ils ne se sont pas préoccupés des origines de mon infirmité scolaire. Ils n’ont pas perdu de temps à en chercher les causes et pas davantage à me sermonner. Ils étaient des adultes confrontés à des adolescents en péril. Ils se sont dit qu’il y avait urgence. Ils ont plongé. Ils m’ont raté. Ils ont plongé de nouveau, jour après jour, encore et encore… Ils ont fini par me sortir de là. Et beaucoup d’autres avec moi. Ils nous ont littéralement repêchés. Nous leur devons la vie. 12. Je fouille le fatras de mes vieux papiers à la recherche de mes bulletins scolaires et de mes diplômes, et je tombe sur une lettre conservée par ma mère. Elle est datée de février 1959. J’avais quatorze ans depuis trois mois. J’étais en quatrième. Je lui écrivais de ma première pension Ma chère Maman, Moi aussi j’ai vu mes notes, je suis écœuré, j’en ai plein le dot [sic], quand on en est venu au point de travailler 2 h sans arrêt pendant une étude pour récolter un 1 à un devoir d’algèbre que l’on croulait [sic] bon il y a de quoi être découragé, aussi ais-je [sic] tout lâché [sic] pour réviser mes examens et mon 4 en application explique sûrement la révision de mon examen de géologie pendant mon cour [sic] de math, [etc.] Je ne suis pas assez intelligent et travailleur pour continuer mes études. Ça ne m’intéresse pas, j’attrape mal au crâne [sic] à rester enfermer [sic] dans la paperasse, je ne comprends [sic] rien à l’anglais, à l’algèbre, je suis nule [sic] en orthographe, que reste-t-il ? Marie-Thé, coiffeuse de notre village La Colle-sur-Loup, mon amie aînée depuis ma prime enfance, m’avouait récemment que ma mère, s’épanchant sous le casque, lui avait confié son inquiétude quant à mon avenir, un peu soulagée, disait- elle, d’avoir obtenu de mes frères la promesse qu’ils prendraient soin de moi après sa disparition et celle de mon père. Toujours dans la même lettre, j’écrivais Vous avez eu trois fils intelligents et travailleurs… un autre un cancre, un féignant » sic… Suivait une étude comparée des performances de mes frères et des miennes et une vigoureuse supplique pour qu’on arrête le massacre, qu’on me retire de l’école et qu’on m’envoie aux colonies » famille de militaires, dans un petit bled [sic] et là se serait [sic] le seul endroit où je serais [sic] heureux » souligné deux fois. L’exil, au bout du monde en somme, le pis-aller du rêve, un projet de fuite à la Bardamu chez un fils de soldat. Dix ans plus tard, le 30 septembre 1969, je recevais une lettre de mon père, adressée au collège où j’exerçais depuis un mois le métier de professeur. C’était mon premier poste et c’était sa première lettre au fils devenu. Il sortait de l’hôpital, il me disait les douceurs de la convalescence, ses lentes promenades avec notre chien, me donnait des nouvelles de la famille, m’annonçait le possible mariage de ma cousine à Stockholm, faisait de discrètes allusions à un projet de roman dont nous avions parlé ensemble et que je n’ai toujours pas écrit, manifestait une vive curiosité à l’égard de ce que mes collègues et moi échangions dans nos propos de table, attendait l’arrivée par la poste de La loge du gouverneur d’Angelo Rinaldi en pestant contre la grève des postiers, vantait L’attrape-cœur de Salinger et Le jardin des délices de José Cabanis, excusait ma mère de ne pas m’écrire plus fatiguée que moi de m’avoir soigné », m’annonçait qu’il avait prêté la roue de secours de notre 2 CV à mon amie Fanchon Bernard s’est fait un plaisir de la lui changer », et m’embrassait en m’assurant de sa bonne forme. Pas plus qu’il ne m’avait menacé d’un avenir calamiteux pendant ma scolarité, il ne faisait la moindre allusion à mon passé de cancre. Sur la plupart des sujets son ton était comme à l’habitude pudiquement ironique, et il ne semblait pas considérer que mon nouvel état de professeur méritât qu’on s’en étonne, qu’on m’en félicite, ou qu’on s’en inquiète pour mes élèves. Bref, mon père tel qu’en lui-même, ironiste et sage, désireux de bavarder avec moi, à distance respectable, de la vie qui se continuait. J’ai l’enveloppe de cette lettre sous les yeux. Aujourd’hui seulement un détail me frappe. Il ne s’était pas contenté d’écrire mon nom, le nom du collège, celui de la rue et de la ville… Il y avait ajouté la mention professeur. Daniel Pennacchioni professeur au collège… Professeur… De son écriture si exacte. Il m’aura fallu une existence entière pour entendre ce hurlement de joie – et ce soupir de soulagement. II - Devenir J’ai douze ans et demi et je n’ai rien fait 1. Nous entrons, pendant que j’écris ces lignes, dans la saison des appels au secours. Dès le mois de mars le téléphone sonne à la maison plus souvent que d’habitude amis éperdus cherchant une nouvelle école pour un enfant en échec, cousins désespérés en quête d’une énième boîte après un énième renvoi, voisins contestant l’efficacité d’un redoublement, inconnus qui pourtant me connaissent, ils tiennent mon téléphone d’Untel… Ce sont des appels du soir généralement, vers la fin du dîner, l’heure de la détresse. Des appels de mères le plus souvent. De fait rarement le père, le père vient après, quand il vient, mais à l’origine, au premier coup de téléphone, c’est toujours la mère, et presque toujours pour le fils. La fille semble plus sage. On est la mère. On est seule à la maison, repas expédié, vaisselle pas faite, le bulletin du garçon étalé devant soi, le garçon enfermé à double tour dans sa chambre devant son jeu vidéo, ou déjà dehors, en vadrouille avec sa bande, malgré une timide interdiction… On est seule, la main sur le téléphone, on hésite. Expliquer pour la énième fois le cas du fils, faire une fois de plus l’historique de ses échecs, cette fatigue, mon Dieu… Et la perspective de l’épuisement à venir démarcher cette année encore les écoles qui voudront bien de lui… poser une journée de congé au bureau, au magasin… visites aux chefs d’établissement… barrages des secrétariats… dossiers à remplir… attente de la réponse… entretiens… avec le fils, sans le fils… tests… attente des résultats… documentation… incertitudes, cette école est-elle meilleure que cette autre ? Car en matière d’école la question de l’excellence se pose au sommet de l’échelle comme au fond des abysses, la meilleure école pour les meilleurs élèves et la meilleure pour les naufragés, tout est là… On appelle enfin. On s’excuse de vous déranger, on sait à quel point vous devez être sollicité mais voilà on a un garçon qui, vraiment, dont on ne sait plus comment… Professeurs, mes frères, je vous en supplie, pensez à vos collègues quand, dans le silence de la salle des profs, vous écrivez sur vos bulletins que le troisième trimestre sera déterminant ». Sonnerie instantanée de mon téléphone - Le troisième trimestre, tu parles ! Leur décision est déjà prise depuis le début, oui. - Le troisième trimestre, le troisième trimestre, ça ne l’émeut pas du tout, ce gosse, la menace du troisième trimestre, il n’a jamais eu un seul trimestre convenable ! - Le troisième trimestre… Comment voulez-vous qu’il remonte un pareil handicap en si peu de temps ? Ils savent bien que c’est un gruyère, leur troisième trimestre, avec toutes ces vacances ! - S’ils refusent le passage, cette fois je fais appel ! - De toute façon, aujourd’hui il faut s’y prendre de plus en plus tôt pour trouver une école… Et ça dure jusqu’à la fin du mois de juin, quand il est avéré que le troisième trimestre a bel et bien été déterminant, qu’on n’acceptera pas le rejeton dans la classe supérieure et qu’il est effectivement trop tard pour chercher une nouvelle école, tout le monde s’y étant pris avant soi, mais que voulez-vous, on a voulu y croire jusqu’au bout, on s’est dit que cette fois peut-être le gosse comprendrait, il s’était bien repris au troisième trimestre, si, si, je vous assure, il faisait des efforts, beaucoup moins d’absences… 2. Il y a la mère perdue, épuisée par la dérive de son enfant, évoquant les effets supposés des désastres conjugaux c’est notre séparation qui l’a… depuis la mort de son père, il n’est plus tout à fait… Il y a la mère humiliée par les conseils des amies dont les enfants, eux, marchent bien, ou qui, pire, évitent le sujet avec une discrétion presque insultante… Il y a la mère furibarde, convaincue que son garçon est depuis toujours l’innocente victime d’une coalition enseignante, toutes disciplines confondues, ça a commencé très tôt, à la maternelle, il avait une institutrice qui… et ça ne s’est pas du tout arrangé au CP, l’instit, un homme cette fois, était pire, et figurez-vous que son professeur de français, en quatrième, lui a… Il y a celle qui n’en fait pas une question de personne mais vitupère la société telle qu’elle se délite, l’institution telle qu’elle sombre, le système tel qu’il pourrit, le réel en somme, tel qu’il n’épouse pas son rêve… Il y a la mère furieuse contre son enfant ce garçon qui a tout et ne fait rien, ce garçon qui ne fait rien et veut tout, ce garçon pour qui on a tout fait et qui jamais ne… pas une seule fois, vous m’entendez ! Il y a la mère qui n’a pas rencontré un seul professeur de l’année et celle qui a fait leur siège à tous… Il y a la mère qui vous téléphone tout simplement pour que vous la débarrassiez cette année encore d’un fils dont elle ne veut plus entendre parler jusqu’à l’année prochaine même date, même heure, même coup de téléphone, et qui le dit On verra l’année prochaine, il faut juste lui trouver une école d’ici là. » Il y a la mère qui craint la réaction du père Cette fois mon mari ne le supportera pas » on a caché la plupart des bulletins de notes au mari en question… Il y a la mère qui ne comprend pas ce fils si différent de l’autre, qui s’efforce de ne pas l’aimer moins, qui s’ingénie à demeurer la même mère pour ses deux garçons. Il y a la mère, au contraire, qui ne peut s’empêcher de choisir celui-ci Pourtant je m’investis entièrement en lui », au grand dam des frères et sœurs, bien sûr, et qui a utilisé en vain toutes les ressources des aides auxiliaires sport, psychologie, orthophonie, sophrologie, cures de vitamines, relaxation, homéopathie, thérapie familiale ou individuelle… Il y a la mère versée en psychologie, qui donnant une explication à tout s’étonne qu’on ne trouve jamais de solution à rien, la seule au monde à comprendre son fils, sa fille, les amis de son fils et de sa fille, et dont la perpétuelle jeunesse d’esprit N’est-ce pas qu’il faut savoir rester jeune ? » s’étonne que le monde soit devenu si vieux, tellement inapte à comprendre les jeunes. Il y a la mère qui pleure, elle vous appelle et pleure en silence, et s’excuse de pleurer… un mélange de chagrin, d’inquiétude et de honte… À vrai dire toutes ont un peu honte, et toutes sont inquiètes pour l’avenir de leur garçon Mais qu’est-ce qu’il va devenir ? » La plupart se font de l’avenir une représentation qui est une projection du présent sur la toile obsédante du futur. Le futur comme un mur où seraient projetées les images démesurément agrandies d’un présent sans espoir, la voilà la grande peur des mères ! 3. Elles ignorent qu’elles s’adressent au plus jeune perceur de coffre de sa génération et que si leur représentation de l’avenir était fondée je ne serais pas au téléphone en train de les écouter mais en prison, à compter mes poux, conformément au film que dut projeter ma pauvre maman sur l’écran du futur quand elle apprit que son fils de onze ans pillait les économies de la famille. Alors, je tente une histoire drôle - Connaissez-vous le seul moyen de faire rire le bon Dieu ? Hésitation au bout du fil. - Racontez-lui vos projets. En d’autres termes, pas d’affolement, rien ne se passe comme prévu, c’est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé. C’est insuffisant, bien sûr, un sparadrap sur une blessure qui ne cicatrisera pas si facilement, mais je fais avec les moyens du téléphone. 4. Pour être juste, on me parle aussi parfois de bons élèves la mère méthodique, par exemple, en quête de la meilleure classe préparatoire, comme elle fut, dès la naissance de son enfant, à la recherche de la meilleure maternelle, et qui me suppose aimablement une compétence pour cette pêche en altitude; ou la mère venue d’un autre monde, première immigration, gardienne de mon immeuble, qui a repéré des dons étranges chez sa fille, or elle a raison, la petite doit poursuivre un cycle long, aucun doute là-dessus, une future agrégée de quelque chose, elle aura même le choix de la matière… De fait, elle achève aujourd’hui ses études de droit. Et puis, il y a L. M., agriculteur dans le Vercors, convoqué par l’institutrice du village, vu les résultats époustouflants de son garçon… - Elle me demande ce que j’aimerais qu’il fasse plus tard. Il lève son verre à ma santé - Vous êtes marrants, vous autres les profs, avec vos questions… - Alors, qu’est-ce que tu lui as répondu ? - Qu’est-ce que tu veux que ça réponde, un père ? Le maximum ! Président de la République ! Et il y a l’inverse, un autre père, technicien de surface celui-là, qui veut absolument abréger les études de son garçon pour le mettre au travail, que le gamin gagne » tout de suite. Un salaire de plus dans la famille ça ferait pas de mal ! » Oui mais voilà, le gamin veut être professeur des écoles justement, instituteur comme on disait naguère, et je trouve que c’est une bonne idée, j’aimerais bien, moi, qu’il entre dans l’enseignement, ce garçon si vif et qui en a tant envie, négocions, négocions, il y va du bonheur des futurs élèves de ce futur collègue… Allons bon, voilà que je me mets à croire en l’avenir, moi aussi, que je reprends foi en l’école de la république. C’est elle qui a formé mon propre père, après tout, l’école de la république, et à quatre-vingt-dix ans de distance ce garçon ressemble beaucoup à ce que devait être mon père, le petit Corse d’Aurillac, vers l’année 1913, quand son frère aîné se mit au travail pour offrir à son cadet les moyens et le temps de franchir les portes de l’École polytechnique. Et puis, j’ai toujours encouragé mes amis et mes élèves les plus vivants à devenir professeurs. J’ai toujours pensé que l’école, c’était d’abord les professeurs. Qui donc m’a sauvé de l’école, sinon trois ou quatre professeurs ? 5. Il y a ce père, agacé, qui m’affirme, catégorique - Mon fils manque de maturité. Un homme jeune, strictement assis dans les perpendiculaires de son costume. Droit sur sa chaise, il déclare d’entrée de jeu que son fils manque de maturité. C’est une constatation. Ça n’appelle ni question ni commentaire. Ça exige une solution, point final. Je demande tout de même l’âge du fils en question. Réponse immédiate - Onze ans déjà. C’est un jour où je ne suis pas en forme. Mal dormi, peut-être. Je prends mon front entre mes mains, pour déclarer, finalement, en Raspoutine infaillible - J’ai la solution. Il lève un sourcil. Regard satisfait. Bon, nous sommes entre professionnels. Alors, cette solution ? Je la lui donne - Attendez. Il n’est pas content. La conversation n’ira pas beaucoup plus loin. - Ce gosse ne peut tout de même pas passer son temps à jouer ! Le lendemain je croise le même père dans la rue. Même costume, même raideur, même attaché-case. Mais il se déplace en trottinette. Je jure que c’est vrai. 6. Aucun avenir. Des enfants qui ne deviendront pas. Des enfants désespérants. Écolier, puis collégien, puis lycéen, j’y croyais dur comme fer moi aussi à cette existence sans avenir. C’est même la toute première chose dont un mauvais élève se persuade. - Avec des notes pareilles qu’est-ce que tu peux espérer ? - Tu t’imagines que tu vas passer en sixième ? En cinquième, en quatrième, en troisième, en seconde, en première… - Combien de chances, au bac, d’après vous, faites-moi plaisir, calculez vos chances vous-même, sur cent, combien ? Ou cette directrice de collège, dans un vrai cri de joie - Vous, Pennacchioni, le BEPC ? Vous ne l’aurez jamais ! Vous m’entendez ? Jamais ! Elle en vibrait. En tout cas je ne deviendrai pas comme toi, vieille folle ! Je ne serai jamais prof, araignée engluée dans ta propre toile, garde-chiourme vissée à ton bureau jusqu’à la fin de tes jours. Jamais ! Nous autres les élèves nous passons, vous, vous restez ! Nous sommes libres et vous en avez pris pour perpète. Nous, les mauvais, nous n’allons nulle part mais au moins nous y allons ! L’estrade ne sera pas l’enclos minable de notre vie ! Mépris pour mépris je me raccrochais à ce méchant réconfort nous passons, les profs restent; c’est une conversation fréquente chez les élèves de fond de classe. Les cancres se nourrissent de mots. J’ignorais alors qu’il arrive aux professeurs de l’éprouver aussi, cette sensation de perpétuité rabâcher indéfiniment les mêmes cours devant des classes interchangeables, crouler sous le fardeau quotidien des copies on ne peut pas imaginer Sisyphe heureux avec un paquet de copies !, je ne savais pas que la monotonie est la première raison que les professeurs invoquent quand ils décident de quitter le métier, je ne pouvais pas imaginer que certains d’entre eux souffrent bel et bien de rester assis là, quand passent les élèves… J’ignorais que les professeurs aussi se soucient du futur décrocher mon agrég, achever ma thèse, passer à la fac, prendre mon envol pour les cimes des classes préparatoires, opter pour la recherche, filer à l’étranger, m’adonner à la création, changer de secteur, laisser enfin tomber ces boutonneux amorphes et vindicatifs qui produisent des tonnes de papier, j’ignorais que lorsque les professeurs ne pensent pas à leur avenir, c’est qu’ils songent à celui de leurs enfants, aux études supérieures de leur progéniture… Je ne savais pas que la tête des professeurs est saturée d’avenir. Je ne les croyais là que pour m’interdire le mien. Interdit d’avenir. À force de me l’entendre répéter je m’étais fait une représentation assez précise de cette vie sans futur. Ce n’était pas que le temps cesserait de passer, ce n’était pas que le futur n’existait pas, non, c’était que j’y serais pareil à ce que j’étais aujourd’hui. Pas le même, bien sûr, pas comme si le temps n’avait pas filé, mais comme si les années s’étaient accumulées sans que rien ne change en moi, comme si mon instant futur menaçait d’être rigoureusement pareil à mon présent. Or, de quoi était-il fait, mon présent ? D’un sentiment d’indignité que saturait la somme de mes instants passés. J’étais une nullité scolaire et je n’avais jamais été que cela. Bien sûr le temps passerait, bien sûr la croissance, bien sûr les événements, bien sûr la vie, mais je traverserais cette existence sans aboutir jamais à aucun résultat. C’était beaucoup plus qu’une certitude, c’était moi. De cela, certains enfants se persuadent très vite, et s’ils ne trouvent personne pour les détromper, comme on ne peut vivre sans passion ils développent, faute de mieux, la passion de l’échec. 7. L’avenir, cette étrange menace… Soirée d’hiver. Nathalie dégringole en sanglotant les escaliers du collège. Un chagrin qui tient à se faire entendre. Qui utilise le béton comme caisse de résonance. C’est encore une enfant, son corps pèse son poids d’ancien bébé sur les marches sonnantes de l’escalier. Il est dix-sept heures trente, presque tous les élèves sont partis. Je suis un des derniers professeurs à passer par là. Le tam-tam des pas sur les marches, l’explosion des sanglots houlà, chagrin d’école, pense le professeur, disproportion, disproportion, chagrin probablement disproportionné ! Et Nathalie apparaît au bas de l’escalier. Eh bien, Nathalie, eh bien, eh bien, qu’est-ce que c’est que ce chagrin ? Je connais cette élève, je l’ai eue l’année précédente, en sixième. Une enfant incertaine, à rassurer souvent. Qu’est-ce qui se passe, Nathalie ? Résistance de principe Rien, m’sieur, rien. Alors, c’est beaucoup de bruit pour rien, ma grande ! Redoublement des sanglots, et Nathalie, finalement, d’exposer son malheur entre les hoquets - Meu… Meu… Monsieur… je n’a… je n’arrive p… Je n’arrive pas à c… à comp… Je n’arrive pas à comprendre… - À comprendre quoi ? Qu’est-ce que tu n’arrives pas à comprendre ? - L’ap… l’ap… Et brusquement le bouchon saute, ça sort d’un coup - La… proposition-subordonnée-conjonctive-de-concession-et-d’opposition ! Silence. Ne pas rigoler. Surtout ne pas rire. - La proposition subordonnée conjonctive de concession et d’opposition ? C’est elle qui te met dans un état pareil ? Soulagement. Le prof se met à penser très vite et très sérieusement à la proposition en question; comment expliquer à cette élève qu’il n’y a pas de quoi s’en faire une montagne, qu’elle l’utilise sans le savoir, cette fichue proposition une de mes préférées d’ailleurs, si tant est qu’on puisse préférer une conjonctive à une autre…, la proposition qui rend possibles tous les débats, condition première à la subtilité, dans la sincérité comme dans la mauvaise foi, il faut bien le reconnaître, mais tout de même, pas de tolérance sans concession, ma petite, tout est là, il n’y a qu’à énumérer les conjonctions qui l’introduisent, cette subordonnée bien que, quoique, encore que, quelque que, tu sens bien qu’on s’achemine vers la subtilité après des mots pareils, qu’on va faire la part de la chèvre et du chou, que cette proposition fera de toi une fille mesurée et réfléchie, prête à écouter et à ne pas répondre n’importe quoi, une femme d’arguments, une philosophe peut-être, voilà ce qu’elle va faire de toi, la conjonctive de concession et d’opposition ! Ça y est, le professeur est enclenché comment consoler une gamine avec une leçon de grammaire ? Voyons voir… Tu as bien cinq minutes, Nathalie, viens ici que je t’explique. Classe vide, assieds-toi, écoute-moi bien, c’est tout simple… Elle s’assied, elle m’écoute, c’est tout simple. Ça y est ? Tu as compris ? Donne-moi un exemple, pour voir. Exemple juste. Elle a compris. Bon. Ça va mieux ? Eh bien ! pas du tout, ça ne va pas mieux du tout, nouvelle crise de larmes, des sanglots gros comme ça, et tout à coup cette phrase, que je n’ai jamais oubliée - Vous ne vous rendez pas compte, monsieur, j’ai douze ans et demi, et je n’ai rien fait. Rentré chez moi je ressasse la phrase. Qu’est-ce que cette gamine a bien pu vouloir dire ? Rien fait… » Rien fait de mal en tout cas, innocente Nathalie. Il me faudra attendre le lendemain soir, renseignements pris, pour apprendre que le père de Nathalie vient de se faire licencier après dix ans de bons et loyaux services en qualité de cadre dans une boîte de je ne sais plus quoi. C’est un des tout premiers cadres licenciés. Nous sommes au milieu des années quatre-vingt; jusqu’à présent le chômage était de culture ouvrière, si l’on peut dire. Et cet homme, jeune, qui n’a jamais douté de son rôle dans la société, cadre modèle et père attentif je l’ai vu plusieurs fois l’année précédente, soucieux de sa fille si timide, si peu confiante en elle-même, s’est effondré. Il a dressé un bilan définitif. À la table familiale, il ne cesse de répéter J’ai trente-cinq ans et je n’ai rien fait. » 8. Le père de Nathalie inaugurait une époque où l’avenir lui-même serait réputé sans avenir; une décennie pendant laquelle les élèves allaient se l’entendre répéter tous les jours et sur tous les tons fini les vaches grasses, mes enfants ! Et fini les amours faciles ! Chômage et sida pour tout le monde, voilà ce qui vous attend. Oui, c’est ce que nous leur avons seriné, parents ou professeurs, pendant les années qui ont suivi, pour les motiver » davantage. Un discours comme un ciel bouché. Voilà ce qui faisait pleurer la petite Nathalie; elle éprouvait du chagrin par anticipation, elle pleurait son futur comme un jeune mort. Et elle se sentait bien coupable de le tuer un peu plus tous les jours, avec ses difficultés en grammaire. Il est vrai que, par ailleurs, son professeur avait cru bon lui affirmer qu’elle avait de l’eau de vaisselle dans le crâne ». De l’eau de vaisselle, Nathalie ? Laisse-moi écouter… J’avais secoué sa petite tête avec une mine de toubib attentif… Non, non, pas de flotte là-dedans, ni de vaisselle… Timide sourire, quand même. Attends un peu… Et j’avais tapoté son crâne, index replié, comme on frappe à une porte… Non, je t’assure, c’est un beau cerveau que j’entends là, Nathalie, exceptionnel même, un très joli son, exactement le son que font les têtes pleines d’idées ! Petit rire, enfin. Quelle tristesse nous leur avons mise à l’âme pendant toutes ces années ! Et comme je préfère le rire de Marcel Aymé, le bon rire vachard de Marcel, quand il vante la sagesse du fils qui a flairé le chômage avant tout le monde - Toi, Émile, tu as été rudement plus malin que ton frère. Il faut dire que tu es l’aîné et que tu as plus de connaissance de la vie. En tout cas je n’ai pas d’inquiétude pour toi, tu as su résister à la tentation, et comme tu n’en as jamais foutu un clou te voilà préparé à l’existence qui t’attend. Ce qui est le plus dur pour le chômeur, vois-tu, c’est de ne pas avoir été habitué dès l’enfance à cette vie-là. C’est plus fort que soi, on a dans les mains une démangeaison de travailler. Avec toi, je suis tranquille, tu as un de ces poils dans la main qui ne demande qu’à friser. - Quand même, protesta Émile, je sais lire presque couramment. - Et c’est encore une preuve que tu es malin. Sans rien te casser ni prendre de mauvaises habitudes de travail, te voilà capable de suivre le tour de France dans ton journal, et tous les comptes rendus des grandes épreuves sportives qu’on écrit pour la distraction du chômeur. Ah ! Tu seras un homme heureux… 9. Plus de vingt ans ont passé. Aujourd’hui, le chômage est en effet de toutes les cultures, l’avenir professionnel ne sourit plus à grand monde sous nos latitudes, l’amour ne brille guère et Nathalie doit être une jeune femme de trente-sept ans et demi. Et mère, va savoir. D’une fille de douze ans, peut-être. Nathalie est-elle chômeuse ou satisfaite de son rôle social ? Perdue de solitude ou heureuse en amour ? Femme équilibrée, maîtresse ès concessions et oppositions ? Se répand-elle en désarroi à la table familiale ou songe-t-elle bravement au moral de sa fille quand la petite franchit la porte de sa classe ? 10. Nos mauvais élèves » élèves réputés sans devenir ne viennent jamais seuls à l’école. C’est un oignon qui entre dans la classe quelques couches de chagrin, de peur, d’inquiétude, de rancœur, de colère, d’envies inassouvies, de renoncement furieux, accumulées sur fond de passé honteux, de présent menaçant, de futur condamné. Regardez, les voilà qui arrivent, leur corps en devenir et leur famille dans leur sac à dos. Le cours ne peut vraiment commencer qu’une fois le fardeau posé à terre et l’oignon épluché. Difficile d’expliquer cela, mais un seul regard suffit souvent, une parole bienveillante, un mot d’adulte confiant, clair et stable, pour dissoudre ces chagrins, alléger ces esprits, les installer dans un présent rigoureusement indicatif. Naturellement le bienfait sera provisoire, l’oignon se recomposera à la sortie et sans doute faudra-t-il recommencer demain. Mais c’est cela, enseigner c’est recommencer jusqu’à notre nécessaire disparition de professeur. Si nous échouons à installer nos élèves dans l’indicatif présent de notre cours, si notre savoir et le goût de son usage ne prennent pas sur ces garçons et sur ces filles, au sens botanique du verbe, leur existence tanguera sur les fondrières d’un manque indéfini. Bien sûr nous n’aurons pas été les seuls à creuser ces galeries ou à ne pas avoir su les combler, mais ces femmes et ces hommes auront tout de même passé une ou plusieurs années de leur jeunesse, là, assis en face de nous. Et ce n’est pas rien, une année de scolarité fichue c’est l’éternité dans un bocal. 11. Il faudrait inventer un temps particulier pour l’apprentissage. Le présent d’incarnation, par exemple. Je suis ici, dans cette classe, et je comprends, enfin ! Ça y est ! Mon cerveau diffuse dans mon corps ça s’incarne. Quand ce n’est pas le cas, quand je n’y comprends rien, je me délite sur place, je me désintègre dans ce temps qui ne passe pas, je tombe en poussière et le moindre souffle m’éparpille. Seulement, pour que la connaissance ait une chance de s’incarner dans le présent d’un cours, il faut cesser d’y brandir le passé comme une honte et l’avenir comme un châtiment. 12. À propos, que deviennent-ils, ceux qui sont devenus ? F. est mort quelques mois après sa mise à la retraite. J. s’est jeté par la fenêtre la veille de la sienne. G. fait une dépression nerveuse. Tel autre en sort à peine. Les médecins de J. F. datent le début de son Alzheimer de la première année de sa retraite anticipée. Ceux de P. B. aussi. La pauvre L. pleure toutes les larmes de son corps pour avoir été licenciée du groupe de presse où elle croyait faire l’actualité ad vitam aeternam. Et je pense encore au cordonnier de P., mort de n’avoir pas trouvé repreneur à sa cordonnerie. Alors ma vie ne vaut rien ? » C’est ce qu’il ne cessait de répéter. Personne ne voulait racheter sa raison d’être. Tout ça pour rien ? » Il en est mort de chagrin. Celui-ci est diplomate; retraité dans six mois, il redoute plus que tout le face-à- face avec lui-même. Il cherche à faire autre chose conseiller international d’un groupe industriel ? Consultant en ceci ou en cela ? Quant à celui-là, il fut Premier ministre. Il en a rêvé trente ans durant, dès ses premiers succès électoraux. Sa femme l’y a toujours encouragé. C’est un routier de la politique, il savait que ce rôle- titre, le gouvernement Untel, était, par nature, temporaire. Et dangereux. Il savait qu’à la première occasion il serait la risée de la presse, une cible de choix, y compris pour son propre camp, bouc émissaire en chef. Sans doute connaissait-il la blague de Clemenceau sur son chef de cabinet, en 1917, Quand je pète, c’est lui qui pue ». Oui, le monde politique a de ces élégances. On y est d’autant plus cru entre amis » qu’on se doit de peser les déclarations publiques au milligramme. Donc, il devient Premier ministre. Il accepte ce contrat périlleux à durée limitée. Sa femme et lui se sont blindés en conséquence. Premier ministre pendant quelques années, bien. Les quelques années passent. Comme prévu, il saute. Il perd son ministère. Ses proches affirment qu’il accuse gravement le coup Il craint pour son avenir. » Tant et si bien qu’une dépression nerveuse l’entraîne jusqu’au bord du suicide. Maléfice du rôle social pour lequel nous avons été instruits et éduqués, et que nous avons joué toute notre vie », soit une moitié de notre temps de vivre ôtez- nous le rôle, nous ne sommes même plus l’acteur. Ces fins de carrière dramatiques évoquent un désarroi assez comparable à mes yeux au tourment de l’adolescent qui, croyant n’avoir aucun avenir, éprouve tant de douleur à durer. Réduits à nous-mêmes, nous nous réduisons à rien. Au point qu’il nous arrive de nous tuer. C’est, à tout le moins, une faille dans notre éducation. 13. Vint une année où je fus particulièrement mécontent de moi. Tout à fait malheureux d’être ce que j’étais. Assez désireux de ne pas devenir. La fenêtre de ma chambre donnait sur les baous de La Gaude et de Saint-Jeannet, deux rochers abrupts de nos Alpes du Sud, réputés abréger la souffrance des amoureux éconduits. Un matin que j’envisageais ces falaises avec un peu trop d’affection, on a frappé à la porte de ma chambre. C’était mon père. Il a juste passé sa tête par l’entrebâillement - Ah ! Daniel, j’ai complètement oublié de te dire le suicide est une imprudence. 14. Mais revenons à mes débuts. Bouleversée par mon cambriolage familial, ma mère était allée demander conseil au directeur de mon collège, un personnage débonnaire et perspicace, affublé d’un gros nez rassurant les élèves l’appelaient Tarin. Me jugeant plus anxieux et chétif que dangereux, Tarin préconisa l’éloignement et le grand air. Un séjour en altitude me remplumerait. Un pensionnat de montagne, oui, c’était la solution, j’y gagnerais des forces et j’y apprendrais les règles de la vie en communauté. Ne vous inquiétez pas, chère madame, vous n’êtes pas la mère d’Arsène Lupin mais d’un petit rêveur auquel on se doit de donner le sens des réalités. S’ensuivirent mes deux premières années de pension, cinquième et quatrième, où je ne retrouvais ma famille qu’à Noël, à Pâques et pour les grandes vacances. Les autres années, je les passerais dans des internats hebdomadaires. La question de savoir si je fus heureux » au pensionnat est assez secondaire. Disons que l’état de pensionnaire me fut infiniment plus supportable que celui d’externe. Il est difficile d’expliquer aux parents d’aujourd’hui les atouts de l’internat, tant ils l’envisagent comme un bagne. À leurs yeux, y envoyer ses enfants relève de l’abandon de paternité. Évoquer seulement la possibilité d’une année de pension, c’est passer pour un monstre rétrograde, adepte de la prison pour cancres. Inutile d’expliquer qu’on y a soi-même survécu, l’argument de l’autre époque vous est immédiatement opposé Oui, mais en ce temps-là on traitait les gosses à la dure ! » Aujourd’hui qu’on a inventé l’amour parental, la question de la pension est taboue, sauf comme menace, ce qui prouve qu’on ne la tient pas pour une solution. Et pourtant… Non, je ne vais pas faire l’apologie de la pension. Non. Essayons juste de décrire le cauchemar ordinaire d’un externe en échec scolaire ». 15. Quel externe ? Un de ceux dont m’entretiennent mes mères téléphoniques, par exemple, et qu’elles n’enverraient pour rien au monde en pension. Mettons les choses au mieux c’est un gentil garçon, aimé par sa famille; il ne veut la mort de personne mais, à force de ne rien comprendre à rien, il ne fait plus grand-chose et récolte des bulletins scolaires où les professeurs, exténués, laissent aller des appréciations sans espoir Aucun travail », N’a rien fait rien rendu », En chute libre », ou plus sobrement Que dire ? » J’ai, en écrivant ces lignes, ce bulletin et quelques autres sous les yeux. Suivons notre mauvais externe dans une de ses journées scolaires. Exceptionnellement, il n’est pas en retard – son carnet de correspondance l’a trop souvent rappelé à l’ordre ces derniers temps –, mais son cartable est presque vide livres, cahiers, matériel une fois de plus oubliés son professeur de musique écrira joliment sur son bulletin trimestriel Manque de flûte ». Bien entendu ses devoirs ne sont pas faits. Or sa première heure est une heure de mathématiques et les exercices de math sont de ceux qui manquent à l’appel. Ici, de trois choses l’une ou il n’a pas fait ces exercices parce qu’il s’est occupé à autre chose une vadrouille entre copains, un quelconque massacre vidéo dans sa chambre verrouillée…, ou il s’est laissé tomber sur son lit sous le poids d’une prostration molle et a sombré dans l’oubli, un flot de musique hurlant dans son crâne, ou – et c’est l’hypothèse la plus optimiste – il a, pendant une heure ou deux, bravement tenté de faire ses exercices mais n’y est pas arrivé. Dans les trois cas de figure, à défaut de copie, notre externe doit fournir une justification à son professeur. Or, l’explication la plus difficile à servir en l’occurrence est la vérité pure et simple Monsieur, madame, je n’ai pas fait mes exercices parce que j’ai passé une bonne partie de la nuit quelque part dans le cyberespace à combattre les soldats du Mal, que j’ai d’ailleurs exterminés jusqu’au dernier, vous pouvez me faire confiance. » Madame, monsieur, désolé pour ces exercices non faits mais hier soir j’ai cédé sous le poids d’une écrasante hébétude, impossible de remuer le petit doigt, juste la force de chausser mon baladeur. » La vérité présente ici l’inconvénient de l’aveu Je n’ai pas fait mon travail », qui appelle une sanction immédiate. Notre externe lui préférera une version institutionnellement plus présentable. Par exemple Mes parents étant divorcés, j’ai oublié mon devoir chez mon père avant de rentrer chez Maman. » En d’autres termes un mensonge. De son côté le professeur préfère souvent cette vérité aménagée à un aveu trop abrupt qui l’atteindrait dans son autorité. Le choc frontal est évité, l’élève et le professeur trouvent leur compte dans ce pas de deux diplomatique. Pour la note, le tarif est connu copie non remise, zéro. Le cas de l’externe qui a essayé, bravement mais en vain, de faire son devoir, n’est guère différent. Lui aussi entre en classe détenteur d’une vérité difficilement recevable Monsieur, j’ai consacré hier deux heures à ne pas faire votre devoir. Non, non, je n’ai pas fait autre chose, je me suis assis à ma table de travail, j’ai sorti mon cahier de texte, j’ai lu l’énoncé et, pendant deux heures, je me suis retrouvé dans un état de sidération mathématique, une paralysie mentale dont je ne suis sorti qu’en entendant ma mère m’appeler pour passer à table. Vous le voyez, je n’ai pas fait votre devoir, mais j’y ai bel et bien consacré ces deux heures. Après le dîner il était trop tard, une nouvelle séance de catalepsie m’attendait mon exercice d’anglais. » Si vous écoutiez davantage en classe, vous comprendriez vos énoncés ! » peut objecter à juste titre le professeur. Pour éviter cette humiliation publique, notre externe préférera lui aussi une présentation diplomatique des faits J’étais occupé à lire l’énoncé quand la chaudière a explosé. » Et ainsi de suite, du matin au soir, de matière en matière, de professeur en professeur, de jour en jour, dans une exponentielle du mensonge qui aboutit au fameux C’est ma mère !… Elle est morte ! » de François Truffaut. Après cette journée passée à mentir à l’institution scolaire, la première question que notre mauvais externe entendra en rentrant à la maison est l’invariable - Alors, ça s’est bien passé aujourd’hui ? - Très bien. Nouveau mensonge. Qui lui aussi demande à être coupé d’un soupçon de vérité - En histoire la prof m’a demandé 1515, j’ai répondu Marignan, elle était très contente ! Allez, ça tiendra bien jusqu’à demain. Mais demain vient aussitôt et les journées se répètent, et notre externe reprend ses va-et-vient entre l’école et la famille, et toute son énergie mentale s’épuise à tisser un subtil réseau de pseudo-cohérence entre les mensonges proférés à l’école et les demi-vérités servies à la famille, entre les explications fournies aux uns et les justifications présentées aux autres, entre les portraits à charge des professeurs qu’il fait aux parents et les allusions aux problèmes familiaux qu’il glisse à l’oreille des professeurs, un atome de vérité dans les uns et dans les autres, toujours, car ces gens-là finiront par se rencontrer, parents et professeurs, c’est inévitable, et il faut songer à cette rencontre, peaufiner sans cesse la fiction vraie qui fera le menu de cette entrevue. Cette activité mentale mobilise une énergie sans commune mesure avec l’effort consenti par le bon élève pour faire un bon devoir. Notre mauvais externe s’y épuise. Le voudrait-il il le veut sporadiquement qu’il n’aurait plus aucune force pour se mettre à travailler vraiment. La fiction où il s’englue le tient prisonnier ailleurs, quelque part entre l’école à combattre et la famille à rassurer, dans une troisième et angoissante dimension où le rôle dévolu à l’imagination consiste à colmater les innombrables brèches par où peut surgir le réel sous ses aspects les plus redoutés mensonge découvert, colère des uns, chagrin des autres, accusations, sanctions, renvoi peut-être, retour à soi-même, culpabilité impuissante, humiliation, délectation morose Ils ont raison, je suis nul, nul, nul. Je suis un nul. Or, dans la société où nous vivons, un adolescent installé dans la conviction de sa nullité voilà au moins une chose que l’expérience vécue nous aura apprise est une proie. 16. Les raisons pour lesquelles il arrive aux professeurs et aux parents de passer outre ces mensonges, voire d’en être complices, sont trop nombreuses pour être discutées. Combien de bobards quotidiens sur quatre ou cinq classes de trente-cinq élèves ? Peut légitimement se demander un professeur. Où trouver le temps nécessaire à ces enquêtes ? Suis-je, d’ailleurs, un enquêteur ? Dois-je, sur le plan de l’éducation morale, me substituer à la famille ? Si oui, dans quelles limites ? Et ainsi de suite, litanie d’interrogations dont chacune fait, un jour ou l’autre, l’objet d’une discussion passionnée entre collègues. Mais il est une autre raison pour laquelle le professeur ignore ces mensonges, une raison plus enfouie, qui, si elle accédait à la conscience claire, donnerait à peu près ceci Ce garçon est l’incarnation de mon propre échec professionnel. Je n’arrive ni à le faire progresser, ni à le faire travailler, tout juste à le faire venir en classe, et encore suis-je assuré de sa seule présence physique. Par bonheur, à peine entrevue, cette mise en cause personnelle est combattue par quantité d’arguments recevables J’échoue avec celui-ci, d’accord, mais je réussis avec beaucoup d’autres. Ce n’est tout de même pas ma faute si ce garçon se trouve en quatrième ! Que lui ont donc appris mes prédécesseurs ? Le collège unique est-il à mettre en cause ? À quoi pensent ses parents ? Imagine-t-on qu’avec mes effectifs et mes horaires je puisse lui faire rattraper un pareil retard ? Autant de questions qui, rameutant le passé de l’élève, sa famille, les collègues, l’institution elle-même, nous permettent de rédiger en toute conscience l’annotation la plus répandue des bulletins scolaires Manque de bases que j’ai trouvée jusque sur un bulletin de cours préparatoire !. Autrement dit patate chaude. Chaude, la patate l’est surtout pour les parents. Ils n’en finissent pas de la faire sauter d’une main dans l’autre. Les mensonges quotidiens de ce gosse les épuisent mensonges par omission, affabulations, explications exagérément détaillées, justifications anticipées En fait, ce qui s’est passé… » De guerre lasse bon nombre de parents feignent d’accepter ces fables débilitantes, pour calmer momentanément leur propre angoisse d’abord l’atome de vérité Marignan 1515 jouant son rôle de cachet d’aspirine, pour préserver l’atmosphère familiale ensuite, que le dîner ne tourne pas au drame, pas ce soir s’il vous plaît, pas ce soir, pour retarder l’épreuve des aveux qui déchire le cœur de chacun, bref, pour repousser le moment où on mesurera sans réelle surprise l’étendue de la bérézina scolaire en recevant le bulletin trimestriel, plus ou moins adroitement maquillé par le principal intéressé, qui tient à l’œil la boîte aux lettres familiale. Nous verrons demain, nous verrons demain… 17. Une des plus mémorables histoires de complicités adultes au mensonge d’un enfant est la mésaventure arrivée au frère de mon ami B. Il devait avoir douze ou treize ans, à l’époque. Comme il redoutait un contrôle de math, il demande à son meilleur copain de lui indiquer la place exacte de l’appendice. Sur quoi il s’effondre, simulant une crise terrible. La direction fait mine de le croire, le renvoie chez lui, ne serait-ce que pour s’en débarrasser. De là, les parents – à qui il en a fait d’autres – le conduisent sans grande illusion dans une clinique voisine, où, surprise, on l’opère sur- le-champ ! Après l’opération, le chirurgien apparaît, porteur d’un bocal où baigne un long machin sanguinolent et déclare, le visage rayonnant d’innocence J’ai bien fait de l’opérer, il était à deux doigts de la péritonite ! » Car les sociétés se bâtissent aussi sur le mensonge bien partagé. Ou cette autre histoire plus récente N., proviseur d’un lycée parisien, veille à l’absentéisme. Elle fait elle-même l’appel dans ses classes de terminale. Elle tient particulièrement à l’œil un récidiviste qu’elle a menacé d’exclusion à la prochaine absence injustifiée. Ce matin-là, le garçon est absent; c’est la fois de trop. N. appelle aussitôt la famille par le téléphone du secrétariat. La mère, désolée, lui affirme que son fils est bel et bien malade, au fond de son lit, brûlant de fièvre, et lui assure qu’elle était sur le point de prévenir le lycée. N. raccroche, satisfaite; tout est dans l’ordre. À ceci près qu’elle croise le garçon en retournant à son bureau. Il était tout simplement aux toilettes pendant l’appel. 18. En limitant les va-et-vient entre l’école et la famille, l’état de pensionnaire présente sur celui d’externe l’avantage d’installer notre élève dans deux temporalités distinctes l’école du lundi matin au vendredi soir, la famille pendant le week-end. Un groupe d’interlocuteurs pendant cinq jours ouvrables, l’autre pendant deux jours fériés qui retrouvent une chance de redevenir deux jours festifs. La réalité scolaire d’un côté, la réalité familiale de l’autre. S’endormir sans avoir à rassurer les parents par le mensonge du jour, se réveiller sans avoir à fourbir d’excuses pour le travail non fait, puisqu’il a été fait à l’étude du soir avec, dans le meilleur des cas, l’aide d’un surveillant ou d’un professeur. Du repos mental, en somme; une énergie récupérée qui a quelque chance d’être investie dans le travail scolaire. Est-ce suffisant pour propulser le cancre en tête de la classe ? Du moins est-ce lui donner une occasion de vivre le présent comme tel. Or, c’est dans la conscience de son présent que l’individu se construit, pas en le fuyant. Ici s’arrête mon éloge de la pension. Ah, si, tout de même, histoire de terroriser tout le monde j’ajouterai, pour y avoir enseigné moi-même, que les meilleurs internats sont ceux où les professeurs eux aussi sont pensionnaires. Disponibles à toute heure, en cas de SOS. 19. À noter que, durant ces vingt dernières années où la pension avait si mauvaise presse, trois des plus gros succès du cinéma et de la littérature populaires auprès de la jeunesse auront été Le cercle des poètes disparus, Harry Potter, et Les choristes, tous trois ayant pour cadre un pensionnat. Trois pensionnats assez archaïques de surcroît uniformes, rituels et châtiments corporels chez les Anglo-Saxons, blouses grises, bâtiments sinistres, professeurs poussiéreux et paires de baffes chez Les choristes. Il serait intéressant d’analyser le triomphe que fit auprès des jeunes spectateurs de 1989 Le cercle des poètes disparus, à peu près unanimement décrié par notre critique et nos salles de professeurs démagogie, complaisance, archaïsme, niaiserie, sentimentalisme, pauvreté cinématographique et intellectuelle, autant d’arguments qu’on ne peut raisonnablement contester… Reste que des hordes de lycéens s’y précipitèrent et en revinrent radieux. Les supposer enchantés par les seuls défauts du film c’est se faire une piètre opinion d’une génération entière. Les anachronismes du professeur Keating, par exemple, n’avaient pas échappé à mes élèves, ni sa mauvaise foi - Il n’est pas tout à fait honnête », monsieur, avec son Carpe diem, Keating, il en parle comme si nous étions toujours au XVIe siècle; or, au XVIe on mourait beaucoup plus jeune qu’aujourd’hui ! - Et puis, c’est dégueulasse, le début, quand il fait déchirer le manuel scolaire, un type qui se prétend si ouvert… Et pourquoi pas se mettre à brûler les livres qui lui déplaisent, tant qu’il y est ? Moi, j’aurais refusé. Cela déduit, mes élèves avaient adoré » le film. Tous et toutes s’identifiaient à ces jeunes Américains de la fin des années cinquante qui, socialement et culturellement parlant, leur étaient à peu près aussi proches que des Martiens. Tous et toutes raffolaient de l’acteur Robin Williams dont les adultes estimaient qu’il en faisait des tonnes. Son professeur Keating incarnait à leurs yeux la chaleur humaine et l’amour du métier passion pour la matière enseignée, dévouement absolu à ses élèves, le tout servi par un dynamisme de coach infatigable. Le vase clos de l’internat ajoutait à l’intensité de ses cours, il leur conférait un climat d’intimité dramatique qui élevait nos jeunes spectateurs à la dignité d’étudiants à part entière. À leurs yeux les cours de Keating étaient un rituel de passage qui ne regardait qu’eux et eux seuls. Ce n’était pas l’affaire de la famille. Ni d’ailleurs celle des professeurs. Ce qu’un de mes élèves exprima sans ambages - Bon, les profs n’aiment pas. Mais c’est notre film, c’est pas le vôtre ! Exactement ce qu’avaient dû penser la plupart des professeurs en question, vingt ans plus tôt, quand, lycéens eux-mêmes, ils avaient jubilé à la Palme d’or du Festival de Cannes 1969, intitulée If, une autre histoire de pensionnat, où les plus brillants élèves d’un collège ô combien britannique prenaient leur école d’assaut et, perchés sur les toits, tiraient à la mitrailleuse et au mortier sur les parents, l’évêque et les professeurs rassemblés pour la remise des prix. Spectateurs adultes scandalisés, comme il se doit, étudiants et lycéens exultant, bien entendu C’est notre film, pas le leur ! Apparemment, les temps avaient changé. Je me suis dit alors qu’une étude comparée de tous les films concernant l’école en dirait long sur les sociétés qui les avaient vus naître. Du Zéro de conduite de Jean Vigo à ce fameux Cercle des poètes disparus, en passant par Les disparus de Saint- Agil de Christian-Jaque 1939, La cage aux rossignols de Jean Dréville 1944, l’ancêtre des Choristes, Graine de violence de Richard Brooks USA, 1955, Les 400 coups de François Truffaut 1959, Le premier maître de Mikhalkov-Kontchalovski URSS, 1965, Le professeur de Zurlini 1972, à quoi on peut ajouter, après 1990, Le porteur de serviette de Daniele Luchetti 1991, Le tableau noir de l’Iranienne Samira Makhmalbaf 2000, L’esquive d’Abdellatif Kechiche 2002, et quelques dizaines encore. Mon projet d’étude comparée n’a pas dépassé le stade de l’intention; le traite qui veut, si ce n’est déjà fait. Voilà en tout cas un beau prétexte à rétrospective. La plupart de ces films ayant été d’énormes succès publics, on pourrait en tirer bon nombre d’enseignements intéressants, entre autres celui-ci que, depuis Rabelais, chaque génération de Gargantua éprouve une juvénile horreur des Holoferne et un gros besoin de Ponocrates, en d’autres termes l’envie toujours renouvelée de se former en supposant à l’air du temps, à l’esprit du lieu, et le désir de s’épanouir à l’ombre ou plutôt dans la clarté ! d’un maître jugé exemplaire. 20. Mais revenons à la question du devenir. Février 1959, septembre 1969. Dix années, donc, s’étaient écoulées entre la lettre calamiteuse que j’avais écrite à ma mère et celle que mon père envoyait à son fils professeur. Les dix années où je suis devenu. À quoi tient la métamorphose du cancre en professeur ? Et, accessoirement, celle de l’analphabète en romancier ? C’est évidemment la première question qui vient à l’esprit. Comment suis-je devenu ? La tentation est grande de ne pas répondre. En arguant, par exemple, que la maturation ne se laisse pas décrire, celle des individus pas plus que celle des oranges. À quel moment l’adolescent le plus rétif atterrit-il sur le terrain de la réalité sociale ? Quand décide-t-il de jouer, si peu que ce soit, ce jeu-là ? Est-ce seulement de l’ordre de la décision ? Quelle part y prennent l’évolution organique, la chimie cellulaire, le maillage du réseau neuronal ? Autant de questions qui permettent d’éviter le sujet. - Si ce que vous écrivez de votre cancrerie est vrai, pourrait-on m’objecter, cette métamorphose est un authentique mystère ! À ne pas y croire, en effet. C’est d’ailleurs le lot du cancre on ne le croit jamais. Pendant sa cancrerie on l’accuse de déguiser une paresse vicieuse en lamentations commodes Arrête de nous raconter des histoires et travaille ! » Et quand sa situation sociale atteste qu’il s’en est sorti on le soupçonne de se faire valoir Vous, un ancien cancre ? Allons donc, vous vous vantez ! » Le fait est que le bonnet d’âne se porte volontiers a posteriori. C’est même une décoration qu’on s’octroie couramment en société. Elle vous distingue de ceux dont le seul mérite fut de suivre les chemins du savoir balisé. Le gotha pullule d’anciens cancres héroïques. On les entend, ces malins, dans les salons, sur les ondes, présenter leurs déboires scolaires comme des hauts faits de résistance. Je ne crois, moi, à ces paroles, que si j’y perçois l’arrière-son d’une douleur. Car si l’on guérit parfois de la cancrerie, on ne cicatrise jamais tout à fait des blessures qu’elle nous infligea. Cette enfance-là n’était pas drôle, et s’en souvenir ne l’est pas davantage. Impossible de s’en flatter. Comme si l’ancien asthmatique se vantait d’avoir senti mille fois qu’il allait mourir d’étouffement ! Pour autant, le cancre tiré d’affaire ne souhaite pas qu’on le plaigne, surtout pas, il veut oublier, c’est tout, ne plus penser à cette honte. Et puis il sait, au fond de lui, qu’il aurait fort bien pu ne pas s’en sortir. Après tout, les cancres perdus à vie sont les plus nombreux. J’ai toujours eu le sentiment d’être un rescapé. Bref, que s’est-il passé en moi pendant ces dix années ? Comment m’en suis-je sorti ? Une constatation préalable adultes et enfants, on le sait, n’ont pas la même perception du temps. Dix ans ne sont rien aux yeux de l’adulte qui calcule par décennies la durée de son existence. C’est si vite passé, dix ans, quand on en a cinquante ! Sensation de rapidité qui, d’ailleurs, aiguise l’inquiétude des mères pour l’avenir de leur fils. Le bac dans cinq ans, déjà, mais c’est tout de suite ! Comment le petit peut-il changer si radicalement en si peu de temps ? Or, pour le petit, chacune de ces années-là vaut un millénaire; à ses yeux son futur tient tout entier dans les quelques jours qui viennent. Lui parler de l’avenir c’est lui demander de mesurer l’infini avec un décimètre. Si le verbe devenir » le paralyse, c’est surtout parce qu’il exprime l’inquiétude ou la réprobation des adultes. L’avenir, c’est moi en pire, voilà en gros ce que je traduisais quand mes professeurs m’affirmaient que je ne deviendrais rien. En les écoutant je ne me faisais pas la moindre représentation du temps, je les croyais, tout bonnement crétin à jamais, pour toujours, jamais » et toujours » étant les seules unités de mesure que l’orgueil blessé propose au cancre pour sonder le temps. Le temps… Je ne savais pas qu’il me faudrait vieillir pour avoir une perception logarithmique de son écoulement. J’étais d’ailleurs tout à fait ignorant des logs, de leurs tables, de leurs fonctions, de leurs échelles et de leurs courbes charmantes… Mais, devenu professeur, je sus d’instinct qu’il était vain de brandir le futur sous le nez de mes plus mauvais élèves. À chaque jour suffit sa peine, et à chaque heure dans cette journée, pourvu que nous y soyons pleinement présents, ensemble. Or, enfant, je n’y étais pas. Il me suffisait de pénétrer dans une classe pour en sortir. Comme un de ces rayons tombés des soucoupes volantes, il me semblait que le regard vertical du maître m’arrachait à ma chaise et m’expédiait instantanément ailleurs. Où cela ? Dans sa tête précisément ! La tête du maître ! C’était le laboratoire de la soucoupe volante. Le rayon m’y déposait. On y prenait toute la mesure de ma nullité, puis on me recrachait, par un autre regard, comme un détritus, et je roulais dans un champ d’épandage où je ne pouvais comprendre ni ce qu’on m’enseignait, ni d’ailleurs ce que l’école attendait de moi puisque j’étais réputé incapable. Ce verdict m’offrait les compensations de la paresse à quoi bon se tuer à la tâche si les plus hautes autorités considèrent que les carottes sont cuites ? On le voit, je développais une certaine aptitude à la casuistique. C’est une tournure d’esprit que, professeur, je repérais vite chez mes cancres. Puis vint mon premier sauveur. Un professeur de français. En troisième. Qui me repéra pour ce que j’étais un affabulateur sincère et joyeusement suicidaire. Épaté, sans doute, par mon aptitude à fourbir des excuses toujours plus inventives pour mes leçons non apprises ou mes devoirs non faits, il décida de m’exonérer de dissertations pour me commander un roman. Un roman que je devais rédiger dans le trimestre, à raison d’un chapitre par semaine. Sujet libre, mais prière de fournir mes livraisons sans faute d’orthographe, histoire d’élever le niveau de la critique ». Je me rappelle cette formule alors que j’ai tout oublié du roman lui-même. Ce professeur était un très vieil homme qui nous consacrait les dernières années de sa vie. Il devait arrondir sa retraite dans cette boîte on ne peut plus privée de la banlieue nord parisienne. Un vieux monsieur d’une distinction désuète, qui avait donc repéré en moi le narrateur. Il s’était dit que, dysorthographie ou pas, il fallait m’attaquer par le récit si l’on voulait avoir une chance de m’ouvrir au travail scolaire. J’écrivis ce roman avec enthousiasme. J’en corrigeais scrupuleusement chaque mot à l’aide du dictionnaire qui, de ce jour, ne me quitte plus, et je livrais mes chapitres avec la ponctualité d’un feuilletoniste professionnel. J’imagine que ce devait être un récit fort triste, très influencé que j’étais alors par Thomas Hardy, dont les romans vont de malentendu en catastrophe et de catastrophe en tragédie irréparable, ce qui ravissait mon goût du fatum rien à faire dès le départ, c’est bien mon avis. Je ne crois pas avoir fait de progrès substantiel en quoi que ce soit cette année-là mais, pour la première fois de ma scolarité, un professeur me donnait un statut; j’existais scolairement aux yeux de quelqu’un, comme un individu qui avait une ligne à suivre, et qui tenait le coup dans la durée. Reconnaissance éperdue pour mon bienfaiteur, évidemment, et quoiqu’il fût assez distant, le vieux monsieur devint le confident de mes lectures secrètes. - Alors, que lit-on, Pennacchioni, en ce moment ? Car il y avait la lecture. Je ne savais pas, alors, qu’elle me sauverait. À l’époque, lire n’était pas l’absurde prouesse d’aujourd’hui. Considérée comme une perte de temps, réputée nuisible au travail scolaire, la lecture des romans nous était interdite pendant les heures d’étude. D’où ma vocation de lecteur clandestin romans recouverts comme des livres de classe, cachés partout où cela se pouvait, lectures nocturnes à la lampe de poche, dispenses de gymnastique, tout était bon pour me retrouver seul avec un livre. C’est la pension qui m’a donné ce goût-là. Il m’y fallait un monde à moi, ce fut celui des livres. Dans ma famille, j’avais surtout regardé les autres lire mon père fumant sa pipe dans son fauteuil, sous le cône d’une lampe, passant distraitement son annulaire dans la raie impeccable de ses cheveux, un livre ouvert sur ses genoux croisés; Bernard, dans notre chambre, allongé sur le côté, genoux repliés, sa main droite soutenant sa tête… Il y avait du bien-être dans ces attitudes. Au fond, c’est la physiologie du lecteur qui m’a poussé à lire. Peut-être n’ai- je lu, au début, que pour reproduire ces postures et en explorer d’autres. En lisant je me suis physiquement installé dans un bonheur qui dure toujours. Que lisais-je ? Les contes d’Andersen, pour cause d’identification au Vilain petit canard, mais Alexandre Dumas aussi, pour le mouvement des épées, des chevaux et des cœurs. Et Selma Lagerlôf, le magnifique Gôsta Berling, ce pasteur ivrogne et splendide, banni par son évêque, dont je fus l’infatigable compagnon d’aventure avec les autres cavaliers d’Ekeby, La Guerre et la Paix, offert par Bernard pour mon entrée en quatrième je crois, l’histoire d’amour entre Natacha et le prince André à la première lecture – ce qui réduisait le roman à une centaine de pages –, l’épopée napoléonienne en troisième, à la deuxième lecture Austerlitz, Borodino, l’incendie de Moscou, la retraite de Russie j’avais dessiné une fresque immense de la bataille d’Austerlitz, où se massacraient les petits bonshommes de mon écriture clandestine, deux ou trois cents pages de mieux. Nouvelle lecture en seconde, pour l’amitié de Pierre Bezoukhov un autre vilain petit canard, mais qui comprenait plus de choses qu’on ne le croyait, et la totalité du roman enfin, en terminale, pour la Russie, pour le personnage de Koutouzov, pour Clausewitz, pour la réforme agraire, pour Tolstoï. Il y avait Dickens, évidemment – Oliver Twist avait besoin de moi –, Emily Brontë, dont le moral m’appelait au secours, Stevenson, Jack London, Oscar Wilde, et les premières lectures de Dostoïevski, Le joueur, bien sûr avec Dostoïevski, va savoir pourquoi, on commence toujours par Le joueur. Ainsi allaient mes lectures, au gré de ce que je trouvais dans la bibliothèque familiale et Tintin, bien sûr, et Spirou, et les Signes de piste ou les Bob Morane qui ravageaient l’époque. La première qualité des romans que j’emportais au collège était de ne pas être au programme. Personne ne m’interrogeait. Aucun regard ne lisait ces lignes pardessus mon épaule; leurs auteurs et moi demeurions entre nous. J’ignorais, en les lisant, que je me cultivais, que ces livres éveillaient en moi un appétit qui survivrait même à leur oubli. Ces lectures de jeunesse s’achevèrent par quatre portes ouvertes sur les signes du monde, quatre livres on ne peut plus différents mais qui tissèrent en moi, pour des raisons qui me demeurent en partie mystérieuses, des liens étroits de parenté Les liaisons dangereuses, À rebours, Mythologies de Roland Barthes et Les choses de Perec. Je n’étais pas un lecteur raffiné. N’en déplaise à Flaubert, je lisais comme Emma Bovary à quinze ans, pour la seule satisfaction de mes sensations, lesquelles, par bonheur, se révélèrent insatiables. Je ne tirais aucun bénéfice scolaire immédiat de ces lectures. Contre toutes les idées reçues, ces milliers de pages avalées et très vite oubliées n’améliorèrent pas mon orthographe, toujours incertaine aujourd’hui, d’où l’omniprésence de mes dictionnaires. Non, ce qui eut provisoirement raison de mes fautes mais ce provisoire rendait la chose définitivement possible, ce fut ce roman commandé par ce professeur qui refusait d’abaisser sa lecture à des considérations orthographiques. Je lui devais un manuscrit sans faute. Un génie de l’enseignement en somme. Pour moi seul, peut-être, et peut-être en cette seule circonstance, mais un génie ! J’ai croisé trois autres de ces génies entre ma classe de troisième et ma seconde terminale, trois autres sauveurs dont je parlerai plus loin un professeur de mathématiques qui était les mathématiques, une époustouflante professeur d’histoire qui pratiquait comme personne l’art de l’incarnation historique, et un professeur de philosophie que mon admiration surprend d’autant plus aujourd’hui que lui-même ne garde aucun souvenir de moi il me l’a écrit, ce qui le grandit encore à mes yeux puisqu’il m’éveilla l’esprit sans que je doive rien à son estime mais tout à son art. À eux quatre ces maîtres m’ont sauvé de moi-même. Sont-ils arrivés trop tard ? Les aurais-je si bien suivis, s’ils avaient été mes instituteurs ? Garderais-je un meilleur souvenir de mon enfance ? Quoi qu’il en soit, ils ont été mes heureux imprévus. Furent-ils, pour d’autres élèves, la révélation qu’ils ont été pour moi ? C’est une question qui se pose, tant la notion de tempérament joue son rôle en matière de pédagogie. Quand il m’arrive de rencontrer un ancien élève qui se déclare heureux des heures passées dans ma classe, je me dis qu’au même instant, sur un autre trottoir, se promène peut-être celui pour qui j’étais l’éteignoir de service. Un autre élément de ma métamorphose fut l’irruption de l’amour dans ma prétendue indignité. L’amour ! Parfaitement inimaginable à l’adolescent que je croyais être. La statistique, pourtant, disait son surgissement probable, voire certain. Mais non, pensez donc, inspirer de l’amour, moi ? Et à qui ? Il se présenta pour la première fois sous la forme d’une émouvante rencontre de vacances, s’exprima essentiellement dans une copieuse correspondance, et s’acheva par une rupture consentie au nom de notre jeunesse et de la distance géographique qui nous séparait. L’été suivant, le cœur brisé par la fin de cette passion semi-platonique, je m’engageai comme mousse sur un cargo, un des derniers liberty ships en service sur l’Atlantique, et jetai à la mer un paquet de lettres à faire ricaner les requins. Il fallut attendre deux ans pour qu’un autre amour devienne le premier, par l’importance que, dans ce domaine, les actes confèrent à la parole. Un autre genre d’incarnation, qui révolutionna ma vie et signa l’arrêt de mort de ma cancrerie. Une femme m’aimait ! Pour la première fois de ma vie mon nom résonnait à mes propres oreilles ! Une femme m’appelait par mon nom ! J’existais aux yeux d’une femme, dans son cœur, entre ses mains, et déjà dans ses souvenirs, son premier regard du lendemain me le disait ! Choisi parmi tous les autres ! Moi ! Préféré ! Moi ! Par elle ! Une élève d’hypokhâgne, qui plus est, quand j’allais redoubler ma terminale ! Mes derniers barrages sautèrent tous les livres lus nuitamment, ces milliers de pages pour la plupart effacées de ma mémoire, ces connaissances stockées à l’insu de tous et de moi-même, enfouies sous tant de couches d’oubli, de renoncement et d’autodénigrement, ce magma de mots bouillonnant d’idées, de sentiments, de savoirs en tout genre, fit soudain exploser la croûte d’infamie et jaillit dans ma cervelle qui prit des allures de firmament infiniment étoile ! En somme, je planais, comme disent les heureux d’aujourd’hui. J’aimais et on m’aimait ! Comment tant d’ardeur impatiente pouvait-elle susciter tant de calme et tant de certitude ? Quelle confiance me faisait-on, tout à coup ! Et quelle confiance avais-je soudain en moi ! Pendant les quelques années que dura ce bonheur, il ne fut plus question de faire l’imbécile. Les bouchées doubles, oui. Après le bac, j’éliminai en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire une licence et une maîtrise de lettres, l’écriture de mon premier roman, des cahiers entiers d’aphorismes que j’appelais sans rire mes Laconiques, et la production d’innombrables dissertations, dont certaines destinées aux khâgneuses amies de mon amie qui réclamaient mes lumières sur tel point d’histoire, de littérature ou de philosophie. Dans la foulée je m’étais même offert le luxe d’une hypokhâgne que j’abandonnai en cours de route pour la rédaction de ce fameux premier roman. Laisser aller ma propre plume, voler de mes propres ailes, dans mon propre ciel ! Je ne voulais rien d’autre. Et que mon amie continuât de m’aimer. À la blague de mon père sur la révolution nécessaire à ma licence et sur le risque d’un conflit planétaire si je tentais l’agrég, j’ai ri de bon cœur et rétorqué que, pas du tout, pas la révolution, Papa, l’amour, nom de Dieu ! L’amour depuis trois ans ! La révolution nous l’avons faite au lit, elle et moi ! Quant à l’agrég, pas d’agrég, je n’aime pas les jeux de hasard ! Ni de Capes ! Assez perdu de temps comme ça. Une maîtrise et basta le minimum vital du professeur. Petit prof, Papa. Dans des petites boîtes s’il le faut. Retour sur le lieu du crime. M’y occuper des gosses qui sont tombés dans la poubelle de Djibouti. M’occuper d’eux avec le clair souvenir de ce que je fus. Pour le reste, la littérature ! Le roman ! L’enseignement et le roman ! Lire, écrire, enseigner ! Mon réveil doit aussi beaucoup à la ténacité de ce père faussement lointain. Jamais découragé par mon découragement, il a su résister à toutes mes tentatives de fuite cette supplique véhémente, par exemple, à quatorze ans, pour qu’il me fasse entrer aux enfants de troupe. Nous en avons beaucoup ri vingt ans plus tard, quand, libéré de mon service, je lui ai donné à lire la mention inscrite sur mon livret militaire, Grades successifs deuxième classe. - Successivement deuxième classe, alors ? C’est bien ce que je pensais inapte à l’obéissance et aucun goût pour le commandement. Il y eut ce vieil ami aussi, Jean Rolin, professeur de philo, père de Nicolas, de Jeanne et de Jean-Paul, mes compagnons d’adolescence. Chaque fois que je ratais le bac, il m’invitait dans un excellent restaurant, pour me convaincre, une fois de plus, que chacun va son rythme et que je faisais tout bonnement un retard d’éclosion. Jean, mon cher Jean, que ces pages – si tardives en effet – te fassent sourire, au paradis des philosophes. 21. Bref, on devient. Mais on ne change pas tellement. On fait avec ce qu’on est. Voilà qu’à la fin de cette deuxième partie, je m’offre une crise de doute. Doute quant à la nécessité de ce livre, doute quant à mes capacités à l’écrire, doute sur moi- même tout simplement, doute qui s’épanouira bientôt en considérations ironiques sur l’ensemble de mon travail, voire ma vie entière… Doute proliférant… Ces crises sont fréquentes. Elles ont beau être un héritage de ma cancrerie, je ne m’y habitue pas. On doute toujours pour la première fois et j’ai le doute ravageur. Il me pousse vers ma pente naturelle. Je résiste mais de jour en jour je redeviens le mauvais élève que j’essaye de décrire. Les symptômes sont rigoureusement pareils à ceux de mes treize ans rêverie, procrastination, éparpillement, hypocondrie, nervosité, délectation morose, sautes d’humeur, jérémiades et, pour finir, sidération devant l’écran de mon ordinateur, comme jadis devant l’exercice à faire, l’interro à préparer… Je suis là, ricane le cancre que je fus. Je lève les yeux. Mon regard erre sur le Vercors sud. Pas une maison à l’horizon. Ni une route. Ni un individu. Des champs pierreux bordés de montagnes rases où s’épanouissent par-ci par-là des bouquets de hêtres comme des panaches silencieux. Sur tout ce vide bourgeonne immensément un ciel de menace. Dieu que j’aime ce paysage ! Au fond, une de mes grandes joies aura été de m’offrir cet exil qu’enfant je réclamais à mes parents… Cet horizon en deçà duquel nul n’a de comptes à rendre à personne. Sauf ce petit lapin à cette buse, là-haut, qui a des vues sur lui… Au désert, le tentateur, ce n’est pas le diable, c’est le désert lui-même tentation naturelle de tous les abandons. Bon, ça va comme ça, arrête ton cirque, remets-toi au travail. 22. Et on se remet au travail. Ligne après ligne on continue de devenir, avec ce livre qui se fait. On devient. Les uns après les autres, nous devenons. Ça se passe rarement comme prévu, mais une chose est sûre nous devenons. La semaine dernière, comme je sors d’un cinéma, une petite fille, neuf ou dix ans, me course dans la rue et me rattrape tout essoufflée - Monsieur, monsieur ! Quoi donc ? Ai-je oublié mon parapluie au cinoche ? Tout sourire, la petite désigne du doigt un type qui nous regarde, de l’autre côté de la rue. - C’est mon grand-père, monsieur ! Grand-père ébauche un salut un peu gêné. - Il n’ose pas vous dire bonjour, mais vous avez été son professeur. Nom d’un chien, son grand-père ! J’ai été le professeur de son grand-père ! Eh oui, nous devenons. Vous quittez une gamine en quatrième, nulle, nulle, nulle, de son propre aveu Qu’est-ce que j’étais nulle ! », et vingt ans plus tard une jeune femme vous interpelle dans une rue d’Ajaccio, radieuse, assise à la terrasse d’un café - Monsieur, Ne touchez pas l’épaule du cavalier qui passe ! Vous vous arrêtez, vous vous retournez, la jeune femme vous sourit, vous lui récitez la suite de L’allée, ce poème de Supervielle qu’apparemment vous connaissez tous les deux Il se retournerait Et ce serait la nuit, Une nuit sans étoile, Sans courbe ni nuage. Elle éclate de rire, elle demande - Que deviendrait alors Tout ce qui fait le ciel, La lune et son passage Et le bruit du soleil ? Et vous répondez à l’enfant réapparue dans le sourire de la femme, l’enfant rétive à qui vous aviez jadis appris ce poème Il vous faudrait attendre qu’un second cavalier Aussi puissant que l’autre Consentît à passer. À Paris, je bavarde avec des amis, dans un café. D’une table voisine un homme me pointe du doigt en me regardant fixement. Je lève les yeux et lui demande d’un hochement de front ce qu’il me veut. Il m’appelle alors par un autre nom que le mien - Don Segundo Sombra ! Ce faisant, il me fait faire un bond vertigineux dans le temps. - Toi, je t’ai eu en 1982 ! En cinquième. - Tout juste, monsieur. Et cette année-là vous nous avez lu Don Segundo Sombra, un roman argentin, de Ricardo Guiraldes. Je ne me rappelle jamais le nom de ces élèves de rencontre, ni d’ailleurs leurs visages, mais dès les premiers vers, les premiers titres de romans évoqués, les premières allusions à un cours précis, quelque chose se recompose de l’adolescent qui ne voulait pas lire ou de la petite qui prétendait ne rien comprendre à rien; ils me redeviennent aussi familiers que les vers de Supervielle ou le nom de Segundo Sombra qui, eux, va savoir pourquoi, n’ont pas subi l’érosion du temps. Ils sont à la fois cette gamine apeurée et cette jeune femme qui fait aujourd’hui la mode de sa génération, ce garçon buté et ce commandant de bord qui bouquine au-dessus des océans, pilote automatique enclenché. À chaque rencontre, on constate qu’une vie s’est épanouie, aussi imprévisible que la forme d’un nuage. Et n’allez pas vous imaginer que ces destins doivent tant que ça à votre influence de professeur ! Je regarde l’heure à la montre gousset que Minne, ma femme, m’a offerte pour quelque ancien anniversaire et qui ne me quitte jamais. Ce genre de montre à double boîtier s’appelle une savonnette. Donc, je consulte ma savonnette et voilà que je glisse quinze ans en arrière, lycée H, salle F, où je suis occupé à surveiller une soixantaine de premières et de terminales qui planchent dans un silence d’avenir. Tous noircissent du papier à qui mieux mieux, sauf Emmanuel, sur ma droite, près de la fenêtre à trois ou quatre rangs de mon estrade. Nez au vent, copie blanche, Emmanuel. Nos regards se croisent. Le mien se fait explicite Alors quoi ? copie blanche ? tu vas t’y mettre, oui ? Emmanuel me fait signe d’approcher. Je l’ai eu comme élève deux ans plus tôt. Malin, vif, cossard, inventif, drôle et déterminé. Et, pour l’instant, copie ostensiblement blanche. Je consens à m’approcher, histoire de lui secouer les puces, mais il coupe court à mon tir de semonce en lâchant, dans un soupir définitif - Si vous saviez comme ça m’emmerde, monsieur ! Que faut-il faire d’un pareil élève ? L’abattre sur place ? Dans l’expectative, et bien que ce ne soit pas le moment, je demande - Et peut-on savoir ce qui t’intéresse ? - Ça. Répond-il en me rendant ma savonnette, qu’il m’a fauchée sans que je m’en aperçoive. - Et ça, ajoute-t-il en me rendant mon stylo. - Pickpocket ? Tu veux devenir pickpocket ? - Prestidigitateur, monsieur. Ce qu’il devint, ma foi, qu’il est encore, et renommé, sans que j’y sois pour rien. Oui, il arrive parfois que des projets se réalisent, que des vocations s’accomplissent, que le futur honore ses rendez-vous. Un ami m’assure qu’une surprise m’attend dans le restaurant où il m’invite. J’y vais. La surprise est de taille. C’est Rémi, le maître-queux du lieu. Impressionnant du haut de son mètre quatre- vingts et sous sa blanche toque de chef ! Je ne le reconnais pas d’abord, mais il me rafraîchit la mémoire en déposant sous mes yeux une copie rédigée par lui et corrigée par moi vingt-cinq ans plus tôt. 13/20. Sujet Faites votre portrait à quarante ans. Or, l’homme de quarante ans qui se tient debout devant moi, souriant et vaguement intimidé par l’apparition de son vieux professeur, est très exactement celui que le jeune garçon décrivait dans sa copie le chef d’un restaurant dont il comparait les cuisines à la salle des machines d’un paquebot de haute mer. Le correcteur avait apprécié, en rouge, et avait émis le souhait de s’asseoir un jour à la table de ce restaurant… C’est le genre de situation où vous ne regrettez pas d’être devenu ce professeur que, désormais, vous n’êtes plus. Nous devenons, nous devenons, tous autant que nous sommes, et nous nous croisons parfois entre devenus. Isabelle, la semaine dernière, rencontrée dans un théâtre, étonnamment semblable en sa proche quarantaine à la gamine de seize ans qui fut mon élève en seconde… Elle avait échoué dans ma classe après son deuxième renvoi. Mon deuxième renvoi en trois ans, tout de même ! » Orthophoniste à présent, au sourire avisé. Comme les autres, elle me demande - Vous vous souvenez d’Unetelle ? Et d’Untel ? Et de tel autre ? Hélas, ô mes élèves, ma fichue mémoire se refuse toujours à l’archivage des noms propres. Leurs majuscules continuent de faire barrage. Il me suffisait des grandes vacances pour oublier la plupart de vos noms, alors, vous pensez, avec toutes ces années ! Une sorte de siphonage permanent lessive ma cervelle, qui élimine, avec les vôtres, le nom des auteurs que je lis, les titres de leurs bouquins ou ceux des films que je vois, les villes que je traverse, les itinéraires que je suis, les vins que je bois… Ce qui ne signifie pas que vous sombriez dans mon oubli ! Qu’il me soit seulement donné de vous revoir cinq minutes, et la bouille confiante de Rémi, le grand rire de Nadia, la malice d’Emmanuel, la gentillesse pensive de Christian, la vivacité d’Axelle, l’inoxydable bonne humeur d’Arthur ressuscitent l’élève dans cet homme ou cette femme qui me font, en me croisant, le plaisir de reconnaître leur professeur. Je peux bien vous l’avouer aujourd’hui, votre mémoire a toujours été plus véloce et plus fiable que la mienne, même en ces temps où nous apprenions ensemble ces textes hebdomadaires que nous devions pouvoir nous réciter mutuellement à n’importe quel moment de l’année. Bon an mal an, une trentaine de textes en tout genre, dont Isabelle déclare fièrement - Je n’en ai pas oublié un seul, monsieur ! - J’imagine que tu avais tes préférés… - Oui, celui-ci par exemple, dont vous aviez précisé que nous serions mûrs pour le comprendre dans une soixantaine d’années. Et de me réciter le texte en question qui, en effet, tombe à pic pour clore le chapitre du devenir Mon grand-père avait coutume de dire La vie est étonnamment brève. Dans mon souvenir elle se ramasse aujourd’hui sur elle-même si serrée que je comprends à peine par exemple qu’un jeune homme puisse se décider à partir à cheval pour le plus proche village sans craindre que tout accident écarté une existence ordinaire et se déroulant sans heurts ne suffise pas, de bien loin, même pour cette promenade. » Dans une esquisse de révérence Isabelle lâche le nom de l’auteur Franz Kafka. Et précise - Dans la traduction de Vialatte, celle que vous préfériez. III - Y ou le présent d’incarnation Je n’y arriverai jamais 1. - J’y arriverai jamais, m’sieur. - Tu dis ? - J’y arriverai jamais ! - Où veux-tu aller ? - Nulle part ! Je veux aller nulle part ! - Alors pourquoi as-tu peur de ne pas y arriver ? - C’est pas ce que je veux dire ! - Qu’est-ce que tu veux dire ? - Que j’y arriverai jamais, c’est tout ! - Écris-nous ça au tableau Je n’y arriverai jamais. Je ni arriverai jamais. - Tu t’es trompé de n’y. Celui-ci est une conjonction négative, je t’expliquerai plus tard. Corrige. N’y, ici, s’écrit n apostrophe, y. Et arriver prend deux r. Je n’y arriverai jamais. - Bon. Qu’est-ce que c’est que ce y », d’après toi ? - Je sais pas. - Qu’est-ce qu’il veut dire ? - Je sais pas. - Eh bien il faut absolument qu’on trouve ce qu’il veut dire, parce que c’est lui qui te fait peur, ce y ». - J’ai pas peur. - Tu n’as pas peur ? - Non. - Tu n’as pas peur de ne pas y arriver ? - Non, je m’en branle. - Pardon ? - Ça m’est égal, quoi, je m’en moque ! - Tu te moques de ne pas y arriver ? - Je m’en moque, c’est tout. - Et ça, tu peux l’écrire au tableau ? - Quoi, je m’en moque ? - Oui. Je mens moque. - M apostrophe en. Là tu as écrit le verbe mentir à la première personne du présent. Je m’en moque. - Bon, et ce en » justement, qu’est-ce que c’est que ce en » ? - Ce en », qu’est-ce que c’est ? - Je sais pas, moi… C’est tout ça ! - Tout ça quoi ? - Tout ce qui me gonfle ! 2. Dès les premières heures de cours, cette année-là, nous nous étions attaqués à ce y », à ce en », à ce tout », à ce ça », mes élèves et moi. C’est par eux que nous avions entamé l’assaut du bastion grammatical. Si nous voulions nous installer solidement dans l’indicatif présent de notre cours, il fallait régler leur compte à ces mystérieux agents de désincarnation. Priorité absolue ! Nous avons donc fait la chasse aux pronoms flous. Ces mots énigmatiques se présentaient comme autant d’abcès à vider. Y », d’abord. Nous avons commencé par ce fameux y » auquel on n’arrive jamais. Passons sur sa dénomination de pronom adverbial qui résonne comme du chinois à l’oreille de l’élève qui l’entend pour la première fois, ouvrons-lui le ventre, extirpons-en tous les sens possibles, nous lui collerons son étiquette grammaticale en le recousant, après avoir remis en place ses entrailles dûment répertoriées. Les grammairiens lui accordent une valeur imprécise. Eh bien précisons, précisons ! En l’occurrence, cette année-là, pour ce garçon-là, qui braillait et lâchait des gros mots comme on roule des mécaniques, y » était le souvenir cuisant d’un exercice de math sur lequel il venait de se casser les dents. L’exercice avait déclenché la crise stylo jeté, cahier claqué de toute façon j’y comprends rien, je m’en branle, ça me gonfle, etc., élève fichu à la porte et piquant une nouvelle crise à l’heure suivante, chez moi, en français, où il se heurtait à une autre difficulté, grammaticale celle-là, mais qui le renvoyait brutalement au souvenir de la précédente… - J’y arriverai jamais, je vous dis. L’école c’est pas fait pour moi, m’sieur ! Débat national, mon petit gars, et bientôt séculaire. Savoir si l’école est faite pour toi ou toi pour l’école, tu n’imagines pas comme on s’étripe à ce propos dans l’olympe éducatif. - Il y a trois ans, pensais-tu que tu serais un jour en quatrième ? - Pas vraiment, non. Et puis, en CM2 ils voulaient que je redouble. - Eh bien tu y es quand même, en quatrième. Tu y es arrivé. À l’ancienneté, peut-être, en piètre état je te l’accorde, de plus ou moins bon gré, ça te regarde, à plus ou moins juste titre, ça se discute en haut lieu, mais tu y es quand même arrivé, le fait est là, et nous tous avec toi, et maintenant que nous y sommes, nous allons y passer l’année, y travailler, en profiter pour résoudre quelques problèmes, à commencer par les plus urgents de tous cette peur de ne pas y arriver, cette tentation de t’en foutre, et cette manie de tout fourrer dans le même tout. Il y a des tas de gens, dans cette ville, qui ont peur de ne pas y arriver et qui croient s’en foutre… Mais ils ne s’en foutent pas du tout; ils friment, ils dépriment, ils dérivent, ils gueulent, ils cognent, ils jouent à faire peur, mais s’il y a une chose dont ils ne se foutent pas, c’est bien de ce y » et de ce en » qui leur pourrissent la vie, et de ce tout » qui les gonfle. - Ça sert à rien, de toute façon ! - D’accord, on va s’occuper de ce ça », aussi et de ce rien ». Et du verbe servir », tant qu’on y est. Parce qu’il commence à me taper sur les nerfs, le verbe servir » ! Ça sert à rien, ça sert à rien, et dans ta bouche, maintenant, il sert à quoi, le verbe servir » ? Il est temps de lui poser la question. Cette année-là, donc, nous avons ouvert le ventre de ce y », de ce en », de ce ça », de ce tout », de ce rien ». Chaque fois qu’ils faisaient irruption dans la classe, nous partions à la recherche de ce que nous cachaient ces mots si déprimants. Nous avons vidé ces outres infiniment extensibles de ce qui alourdit la barque de l’élève en perdition, nous les avons vidées comme on écope un canot sur le point de couler, et nous avons examiné de près le contenu de ce que nous jetions par-dessus bord Y » cet exercice de math d’abord, qui avait mis le feu aux poudres. Y » celui de grammaire, ensuite, qui avait rallumé l’incendie. La grammaire, ça me gonfle encore plus que les math, m’sieur ! Et ainsi de suite y », la langue anglaise qui ne se laissait pas saisir, y », la techno qui le gonflait comme le reste dix ans plus tard elle lui prendrait la tête et dix ans plus tard encore elle le gaverait, y », les résultats que tous les adultes attendaient vainement de lui, bref y », tous les aspects de sa scolarité. D’où l’apparition du en », de s’en moquer s’en foutre, s’en taper, s’en branler, histoire de tester la résistance des oreilles enseignantes. Encore une vingtaine d’années et s’en battre les couilles viendrait s’ajouter à la liste. En », le constat quotidien de son échec, En », l’opinion que les adultes ont de lui, En », ce sentiment d’humiliation qu’il préfère reconvertir en haine des professeurs et en mépris des bons élèves… D’où son refus de chercher à comprendre l’énorme ça » qui ne sert à rien », cette envie permanente d’être ailleurs, de faire autre chose, n’importe où ailleurs et n’importe quoi d’autre. Leur dissection scrupuleuse de ce y » révéla à ces élèves l’image qu’ils se faisaient d’eux-mêmes des nuls fourvoyés dans un univers absurde, qui préféraient s’en foutre, puisqu’ils ne s’y voyaient aucun avenir. - Même pas en rêve, monsieur ! No future. Y » ou l’avenir inaccessible. Seulement à ne s’envisager aucun futur, on ne s’installe pas non plus dans le présent. On est assis sur sa chaise mais ailleurs, prisonnier des limbes de la déploration, un temps qui ne passe pas, une sorte de perpétuité, un sentiment de torture qu’on ferait payer à n’importe qui, et au prix fort. D’où ma résolution de professeur user de l’analyse grammaticale pour les ramener ici, maintenant, afin d’y éprouver le délice très particulier de comprendre à quoi sert un pronom adverbial, un mot capital qu’on utilise mille fois par jour, sans y penser. Parfaitement inutile, devant cet élève en colère, de se perdre en arguties morales ou psychologiques, l’heure n’est pas au débat, elle est à l’urgence. Une fois y » et en » vidés et nettoyés, nous les avons dûment étiquetés. Deux pronoms adverbiaux fort pratiques pour noyer le poisson dans une conversation épineuse. Nous les avons comparés à des caves du langage, ces pronoms, à des greniers inaccessibles, à une valise qu’on n’ouvre jamais, à un paquet oublié dans une consigne dont on aurait perdu la clef. - Une planque, monsieur, une sacrée planque ! Pas si bonne en l’occurrence. On croit s’y cacher et voilà que la planque nous digère. Y » et en » nous avalent et nous ne savons plus qui nous sommes. 3. Les maux de grammaire se soignent par la grammaire, les fautes d’orthographe par l’exercice de l’orthographe, la peur de lire par la lecture, celle de ne pas comprendre par l’immersion dans le texte, et l’habitude de ne pas réfléchir par le calme renfort d’une raison strictement limitée à l’objet qui nous occupe, ici, maintenant, dans cette classe, pendant cette heure de cours, tant que nous y sommes. J’ai hérité cette conviction de ma propre scolarité. On m’y a beaucoup fait la morale, on a souvent essayé de me raisonner, et avec bienveillance, car les gentils ne manquent pas chez les professeurs. Le directeur du collège où m’avait expédié mon cambriolage domestique, par exemple. C’était un marin, un ancien commandant de bord, rompu à la patience des océans, père de famille et mari attentif d’une épouse qu’on disait atteinte d’un mal mystérieux. Un homme fort occupé par les siens et par la direction de ce pensionnat où les cas de mon espèce ne manquaient pas. Combien d’heures a-t-il pourtant épuisées à me convaincre que je n’étais pas l’idiot que je prétendais être, que mes rêves d’exil africain étaient des tentatives de fuite, et qu’il suffisait de me mettre sérieusement au travail pour lever l’hypothèque que mes jérémiades faisaient peser sur mes aptitudes ! Je le trouvais bien bon de s’intéresser à moi, lui qui avait tant de soucis, et je promettais de me reprendre, oui, oui, tout de suite. Seulement, dès que je me retrouvais en cours de math, ou à l’étude du soir penché sur une leçon de sciences naturelles, il ne restait plus rien de l’invincible confiance que j’avais retirée de notre entretien. C’est que nous n’avions pas parlé d’algèbre, monsieur le directeur et moi, ni de la photosynthèse, mais de volonté, mais de concentration, c’était de moi que nous avions parlé, un moi tout à fait susceptible de progresser, il en était convaincu, si je m’y mettais vraiment ! Et ce moi, gonflé d’un soudain espoir, jurait de s’appliquer, de ne plus se raconter d’histoires; hélas, dix minutes plus tard, confronté à l’algébricité du langage mathématique, il se vidait comme une baudruche, ce moi, et à l’étude du soir il n’était plus que renoncement devant le goût inexplicable des plantes pour le gaz carbonique via l’étrange chlorophylle. Je redevenais le crétin familier qui n’y comprendrait jamais rien, pour la raison qu’il n’y avait jamais rien compris. De cette mésaventure tant de fois répétée, la conviction m’est restée qu’il fallait parler aux élèves le seul langage de la matière que je leur enseignais. Peur de la grammaire ? Faisons de la grammaire. Pas d’appétit pour la littérature ? Lisons ! Car, aussi étrange que cela puisse vous paraître, ô nos élèves, vous êtes pétris des matières que nous vous enseignons. Vous êtes la matière même de toutes nos matières. Malheureux à l’école ? Peut-être. Chahutés par la vie ? Certains, oui. Mais à mes yeux, faits de mots, tous autant que vous êtes, tissés de grammaire, remplis de discours, même les plus silencieux ou les moins armés en vocabulaire, hantés par vos représentations du monde, pleins de littérature en somme, chacun d’entre vous, je vous prie de me croire. 4. Vanité des interventions psychologiques les mieux intentionnées. Classe de première. Jocelyne est en larmes, le cours ne peut pas commencer. Il n’y a pas plus étanche que le chagrin pour faire écran au savoir. Le rire, on peut l’éteindre d’un regard, mais les larmes… - Est-ce que quelqu’un a une histoire drôle en réserve ? Il faut faire rire Jocelyne pour qu’on puisse commencer. Creusez-vous la cervelle. Une histoire très drôle. Budget, trois minutes, pas plus; Montesquieu nous attend. L’histoire drôle jaillit. Elle est drôle en effet. Tout le monde rigole, y compris Jocelyne, que j’invite à venir me parler pendant la récréation, si elle en éprouve le besoin. - D’ici là, tu ne t’occupes que de Montesquieu. Récré. Jocelyne m’expose son malheur. Ses parents ne s’entendent plus. Ils se disputent du matin au soir. Se disent des horreurs. La vie à la maison est infernale, la situation déchirante. Bon, me dis-je, encore deux coureurs de fond qui ont mis vingt ans à se trouver mal assortis; il y a du divorce dans l’air. Jocelyne, qui n’est pas une mauvaise élève, dégringole dans toutes les matières. Et me voilà bricolant dans son chagrin. Mieux vaut, lui dis-je très prudemment, peut-être, le divorce, tu sais, Jocelyne, enfin… deux divorcés apaisés te seront plus supportables qu’un couple acharné à se détruire… Etc. Jocelyne fond de nouveau en larmes - Justement, monsieur, ils avaient décidé de divorcer, mais ils viennent d’y renoncer ! Ah ! Bon. Bon, bon, bon. Bien. C’est toujours plus compliqué que ne le croit l’apprenti psychologue. - Connais-tu Maisie Farange ? - Non, qui c’est ? - C’est la fille de Beale Farange et de sa femme, dont j’ai oublié le prénom. Deux divorcés célèbres en leur temps. Maisie était petite quand ils se sont séparés, mais elle n’en a pas perdu une miette. Tu devrais faire sa connaissance. C’est un roman. D’un Américain. Henry James. Ce que savait Maisie. Roman complexe au demeurant, que Jocelyne lut durant les semaines suivantes, stimulée par le terrain même de la bataille conjugale. Ils se balancent les mêmes arguments que les Farange, monsieur ! » Eh oui, pour être saignante de vrai sang, la guerre des couples et le chagrin des enfants n’en sont pas moins littéraires. Cela dit, quand Montesquieu fait l’honneur de sa présence à notre classe, on se doit d’être présent à Montesquieu. 5. Leur présence en classe… Pas commode, pour ces garçons et ces filles de fournir cinquante-cinq minutes de concentration, dans cinq ou six cours successifs, selon cet emploi si particulier que l’école fait du temps. Quel casse-tête, l’emploi du temps ! Répartition des classes, des matières, des heures, des élèves, en fonction du nombre de salles, de la constitution des demi- groupes, du nombre de matières optionnelles, de la disponibilité des labos, des desiderata incompatibles du professeur de ceci et de la professeur de cela… Il est vrai qu’aujourd’hui la tête du proviseur est sauvée par l’ordinateur auquel il confie ces paramètres Désolé pour votre mercredi après-midi, madame Untel, c’est l’ordinateur. » - Cinquante-cinq minutes de français, expliquais-je à mes élèves, c’est une petite heure avec sa naissance, son milieu et sa fin, une vie entière, en somme. Cause toujours, auraient-ils pu me répondre, une vie de littérature qui ouvre sur une vie de mathématiques, laquelle donne sur une pleine existence d’histoire, qui vous propulse sans raison dans une autre vie, anglaise celle-là, ou allemande, ou chimique, ou musicale… Ça en fait des réincarnations en une seule journée ! Et sans aucune logique ! C’est Alice au pays des merveilles, votre emploi du temps on prend le thé chez le lièvre de mars et on se retrouve sans transition à jouer au croquet avec la reine de cœur. Une journée passée dans le shaker de Lewis Carroll, le merveilleux en moins, vous parlez d’une gymnastique ! Et ça se donne des allures de rigueur, par- dessus le marché, une absolue pagaille taillée comme un jardin à la française, bosquet de cinquante-cinq minutes par bosquet de cinquante-cinq minutes. Il n’y a guère que la journée d’un psychanalyste et le salami du charcutier pour être découpés en tranches aussi égales. Et ça, toutes les semaines de l’année ! Le hasard sans la surprise, un comble ! Il serait tentant de leur répondre Cessez de rouspéter, chers élèves, et mettez-vous à notre place, votre comparaison avec le psychanalyste n’est d’ailleurs pas mauvaise; tous les jours dans son cabinet, le pauvre, à voir défiler le malheur du monde, et nous dans nos classes à voir défiler son ignorance, par groupes de trente- cinq et à heure fixe, notre vie entière, laquelle perception logarithmique ou pas est beaucoup plus longue que votre trop brève jeunesse, vous verrez, vous verrez… Mais non, ne jamais demander à un élève de se mettre à la place d’un professeur, la tentation du ricanement est trop forte. Et ne jamais lui proposer de mesurer son temps au nôtre notre heure n’est vraiment pas la sienne, nous n’évoluons pas dans la même durée. Quant à lui parler de nous ou de lui-même, pas question hors sujet. Nous en tenir à ce que nous avons décidé cette heure de grammaire doit être une bulle dans le temps. Mon travail consiste à faire en sorte que mes élèves se sentent exister grammaticalement pendant ces cinquante-cinq minutes. Pour y parvenir, ne pas perdre de vue que les heures ne se ressemblent pas les heures de la matinée ne sont pas celles de l’après-midi; les heures du réveil, les heures digestives, celles qui précèdent les récréations, celles qui les suivent, toutes sont différentes. Et l’heure qui succède au cours de math ne se présente pas comme celle qui suit le cours de gym… Ces différences n’ont guère d’incidence sur l’attention des bons élèves. Ceux-ci jouissent d’une faculté bénie changer de peau à bon escient, au bon moment, au bon endroit, passer de l’adolescent agité à l’élève attentif, de l’amoureux éconduit au matheux concentré, du joueur au bûcheur, de Tailleurs à l’ici, du passé au présent, des mathématiques à la littérature… C’est leur vitesse d’incarnation qui distingue les bons élèves des élèves à problèmes. Ceux-ci, comme le leur reprochent leurs professeurs, sont souvent ailleurs. Ils se libèrent plus difficilement de l’heure précédente, ils traînent dans un souvenir ou se projettent dans un quelconque désir d’autre chose. Leur chaise est un tremplin qui les expédie hors de la classe à la seconde où ils s’y posent. À moins qu’ils ne s’y endorment. Si je veux espérer leur pleine présence mentale, il me faut les aider à s’installer dans mon cours. Les moyens d’y arriver ? Cela s’apprend, surtout sur le terrain, à la longue. Une seule certitude, la présence de mes élèves dépend étroitement de la mienne de ma présence à la classe entière et à chaque individu en particulier, de ma présence à ma matière aussi, de ma présence physique, intellectuelle et mentale, pendant les cinquante-cinq minutes que durera mon cours. 6. Ô le souvenir pénible des cours où je n’y étais pas ! Comme je les sentais flotter, mes élèves, ces jours-là, tranquillement dériver pendant que j’essayais de rameuter mes forces. Cette sensation de perdre ma classe… Je n’y suis pas, ils n’y sont plus, nous avons décroché. Pourtant, l’heure s’écoule. Je joue le rôle de celui qui fait cours, ils font ceux qui écoutent. Bien sérieuse notre mine commune, blabla d’un côté, griffonnage de l’autre, un inspecteur s’en satisferait peut-être; pourvu que la boutique ait l’air ouverte… Mais je n’y suis pas, nom d’un chien, je n’y suis pas, aujourd’hui, je suis ailleurs. Ce que je dis ne s’incarne pas, ils se foutent éperdument de ce qu’ils entendent. Ni questions ni réponses. Je me replie derrière le cours magistral. L’énergie démesurée que je dilapide alors pour faire prendre ce ridicule filet de savoir ! Je suis à cent lieues de Voltaire, de Rousseau, de Diderot, de cette classe, de ce bahut, de cette situation, je m’épuise à réduire la distance mais pas moyen, je suis aussi loin de ma matière que de ma classe. Je ne suis pas le professeur, je suis le gardien du musée, je guide mécaniquement une visite obligatoire. Ces heures ratées me laissaient sur les genoux. Je sortais de ma classe épuisé et furieux. Une fureur dont mes élèves risquaient de faire les frais toute la journée, car il n’y a pas plus prompt à vous engueuler qu’un professeur mécontent de lui-même. Attention les mômes, rasez les murs, votre prof s’est donné une mauvaise note, le premier responsable venu fera l’affaire ! Sans parler de la correction de vos copies, ce soir, à la maison. Un domaine où la fatigue et la mauvaise conscience ne sont pas bonnes conseillères ! Mais non, pas de copies ce soir, et pas de télé, pas de sortie, au lit ! La première qualité d’un professeur, c’est le sommeil. Le bon professeur est celui qui se couche tôt. 7. Elle est immédiatement perceptible, la présence du professeur qui habite pleinement sa classe. Les élèves la ressentent dès la première minute de l’année, nous en avons tous fait l’expérience le professeur vient d’entrer, il est absolument là, cela s’est vu à sa façon de regarder, de saluer ses élèves, de s’asseoir, de prendre possession du bureau. Il ne s’est pas éparpillé par crainte de leurs réactions, il ne s’est pas recroquevillé sur lui-même, non, il est à son affaire, d’entrée de jeu, il est présent, il distingue chaque visage, la classe existe aussitôt sous ses yeux. Cette présence, je l’ai éprouvée une nouvelle fois, il y a peu, au Blanc-Mesnil, où m’invitait une jeune collègue qui avait plongé ses élèves dans un de mes romans. Quelle matinée j’ai passée là ! Bombardé de questions par des lecteurs qui semblaient posséder mieux que moi la matière de mon livre, l’intimité de mes personnages, qui s’exaltaient sur certains passages et s’amusaient à épingler mes tics d’écriture… Je m’attendais à répondre à des questions sagement rédigées, sous l’œil d’un professeur légèrement en retrait, soucieux du seul ordre de la classe, comme cela m’arrive assez souvent, et voilà que j’étais pris dans le tourbillon d’une controverse littéraire où les élèves me posaient fort peu de questions convenues. Quand l’enthousiasme emportait leurs voix au-dessus du niveau de décibels supportable, leur professeur m’interrogeait elle-même, deux octaves plus bas, et la classe entière se rangeait à cette ligne mélodique. Plus tard, dans le café où nous déjeunions, je lui ai demandé comment elle s’y prenait pour maîtriser tant d’énergie vitale. Elle a d’abord éludé - Ne jamais parler plus fort qu’eux, c’est le truc. Mais je voulais en savoir davantage sur la maîtrise qu’elle avait de ces élèves, leur bonheur manifeste d’être là, la pertinence de leurs questions, le sérieux de leur écoute, le contrôle de leur enthousiasme, leur emprise sur eux-mêmes quand ils n’étaient pas d’accord entre eux, l’énergie et la gaieté de l’ensemble, bref tout ce qui tranchait tellement avec la représentation effrayante que les médias propagent de ces classes blackébeures. Elle fit la somme de mes questions, réfléchit un peu et répondit - Quand je suis avec eux ou dans leurs copies je ne suis pas ailleurs. Elle ajouta - Mais, quand je suis ailleurs, je ne suis plus du tout avec eux. Son ailleurs, en l’occurrence, était un quatuor à cordes qui exigeait de son violoncelle l’absolu que réclame la musique. Du reste, elle voyait un rapport de nature entre une classe et un orchestre. - Chaque élève joue de son instrument, ce n’est pas la peine d’aller contre. Le délicat, c’est de bien connaître nos musiciens et de trouver l’harmonie. Une bonne classe, ce n’est pas un régiment qui marche au pas, c’est un orchestre qui travaille la même symphonie. Et si vous avez hérité du petit triangle qui ne sait faire que ting ting, ou de la guimbarde qui ne fait que bloïng bloïng, le tout est qu’ils le fassent au bon moment, le mieux possible, qu’ils deviennent un excellent triangle, une irréprochable guimbarde, et qu’ils soient fiers de la qualité que leur contribution confère à l’ensemble. Comme le goût de l’harmonie les fait tous progresser, le petit triangle finira lui aussi par connaître la musique, peut-être pas aussi brillamment que le premier violon, mais il connaîtra la même musique. Elle eut une moue fataliste - Le problème, c’est qu’on veut leur faire croire à un monde où seuls comptent les premiers violons. Un temps - Et que certains collègues se prennent pour des Karajan qui supportent mal de diriger l’orphéon municipal. Ils rêvent tous du Philharmonique de Berlin, ça peut se comprendre… Puis, en nous quittant, comme je lui répétais mon admiration, elle répondit - Il faut dire que vous êtes venu à dix heures. Ils étaient réveillés. 8. Il y a l’appel du matin. Entendre son nom prononcé par la voix du professeur, c’est un second réveil. Le son que fait votre nom à huit heures du matin a des vibrations de diapason. - Je ne peux pas me résoudre à négliger les appels, surtout celui du matin, m’explique une autre professeur – de math, cette fois –, même si je suis pressée. Réciter une liste de noms comme on compte des moutons, ce n’est pas possible. J’appelle mes lascars en les regardant, je les accueille, je les nomme un à un, et j’écoute leur réponse. Après tout, l’appel est le seul moment de la journée où le professeur a l’occasion de s’adresser à chacun de ses élèves, ne serait-ce qu’en prononçant son nom. Une petite seconde où l’élève doit sentir qu’il existe à mes yeux, lui et pas un autre. Quant à moi, j’essaye autant que possible de saisir son humeur du moment au son que fait son Présent ». Si sa voix est fêlée, il faudra éventuellement en tenir compte. L’importance de l’appel… Nous jouions à un petit jeu, mes élèves et moi. Je les appelais, ils répondaient, et je répétais leur Présent », à mi-voix mais sur le même ton, comme un lointain écho - Manuel ? - Présent ! - Présent ». Laetitia ? - Présente ! - Présente ». Victor ? - Présent ! - Présent ». Carole ? - Présente ! » - Présente ». Rémi ? J’imitais le Présent » retenu de Manuel, le Présent » clair de Laetitia, le Présent » vigoureux de Victor, le Présent » cristallin de Carole… J’étais leur écho du matin. Certains s’appliquaient à rendre leur voix le plus opaque possible, d’autres s’amusaient à changer d’intonation pour me surprendre, ou répondaient Oui », ou Je suis là », ou C’est bien moi ». Je répétais tout bas la réponse, quelle qu’elle fût, sans manifester de surprise. C’était notre moment de connivence, le bonjour matinal d’une équipe qui allait se mettre à l’ouvrage. Mon ami Pierre, lui, professeur à Ivry, ne fait jamais l’appel. - Enfin, deux ou trois fois au début de l’année, le temps de connaître leurs noms et leurs visages. Autant passer tout de suite aux choses sérieuses. Ses élèves attendent en rangs, dans le couloir, devant la porte de sa classe. Partout ailleurs dans le collège, on court, on s’interpelle, on bouscule les chaises et les tables, on envahit l’espace, on sature le volume sonore; Pierre, lui, attend que les rangs se forment, puis il ouvre la porte, regarde garçons et filles entrer un par un, échange par-ci par-là un Bonjour » qui va de soi, referme la porte, se dirige à pas mesurés vers son bureau, les élèves attendant, debout derrière leurs chaises. Il les prie de s’asseoir, et commence Bon, Karim, où en étions-nous ? » Son cours est une conversation qui reprend là où elle s’est interrompue. À la gravité qu’il met à sa tâche, à l’affectueuse confiance que lui portent ses élèves, à leur fidélité une fois devenus adultes, j’ai toujours vu mon ami Pierre comme une réincarnation de l’oncle Jules. - Au fond, tu es l’oncle Jules du Val-de-Marne ! Il éclate de son rire formidable - Tu as raison, mes collègues me prennent pour un prof du XIXe siècle ! Ils croient que je collectionne les marques de respect extérieur, que la mise en rangs, les gosses debout derrière leur chaise, ce genre de trucs, tient à une nostalgie des temps anciens. Remarque, ça n’a jamais fait de mal à personne, un peu de politesse, mais en l’occurrence il s’agit d’autre chose en installant mes élèves dans le silence, je leur donne le temps d’atterrir dans mon cours, de commencer par le calme. De mon côté, j’examine leurs têtes, je note les absents, j’observe les groupes qui se font et se défont; bref, je prends la température matinale de la classe. Aux dernières heures de l’après-midi, quand nos élèves tombaient de fatigue, Pierre et moi pratiquions sans le savoir le même rituel. Nous leur demandions d’écouter la ville lui Ivry, moi Paris. Suivaient deux minutes d’immobilité et de silence où le boucan du dehors confirmait la paix du dedans. Ces heures-là, nous faisions nos cours à voix plus basse; souvent nous les terminions par une lecture. 9. En aura-t-elle proféré, des sottises, ma génération, sur les rituels considérés comme marque de soumission aveugle, la notation estimée avilissante, la dictée réactionnaire, le calcul mental abrutissant, la mémorisation des textes infantilisante, ce genre de proclamation… Il en va de la pédagogie comme du reste dès que nous cessons de réfléchir sur des cas particuliers or, dans ce domaine, tous les cas sont particuliers, nous cherchons, pour régler nos actes, l’ombre de la bonne doctrine, la protection de l’autorité compétente, la caution du décret, le blanc-seing idéologique. Puis nous campons sur des certitudes que rien n’ébranle, pas même le démenti quotidien du réel. Trente ans plus tard seulement, si l’Éducation nationale entière vire de bord pour éviter l’iceberg des désastres accumulés, nous nous autorisons un timide virage intérieur, mais c’est le virage du paquebot lui-même, et nous voilà suivant le cap d’une nouvelle doctrine, sous la houlette d’un nouveau commandement, au nom de notre libre arbitre bien entendu, éternels anciens élèves que nous sommes. 10. Réactionnaire, la dictée ? Inopérante en tout cas, si elle est pratiquée par un esprit paresseux qui se contente de défalquer des points dans le seul but de décréter un niveau ! Avilissante, la notation ? Certes, quand elle ressemble à cette cérémonie, vue il y a peu à la télévision, d’un professeur rendant leurs copies à ses élèves, chaque devoir lâché devant chaque criminel comme un verdict annoncé, le visage du professeur irradiant la fureur et ses commentaires vouant tous ces bons à rien à l’ignorance définitive et au chômage perpétuel. Mon Dieu, le silence haineux de cette classe ! Cette réciprocité manifeste du mépris ! 11. J’ai toujours conçu la dictée comme un rendez-vous complet avec la langue. La langue telle qu’elle sonne, telle qu’elle raconte, telle qu’elle raisonne, la langue telle qu’elle s’écrit et se construit, le sens tel qu’il se précise par l’exercice méticuleux de la correction. Car il n’y a pas d’autre but à la correction d’une dictée que l’accès au sens exact du texte, à l’esprit de la grammaire, à l’ampleur des mots. Si la note doit mesurer quelque chose, c’est la distance parcourue par l’intéressé sur le chemin de cette compréhension. Ici comme en analyse littéraire, il s’agit de passer de la singularité du texte quelle histoire va-t-on me raconter ? à l’élucidation du sens qu’est-ce que tout cela veut dire exactement ?, en transitant par la passion du fonctionnement comment ça marche ?. Quelles qu’aient été mes terreurs d’enfant à l’approche d’une dictée et Dieu sait que mes professeurs pratiquaient la dictée comme une razzia de riches dans un quartier pauvre !, j’ai toujours éprouvé la curiosité de sa première lecture. Toute dictée commence par un mystère que va-t-on me lire là ? Certaines dictées de mon enfance étaient si belles qu’elles continuaient à fondre en moi comme un bonbon acidulé, longtemps après la note infamante qu’elles m’avaient pourtant coûtée. Mais, ce zéro en orthographe, ou ce moins 15, ce moins 27 !, j’en avais fait un refuge dont personne ne pouvait me chasser. Inutile de m’épuiser en corrections puisque le résultat m’était connu d’avance ! Combien de fois, enfant, ai-je affirmé à mes professeurs ce que mes élèves me répéteraient à leur tour si souvent - De toute façon j’aurai toujours zéro en dictée ! - Ah bon, Nicolas ? Qu’est-ce qui te fait croire ça ? - J’ai toujours eu zéro ! - Moi aussi, m’sieur ! - Toi aussi, Véronique ? - Et moi aussi, moi aussi ! - C’est une épidémie, alors ! Levez le doigt, ceux qui ont toujours eu zéro en orthographe. C’était une conversation de début d’année, pendant notre prise de contact, avec des quatrièmes par exemple; elle ouvrait systématiquement sur la première dictée d’une longue série - D’accord, on va bien voir. Prenez une feuille, écrivez Dictée. - Oh, non m’sieueueueur ! - Ça ne se négocie pas. Dictée. Écrivez Nicolas prétend qu’il aura toujours zéro en orthographe… Nicolas prétend… Une dictée non préparée, que j’imaginais sur place, écho instantané à leur aveu de nullité Nicolas prétend qu’il aura toujours zéro en orthographe, pour la seule raison qu’il n’a jamais obtenu une autre note. Frédéric, Sami et Véronique partagent son opinion. Le zéro, qui les poursuit depuis leur première dictée, les a rattrapés et avalés. À les entendre, chacun d’eux habite un zéro d’où il ne peut pas sortir. Ils ne savent pas qu’ils ont la clé dans leur poche. Pendant que j’imaginais le texte, y distribuant un petit rôle à chacun d’eux, histoire d’émoustiller leur curiosité, je faisais mes comptes grammaticaux un participe conjugué avec avoir, COD placé derrière; un présent singulier précédé d’un pronom complément pluriel et d’un pronom relatif sujet; deux autres participes avec avoir, COD placé devant; un infinitif précédé d’un pronom complément, etc. La dictée achevée, nous entamions sa correction immédiate - Bon, Nicolas, lis-nous la première phrase. - Nicolas prétend qu’il aura toujours zéro en orthographe. - C’est la première phrase ? Elle s’arrête là, tu es sûr ? -… - Lis attentivement. - Ah ! Non, pour la raison qu’il n’a jamais obtenu une autre note. - Bien. Quel est le premier verbe conjugué ? - Prétend ? - Oui. Infinitif ? - Prétendre. - Quel groupe ? - Euh… - Troisième, je t’expliquerai tout à l’heure. Quel temps ? - Présent. - Le sujet ? - Moi. Enfin, Nicolas. - La personne ? - Troisième personne du singulier. - Troisième personne de prétendre au présent, oui. Faites attention à la terminaison. À toi, Véronique, quel est le deuxième verbe de cette phrase ? -a! - a ? Le verbe avoir ? Tu en es sûre ? Relis. -… -… - Non, pardon, m’sieur, c’est a obtenu. C’est le verbe obtenir ! - À quel temps ? Une correction qui reprend tout de zéro puisque c’est de là que nous affirmons partir. En quatrième ? Eh oui ! tout reprendre de zéro en quatrième ! Jusqu’en troisième il n’est jamais trop tard pour repartir de zéro, quoi qu’on pense des impératifs du programme ! Je ne vais quand même pas entériner un perpétuel manque de bases, renier systématiquement la patate chaude au collègue suivant ! Allez, on repart de zéro chaque verbe interrogé, chaque nom, chaque adjectif, chaque lien, pas à pas, une langue qu’ils ont mission de reconstruire à chaque dictée, mot à mot, groupe à groupe. - Raison, nom commun, féminin singulier. - Un déterminant ? - La ! - Qu’est-ce que c’est, comme déterminant ? - Un article ! - Quel genre d’article ? - Défini ! - Raison a-t-il un adjectif qualificatif ? Devant ? Derrière ? Loin ? Près ? - Devant, oui seule. Derrière… aucun. Pas d’adjectif derrière. Juste seule. - Faites l’accord si vous avez oublié de le faire. Ces dictées, quotidiennes, des premières semaines se présentaient sous la forme de brefs récits où nous tenions le journal de la classe. Elles n’étaient pas préparées. Dès leur point final elles ouvraient sur cette correction immédiate, millimétrique et collective. Puis venait la correction secrète du professeur, la mienne, chez moi, et la remise des copies le lendemain, la note, la fameuse note, histoire de voir la tête que ferait Nicolas en sortant pour la première fois de son zéro. La bouille de Nicolas, de Véronique ou de Sami le jour où ils brisaient la coquille de l’œuf orthographique. Affranchis de la fatalité ! Enfin ! Oh, la charmante éclosion ! De dictée en dictée, l’assimilation des raisonnements grammaticaux déclenchait des automatismes qui rendaient les corrections de plus en plus rapides. Les championnats de dictionnaire faisaient le reste. C’était la partie olympique de l’exercice. Une sorte de récréation sportive. Il s’agissait, chronomètre en main, d’arriver le plus vite possible au mot recherché, de l’extraire du dictionnaire, de le corriger, de le réimplanter dans le cahier collectif de la classe et dans un petit carnet individuel, et de passer au mot suivant. La maîtrise du dictionnaire a toujours fait partie de mes priorités et j’ai formé de prodigieux athlètes sur ce terrain, des sportifs de douze ans qui vous tombaient sur le mot recherché en deux coups, trois maximum ! Le sens du rapport entre la classification alphabétique et l’épaisseur d’un dictionnaire, voilà un domaine où bon nombre de mes élèves me battaient à plate couture ! Tant que nous y étions, nous avions étendu l’étude des systèmes de classification aux librairies et aux bibliothèques en y recherchant les auteurs, les titres et les éditeurs des romans que nous lisions en classe ou que je leur racontais. Arriver le premier sur le titre de son choix, c’était un défi ! Parfois, le libraire offrait le livre au gagnant. Ainsi allaient nos dictées quotidiennes jusqu’au jour où je passai commande de la dictée suivante à un de mes anciens nuls - Sami, s’il te plaît, écris-nous la dictée de demain un texte de six lignes avec deux verbes pronominaux, un participe avec avoir », un infinitif du premier groupe, un adjectif démonstratif, un adjectif possessif, deux ou trois mots difficiles que nous avons vus ensemble et un ou deux petits trucs de ton choix. Véronique, Sami, Nicolas et les autres concevaient les textes à tour de rôle, les dictaient eux-mêmes et en guidaient la correction. Cela, jusqu’à ce que chaque élève de la classe puisse voler de ses propres ailes, devenir, sans aucune aide, dans le silence de sa tête, son propre et méthodique correcteur. Les échecs il y en avait, bien sûr relevaient le plus souvent d’une cause extrascolaire une dyslexie, une surdité non repérées… Cet élève de troisième, par exemple, dont les fautes ne ressemblaient à rien, altération du i ou du é en a, du u en o, et qui s’avéra ne pas entendre les fréquences aiguës. Sa mère n’avait pas pensé une seconde que le garçon pût être sourd. Quand il revenait du marché, ayant oublié une partie des commissions, quand il répondait à côté, quand il semblait ne pas avoir entendu ce qu’elle lui disait, abîmé qu’il était dans une lecture, dans un puzzle ou dans une maquette de voilier, elle mettait ses silences sur le compte d’une distraction qui l’émouvait. J’ai toujours cru que mon fils était un grand rêveur. » L’imaginer sourd était au-dessus de ses forces de mère. Un audiogramme et un examen très précis de la vue devraient être obligatoires avant l’entrée de chaque enfant à l’école. Ils éviteraient les jugements erronés des professeurs, pallieraient l’aveuglement de la famille, et libéreraient les élèves de douleurs mentales inexplicables. Une fois chacun sorti de son zéro, les dictées devenaient moins nombreuses et plus longues, dictées hebdomadaires et littéraires, dictées signées Hugo, Valéry, Proust, Tournier, Kundera, si belles parfois que nous les apprenions par cœur, comme ce texte de Cohen emprunté au Livre de ma mère Mais pourquoi les hommes sont-ils méchants ? Pourquoi sont-ils si vite haineux, hargneux ? Pourquoi adorent-ils se venger, dire vite du mal de vous, eux qui vont bientôt mourir, les pauvres ? Que cette horrible aventure des humains qui arrivent sur cette terre, rient, bougent, puis soudain ne bougent plus, ne les rende pas bons, c’est incroyable. Et pourquoi vous répondent-ils si vite d’une voix de cacatoès, si vous êtes doux avec eux, ce qui leur donne à penser que vous êtes sans importance, c’est-à-dire sans danger ? Ce qui fait que des tendres doivent faire semblant d’être méchants pour qu’on leur fiche la paix, ou même, ce qui est tragique, pour qu’on les aime. Et si on allait se coucher et affreusement dormir ? Chien endormi n’a pas de puces. Oui, allons dormir, le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient. Allons nous installer dans l’agréable cercueil. Comme j’aimerais pouvoir ôter, tel l’édenté son dentier qu’il met dans un verre d’eau près de son lit, ôter mon cerveau de sa boîte, ôter mon cœur trop battant, ce pauvre bougre qui fait trop bien son devoir, ôter mon cerveau et mon cœur et les baigner, ces deux pauvres milliardaires, dans des solutions rafraîchissantes tandis que je dormirais comme un petit enfant que je ne serai jamais plus. Qu’il y a peu d’humains et que soudain le monde est désert. Venait enfin l’heure de gloire le jour où je débarquais chez mes quatrièmes, voire mes sixièmes, avec les dissertations que mes secondes ou mes premières confiaient à leur correction orthographique Mes abonnés au zéro métamorphosés en correcteurs ! La volée des moineaux orthographiques s’abattant sur ces copies ! - Le mien, il ne fait aucun accord, m’sieur ! - La mienne, il y a des phrases, on ne sait pas où elles commencent ni où elles finissent… - Quand j’ai corrigé une faute, qu’est-ce que je marque dans la marge ? - Ma foi, ce que tu veux… Protestations rigolardes des intéressés, découvrant les observations de ces correcteurs impitoyables - Non mais, regardez ce qu’il a écrit dans la marge Crétin ! Abruti ! Patate ! En rouge ! - C’est que tu as dû oublier un accord… S’ensuivait, dans les rangs des grands, une campagne de correction qui, pour l’essentiel, empruntait la méthode appliquée par les petits interroger verbes et noms avant de rendre sa dissertation, faire les accords appropriés, bref, se livrer à un réglage grammatical qui a pour mérite de révéler les errances de certaines phrases, donc l’approximation de certains raisonnements. À cette occasion, on découvrait, et cela faisait l’objet de quelques cours, que la grammaire est le premier outil de la pensée organisée et que la fameuse analyse logique dont on conservait bien entendu un souvenir abominable ajuste les mouvements de notre réflexion, laquelle se trouve aiguisée par le bon usage des fameuses propositions subordonnées. Il arrivait même qu’on s’offrît, entre grands, une petite dictée, histoire de mesurer le rôle joué par les subordonnées dans le développement d’un raisonnement bien mené. Un jour, La Bruyère en personne nous y aida. - Tenez, prenez une feuille, et regardez comment, en opposant subordonnées et principales, La Bruyère annonce – en une seule phrase ! – la fin d’un monde et le commencement d’un autre. Je vais vous lire le texte et vous en traduire les mots aujourd’hui incompréhensibles. Écoutez bien. Ensuite vous écrirez en prenant votre temps, je dicterai lentement, vous irez pas à pas, comme si vous raisonniez vous- mêmes ! Pendant que les grands négligent de rien connaître, je ne dis pas seulement aux intérêts des princes et aux affaires publiques, mais à leurs propres affaires; qu’ils ignorent l’économie et la science d’un père de famille, et qu’ils se louent eux-mêmes de cette ignorance; qu’ils se laissent appauvrir et maîtriser par des intendants; qu’ils se contentent d’être gourmets ou coteaux, d’aller chez Thaïs et chez Phryné, de parler de la meute et de l’arrière-meute, de dire combien il y a de poste de Paris à Besançon, ou à Philisbourg, des citoyens s’instruisent du dedans et du dehors d’un royaume, étudient le gouvernement, deviennent fins et politiques, savent le fort et le faible de tout un État, songent à se mieux placer, se placent, s’élèvent, deviennent puissants, soulagent le prince d’une partie des soins publics. - Et maintenant, l’estocade Les grands, qui les dédaignent, les révèrent heureux s’ils deviennent leurs gendres. - Deux principales, dont la seconde est elliptique, heureux ils sont heureux, tricotées avec deux subordonnées, la relative qui les dédaignent et la conditionnelle finale, meurtrière s’ils deviennent leurs gendres. 12. Et pourquoi ne pas apprendre ces textes par cœur ? Au nom de quoi ne pas s’approprier la littérature ? Parce que ça ne se fait plus depuis longtemps ? On laisserait s’envoler des pages pareilles comme des feuilles mortes, parce que ce n’est plus de saison ? Ne pas retenir de telles rencontres, est-ce envisageable ? Si ces textes étaient des êtres, si ces pages exceptionnelles avaient des visages, des mensurations, une voix, un sourire, un parfum, ne passerions-nous pas le reste de notre vie à nous mordre le poing de les avoir laissé filer ? Pourquoi se condamner à n’en conserver qu’une trace qui s’estompera jusqu’à n’être plus que le souvenir d’une trace… Il me semble, oui, avoir étudié au lycée un texte, de qui déjà ? La Bruyère ? Montesquieu ? Fénelon ? Quel siècle, XVIIe ? XVIIIe ? Un texte qui en une seule phrase décrivait le glissement d’un ordre à un autre… » Au nom de quel principe, ce gâchis ? Uniquement parce que les professeurs d’antan étaient réputés nous faire réciter des poésies souvent idiotes et qu’aux yeux de certains vieux chnoques la mémoire était un muscle à entraîner plus qu’une bibliothèque à enrichir ? Ah ! ces poèmes hebdomadaires auxquels nous ne comprenions rien, chacun chassant le précédent, à croire qu’on nous entraînait surtout à l’oubli ! D’ailleurs, nos professeurs nous les donnaient-ils parce qu’ils les aimaient, ou parce que leurs propres maîtres leur avaient seriné qu’ils appartenaient au Panthéon des Lettres Mortes ? Eux aussi, ils m’en ont collé, des zéros ! Et des heures de colle ! Évidemment, Pennacchioni, on n’a pas appris sa récitation ! » Mais si, monsieur, je la savais encore hier soir, je l’ai récitée à mon frère, seulement c’était de la poésie hier soir, mais vous ce matin c’est une récitation que vous attendez, et moi ça me constipe, cette embuscade. Bien entendu, je ne disais rien de tout cela, j’avais beaucoup trop peur. Je n’y reviens, à cette terrifiante épreuve de la récitation au pied de l’estrade, que pour essayer de m’expliquer le mépris où l’on tient aujourd’hui toute sollicitation de la mémoire. Ce serait donc pour conjurer ces fantômes qu’on déciderait de ne pas s’incorporer les plus belles pages de la littérature et de la philosophie ? Des textes interdits de souvenir parce que des imbéciles n’en faisaient qu’une affaire de mémoire ? Si tel est le cas, c’est qu’une idiotie a chassé l’autre. On peut m’objecter qu’un esprit organisé n’a nullement besoin d’apprendre par cœur. Il sait faire son miel de la substantifique moelle. Il retient ce qui fait sens et, quoi que j’en dise, il conserve intact le sentiment de la beauté. D’ailleurs, il peut vous retrouver n’importe quel bouquin en un tournemain dans sa bibliothèque, tomber pile sur les bonnes lignes, en deux minutes. Moi-même, je sais où mon La Bruyère m’attend, je le vois sur son étagère, et mon Conrad, et mon Lermontov, et mon Perros, et mon Chandler… toute ma compagnie est là, alphabétiquement dispersée dans ce paysage que je connais si bien. Sans parler du cyberespace où je peux, du bout de mon index, consulter toute la mémoire de l’humanité. Apprendre par cœur ? À l’heure où la mémoire se compte en gigas ! Tout cela est vrai, mais l’essentiel est ailleurs. En apprenant par cœur, je ne supplée à rien, j’ajoute à tout. Le cœur, ici, est celui de la langue. S’immerger dans la langue, tout est là. Boire la tasse et en redemander. En faisant apprendre tant de textes à mes élèves, de la sixième à la terminale un par semaine ouvrable et chacun d’eux à réciter tous les jours de l’année, je les précipitais tout vifs dans le grand flot de la langue, celui qui remonte les siècles pour venir battre notre porte et traverser notre maison. Bien sûr qu’ils regimbaient, les premières fois ! Ils imaginaient l’eau trop froide, trop profonde, le courant trop fort, leur constitution trop faible. Légitime ! Ils s’offraient des trouilles de plongeoir - J’y arriverai jamais ! - J’ai pas de mémoire. Me sortir cet argument, à moi, un amnésique de naissance ! - C’est beaucoup trop long ! - C’est trop difficile ! À moi, l’ancien crétin de service ! - Et puis les vers c’est pas comme on parle aujourd’hui ! Ah ! Ah ! Ah ! - Ce sera noté, m’sieur ? Et comment ! Sans compter les protestations de la maturité bafouée - Apprendre par cœur ? On n’est plus des bébés ! - Je suis pas un perroquet ! Ils jouaient leur va-tout, c’était de bonne guerre. Et puis, ils disaient ce genre de choses, parce qu’ils les entendaient dire. Leurs parents eux-mêmes, parfois, des parents ô combien évolués Comment, monsieur Pennacchioni, vous leur faites apprendre des textes par cœur ? Mais mon fils n’est plus un enfant ! » Votre fils, chère madame, n’en finira jamais d’être un enfant de la langue, et vous-même un tout petit bébé, et moi un marmot ridicule, et tous autant que nous sommes menu fretin charrié par le grand fleuve jailli de la source orale des Lettres, et votre fils aimera savoir en quelle langue il nage, ce qui le porte, le désaltère et le nourrit, et se faire lui-même porteur de cette beauté, et avec quelle fierté !, il va adorer ça, faites-lui confiance, le goût de ces mots dans sa bouche, les fusées éclairantes de ces pensées dans sa tête, et découvrir les capacités prodigieuses de sa mémoire, son infinie souplesse, cette caisse de résonance, ce volume inouï où faire chanter les plus belles phrases, sonner les idées les plus claires, il va en raffoler de cette natation sublinguistique lorsqu’il aura découvert la grotte insatiable de sa mémoire, il adorera plonger dans la langue, y pêcher les textes en profondeur, et tout au long de sa vie les savoir là, constitutifs de son être, pouvoir se les réciter à l’improviste, se les dire à lui-même pour la saveur des mots. Porteur d’une tradition écrite grâce à lui redevenue orale il ira peut-être même jusqu’à les dire à quelqu’un d’autre, pour le partage, pour les jeux de la séduction, ou pour faire le cuistre, c’est un risque à courir. Ce faisant il renouera avec ces temps d’avant l’écriture où la survie de la pensée dépendait de notre seule voix. Si vous me parlez régression, je vous répondrai retrouvailles ! Le savoir est d’abord charnel. Ce sont nos oreilles et nos yeux qui le captent, notre bouche qui le transmet. Certes, il nous vient des livres, mais les livres sortent de nous. Ça fait du bruit, une pensée, et le goût de lire est un héritage du besoin de dire. 13. Ah ! Un dernier mot. Ne vous inquiétez pas, chère madame pourrais-je ajouter aujourd’hui à cette maman qui, de génération en génération, ne change pas, toute cette beauté dans la tête de vos enfants, ce n’est pas ce qui va les empêcher de chatter phonétique avec leurs petits copains sur la toile, ni d’envoyer ces sms qui vous font pousser des cris d’orfraie Mon Dieu, quelle orthographe ! Comment s’expriment les jeunes d’aujourd’hui ! Mais que fait l’École ? » Rassurez-vous, en faisant travailler vos enfants, nous n’entamerons pas votre capital d’inquiétude maternelle. 14. Un texte par semaine, donc, que nous devions pouvoir réciter chaque jour de l’année, à l’improviste, eux comme moi. Et numérotés, pour corser la difficulté. Première semaine, texte n°1. Deuxième semaine, texte n°2. Vingt-troisième semaine, texte n°23. Toutes les apparences d’une mécanique idiote, mais ces numéros en guise de titre, c’était pour jouer, pour ajouter le plaisir du hasard à la fierté du savoir. - Amélie, récite-nous donc le 19. - Le 19 ? C’est le texte de Constant sur la timidité, le début d’Adolphe. - Tout juste, on t’écoute. Mon père était timide… Ses lettres étaient affectueuses, pleines de conseils raisonnables et sensibles; mais à peine étions-nous en présence l’un de l’autre, qu’il y avait en lui quelque chose de contraint que je ne pouvais m’expliquer, et qui réagissait sur moi de manière pénible. Je ne savais pas alors ce que c’était que la timidité, cette souffrance intérieure qui nous poursuit jusque dans l’âge le plus avancé, qui refoule sur notre cœur les impressions les plus profondes, qui glace nos paroles, qui dénature dans notre bouche tout ce que nous essayons de dire, et ne nous permet de nous exprimer que par des mots vagues ou une ironie plus ou moins amère, comme si nous voulions nous venger sur nos sentiments mêmes de la douleur que nous éprouvons à ne pouvoir les faire connaître. Je ne savais pas que, même avec son fils, mon père était timide, et que souvent, après avoir longtemps attendu de moi quelque témoignage de mon affection que sa froideur apparente semblait m’interdire, il me quittait les yeux mouillés de larmes, et se plaignait à d’autres de ce que je ne l’aimais pas. - Formidable. 18 sur 20. François, le 8. - Le 8, Woody Allen ! Le lion et l’agneau. - Vas-y. Le lion et l’agneau partageront la même couche mais l’agneau ne dormira pas beaucoup. - Impeccable. 20 sur 20 ! Samuel, le 12. - Le 12, c’est Émile de Rousseau. Sa description de l’état d’homme. - Exact. - Attendez, m’sieur, François se tape 20 sur 20 avec les deux lignes de Woody et moi, je dois réciter la moitié de l’Émile ? - C’est l’affreuse loterie de la vie. Bon. Vous vous fiez à l’ordre actuel de la société sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables, et qu’il vous est impossible de prévoir ni de prévenir celle qui regarde vos enfants. Le grand devient petit, le riche devient pauvre, le monarque devient sujet; les coups du sort sont-ils si rares que vous puissiez compter d’en être exempts ? Nous approchons de l’état de crise et du siècle des révolutions. Qui peut vous répondre de ce que vous deviendrez alors ? Tout ce qu’ont fait les hommes, les hommes peuvent le détruire; il n’y a de caractères ineffaçables que ceux qu’imprime la nature, et la nature ne fait ni princes, ni riches, ni grands seigneurs.

AnnexeN˚ 1 : résumé Annexes Le conte Aladin et la Lampe merveilleuse fut intégré tardivement aux contes des Mille et Une Nuits. Si on ne connaît pas avec certitude ses sources, il est probablement le conte qui, au sein de ce recueil, a suscité le plus de variations et d’adaptations. C’est un conte initiatique, le parcours d’un enfant qui traverse autant d’épreuves que de pays

Moi Introduction. Jean Le Brodeur dit Lavigne avait attrapé son nom de l'appellation de son métier il était brodeur de vigne. Métier qui consistait, dans ce temps-là, à attacher les sarments de vigne sur des cordes horizontales superposées, de façon à ce que les rangs de vignes soient bien alignés, pour que le soleil puisse arroser de lumière les grappes de raisins qui pendent sur toute la hauteur du cep jusqu'au sol. La vie n'était pas facile à Nieul-le-Dolent, - Niel dans le temps - en Vendée, au milieu des années 1600, en ces temps tourmentés et ravagés par les guerres de religion où catholiques et protestants s'entredéchiraient allègrement depuis des décennies. Le décor n'était que désolation et famine. C'est pourquoi, Jean-Baptiste le Brodeur dit Lavigne, fils du prénommé, décida d'aller tenter sa chance en Nouvelle-France. Aussi s'embarqua-t-il à Larochelle sur un bateau en partance vers ce pays d'espérance en 1680. L'histoire ne dit rien sur ce qu'a pu être cette traversée de l'Atlantique, sur les coquilles de noix du temps. Toutefois, au bout de plusieurs semaines, il finit par aboutir sur la Terre Promise. Après avoir séjourné quelque temps dans la seigneurie de Repentigny en 1681, il s'installa à Varennes où il épousa Marie-Anne Messier et devint avec elle l'ancêtre d'une longue lignée de Brodeur et de Lavigne. Sans pour autant mépriser les cousins Lavigne, je ne m'arrêterai que sur la descendance Brodeur parce que c'est de celle-là dont je fais partie. De Jean-Baptiste en Christophe père, en Christophe fils, en Joseph, en Alexis, en Prime, en Joseph et en Théodore, on en arrive au p'tit Raymond que j'ai été dans mes jeunes années. Mais la lignée des Brodeur ne s'arrête pas à ces quelques noms. Il existe une multitude de cousins à divers degrés, tant au Québec qu'aux États-Unis, dont je ne connais qu'un nombre infime. Jusqu'ici, j'ai voulu tout simplement me situer dans cette lignée pour que mes descendants sachent où se relier. Trêve donc de généalogie légère pour me concentrer sur le sujet fascinant de ce livre, c'est-à-dire MOI ! Chapitre 1 Théodore, mon père, a connu Laurina Girouard, ma mère, parce qu'il possédait un cheval et un buggy. Un de ses amis, en effet, avait un oeil sur Laurina, mais n'avait pas de moyen de transport pour se rendre de Ste-Théodosie à St-Antoine-sur-Richelieu pour la fréquenter. Il avait donc demandé à Théodore d'être son "chauffeur". Théodore fit ainsi connaissance avec la famille Girouard. Et il ne mis pas grand temps à constater que Laurina ne nourrissait pas une flamme très ardente envers son prétendant. Alors, il s'approcha d'elle discrètement et lui glissa à l'oreille "J'pourrais-tu venir te voir?" Elle lui répondit sans l'ombre d'une hésitation "N'importe quand". C'est ainsi que le prétendant anonyme disparut des annales du temps, et que Théodore entreprit une cour aboutissant à un succès sans équivoque, puisqu'au cours de l'automne suivant, ils se marièrent. Neuf mois plus tard pile, le 31 août 1935, j'étais au rendez-vous de ma naissance. Chapitre 2. Les premières années de mon existence furent marquées par quelques frayeurs mémorables. La première le moulin à battre. Le moulin à battre, c'est l'ancêtre de la moissonneuse-batteuse, cette énorme machine que l'on voit dans les champs de céréales, au temps de la récolte. A la différence de la moissonneuse-batteuse qui fait tout le travail en une seule opération, le moulin à battre exigeait que l'on ait préalablement coupé et engrangé la céréale à récolter avant l'opération de séparation du grain et de la tige. Trêve d'explications, revenons à ma première découverte du moulin à battre. Quand je le vis pour la première fois, je jouais dehors avec Pauline, et il était rendu devant la maison de Louis Jacques, notre voisin. Je n'en voyais qu'une gueule béante avalant l'espace qui la précédait, et qui suivait de près le tracteur de Paul-Émile Palardy. Fort de mon courage, je saisis promptement la main de Pauline pour l'entrainer dans la maison afin de la protéger du monstre. Elle n'avait que deux ans et n'était pas consciente du danger. Mais moi, j'en avais quatre. Je savais. Je l'amenai s'assoir avec moi sur la première marche de l'escalier, au bout de la machine à coudre de maman. Là, nous étions en sécurité, mais quand même avec une certaine anxiété, car le bruit du tracteur s'intensifiait de plus en plus. Puis tout à coup, le silence se fit. Il fallait vérifier si le monstre avait vraiment disparu. J'allai glisser un oeil par la fenêtre de la porte. Horreur, il était allongé devant la grange, toujours avec sa gueule effrayante, en attente de pouvoir assouvir sa rage de bouffer. Il ne fallait pas s'en approcher. Et ce fut une expérience terrifiante que de le voir activer ses mandibules et se trémousser dans tous les sens en émettant des bruits traumatisants, quand le tracteur alla s'installer en face de lui au bout d’une longue courroie, comme pour le narguer. Mais la curiosité finit par vaincre la frayeur, et je m'approchai de la fenêtre pour voir ce qui se passait. Il broyait sans ménagement et avalait les bottes d'avoine que papa lui servait. Papa était bien brave de se tenir si près de lui. Quant à moi, je préférais rester en sécurité dans la maison. A quatre ans, je n'étais pas très fort en ornithologie. N'importe quel oiseau était un oiseau, sans plus de distinction. Mais pas les corneilles. Avec leur vol de sorcière et leurs croassements diaboliques, elles m'interpelaient personnellement. Heureusement que j'avais toujours à ma disposition ma retraite sécuritaire, sur la première marche de l'escalier, au bout de la machine à coudre de maman. Ce n'est qu'après une longue et pénible expérience que j'ai compris qu'elles poursuivaient leur chemin en m'ignorant avec une hautaine indifférence, au lieu de fondre sur moi, griffes et bec aiguisés. Par extension, les avions aussi m'effrayaient, d'autant plus que leur croassement à eux était continu. Je me suis guéri de leur peur en même temps que de celle des corneilles. Et pour les mêmes raisons. Chapitre 3. Mais tout n'était pas que frayeur et anxiété en ces temps de ma vie. Il s'agissait d'évènements intenses mais sporadiques. La vie coulait en bonheur limpide entre maman et papa, jusqu'à ce que vienne le moment de quitter le nid pour découvrir le monde de l'école. J'avais atteint l'âge de six ans le 31 août, comme il se doit. Septembre était trop proche, et mes parents décidèrent que j'étais encore un peu trop jeune pour affronter ce monde. Maman avait été maitresse d'école dans une vie antérieure à celle à laquelle j'appartenais. Elle commença à m'apprendre à lire, à écrire et à compter, à la maison, en me faisant cheminer de façon parallèle à ceux qui fréquentaient l'école. On décida que j'étais prêt à me joindre à ces derniers au début du mois de mai suivant. Je n'ai donc fait que deux mois de première année à l'école. Maman avait recommandé à Jean-Paul, mon cousin qui avait trois ans de plus que moi et qui était notre voisin, de veiller sur moi tant pour le parcours d'un mille à faire à pied matin et soir que pour mon bon comportement à l'école. Jean-Paul prit cette responsabilité au sérieux. Au début. Mais un jour - en classe je partageais son banc - il prit mon ardoise et y dessina une vache, la queue en l'air avec des cacas qui tombaient de son derrière. Il me dit "Va montrer ça à la maitresse". Une voix intérieure me disait que ce n'était pas une bonne idée, mais, étant docile de nature, et ayant une confiance inouïe en Jean-Paul, je me soumis à son insistante recommandation. Je me levai, me dirigeai vers le bureau de la maîtresse, Julia, avec mon ardoise. L'accueil fut explosif. J'ai eu droit à un coup de règle sur les doigts et à l'humiliation d'un séjour à genoux dans le coin de la classe. C'est de cet endroit que j'ai décrété que Jean-Paul n'était plus mon ange gardien. Ce cher Jean-Paul déployait une imagination débridée quand il s'agissait d'inventer un mauvais coup. Un jour, quelques années plus tard, avec un complice, il attrapa une grenouille sur les bords du ruisseau. Il lui inséra une paille dans le derrière et entreprit de la gonfler comme un ballon. Quand il eut accompli son méfait, il la rejeta à l'eau et la regarda dériver au fil du courant. "La maudite, a flotte !". Nous étions quatre enfants à la maison. Pauline et moi, les "grands", Claude et Hélène, les "petits". Et c'était souvent la guerre entre les deux clans. Un jour, nous nous préparions à nous mettre à table. Pour je ne sais quelle raison sans doute justifiée, Claude me lança le linge de table à la figure. En retour il eut droit de ma part à une mornifle sur la margoulette. Évidemment il se mit à pleurer, ce qui alerta mon père. Celui-ci en s'enquérant de la raison de ses pleurs, découvrit qu'il saignait du nez. Alors il m'empoigna par un plema plumeau en bon français et je montai l'escalier vers ma chambre sans toucher aux marches. Cette fois-là, je fus perdant, mais à ce jeu, nous avons eu chacun notre tour. Par contre, j'avais l'impression que mon tour venait plus souvent, parce que j'étais l'aîné et que je devais donner l'exemple. Dès mon très jeune âge, j'ai commencé à inventer mes jouets. Les jouets achetés, ça n'existait pas dans ce temps-là; du moins pas dans le monde où nous vivions. Mon oncle Arthur, au cours de ses mémorables "histoires dans le temps de pépère", où en fait il nous racontait sa vie d'enfant, nous avait dit qu'il s'était inventé un "span" de chevaux avec deux becs de canards bouilloires cassés qu'il attelait à une boite de carton avec de la corde. Ayant développé un niveau d'inventivité passablement élevé pour mon âge, je me suis bâti des tracteurs, des camions, des voitures à foin, des chargeurs à foin, des presses à foin que j'utilisais en "faisant les foins" quand papa coupait le gazon autour de la maison. A titre d'exemple, voici une vieille photo de mon dernier tracteur avec sa voiture à foin Mes tracteurs et camions avaient un volant qui faisant tourner les roues avant vers la droite et la gauche et mon dernier camion comportait une manivelle qui faisait lever la benne. C'était un vrai camion dompeur. L'hiver, j'installais une charrue à neige de mon invention sur le devant de mon camion et j' "entretenais" mes chemins d'hiver dans le champ, derrière le hangar. Or un jour, Jean-Paul s'invita avec le veau qu'il avait dompté, à venir promener son veau dans mes chemins. Évidemment, les pattes effilées du veau défonçaient la mince croute de verglas cachée quelques pouces sous la surface de la neige. Quand il eut fini de massacrer mes chemins, il s'en retourna chez lui avec son veau, en riant sous cape de me voir furieux. J'en fus quitte pour me tracer de nouveaux chemins. Je ne veux tout de même pas dénigrer Jean-Paul outre mesure. Je l'aimais bien malgré tout et nous avons beaucoup joué ensemble. A propos de mes constructions de camions, tracteurs et accessoires, papa disputait bien un peu parce que je gaspillais ses plus belles planches de bois blanc et ses clous à bardeaux, mais j'ai aujourd'hui la conviction que secrètement il était bien content de me voir développer mes habilités. À l'âge de 14 ou 15 ans, j'ai même construit une tondeuse à gazon avec un moteur électrique, une plateforme de bois et les roues d'une voiturette de mon enfance qui avait rendu l'âme. Cette tondeuse a servi jusqu'à ce mon père vende sa terre et fasse encan pour prendre sa retraite, et elle s'est vendue à l'encan pour 5,00$. Chapitre 4. Depuis les plus lointains souvenirs dont je puisse me rappeler, je retiens que mes parents disaient à qui voulaient l'entendre "Raymond va faire un prêtre". Si bien que cette perspective s'imprégna profondément dans mon jeune cerveau malléable, et finit par s'y installer comme allant de soi. Vers l'âge de six ou sept ans, mes parents m'avaient même donné en cadeau de Noël un autel et tout l'équipement nécessaire pour "dire" la messe. Je disais des "Dominus vobiscum" entre quelques génuflexions et Pauline répondait "Et cum spiritu tuo" à chacun d'eux, tout en veillant à ce que Claude et Hélène, l'assistance, conservent un minimum d'attitude convenable pour la circonstance. Je passai donc mon enfance sans me poser de question au sujet de mon avenir, c'était un cas réglé. Lorsque rendu en huitième année à l'école du village, un révérend et saint père recruteur, rempli de bonne volonté et de zèle missionnaire, se pointa un jour à l'école et demanda à chacun d'écrire sur un papier ce que nous voulions faire plus tard dans la vie. Je sais aujourd'hui pertinemment qu'il se foutait éperdument de ceux qui déclarèrent vouloir devenir cultivateur ou vétérinaire, mais qu'il était disposé à se réchauffer rapidement s'il trouvait un papier sur lequel était écrit le mot "prêtre". Or il en trouva un. C'était le mien... Trahison du secret. D'abord envers le curé, qui lui-même s'énerva suffisamment pour aller en parler à mon père. Celui-ci, je n'en doute pas, en fut tout d'abord heureux, mais dut constater rapidement qu'il n'avait pas les moyens de me payer un cours classique. Qu'à cela ne tienne. Par l'intermédiaire du curé, un bon paroissien, célibataire et considéré comme riche, avait déjà pensé que ça pourrait l'aider à gagner son ciel que de payer les études de p'tits gars qui voulaient se diriger vers la prêtrise. Et ainsi fut fait. En septembre suivant, à l'âge de treize ans, au lieu d'entreprendre une neuvième année à l'école du village, je me pointai, passablement anxieux, au Collège de St-Jean pour une longue croisière de sept ans de pensionnat, avec sorties vers ma famille à la Toussaint, à Noël, à Pâques, et pour les grandes vacances d'été. Maman est décédée suite à une longue maladie, un an avant mon entrée au collège. Ce fut un grand vide. Mais sûrement pas aussi grand pour moi que pour Pauline, Claude et Hélène, qui ont eu à vivre au milieu de ce vide plus longtemps que moi. J'évoluais dans le cadre du collège, et j'y ressentais moins l'absence de maman. J'étais toujours très heureux quand arrivait une vacance, afin de me retrouver à la maison, mais de plus en plus, au fur et à mesure que les années s'écoulaient, en quelques jours, je commençais à avoir hâte de retourner au collège. Une distance s'installait entre moi et mes anciens compagnons d'école. Nous n'étions plus sur la même longueur d'onde, et cette distance me peinait. J'ai été heureux au collège. Je réussissais bien et le milieu était stimulant. Au gré des années, je m'y suis fait des amis. Parmi eux, les collègues de classe avec qui je cheminais sont devenus au fil des années de véritables frères. Et cette amitié a perduré au-delà du temps de collège, et est encore vivante aujourd'hui. Le premier vrai dérangement dans ma vie tranquille de collégien survint quand un jour je découvris que des filles ça existait et que ça devenait attirant. Il était temps j'étais rendu à dix-sept ans. Mais en même temps, il fallait résister, parce que je devais devenir prêtre. Je dis bien "devais". C'était devenu une conviction profonde et inébranlable. Selon l'affirmation des pères prédicateurs de retraites annuelles au collège, il était évident que si nous n'avions pas de contre-indication flagrante, telle, par exemple, qu'avoir commis un meurtre, nous avions nécessairement la vocation, et que ce serait faire offense à Dieu que de s'en détourner. C'est ainsi que le clou de la vocation sacerdotale était de plus en plus solidement enfoncé dans ma cervelle. Mais le dérangement devint brutal quand, quelque mois plus tard, sans préavis, je découvris "la" fille, celle qui faillit me faire rater mon année scolaire tellement elle me faisait rêver. Dans je ne sais quelle circonstance, elle et ses compagnes de l'école normale étaient venues visiter le collège. C'était sûrement pendant une heure de cours, car personne d'entre nous ne les a vues. Au cours de leur visite, elles se sont promenées dans la salle d'étude, en fouinant dans nos bureaux, et "elle" a trouvé mon bureau et a écrit un petit mot sur mon dictionnaire. "Les normaliennes sont venues visiter", suivi de son prénom. Je fus très étonné de cette découverte, d'autant plus je n'arrivais pas à situer qui elle pouvait bien être. Puis tout à coup, la lumière se fit, et j'ai réalisé que c'était une fille de mon patelin avec qui j'étais allé à l'école. Mais malgré le choc de la découverte de nouveaux sentiments, le devoir sut garder la direction vers ma destinée et je me suis refusé de rencontrer des filles, celle-là et toutes autres, par crainte de trop m'attacher. Un autre tsunami faillit terrasser ma vocation rendu en philo II. J'y ai connu un professeur extraordinaire, qui ne faisait pas qu'enseigner les sciences, mais qui avait un art de nous apprendre à réfléchir. En section B, section sciences, dans laquelle je m'étais inscrit, nous n'étions que six. Et il nous faisait parfois ce qu'il appelait des cours de digression. Il nous parlait de tout sauf de la matière du cour. Il était fascinant. J'ai eu un jour, beaucoup plus tard, l'occasion de lui dire "Après mon père, vous avez été l'homme qui a eu le plus d'influence dans ma vie". Il eut un moment de silence, et j'ai perçu son oeil devenir humide. Salut, Léon-Maurice ! Les réflexions que cet homme ont suscitées en moi, m'ont amené à prendre conscience que j'avais un immense attrait pour tout ce qui concerne les sciences, et en même temps une profonde horreur pour le genre de philosophie qu'on nous enseignait. Je pressentais également que la théologie avait beaucoup d'affinité avec la philosophie - et je peux ajouter aujourd'hui, avec beaucoup moins de rationalité. La question devenait ai-je vraiment envie de faire quatre ans de théologie, de m'en aller vers une vie dans le clergé, avec des activités de ministère. La vie de prêtre me paraissait triste à côté de ce que ça aurait pu être ailleurs. Mais j'avais toujours cette perception que j'étais destiné à cette vocation, que ce serait de l'infidélité - que dis-je, de la trahison - que d'abandonner. J'étais pris par la conscience. Et, à coup de volonté, j'ai gardé le cap. Pourtant, le jour de ma prise de soutane, - dans le temps, devenir prêtre, ça commençait par la soutane - j'ai passé la journée renfermé dans ma chambre, à pleurer. J'avais l'impression d'aller m'enterrer vivant. Mais encore là le sens du devoir triompha. Si j'étais arrivé là où j'en étais, c'était parce que j'y étais prédestiné. J'entrai donc au Grand Séminaire. Chapitre 5. Le Grand Séminaire. Mélange de moments heureux et de vision d'avenir gris, le tout vécu dans un contexte fermé, surchauffé, tendu vers l'aboutissement final, l'ordination sacerdotale. La motivation y était entretenue de façon soutenue par des conférences spirituelles quotidiennes, des activités liturgiques régulières et l'encouragement des directeurs spirituels personnels. J'en ai eu un qui passait pour être un saint homme. Un jour je lui ai fait part de mes inquiétudes face à la vie qui serait la mienne en tant que prêtre. Il a balayé mes appréhensions du revers de la main c'était une tentation du diable pour me détourner de ma voie. Je ne veux pas m'étendre d'avantage sur ce sujet pour le moment. C'est comme si cela s'était passé dans une autre vie. J'y reviendrai plus tard. Mais j'ai fini par passer à travers et à être ordonné. Ce fut une cérémonie grandiose qui fit l'honneur de Ste-Théodosie qui voyait sa deuxième ordination en son église. Après l'ordination, j'ai pu jouir de quelques jours de vacances passées chez mon père. Au bout de deux semaines, j'ai reçu une lettre de mon évêque m'annonçant mon assignation à une fonction. Je m'attendais à être envoyé comme professeur au collège, ou à être nommé vicaire dans une paroisse. J'ouvris la lettre et je faillis tomber en bas de ma chaise "Par les présentes, Nous vous nommons Notre secrétaire personnel". A la fois épeurant et exaltant. C'est une éventualité que je n'avais jamais examinée. Grande marque de confiance, donc valorisant. Mais en même temps, que de l'inconnu. J'abordai la tâche avec la conviction que je devais avoir la grâce d'état. Mgr Gérard-Marie Coderre était un homme extraordinaire. Reconnu comme avant-gardiste parmi les évêques du temps, et en même temps muni d'un caractère déroutant, capable de grandeur d'âme, de bonté, de compréhension, mais aussi de colères épiques, de remontrances exagérées, et de paternalisme accaparant, avec un retour pénitent en excuses aussitôt que s'affaisse l'ébullition de la soupe au lait. Chaque fois qu'un de ces excès me désignait comme victime, j'en étais étourdi, incapable de réagir. Et il avait l'art de venir s'excuser juste au moment, cinq minutes plus tard, où je commençais à mon tour à grimper dans les rideaux. Pas le choix alors, ma colère naissante devait se dégonfler sans s'être assouvie. Un jour j'en ai eu assez. C'était un matin où je me présentais comme à l'habitude à son bureau avec son agenda pour programmer la journée. Je ne sais plus à quel sujet, probablement un engagement que j'avais pris pour lui, comme cela devait arriver de temps en temps, il me tombe sur la tomate sans préavis. Après avoir subi ses foudres quelques instants, la moutarde me monta au nez plus vite que d'habitude. Je pris la pile de documents que j'avais apportés, les soulevai au bout de mes bras et les rabattis violemment sur le bureau, je tournai les talons, claquai la porte, ramassai les clés d'une auto et disparu pendant trois jours. Quand je revins, il me fit bien une petite scène, mais sur une octave moins élevée. Par la suite il me considéra toujours avec plus de respect. J'ai occupé ce poste pendant quatre ans. Plus le temps passait, plus je constatais qu'un cancer intérieur me rongeait. Je devenais dépressif de plus en plus. Je voyais ma vie comme un long tunnel sans issue. Et il était impossible d'en sortir. J'étais prêtre pour l'éternité, et la prêtrise, ça ne se trahit pas. Sinon c'est l'enfer. A certains moments particulièrement creux, j'ai pensé au suicide, mais ça aussi, c'était l'enfer assuré. Donc pas d'issue. Une série de rencontres avec un psychiatre ne m'a valu que d'être bourré de valium. Dans ce contexte, j'ai suivi une session de formation en réalisation radio et télévision à Radio-Canada. C'était de mise, dans le temps pour l'Église, de mettre la main sur les média de communication pour moderniser la diffusion du message chrétien. Comme j'avais eu l'occasion de me familiariser un peu avec la radio, étant responsable des commentaires de la grand'messe du dimanche radiodiffusée à partir de la cathédrale, j'étais tout désigné pour participer à cette nouvelle mission. J'ai abordé Radio-Canada avec une grande sérénité vu que j'étais noyé dans le valium. Mais faut croire que j'ai bien fait ça parce que j'ai reçu une offre d'emploi de la part de Radio-Canada. Offre que j'ai dû refuser naturellement, vu que j'étais en service commandé. Mais cela a fait un petit velours quand même. Sur les entre-faits, la direction de CHRS, station de radio de la Rive-Sud, annonce à l'évêché qu'elle retirait de l'horaire la diffusion quotidienne du chapelet, que j'animais à l'occasion à la place de l'évêque quand ce dernier était absent. Mais on offrait de laisser le même temps d'antenne pour une autre émission religieuse qui serait plus adapté au temps présent. Et voilà que je sortais tout juste de Radio-Canada avec un diplôme en réalisation... Alors devinez... J'ai donc passé l'été suivant à préparer des émissions à l'avance pour ne pas être pris à court d'inspiration. L'émission que j'avais concoctée était constituée d'un court thème musical, de l'annonce de l'émission "Trois gouttes de Lumière", du début d'une chanson autant que possible tirée du Hit Parade, d'une réflexion sur la chanson, de la suite de la chanson, terminée par un thème musical de fermeture. Le tout d'une durée de cinq minutes. Quand je me suis présenté chez le directeur de la programmation à CHRS avec une bobine préenregistrée pour fin d'évaluation, ce dernier a commencé par me regarder d'un drôle d'air, et il me dit "Mettez ça sur le bureau, je vais écouter ça plus tard". Et je suis reparti. Le lendemain, il me rappelle avec une voix toute différente "Quand voulez-vous commencer?" Le soir, CHRS n'était pas en onde. Je me rendais alors dans la discothèque de la station, je sortais des rayons une pile de disques de chansonnettes que je passais à tour de rôle sur une table tournante pour vérifier si l'une des "tounes" ne m'inspirerait pas une réflexion. Quelques instants d'écoute sur chaque plage me permettait de décider je garde ou je ne garde pas. Après, je retournais chez moi avec ma pile de disques sélectionnées, et je faisais jouer et rejouer chaque plage jusqu'à ce qu'une inspiration vienne. Je passais en moyenne cinq heures par jour pour préparer mon cinq minutes quotidien. Je commençais à me demander si tous ces efforts en valaient la chandelle, quand j'ai reçu une invitation à participer à une rencontre d'animateurs d'émissions religieuses. C'était organisé par un groupe de jésuites, à Montréal, qui produisait l'émission "Témoignages" sur un réseau de trente-cinq postes de radio francophones de Moncton à Saskatoon. "Témoignages" était une émission d'interview de diverses personnalités, d'une durée de dix minutes, sur des thèmes religieux. Les réputés pères Émile Legault et Marcel-Marie Desmarrais faisaient partie des invités à la rencontre. On demanda à chaque participant de présenter son émission pour fin de discussion et d'échange. J'avais à cette fin apporté un enregistrement de l'une de mes prestations. Au dire des participants, j'avais trouvé un style nouveau et excitant, pour ne pas dire révolutionnaire et avant-gardiste. La preuve en est que le directeur de l'émission "Témoignages" me proposa de me joindre à eux pour remplacer sur leur réseau leur émission par la mienne. Rien de moins. Et ça a marché pendant presque un an. Mais au bout d'un an, moi je ne marchais plus. J'étais brûlé, déprimé, au fond de la cale. Année sabbatique, sans responsabilité. Et cette année a commencé avec une résidence entre deux chaises; c'est-à-dire que je devais laisser ma chambre au presbytère Notre-Dame-de-la-Garde, à Longueuil, au nouveau vicaire qui me remplaçait, et que je ne pouvais pas encore aller loger au presbytère de St-Hubert, vu que le nouveau curé qui me prenait sous son aile ne prendrait possession de sa cure qu'au mois de septembre. Nous étions au mois de juin. Alors j'ai passé l'été sous la tente, campé sur un terrain vacant sur les bords du lac Brome. Je n'y étais pas complètement seul puisque des confrères venaient m'accompagner assez régulièrement. Mais j'y a connu de grands moments de solitude, et ce n'est pas nécessairement la meilleure chose à vivre quand on est en profonde dépression. Par contre j'y ai vécu aussi des moments réconfortants grâce à l'amitié des confrères qui venaient passer quelques jours avec moi au fil de leurs vacances. Un jour où nous étions plusieurs, on avait décidé de diner avec des crêpes. J'étais le chef désigné et je faisais des crêpes. J'étais étonné de l'appétit vorace de mes convives. "Emmènes-en des crêpes ! " ... Quand j'avais le dos tourné, ils les lançaient dans le bois par-dessus l'épaule et en redemandaient... Je ne l'ai su que deux ans plus tard... A compter de septembre, j'ai logé au presbytère de St-Hubert, sans responsabilité attitrée. Je rendais service au besoin, et j'ai produit quelques sermons du dimanche, dont un, le dernier que j'ai fait, où, si l'on peut dire, je me suis déchainé. Les lectures de la messe portait sur la fin du monde avec les cataclysmes décrits dans l'Apocalypse. Ce que j'ai dit en gros, c'est que ça n'avait pas de maudit bon sens que tout d'un coup, sur un coup de tête, Dieu décide de faire table rase de sa belle création. On aurait entendu voler une mouche dans l'église. D'après ce que j'ai entendu dire après, il parait que le monde a aimé ça. Un an à ne rien faire, c'est long. A la fin de cette année, j'ai demandé que l'on assigne quelque chose. Je suis retourné à l'évêché comme vice-chancelier. Titre soporifique qui camouflait des tâches administratives. Au bout d'un an de ce régime pas des plus excitants, j'ai obtenu la permission de m'inscrire à l'Université de Montréal, en mathématiques, dans l'idée, éventuellement, d'aller enseigner les maths au collège. Pas facile ça non plus. Il fallait rattraper le temps perdu, récupérer l'évolution parcourue depuis douze ans, et revigorer mes anciennes notions de maths du collège, pour aller chercher un baccalauréat en mathématiques. L'Université m'a accepté à condition que je m'inscrive à des cours de rattrapage durant l'été, et que je les réussisse. J'ai passé par la peau des dents. Lors du premier cours le professeur nous présente un résumé succinct de la théorie des ensembles. C'était du remâché pour tout le monde. Moi, j'en entendais parler pour la première fois. Il fallait apprendre à ramer... Déjà durant mon séjour à St-Hubert, j'avais entrepris une longue série de rencontres périodiques avec un psychologue. Très pénibles, ces rencontres. Le psy ne disait rien. Il fallait que ce soit moi qui déballe mon sac. Et lui tout ce qu'il disait, c'est "Qu'est-ce que vous en pensez? " Ou bien il répétait ma dernière phrase pour que j'en rajoute au bout.... Très pénible. Mais ce fut le début de la libération. L'avenir a commencé à changer de couleur le jour où j'ai accepté de me dire "Ça se pourrait-tu que je ne sois pas à ma place". Question que j'avais jusque-là refusé absolument de me poser, parce qu'il m'apparaissait inévitable qu'une réponse positive à cette question aboutissait à l'enfer. Mais un jour, au bout d'un an à parler tout seul en face du psy et à bout de ressource pour l'éviter, j'ai osé poser la question. En faisant bien attention toutefois à ne pas présumer de la réponse. Mais tout de suite après avoir accepté la question, en sortant du bureau du psy, j'ai eu l'impression que l'avenir était moins bouché. J'ai été capable de prendre une grande respiration. Au cours des rencontres suivantes, même si la question demeurait un défi épouvantable, j'avais l'impression que l'air respiré avait meilleur goût. Il a fallu beaucoup d'autres rencontres, à parler avec quelqu'un qui ne parlait pas, pour en arriver à me dire, "Oui, ça se pourrait peut-être que je ne sois pas à la bonne place". Et beaucoup plus tard encore , à me dire "Non ça ne se peut pas que le prix à payer pour avoir fait une telle erreur soit l'enfer". Mais il restait à prendre la décision. Pas facile dans les circonstances à cette époque que les jeunes d'aujourd'hui peuvent difficilement imaginer, tellement l'encadrement religieux était puissant. Et après la décision, qu'est-ce que je deviens. Je n'avais pas de métier. Ma formation et mes connaissances ne me servaient à rien. Une licence en théologie, ça ne fait pas vivre gras. Le débouché le plus immédiat, après quelques cours d'appoint, aurait été l'enseignement, mais cette perspective ne m'intéressait pas. J'avais par contre un an d'étude de fait et à la fin de cette première année en mathématiques, l'université avait annoncé l'ouverture d'un baccalauréat en informatique. Forcément il y aurait de l'avenir là-dedans. A tout hasard je me suis inscrit à cette option. Je voulais tout de même faire les choses honorablement et correctement. Je voulais obtenir une laïcisation en bonne et due forme. Je savais qu'en ce temps-là, avec le pape Jean XXIII, c'était devenu possible, même s'il fallait présenter des raisons extrêmement sérieuses. La première personne à qui parler de ma décision était mon évêque. C'est lui qui devait amorcer les démarches en vue de cette laïcisation. Il fut d'une humanité et d'un respect extraordinaire. Des confrères d'autres diocèses vivant des situations semblables n'ont pas eu autant de chance. Certains ont dû menacer de tout balancer par-dessus bord pour que ça démarre. On a fini par céder par peur des scandales. J'appréhendais aussi l'annonce de ma décision dans la famille. Je prévoyais des réactions scandalisées. La première réaction a été délivrante. Celle de mon père. "Tu sais, je voyais que ça n'allait pas bien. Tu es assez grand pour savoir ce que tu fais. Tu seras toujours le bienvenu comme avant." Ouf ! Celle-là passée, les autres on pouvait se les mettre là où je pense. Mais chez certains oncles et tantes du côté de ma mère, j'ai été considéré avec gêne pendant un certain temps. J'ai eu l'occasion de faire face à la musique à l'occasion d'un décès. C'était deux semaines après l'annonce de ma décision. Je me présente au salon funéraire en habit laïc. Immédiatement le silence se fait, suivi de quelques chuchotements, avec tous les yeux braqués sur moi. Je n'ai pas regardé, mais j'en étais sûr. Je me dirige le regard droit devant vers le cercueil et je m'y agenouille quelques instants. En me relevant, je me retourne et je me vois entouré par les cousins et cousines, fils et filles du défunt. -"C'est tu vrai ce qu'on a entendu dire ? " -"Oui" -"Félicitations ! " C'était des cousins et cousines iconoclastes ! Pour la génération précédente, j'étais suspect. Mais le temps a fini par aplanir les dunes. Au-delà des malaises temporaires et occasionnels à vivre, il fallait préparer l'avenir. Donc, il fallait continuer l'université, réussir à tout prix, m'endetter pour étudier à plein temps pendant deux autres années. Je n'avais plus le choix, et ça devenait une question de vie ou de mort. Quel courage et quelle ténacité il m'a fallu. Mais devant l'obligation d'agir, on trouve le courage. Heureusement, Mgr Coderre m'a généreusement alloué un prêt sans intérêt pour les besoins que je lui justifiais et que je maintenais au minimum vital. Et j'ai bûché, bûché, travaillé, étudié. Du matin à tard dans la nuit. Durant trois ans. Ma vie sociale était minimale. Je ne pouvais pas rater mon coup. Je devais réussir, et après douze ans d'absence d'étude, ça n'a pas été donné. Mais j'ai la fierté d'avoir réussi. Et je me suis empressé de remettre mes dettes à ceux qui m'avaient fait confiance. Je leur dois un grand merci. J'ai parlé tantôt de la réaction bienfaisante de mon père à ma décision. En fait il avait eu le temps de préparer sa réaction. Je m'étais rendu chez lui un samedi soir pour le lui annoncer. Il n'était pas là. Seulement mon oncle Arthur. Mon oncle Arthur était presque un frère siamois pour mon père. Ils étaient tous les deux copropriétaires de la ferme. Pour une raison que j'ignore mon oncle était demeuré célibataire et il faisait partie de la famille à part entière. Papa, maman et mon oncle Arthur. La Sainte Trinité. Mon oncle Arthur, peu parlant, grand philosophe. Je disais donc mon oncle Arthur était seul à la maison. -"Mon oncle, j'ai une grande nouvelle à t'annoncer". -"Ah ! Oui ?" -"J'ai demandé à Monseigneur de demander au Pape que je puisse ne plus être prêtre". -"Ah !" Suit un long silence où je l'entends presque penser. -"Tu ne porteras plus la soutane ?" -"Non" -"Ah !" Lentement, au moins cinq longues bouffées sur sa pipe. -"Tu ne diras plus la messe ?" -"Non" -Ah !" Extérieurement, seule la pipe semble fonctionner. -"Vas-tu pouvoir te marier ?" -"Oui" _"Ah !" Et il y en a eu quelques autres comme ça. J'ai dû partir sans avoir pu parler à mon père. Je suis revenu le lendemain soir. J'avais la certitude absolue que mon oncle lui avait rapporté notre conversation avec les virgules aux mêmes places. Quand j'arrivai dans la cour, c'était l'heure du train, et mon père, m'ayant vu venir, était appuyé dans l'embrasure de la porte de l'étable. Et il me regardait m'approcher avec un sourire indéfinissable. -"Comment ça va ?" -"Très bien, et toi ?" -"Oui" -"Je suppose que mon oncle t'a dit que j'étais venu hier ?" C'est là qu'est venue sa phrase si réconfortante. Cher papa. Chapitre 6. Nouveau départ. Une chose au moins m'a aidé. Il n'a pas été difficile d'obtenir un emploi. Mais après mon arrivée à la Société des Alcools du Québec, j'ai vite constaté que je ne savais rien, malgré mon bacc. en informatique de l'Université de Montréal. Heureusement, l'université nous apprend à apprendre. On m'avait joint à un groupe de programmeurs et nous travaillions tous dans le même local. Quand il y avait des discussions entre les autres sur des questions de programmation, je faisais semblant de travailler, mais tout ce que je faisais réellement, c'était écouter ce qu'on discutait, pour apprendre. Et là aussi, j'ai réussi. J'y ai réalisé un système informatique dont je suis très fier et qui a servi la Société pendant de nombreuses années après mon départ. En effet, je n'ai pas travaillé longtemps à la SAQ. Peut-être pas assez longtemps. Parce que c'était très valorisant. On travaillait sur du concret et on voyait les résultats. Je me rappelle, le lendemain de la fin du fameux projet dont je viens de parler, projet à l'échéancier course-contre-la-montre, nous étions, mes deux adjoints programmeurs et moi, dans la fenêtre du troisième étage sur la cour intérieure, au Pied-du-Courant, à regarder charger les camions à partir des listes produites par notre nouveau système. Nous avions sous les yeux le résultat tangible de notre travail. Euphorisant. Mais peu de temps après, j'ai reçu un offre que je ne pouvais pas refuser. Un poste d'analyste en informatique chez Fiducie du Québec - Fiducie Desjardins depuis - avec une augmentation de salaire de 40 %. J'y ai travaillé vingt-cinq ans, dans diverses fonctions au service de l'informatique, comme analyste d'application, puis comme gestionnaire des secteurs de développement informatique puis de production informatique. J'ai eu aussi l'opportunité de m'initier à la micro-informatique en devenant responsable de l'équipe chargée des achats et de l'entretien du parc des micro-ordinateurs, ainsi que du support aux utilisateurs. La réalisation qui m'a apporté le plus de satisfaction au cours de ma carrière chez Desjardins a été d'initier l'informatisation des formulaires. Deux ans avant le début de ma retraite annoncée, j'en avais ras le bol de la gestion et j'ai demandé à terminer mon temps dans des activités de techniques informatiques. Mon vice-président m'a déniché un poste au service du Marketing à m'occuper d'une base de données. Après quelques semaines je me suis rendu compte que cette tâche ne me demandait que vingt-cinq pour cent de mon temps. Je ne voulais pas finir sur une tablette. Alors j'ai fait quelques recherches et j'ai découvert que le logiciel Lotus Notes que nous utilisions pour son courriel interne offrait beaucoup d'autres possibilités non utilisées, entre autre pour l'informatisation des formulaires. J'ai parlé de ça à mon patron et au directeur du service de l'informatique, et on m'a donné carte blanche. J'y ai travaillé pendant les deux dernières années avant ma retraite. Je faisais la programmation des formulaires, je donnais la formation sur leur utilisation et j'aidais les utilisateurs à s'y initier. C'est ce que j'ai connu de plus valorisant de toute ma carrière. Au moment de partir à la retraite, on m'en demandait encore, si bien que j'ai continué à créer des formulaires électroniques de chez moi, et même, au cours de l'hiver suivant, à partir de la Floride, dans le florida room de l'appartement, face aux palmiers et au lac adjacent. C'était le bonheur suprême ! Chapitre 7. Ma vie n'a pas été que professionnelle, elle a aussi été humaine. Quelques jours après l'annonce publique de ma laïcisation, je me suis acheté un complet brun à carreaux rayés avec petite veste assortie, style Chapeau-Melon-et-Botte-de-Cuir à la British. Je tenais ainsi à afficher à la face du monde mon détournement du noir ecclésiastique que je commençais déjà à avoir en horreur. Dès ces décisions prises, je me sentis en mesure de dire au revoir à mon psy, en le remerciant chaleureusement de m'avoir permis de me libérer de mes démons et d'accéder à la liberté. Liberté que je ne cesse de développer depuis, et qui est devenue mon bien personnel le plus précieux. La plus grande liberté, à mon sens, est celle de pouvoir choisir ce qu'on pense être la vérité, jusqu'à pouvoir se foutre des anathèmes de ceux qui ne sont pas d'accord. En ce sens liberté rime avec honnêteté envers soi-même. Ces grands bouleversements se sont produits durant ma deuxième année d'université. Au cours de l'été suivant, je décide un jour d'aller rendre visite à mon ancien curé hébergeur à St-Hubert. J'y retrouve là deux amies de longue date du curé, et que j'avais croisées à quelques reprises auparavant. L'une d'elle me dit "Serais-tu intéressé à rencontrer une fille que je connais et que j'estime beaucoup?" Ce n'était pas encore une quête anxieuse pour moi, j'avais d'autres chats à fouetter pour le moment; mais, ma foi, pourquoi pas. Elle me donne le numéro de téléphone de Monique. Rendu chez moi, je l'appelle. -" Bonjour, j'ai eu ton numéro par l'entremise d'une amie commune. Est-ce qu'on pourrait se rencontrer ?" -"Oui" -"Quand ?" -"Ce soir ?" Wow ! J'enfile mon Chapeau-Melon-Botte-de-Cuir, et je file vers Repentigny pour l'heure convenue. En arrivant à sa résidence, je constate qu'une auto est arrêtée dans le stationnement, et que Monique est en train.... d'éconduire un prétendant ! J'attends dans mon auto. Finalement, il s'en va, en me jetant un regard noir en passant devant moi. Je laisse la vie reprendre son souffle normal, puis je m'avance vers la porte et je sonne. Je n'ai pas à attendre longtemps et la porte s'ouvre. Il ne faut pas ici s'attendre à des récits indiscrets. Tout ce que je dirai c'est que des perspectives jusque-là insoupçonnées et absentes de ma vie se sont alors éveillées en moi comme si je naissais de nouveau. Curieux destin, Monique aussi avait connu un séjour en communauté religieuse. Après quelques rencontres, Monique et moi avons trouvé un écho qui nous ressemblait dans une chanson de Jean Ferrat "Tout ce que j'ai failli perdre, Tout ce qui m'est redonné Aujourd'hui me monte aux lèvres En cette fin de journée.... ....... Oui c'est beau, c'est beau la Vie." Et nous avons vécu dans la trentaine ce que la plupart des gens découvrent beaucoup plus tôt. Quant au mariage qui allait faire suite l'année suivante, il m'est apparu pendant plusieurs mois comme un événement surréaliste. J'avais passé mon enfance, mon adolescence et ma vie de jeune adulte en ayant balayé cette éventualité à tout jamais. Je n'y étais pas préparé. Mais le retour à la vraie vie a fait son travail, et le jour de ma première paie, après la fin de mes études, j'ai demandé à Monique si elle était d'accord pour qu'on se marie. Ça dure depuis plus de quarante ans. Nous avons passé de belles années. Nous travaillions chacun de notre côté, et les fins de semaine, l'été, nous partions en camping. Pour les vacances, nous descendions à Wildwood et campions sur le bord de la mer. Nous avions une tente à structure en tube de caoutchouc que je gonflais en replaçant une bougie du moteur de l'auto par une pompe minuscule qui insufflait de l'air sous pression dans les tubes. J'avais aussi construit des coffres en bois installés sur le toit de l'auto. Si bien que l'installation sur un terrain de camping se faisait en un temps record. Je m'amusais beaucoup de la curiosité des campeurs à nous voir faire. Après trois ans passés ensemble à réapprivoiser la vie, et la vie de couple, nous avons convenu d'avoir un enfant. Ce qui fut dit fut fait, et neuf mois plus tard naissait Jacinthe. Grand bouleversement comme pour tout le monde, mais surtout immense bonheur. Je me rappelle la fierté que j'éprouvais quand je me promenais en la tenant par la main alors qu'elle avait trois ans et qu'elle était la plus belle petite fille au monde. J'avais envie de dire à tout le monde que je croisais "C'est ma fille!" J'ai toujours eu l'impression de n'avoir jamais su traduire mes sentiments de façon adéquate, mais ils n'en étaient pas moins là. Et Jacinthe a grandi, et pendant ce temps, moi, j'ai vieilli, bousculé par le travail et la routine quotidienne. Le temps passe et on ne s'en aperçoit pas. Puis tout d'un coup, on se réveille à la veille de la retraite. On regarde en arrière, et on voit tout le chemin parcouru et on se dit "Déjà ?". Jacinthe est devenue adulte et devient maman à son tour. J'ai donc un petit-fils, Théo. Alors pour un temps, on retombe en enfance. Comme c'est merveilleux, un petit-fils. Ça nous redonne une raison de vivre à un moment où on commence à se demander s'il nous en reste une plus valable que de simplement profiter du temps de la retraite pour s'amuser. Pour moi, une retraite à s'amuser, ça n'a pas de sens. Il faut être utile à quelque chose, à quelqu'un. Chapitre 8. C'est sur ces questions qu'elle a commencé, la retraite. Après l'euphorie des contrats de travail exécutés sous le soleil hivernal de la Floride et le retour à la maison, arrive la vraie question Qu'est-ce que je vais faire maintenant. Je ne me sentais pas pris au dépourvu. J'avais déjà derrière moi une longue habitude de hobbies et de bricolages qui pourraient devenir accaparants. Ébénisterie, fabrication et dégustation de vin, mais j'éprouvais le besoin d'aller au-delà de cela. J'en discute avec Monique. Elle me dit "Si tu faisais du bénévolat à la St-Vincent-de-Paul ? Tu es bon bricoleur, et ils ont sûrement des besoins à combler". Cette idée me sourit. Je m'y pointe un bon matin dans le but d'offrir mes services pour réparer des objets reçus en don. On me passe une entrevue, et on me demande -"Que faisiez-vous comme travail ?" -"J'étais informaticien" -"Pardon!!! Bougez pas ! Attendez un peu!" La dame s'absente et revient un instant plus tard avec le directeur et lui dit "Devine donc ce qu'il faisait?... Informaticien ! -"Quoi ! Êtes-vous intéressé à en faire encore ?" -"Bien sûr, j'en mange !" -"C'est le ciel qui vous envoie! On veut s'informatiser depuis longtemps, mais on n'a pas les moyens de se payer un professionnel. Soyez le bienvenu !" J'y ai produit des bases de données pour répondre aux besoins de la Conférence et j'y ai installé un réseau. Après trois mois de presque plein temps, on a entreprit l'implantation du système et la formation du personnel. Je continue ce bénévolat depuis plus de dix ans, et ces bases de données sont maintenant utilisées dans une quinzaine d'autres Conférences-Vincent-de-Paul. J'ai aussi réalisé et vendu à des clients quelques autres produits informatiques . Si bien que je fais de l'informatique autant sinon plus que lorsque j'étais sur le marché du travail. Entre temps, j'ai aussi fabriqué deux chaises berçantes pour compléter les meubles de salle à dîner que j'avais construits vingt ans plus tôt, ainsi qu'un lit et des meubles pour la chambre de Théo. Pour moi, c'est le secret pour rester en santé et en vie durant la retraite. Être actif, avoir des projets et des défis. J'espère pouvoir garder ce régime longtemps. Et j'ai toujours pris soin de développer parallèlement des habiletés manuelles et intellectuelles. Chapitre 9. Quand je regarde en arrière le chemin parcouru, je me rends compte que j'ai changé. Et pas à peu près. Passer d'un plan de vie préprogrammé vers la prêtrise, à une vie d'activités professionnelles et à une vie familiale, via une transition de libération difficile à apprivoiser, ça oblige à réfléchir. La libération, ça ne vient d'un seul coup. C'est un cheminement ardu. Deux pas en avant, un en arrière. J'ai beaucoup réfléchi sur ce qu'est la vie, sur la place qu'a occupée la religion dans ma vie, et sur le conditionnement social que j'ai vécu. Aucune réponse n'est évidente. Pendant un certain nombre d'années, j'ai ressenti de la rancœur. Je veux revenir sur ce que j'ai vécu au Grand Séminaire. Sur cette affirmation que ce que j'éprouvais était l'œuvre du diable qui essayait de me détourner de la voie qui m'était tracée. C'était de la manipulation pure. Mais quand on est sous le coup de la domination des consciences, on ne peut que s'incliner. Par contre je ne peux pas en vouloir aux personnes qui ont véhiculé cette manipulation. Elles-mêmes en étaient victimes. Malgré tout, je ne peux pas croire que certains "maitres de vérité" n'étaient pas conscients de ce qu'ils faisaient. Ce ne peut être l'effet du hasard que toutes les religions fassent de la domination des consciences. C'est flagrant chez les islamistes et on en voit le résultat. Dans l'Église catholique, c'est plus subtil, mais c'est aussi présent. Seulement un exemple pourquoi ce "Commandement de L'Église" qui ordonne d'assister à la messe tous les dimanches sous peine de péché mortel, sinon en vue du sermon qu'on y présente, afin d'entretenir l'affirmation de la Vérité… J'en aurais beaucoup d'autres comme celle-ci, mais ce n'est pas le lieu ici. Au cours de mes premières années de vie laïque, mes perceptions religieuses étaient encore pas mal mêlées. J'avais vaincu la peur de l'enfer, mais cette victoire elle-même m'amenait à reconsidérer d'autres affirmations qu'on nous avait enseignées comme était vérité à toute épreuve. D'où vient la justification de ces enseignements ? Qui peut affirmer ce qui est vérité ou erreur ? Un édifice bâti sur la peur résiste bien difficilement quand la peur n'est plus là. Mais ce n'est pas tout d'admirer l'écroulement. Il faut refaire ses convictions sur d'autres bases. Je me suis progressivement rendu compte que pour voir clair dans mes perceptions, il fallait que je les écrive. Les idées ont germé lentement dans mon esprit de façon confuse, et puis un jour j'ai constaté que j'étais prêt. Et j'ai commencé à écrire "Croire ou ne pas savoir" . J'ai écrit 90% de ce texte d'un seul trait. Les idées s'enchainaient toutes seules et la lumière apparaissait de plus en plus claire au fur et à mesure que j'écrivais. A la fin du cheminement que ce texte m'a fait parcourir, j'ai remplacé le mot Foi par le mot Espérance. C'est-à-dire que j'ai fait le ménage dans les idées reçues et affirmées, et que je me suis orienté vers une perception de la vie basée sur l'Espérance plutôt que sur la Foi. En clair, cela veut dire que je ne suis pas Croyant, mais Espérant. Espérance au sens d'une confiance ouverte, sans attente préconçue, en ce vers quoi la vie voudra bien me conduire. Faire confiance à la vie parce que cette vie m'a été donnée comme un cadeau gratuit et non attendu. Alors pourquoi vivre dans l'anxiété face à ce qui pourra advenir à la fin. Ce texte fut le couronnement de ma libération. Ce que j'ai découvert au terme de ce texte, c'est la sérénité, la paix intérieure. Bien sûr, je n'ai pas trouvé de réponses aux questions existentielles de la vie. D'où je viens, où je vais, et pourquoi. Je préfère dire "Je ne sais pas", plutôt que d'accepter une "Vérité" que je ne peux pas vérifier. Alors, j'ai décidé de faire confiance à la Vie et espérer découvrir la réponse à ces questions quand j'arriverai à l'Échéance.. Combien de temps me reste-t-il à vivre ? Peut-être encore plusieurs années, peut-être seulement quelques unes, quelques mois, quelques jours…Une chose est certaine, c'est que tôt ou tard, la fin viendra. Quelle importance la date de l'échéance….J'ai trouvé la sérénité. Est-ce que je maintiendrai la même sérénité quand ma vie arrivera à sa fin ? J'ose l'espérer. Et je souhaite à ceux qui me liront de la trouver plus tôt que je ne l'ai fait.

Cétait mon oncle ! C'était mon oncle ! Fiche; Autres éditions(2) 0 note . Yves Grevet. Date de parution : 23/08/2012; Editeur : Syros ; EAN Résumé: Noé Petit vit à la

Description de l’éditeur Le premier roman d'Yves Grevet paru aux éditions Syros. Un regard sensible et intelligent sur les sans domicile fixe. Une véritable initiation à la poésie Verlaine, Desnos, Apollinaire, Soupault, Aragon, Guillevic, Eluard, Supervielle, Cendras, Vian et bien d'autres.Noé Petit vit à la campagne avec ses parents. Il est souvent seul et s'ennuie un peu. Un soir, un coup de téléphone du commissariat lui annonce la mort d'un certain Armand Petit. Noé apprend alors que son père avait un frère aîné qui vivait depuis quinze ans comme un clochard. Épris de liberté et de voyages, Armand était passionné de poésie. En se laissant porter à son tour par les poètes que son oncle aimait, Noé cherche à comprendre qui était cet homme à la dérive. GENRE Enfants SORTIE 2012 25 octobre LANGUE FR Français LONGUEUR 44 Pages ÉDITIONS Syros Jeunesse TAILLE 416,1 Ko Plus de livres par Yves Grevet

Romande Renart est un ensemble médiéval de récits animaliers écrits en ancien français et en vers.Ces récits disparates, rédigés par différents auteurs, sont appelés à partir du Moyen Âge « branches ». Ils sont composés principalement en octosyllabes à rimes plates.Les branches les plus anciennes (vers 1174) sont attribuées à un certain Pierre de Saint-Cloud. Résumé Détails Compatibilité Autres formats Le premier roman d'Yves Grevet paru aux éditions Syros. Un regard sensible et intelligent sur les sans domicile fixe. Une véritable initiation à la poésie Verlaine, Desnos, Apollinaire, Soupault, Aragon, Guillevic, Eluard, Supervielle, Cendras, Vian et bien d'autres. Noé Petit vit à la campagne avec ses parents. Il est souvent seul et s'ennuie un peu. Un soir, un coup de téléphone du commissariat lui annonce la mort d'un certain Armand Petit. Noé apprend alors que son père avait un frère aîné qui vivait depuis quinze ans comme un clochard. Épris de liberté et de voyages, Armand était passionné de poésie. En se laissant porter à son tour par les poètes que son oncle aimait, Noé cherche à comprendre qui était cet homme à la dérive. Lire plusexpand_more Titre C'était mon oncle ! EAN 9782748513158 Éditeur NATHAN Date de parution 25/10/2012 Format ePub Poids du fichier kb Protection Filigrane numérique L'ebook C'était mon oncle ! est au format ePub protégé par Filigrane numérique check_circle Cet ebook est compatible pour une lecture sur application iOs et Android Vivlio. check_circle Cet ebook est compatible pour une lecture sur My Vivlio. check_circle Cet ebook est compatible pour une lecture sur le lecteur Vivlio. check_circle Cet ebook est compatible pour une lecture sur liseuse. Catalogueen ligne des bibliothèques de la Communauté des communes rurales de l'Entre deux mers, Blasimon, Gornac, Mesterrieux, Romagne, Sauveterre de Guyenne et Targon.

Unknown Thursday, May 5, 2016 Author ISBN 2748512944 Formats Format Kindle,Poche, Category Livres,Livres pour enfants,Fiction,Trouvez votre point de collecte,Plus d’informations, Noé Petit, qui vit à la campagne avec ses parents, est souvent seul et s'ennuie un peu. Un soir, un coup de téléphone du commissariat central lui annonce la mort d'un certain Armand Petit. Le père de Noé lui parle alors pour la première fois de ce frère aîné dont il a été très proche, mais qui vivait depuis quinze ans comme un clochard. Épris " de liberté, d'aventures et de prochains départs ", toujours " ailleurs " où qu'il soit, Armand survivait grâce à la poésie. En se laissant porter à son tour par les poètes qu'il aimait, Noé va tenter de comprendre cet homme à la dérive qui répétait,comme pour s'en convaincre Un jour, il y aura autre chose que le jour. Boris Vian. Noé Petit, qui vit à la campagne avec ses parents, est souvent seul et s'ennuie un peu. Un soir, un coup de téléphone du commissariat central lui annonce la mort d'un certain Armand Petit. Le père de Noé lui parle alors pour la première fois de ce frère aîné dont il a été très proche, mais qui vivait depuis quinze ans comme un clochard. Épris " de liberté, d'aventures et de prochains départs ", toujours " ailleurs " où qu'il soit, Armand survivait grâce à la poésie. En se laissant porter à son tour par les poètes qu'il aimait, Noé va tenter de comprendre cet homme à la dérive qui répétait,comme pour s'en convaincre Un jour, il y aura autre chose que le jour. Boris Vian. Gueule de bois C'était la foire aux quatre coins, il était partout Picasso ! Il avait fait des stands ! Aussi il avait plusieurs flèches à son arc Picasso, Lénine, Vinci ! Y en avait pour tous les goûts ! Tous les gosses criaient mon oncle Marcel ! Mon oncle Marcel ! Mon oncle Célestin Mais, de nous trois, celui qui travaillait encore le plus, c'était mon cher oncle Célestin. Certes, en dépit des myriades d'oiseaux voletant parmi les broussailles vertes du Berlou et m'assourdissant par la continuité de leurs chansons, le latin ... Mon oncle et mon curé Oh ! l'excellent homme, que mon curé ! ... Non pas que j'eusse la tête dure, j' apprenais avec facilité; mais la paresse était mon péché mignon3 je l'aimais, je le dor- 25 lotais, en dépit des frais ... C'était un MON ONCLE ET MON CURÉ 3. Mon oncle Pas plus tard qu'hier elle était sur mon lit. Est-ce avec Tonton que Nzule va se battre? Mais pourquoi? Tonton, non ! Il faut que j'aille dire à Tonton qu'il n'a aucune chance. Absolument aucune! Si c'était mon oncle je lui dirais qu'il n'y a ... Le Petit Robinson de Paris demanda de nouveau le fossoyeur, tout en prenant mesure d'une grille que l'on devait placer autour de la tombe. Non, monsieur, c'était mon oncle ! répondit l'enfant, faisant un pas pour s'en aller, et revenant comme malgré lui au même ... Les Poches de mon oncle Ne te moque pas de moi, mon petit Perrin, je finirais par me fâcher. » J'étais taquin, mon très honoré lecteur. Taquin, ditesvous ? Quoi ! il était paresseux, et puis encore ... C'était mon oncle. Il était si bon, et nous l'aimions tant ! Mes moindres ... Je vous salue- Son frère est un personnage important, significatif de son enfance et de sa vie Mon frère, on consommait pas ensemble. ... Puis la chose s'est reproduite à deux ou trois fois Ça c'était chez... c'était mon oncle, chez grand-m'man, là. Journey to the center of the Earth/Voyage au centre de la Terre Bilingual edition/Édition bilingue J'écoutai de nouveau, et cette fois, oui ! cette fois, j'entendis mon nom distinctement jeté à travers l'espace ! C'était mon oncle qui le prononçait ? Il causait avec le guide, et le mot forlorad » était un mot danois ! Alors je compris tout. Pour me ... Itinéraire d'une Frangérienne pas trouvées pratiques, mais comme c'était un cadeau de mon oncle, je voulais pour une fois me payer une fantaisie et non pas quelque chose de pratique, qui le plus souvent était laid ! Le soir, lorsque mon oncle rentra pour dîner, toute ... The Harvard University Catalogue Il me sembla que c'était mon oncle Thomas, tant ils se ressemblaient tous deux. Je le saluai avec un profond respect, et lui dis que j'étais fils de maître Nicolas je lui appris aussi que j'exerçais à Madrid, depuis trois semaines, le métier de ... First French Reading Lessons C'était mon oncle, monsieur. Grenouillet àpart. C'est fait pour Mme. Dalby. Mais il faisait la banque et non l'usure. Grenouillet. Permettez, xiermettez ; ils étaient deux qui demeuraient dans cette maison. Nous confondons peut-être. First French Reading Lessons Embracing the Relation of French to English, and the World-formation in the French Language C'était mon oncle, monsieur. Grenouillet à part. C'est fait pour Mme. Dalby. Mais il faisait la banque et non l'usure. Grenouillet. Permettez, permettez ; ils étaient deux qui demeuraient dans cette maison. Nous confondons peut-être. Magasin d'education et de recréation, Volume 47 Entendre traiter ainsi mon digne oncle que j'aimais et que j'admirais tant ! Culotte de peau! » m'avait paru le ... cause de ce singulier phénomène. C'était mon oncle, qui, ayant été témoin de la scène derrière une haie et de ma triste situation, ... Mon Amérique C'était mon oncle Walter Hartridge qui s'était chargédes opérations, ce jourlà. J' arrivai de France vers le 20 septembre 1919. Mon oncle m'attendait àNew Yorkoù nous ne fîmes qu'untrès brefséjour, aprèsquoi nous prîmes le trainpour ... Delphi Complete Works of Marcel Proust Illustrated C'était une formule finale très froide. ... pas ce qu'Odette avait eu raison de faire, quand soudain, un mot qu'il n'avait pas pu déchiffrer d'abord, apparut et éclaira le sens de la phrase tout entière J'ai eu raison d'ouvrir, c'était mon oncle. Journal d'un pasteur protestant au XIXe siècle Mon oncle alla même jusqu'à dire que ce ne serait pas de son vivant que je serais pasteur à Bertry. ... Et dans le fond ils savaient que c'était mon oncle Valentin qui faisait tout cela par des paroles insinuantes et flatteuses sur l'esprit des ... Le laird de Dumbiky Oui. MAC ALLAN. Cette Nelly. .. NELLY. Oui. , MAC ALLAN. C'était... NELLY. C' était moi. MAC ALLAN. C'était toi! Oh! pardon, madame ... Faire valoir mes droits à la fortune de mon oncle, dont je suis le seul héritier. - NELLY. Alors on vous a ... Magasin d'éducation et de récréation ... une colère que je ne cherchais nullement à maîtriser. Entendre traiter ainsi mon digne oncle que j'aimais et que j'admirais tant! ... la cause de ce singulier phénomène. . C'était mon oncle, qui,ayant été témoin de la scène derrière une haie ... Les années Tolkien des frères Hildebrandt Mon oncle posa son appareil. C'était 1'heure de la pause et ie génais. de fis demi -tour et je partis. Le lendemain, il se passa quelque chose de très étrange à I' atelier. Enfin, étrange pour moi. Mion père et mon oncle se préparaient à iaire des ... CONTES ET NOUVELLES de Guy de Maupassant C'était mon oncle, Monsieur... Il avait sa douillette de voyage, et sa valise à la main “Oui, c'est moi, mon garçon ; je viens te surprendre, et passer quelques jours à Paris. Monseigneur m'a donné congé. ” Il m'embrasse sur les deux joues, ...

Cétait mon oncle. Auteur.rice.s : Yves Grevet. Le premier roman d’Yves Grevet, réédité dans la nouvelle formule Tempo. Noé Petit, qui vit à la campagne avec ses parents, est souvent seul et s’ennuie un peu. Un soir, un coup de Pourquoi j'ai mangé mon père - ROY LEWIS Fiche de lecture détaillée. Bienvenue en préhistoire ! Quatrième de couverture- Extrait - Commentaire - Résumé Critique Thèmes essentiels de chaque chapitre Les découvertes Schéma du livre Etude du Chapitre 18 Le schéma de la communication Pourquoi il a mangé son père Quelque part dans la savane africaine, Edouard est un Pithécanthrope insatisfait de sa situation de charognard frugivore. Edouard est bien décidé à faire son petit bonhomme de chemin sur la route jonchée d'épreuves de L'Evolution, quitte à changer d'espèce s'il le faut. Alors, Edouard observe, expérimente, organise, cogite. Sorte de Professeur Tournesol du pléistocène moyen, il réussit presque à maîtriser le feu et avec ses enfants, il met au point, avec une foi inébranlable envers le Progrès, la fourrure amovible, l'exogamie, le rôti de bœuf, l'orchestre symphonique, les traités de paix, l'art figuratif, l'arc et les flèches, les discours à la fin des repas de famille... Le reste de la horde suit avec enthousiasme ou méfiance tandis que le vieil oncle Vania, un peu réactionnaire, garde pour seul mot d'ordre Back to the trees!». Roy LEWIS résume en 180 pages, en un conflit de générations, quelques centaines de milliers d'années qui mèneront l'Homo erectus vers un sapiens qui refermera ce livre dans un grand éclat de rire. Introduction - Bienvenue en préhistoire ! Le bouquin est truffé d'anachronismes, dans la narration et dans les dialogues des personnages, que l'on surprend à parler de leurs positions politiques, mais surtout de leurs repères dans la préhistoire hum, untel animal n'existe pas encore, nous ne sommes donc pas rendus au miocène... qu'est-ce qui a fait que nous avons évolué à ce point-là ? Comment ces évolutions se sont-elles déroulées ? Pourquoi les hommes ne sont-ils pas restés sur leurs acquis ? à la fin on apprend effectivement pourquoi ce génial inventeur a été dévoré par sa progéniture met en lumière cette période peu étudiée qu'est la préhistoire. Quatrième de couverture Extrait " Ta saloperie de feu va vous éteindre tous, toi et ton espèce, et en un rien de temps, crois-moi ! Yah ! Je remonte sur mon arbre, cette fois tu as passé les bornes, Edouard, et rappelle-toi, le brontosaure aussi avait passé les bornes, où est-il à présent ? Back to the trees ! clama-t-il en cri de ralliement. Commentaire Ce roman préhistorique, met en scène des personnages pré-hominiens, qui commencent à peine à se tenir debout. Les Anciens et les Modernes y débattent des problèmes de leur temps, comme de la découverte du feu ou de la difficulté de trouver une grotte confortable par les temps qui courent. C'est très drôle. Parfois même désopilant. Il faut juste apprécier l'humour anglais. Résumé Critique J'ai bien aimé ce livre, car il montre la vie préhistorique différente de la réalité. Le vocabulaire est très comique et il est utilisé comme celui de nos jours, alors que le livre raconte la préhistoire. Plus intello un roman hilarant dans lequel les héros sont des hommes préhistoriques qui utilisent notre vocabulaire, manient nos idées et surtout, s'attachent à devenir des hommes "modernes" dans des dialogues d'une rare finesse. Que vous soyez réactionnaire ou progressiste, vous trouverez fatalement votre modèle parmi ces héros! Thèmes essentiels de chaque chapitre voir Pourquoi j'ai mangé mon père - ROY LEWIS Les découvertes Le feu naturel puis artificiel, la chasse, la lance, l’habitation, l’exogamie, le peigne, la cuisson de la viande, les tentatives de domestication des animaux, l’arc, la magie, la religion, l’amour, ... Schéma du livre Besoin d’inventer lui-même, son plaisir / Désir de faire progresser la horde/les difficultés de la vie l’humanité/le souci du bien de la subhumanité/ faire progresser la horde/fl’humanité/Son génie l’oncle Vania/son travail la peur de la horde/ les habitudes/les résultats obtenus l’échec de certaines expériences/ le danger... Etude du Chapitre 18 Thèse d’Edouard il faut partager le secret du feu avec les autres hordes Thèse d’Ernest il ne faut pas divulguer des secrets intéressant notre sécurité au profit d’une horde étrangère.... Le schéma de la communication Qui raconte ? un narrateur Ernest / un auteur Roy Lewis A qui ? à un auditeur ou lecteur à des lecteurs Quand ? à l’époque des pithécanthropes / au 20ème siècle Où ? en Afrique / En Angleterre Quoi ? sa vie et celle de sa horde la vie des pithécanthropes Pour quelles raisons ? pour justifier son anthropophagie pour faire imaginer aux lecteurs la vie de leurs lointains ancêtres Comment ? par un récit " autobiographique " par un récit écrit à la première personne avec humour Pour obtenir la totalité de ce dossier, je vous invite à verser la modique somme de 3 € sur mon Compte pay’pal. c'est en échange de mon travail. Et en faveur de l’illettrisme Puis, par retour de mail, je m’engage à vous envoyer la fiche complète de ce dossier. Je joins les liens compte Helene benoit - Cagnotte fiche de lecture en résumé 1 vous m'ecrivez en mail helene33660 2 vous versez votre participation dans la cagnotte, 3 Je vous renvoie le document que vous me demandez. c'est plutot simple, non ? Dans tous les cas, n'hesitez pas à me contacter. Merci à vous Helene Sur ce blog Noé face au déluge Transcription Ma mère est Tutsi, mon père Hutu. Fiche penseAtout, Hurtubise HMH Ma mère est Tutsi, mon père Hutu Pierre Roy Illustration de Stéphane Poulin, HMH, collection Atout/aventure, no 116, 2007, 124 pages, ISBN 2-89428-861-0, 10,95$ Résumé Je m’appelle Vincent Mugabo et j’ai 14 ans. Ma famille et moi vivons reclus, en
Comment écrire une nouvelle Bien comprendre ce qu’est une nouvelle, son format et ses consignes. Trouver une idée de nouvelle et sa ligne directrice Créer votre pitch développez la synthèse de votre histoire Construire votre plan Créer un univers et ses personnages Rédiger votre nouvelle Relire et corriger Écrire une nouvelle est un passage obligé pour de nombreux grands auteurs. De Maupassant à Lovecraft, en passant par Asimov, tous ont en commun d’avoir écrit ce type de récit. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi ? La raison est simple Écrire une nouvelle est plus facile qu’écrire un roman et presque aussi formateur. C’est un genre qui convient à tout le monde ! Les écrivains débutants s’en serviront pour apprendre à maîtriser la structure du roman et s’habituer progressivement à écrire des histoires plus longues. Tandis que les écrivains expérimentés utiliseront ce format pour tester des choses et préparer des romans plus ambitieux. Maintenant que je vous ai dit ça, comment fait-on concrètement ? Alors, je vous rassure pas besoin d’aller chez mamie voyante pour avoir la réponse. Je vous ai concocté un plan d’action étape par étape. Comment écrire une nouvelle est un article invité de Martin, du blog Narration et Caféine. 1. Écrire une nouvelle qu’est-ce c’est ? Imaginez. Vous avez travaillé des jours en croyant écrire une nouvelle. Vous envoyez votre texte pour un appel à texte et paf ! Voilà que l’on refuse votre récit parce qu’il s’agit d’une novella ou d’un micro récit. C’est rageant, non ? Alors, oui, je vous entends déjà dire Martin. On s’en fout de connaître la définition de la nouvelle. Il suffit de respecter le thème demandé, suivre les consignes des concours, faire le bon nombre de mots et basta ». Oui mais… Quid si vous envoyez un texte à un magazine spontanément ? Ou si vous répondez à un appel à texte permanent ? Dans ces deux cas, on ne vous donne pas forcément de nombre de mots/signes à respecter. Et là, vous l’aurez dans le baba…mais pas de panique ! Voici une petite définition des familles qui va vous sortir de la panade. Une nouvelle est un court récit avec peu de personnages et s’apparentant au roman. Pour autant, il n’existe pas à l’heure actuel de consensus sur la taille minimum ou maximum de celle-ci mais voici une liste indicative Le micro-récit fait en-dessous de 150 mots La nouvelle comporte entre 150 et moins de 17 500 mots Le roman court/la novella commence à partir de 17 500 mots jusqu’à 40 000 mots Le roman contient plus de 40 000 mots souvent 80 000 mots et plus Ces formats peuvent varier selon les éditeurs ou les appels à texte. Ne vous censurez donc pas si vous votre texte fait un peu plus ou un peu moins. Gardez juste ces valeurs sur un coin de feuille pour ne pas trop vous éloigner des standards et tentez le coup ! Maintenant que vous en savez plus sur les formats, nous allons aborder les différentes étapes à suivre pour l’écriture d’une nouvelle. 2. Comment trouver une idée de nouvelle ? Que ce soit clair, écrire une nouvelle sans avoir de ligne directrice est une très mauvaise idée. C’est le meilleur moyen de partir sur un bon gros cliché ou ne pas finir votre texte. De grands écrivains le font parfois car ils ont acquis, au fil des années, la maîtrise de la structure et des différents genres littéraires leur permettant d’éviter ces écueils. Si vous lisez cet article, c’est que vraisemblablement vous n’en êtes pas encore là. Trouvez d’abord une idée en utilisant ces 3 techniques. a Écrire une nouvelle en partant d’un thème Je vais vous raconter quelque chose qui a bouleversé ma vie d’écrivain. Un jour, alors que je lisais Inside Story de Dara Marks, une méthode pour développer vos intrigues, je suis tombé sur un passage qui fut pour moi une révélation. C’est en lisant celui-ci que j’ai enfin compris pourquoi toutes les histoires qu’on voit au cinéma ou dans les livres nous touchent émotionnellement. Elles partagent presque toutes un ingrédient magique hyper puissant le thème. C’est à dire, le point de vue d’un auteur sur une idée à travers la narration. Concrètement, cela veut dire que votre nouvelle aura plus de chance de marquer vos lecteurs si elle donne votre point de vue sur un thème de société. Votre nouvelle constituera alors la métaphore de votre point de vue sur une idée. Votre idée peut être Un mot très large l’amour, la haine, etc Une phrase certains savoirs doivent demeurer loin des hommes dans le recueil de nouvelles Les Autres Dieux de Lovecraft Une question quelle est la différence entre l’homme et la machine ? Dans le film Blade Runner de Ridley Scott Par exemple, si votre thème est la vengeance mène à la destruction, vous écrirez l’histoire d’un héros qui cherche à se venger. À la fin vous le confronterez à un choix Soit accomplir sa vengeance et perdre l’amour de sa vie Soit laisser faire la justice et vivre une vie heureuse. Le choix que fera votre héros et les conséquences de ce choix constitueront votre point de vue d’auteur. C’est une façon de faire qui ne convient pas à tout le monde. Si vous vous sentez mal à l’aise avec cette méthode, la suivante vous plaira peut-être mieux. b Écrire une nouvelle en partant d’un genre Est-ce que ça vous est déjà arrivé de regarder une œuvre et vous dire Il a tout compris » ? Personnellement, ça m’arrive beaucoup au cinéma. Quand j’ai vu le film Deadpool de Tim Miller pour la première fois, je me suis dis Wahou ! Ce mec, il a vraiment pigé les films de super-héros ». Il y avait des références partout, des blagues sur les autres héros, Deadpool se permettait même de jouer avec la structure du film super-héroïque. Bref, un pur moment de plaisir ! Comment le réalisateur s’y est pris pour arriver à ce résultat ? Je vous parie qu’il a passé des heures à étudier le genre super-héroïque et à en noter les codes pour les détourner. Vous aussi, vous pouvez utiliser cette méthode pour écrire une nouvelle. Pour ce faire Lisez des nouvelles dans le genre qui vous intéresse fantasy, SF, romance, policier, steampunk, etc Dégagez en les codes narratifs et les idées fortes Mixez ces idées entre elles ou mixez les genres entre eux pour créer une histoire originale Vous pouvez même vous amuser à détourner les codes de ces genres ! Par exemple, dans Crépuscule de John W. Campbell, l’idée forte est qu’un agent immobilier raconte sa rencontre avec un homme venant du futur témoin de la chute de l’humanité Grosso modo, cette nouvelle mixe 3 choses un témoignage, une histoire où on remonte le temps et un soupçon de dystopie. Et ça donne quelque chose d’original ! A vous de faire fonctionner vos méninges pour nous pondre des résultats étonnants. D’ailleurs, et si vous utilisiez cette méthode avec la suivante ? c La méthode Et si… ? » Et si ? je tombais amoureuse d’un sado-maso ? la Joconde cachait un secret ? un lycéen trouvait un cahier qui pouvait tuer des gens ? La méthode Et si » est un véritable générateur de bestsellers ! Vous les aurez reconnu on tient respectivement le pitch de 50 nuances de Grey de E. L. James, du Da Vinci Code de Dan Brown et du manga Death Note de Tsugumi Ōba. La méthode Et si » consiste à penser à un élément un objet, une situation, un dialogue et à se demander Et s’il se passait ça ou ça avec cet élément ? ». Prenons l’exemple d’une porte, je pourrais me demander Et si » la porte se mettait à me parler ? elle m’attaquait ? en l’ouvrant, je changeais d’époque/de monde ? derrière cette porte, mon médecin venait de tuer sa secrétaire et l’avait caché dans son cabinet alors que je suis sur le point d’entrer ? En à peine 5 minutes, je viens de dégager 4 idées potentielles de nouvelle. Faites le test ! Prenez des objets ennuyeux et proposez vos idées les plus farfelues dans les commentaires 😉 3. Écrire une nouvelle développez votre pitch Hé, vous vous rappelez cette pub de viennoiserie qui passait à la télé il y a longtemps ? Pitch ô mon pitch quand t’as un p’tit creux ? Et bah, ça n’a rien à voir 😉 Le pitch, c’est la synthèse de votre histoire en une phrase ou un petit paragraphe. Pour le réaliser, une solution simple consiste à résumer votre nouvelle en suivant ce schéma Un personnage Dans un univers Désire quelque chose Mais est confronté à un problème Qu’il va réussir ou échouer à résoudre Avec telles conséquences Pour vous illustrer cette méthode, je vais prendre l’exemple d’une de mes nouvelles Un exemple à suivre pas à pas Il y a de cela des années, j’étais venu rendre visite à ma grand-mère dans une maison de retraite. Nous avions mangé ensemble au réfectoire et je m’étais aperçu qu’à certaines tables des gens s’ennuyaient comme des rats morts. A partir de cette observation, je me suis dis Et si un pensionnaire de la maison de retraite décidait de s’évader ? Que se passerait-il ? ». Avec cette ligne directrice, j’ai construit mon pitch J’ai inventé un personnage de petite vieille acariâtre le personnage Mise de force dans une maison de retraite l’univers Qui désire rentrer chez elle par tous les moyens le désir Mais qui est confrontée aux personnels de la maison de retraite l’obstacle principal Elle va réussir à rentrer chez elle en dupant quelqu’un avec son héritage la résolution du problème Avec pour conséquence la mort de cette personne la conséquence Au final, le pitch donnait quelque chose comme ça Une petite vieille acariâtre, mise de force dans une maison de retraite par ses petits enfants, décide de rentrer chez elle par tous les moyens. Malheureusement, le personnel de la maison de retraite ne la laisse pas faire. Elle décide donc de s’allier à un homme peu scrupuleux qui va l’aider à s’évader en échange de son héritage. Elle le tuera une fois rentrée chez elle. Comme vous le voyez, le pitch n’a pas à être beau. Il faut juste qu’il vous donne un embryon de récit minimal que vous développerez dans votre plan. 4. Le plan, votre meilleur ami pour écrire une nouvelle Je sais, vous avez la flemme. C’est littéralement l’enfer de devoir attendre alors qu’on a envie d’écrire. Mais prenez l’habitude de faire un plan avant d’écrire une nouvelle. Je vous explique pourquoi tout de suite a L’intérêt de choisir un plan Autrefois, avant que je ne devienne un peu plus expérimenté, je ne venais jamais à bout de mes projets d’écriture. J’avais toujours une nouvelle idée qui arrivait en cours de route. Généralement, je faisais une pause dans mon projet en cours et je suivais cette illumination soudaine en me jurant de revenir sur mon premier texte. Et bien devinez quoi ? Les pauses devenaient des abandons. Je passais juste de début de récit en début de récit. Ça s’est arrêté le jour j’ai commencé à faire des plans. Rédiger un plan avant d’écrire une nouvelle comporte deux bénéfices Cela vous force à élaborer une intrigue plus intéressante Cela vous entraîne à maîtriser les plans avant de passer au roman. Comme les nouvelles sont des textes courts, vous pourrez en écrire plein, plus rapidement que les romans, et vous pourrez obtenir plus vite une expérience de la structure. Pour accélérer d’avantage votre apprentissage, je vous conseille de vous fixer un objectif de travail. Par exemple Imposez-vous le challenge de tester une structure trouvée dans un manuel Ou apprenez la structure d’un genre Fixez-vous des contraintes Maintenant que vous comprenez un peu mieux l’intérêt de faire un plan. Voyons lequel choisir. b Quel plan choisir pour écrire une nouvelle ? Ça dépend de vous. Si vous êtes débutant, je vous conseille de partir sur un plan classique du type Situation initiale Élément perturbateur Péripétie Dénouement C’est un bon plan, qui peut vous donner d’excellents résultats. L’article comment écrire un roman sur ce blog le détaille déjà, donc je ne vais pas m’appesantir dessus. Consultez-le en parallèle de cet article pour élaborer votre structure de récit. Si vous êtes plus expérimenté, plusieurs choix s’offrent à vous pour écrire une nouvelle Bousculer l’ordre du récit commencer par la fin, le milieu, avant le récit, après le récit, etc. ========= Utiliser une structure fragmentée Le lecteur ne saura pas vraiment où se trouve le début ou la fin. Il devra recoller les morceaux pour reconstituer l’histoire. C’est un procédé très utilisé lors de la découverte de parchemins/d’enregistrements dans les jeux vidéos Tenter des variations de la structure classique on trouve par exemple la structure organique de John Truby ou celle plus balisée de Blake Snyder. Beaucoup de possibilités existent Expérimenter vos propres structures pour votre inspiration, Georges Perec s’est amusé dans W ou le Souvenir d’enfance à structurer son roman en deux une partie autobiographique et une partie fiction Vous souhaitez en savoir plus ? Cet aspect est aussi développé en détail dans l’article Comment écrire une autobiographie. Un seul mot d’ordre Amusez-vous ! c Combien d’événements doit-on traiter lorsqu’on écrit une nouvelle ? Je vais vous dire ma vérité Écrire une nouvelle nécessite d’être concis. Vous ne pourrez jamais développer votre histoire autant que vous le feriez dans un roman. Sur la toile, beaucoup conseillent d’organiser son histoire autour d’un seul événement. Ils ont raison. C’est simple et c’est efficace. Le problème de cette conception, c’est que vous rencontrerez plein de nouvelles avec pleins de micro-événements et vous risquez de vous dire Mais mince, c’est quoi l’événement principal ? » Typiquement, dans la nouvelle Le Silence Blanc de Jack London, il se passe plein de choses. L’auteur nous présente un pari, un départ difficile, un incident de piste, une attaque de chiens, etc. Bref, on s’y perd. Ce que je vous conseille plutôt, c’est de faire en sorte que chaque événement fasse avancer le schéma narratif situation initiale, élément déclencheur, etc.. Chaque scène doit créer un obstacle de plus en plus important pour le protagoniste jusqu’à la résolution ou l’absence de résolution du problème du héros. Si une scène ne remplit aucun rôle sur le schéma narratif, supprimez-la. 5. Écrire une nouvelle réaliste en travaillant son monde et ses personnages a Les problèmes des personnages Quand je regarde la fiction d’aujourd’hui, je me dis qu’on a quand même de la chance. Harry Potter existe, Hannibal Lecter existe, la saison 8 de Game of Thrones existe. Note de Sophie MDR On a de plus en plus de séries, de livres, avec des personnages forts. C’est super intéressant à étudier. La seule question que je me pose c’est Arriverai-je à faire mieux ? » Ça me met la pression. J’aimerais bien un jour qu’une personne lève ses yeux d’un de mes livres et dise Je veux écrire comme lui ». Comme moi, à 8/10 ans, quand j’ai lu Harry Potter. J’aimerais vraiment ça. Alors je travaille dur. Je lis plein de choses sur la narration et les personnages. Et j’en suis venu à cette conclusion Écrire une nouvelle consiste généralement à raconter l’histoire d’un personnage qui doit surmonter un problème. Dans un roman, un personnage possède souvent 3 problèmes Externe un obstacle tangible Interne un défaut psychologique Relationnel son défaut interne ou externe entraîne des brouilles avec ses proches Dans les nouvelles, vous pourrez difficilement développer ces 3 aspects de façon satisfaisante. À vous de faire un choix Est-ce que vous voulez tenter d’utiliser ces 3 types de problèmes ? Dans ce cas, la nouvelle sera plus réaliste mais le risque c’est que vous n’arriviez pas à approfondir suffisamment. Je vous déconseille ce choix si vous écrivez un texte court. Est-ce que vous ferez l’impasse sur certains problèmes ? Vos personnages seront un peu moins riches mais vous pourrez plus développer leurs péripéties. Réfléchissez bien et assumez votre décision. Mais prenez en compte qu’un personnage n’est pas seulement la somme de ses problèmes. b Donner vie aux personnages de sa nouvelle Dans une nouvelle, il faudra limiter le nombre de vos personnages. Souvent, vous en aurez 1 ou 2, avec éventuellement quelques-uns qui font office de décor. Par contre, vous devrez faire le même travail de conception que pour le roman et concevoir des fiches personnages pour les personnages importants. La seule différence, c’est que pour la nouvelle vous ne pourrez pas tout dire. Vous esquisserez et passerez sous silence votre travail en amont. Pour autant vous ne devrez pas bâcler vos fiches car elles donneront plus de profondeur à vos personnages. Voici une liste de choses auxquelles s’intéresser quand on fait une fiche perso Le passé du personnage/ses traumatismes Ses défauts/ses qualités Ses désirs/ses peurs Sa façon de penser s’il est taxi, il est possible qu’il voit le monde avec un œil de taxi Mais aussi de parler un paysan du Nord-Pas-de-Calais ne parlera pas comme un aristocrate du XVIe Son physique, sa gestuelle, sa façon de s’habiller Ses goûts/sa religion etc. Voir la méthodologie complète pour créer vos personnages dans un roman, jetez-y un œil ! Maintenant, que nous avons abordé la question des personnages. Il reste une question à résoudre c La création d’un univers dans la nouvelle Worldbuilding ou pas worldbuilding ? Il est tentant lors de l’écriture de la nouvelle de passer très vite sur l’étape de création de l’univers le worldbuilding en se disant qu’on aura pas forcément l’occasion de rentrer dans les détails. C’est une erreur. Déjà, parce que si votre univers n’est pas cohérent, le lecteur le ressentira tout de suite. Ensuite, parce qu’un univers riche donnera envie d’en savoir plus. Pourquoi pas dans d’autres nouvelles ou romans. Prenez Lovecraft, on retrouve à de nombreuses reprises dans ses nouvelles des mentions à des villes oubliées ou à des entités mystérieuses Kadath, les Dieux Anciens etc.. Ça donne envie. Non seulement votre lecteur dévorera votre nouvelle mais en plus il lira vos autres œuvres pour approfondir vos univers. Vous le comprenez, si vous avez le temps, il vaut mieux travailler le worldbuilding de votre nouvelle. Voici, une petite méthodologie pour obtenir des univers plus réalistes Faites des recherches sur l’architecture, sur les vêtements et les mœurs de l’époque Les coutumes et le rapport au climat sont très importants Inspirez-vous de la mythologie et de la religion Recherchez des anecdotes/des faits divers dans les archives saviez-vous que vous pouviez retrouver des dossiers avec des articles d’époque sur Retronews ? Dressez une carte précise des endroits où se déroule votre intrigue ce serait trop bête de situer Paris en Nouvelle-Zélande, n’est-ce pas ? 😉 Tous ces éléments, vous aideront à créer une nouvelle réaliste qui plaira d’avantage aux lecteurs. À la fin de cette étape, vous devriez obtenir un monde et des personnages crédibles. Il se pourrait alors que vous ayez des modifications à faire sur votre plan, c’est normal. Ce sont deux étapes qui s’alimentent l’une l’autre. D’ailleurs, en fonction de votre flux créatif, il est possible que vous commenciez par créer vos personnages et votre monde avant le plan. Faîtes à votre convenance. L’important est que votre nouvelle avance. Une fois le plan, les personnages et le monde finis, passez à l’étape suivante. 6. Écrire votre nouvelle Enfin ! Je ne sais pas pour vous, mais pour moi c’est hyper frustrant de devoir attendre avant d’écrire. Heureusement, j’arrive désormais à trouver du plaisir pendant la conception du plan. Mais pendant longtemps, la barbe ! Alors, je vous rassure, je vous fais pas le coup du jogging. Vous savez, ce fameux Mais si, au bout d’un moment tu vas prendre du plaisir » alors que ça fait six mois que vous crachez vos poumons par terre. Non. Comparez à la rédaction, le plan c’est chiant. On est d’accord. La rédaction, c’est le moment où vous vous confrontez vraiment avec votre histoire. Ce moment, c’est VOTRE MOMENT. a Écrire une nouvelle Par quoi commencer ? Ça y est, vous êtes sur les starting blocks. Votre ordinateur est allumé. Il n’attend plus que vous. Et paf ! Vous bloquez sur la première page. Vous ne savez pas quoi écrire. Et là, panique ! Vous vous triturez les méninges, vous écrivez quelques lignes, que vous supprimez aussitôt. Cela fait une heure et votre page est désespérément vide. Que faire ? Laissez-moi vous aider. Un élément mystérieux Le meilleur moyen de bien commencer l’écriture une nouvelle est d’introduire un élément intriguant dans le premier paragraphe du récit. Cet élément intriguant peut-être un mystère qui courra tout le récit. Par exemple, dans le premier paragraphe d’Herbert West, Réanimateur de Lovecraft, on trouve De Herbert West, qui fut mon ami à l’université comme à la ville, je ne puis parler sans une irrépressible terreur. Cela est dû davantage au travail étrange auquel il avait consacré sa vie qu’à la manière sinistre dont il a disparu voici peu de temps. Ce mystère n’est pas obligé de courir tout le livre, il peut aussi servir d’accroche uniquement pour quelques paragraphes/quelques pages. Dans Flûte, flûte et flûtes ! Asimov introduit le personnage de l’oncle Otto en créant un petit mystère local. Plutôt que d’écrire L’oncle d’Otto entra dans ma boutique. Il portait un costume trop petit. Il crée un petit suspens en ne révélant pas tout de suite qui est rentré dans la boutique. Voyez plutôt Ce fut le smoking qui me trompa et, pendant deux secondes, je ne le reconnus pas. Pour moi, ce n’était qu’un client éventuel, le premier à franchir ma porte en une semaine…et il avait fier allure. Même en portant un smoking à dix heure moins le quart …. Puis, j’ai regardé son visage, et ce n’était pas du tout un client. C’était mon oncle Otto. Le petit mystère trouve sa réponse au paragraphe 3. Le paragraphe intermédiaire est volontairement descriptif pour retarder l’annonce et renforcer le suspens Ça y est, vous savez comment réussir le début de votre nouvelle à coup sûr. Voyons maintenant ce qu’il en est du milieu. b Écrire le milieu de la nouvelle Beaucoup de gens n’arrivent pas à gérer le milieu de l’histoire. Cela tient au caractère très large de péripétie ». On ne sait pas trop quoi en faire. Quel type d’événement faudrait-il mettre ? En quelle quantité ? On ne sait pas trop. Blake Snyder propose une méthode de scénario que l’on peut transposer aux nouvelles. Il s’agit D’alterner les moments négatifs et positifs dans les scènes de votre nouvelle afin de balancer le cœur du lecteur entre crainte et espoir De varier l’intensité des événements Voici un exemple pour une comédie romantique La rencontre avec un/une inconnue positif ….Mais malheureusement, le protagoniste se rend compte qu’il a oublié de prendre son numéro négatif Heureusement, une vague connaissance connaîtrait cette inconnue positif - Le problème, c’est que cette connaissance est journaliste et a embarqué pour un pays en guerre négatif + Gardez quand même en tête de suivre votre schéma narratif. Dîtes-vous, que vous avez le droit entre une à trois scènes par étape de votre plan situation initiale, péripétie etc.. Sachant que les péripéties sont souvent la partie la plus large de la nouvelle. L’élément déclencheur et la chute, eux, comporteront une seule scène pour accentuer leur impact. c Écrire la chute de votre nouvelle La chute, c’est la fin de votre histoire. Elle se déroule à la fin du dénouement. A ce moment, nous savons enfin si oui ou non le protagoniste a surmonté son problème. Il existe plusieurs types de chutes La chute mystérieuse Dans ce cas, la fin soulève une interrogation. Exemple On ne verra jamais les horreurs observées par Barzai le Sage dans la nouvelle Les Autres Dieux de Lovecraft. La chute ironique Il s’agit d’installer une sorte de revers du destin. Typiquement, c’est le cas dans La main de Maupassant. Un lord anglais se fait assassiner par la main qu’il a tranchée. Une ironie du sort qui fait réfléchir… Ce type de chute fonctionne particulièrement bien avec toutes les histoires impliquant le destin. Dans le mythe d’Oedipe, un oracle prédit qu’il tuera son père et épousera sa mère. Ces parents feront tout pour déjouer la prophétie et, en tentant de l’empêcher, ils la réaliseront. Ironie du sort il ne se serait probablement rien passé si les parents n’avaient pas cherché à connaître le futur. Le revirement de situation Surprise ! Ce que vous croyez être vrai pendant toute la nouvelle ne l’est pas. Un meurtrier s’avère innocent, un homme sincère s’avère être un dangereux manipulateur, etc. La révélation On apprend quelque chose qui nous a été caché sur l’un des personnages ou l’univers. Par exemple, dans la nouvelle La tombe de Lovecraft, un garçon s’avère être la réincarnation d’un aristocrate anglais. la chute conclusive C’est la chute classique. Elle répond à toutes les questions soulevées par l’intrigue. Elle se termine par l’accomplissement ou l’échec de la quête du héros avec ses conséquences. Voilà pour ce panorama des chutes. Bien sûr, il en existe d’autres, des loufoques, des chutes qui font réfléchir sur le monde ou qui sont très personnelles à un écrivain. On peut même combiner ces chutes. À vous d’expérimenter ! Pour aller plus loin, découvrez 70 types de chutes inattendues article en anglais, mais ça vaut le coup ! Une fois cette étape terminée, il ne vous restera plus qu’une chose à faire. 7. Relire et corriger votre nouvelle Vous voilà arrivé à la fin. Champagne ! Il existe un mythe tenace celui de l’écrivain qui écrit un texte parfait du premier coup. Alors ok, ça pète la classe. Mais c’est un mythe. Un texte de niveau professionnel demande de la relecture et beaucoup de corrections. Par là, je n’entends pas l’orthographe mais tout ce qui concerne le récit ou à le style. Si une scène ne joue aucun rôle sur le schéma narratif, coupez-là. Si votre intro est un peu molle, tentez de la dynamiser avec un mystère ou un peu d’actions. Testez plusieurs approches et gardez ce qui fonctionne le mieux. Félicitations ! vous avez fini votre nouvelle. Prenez un café. Ou ce que vous voulez. Parce que franchement vous le méritez. Personnellement, j’adore manger des trucs quand je finis un projet. Et vous ? C’est quoi votre rituel de fin d’écriture ? PS Si vous voulez épater vos lecteurs, tentez d’écrire une nouvelle en lipogramme. Ça vous fera peut-être gagner un appel à texte. Attention, challenge assuré 😉 Un gros merci à Sophie pour le super accueil sur son blog. Ciao tout le monde 🙂 Ancien juriste, qui a connu pas mal d’échecs avec l’écriture, j’ai développé au fil des années un savoir faire qui m’a permis de passer le cap du premier roman. Depuis, j’ai écrit de nombreux textes et j’ai même été publié à la suite d’un concours. Je vous partage cette expérience sur mon blog
Voicile résumé: Je m'appelle Fred, je suis orpheline depuis que j'ai trois ans. Mes parents sont morts de ma faute, et ma tante chez qui je vis me le fait toujours remarquer. Depuis que je suis toute petite ma vie est une galère, pourtant, je vais apprendre à apprivoiser cette vie, à m'y faire, grâce à des personnes que je vais rencontrer sur le chemin de ma vie, alors que Les avis des petits Mômes - Ce livre est une merveille pour celui qui comprend l'état actuel de ce monde comme pour celui qui ne fait que le découvrir. Il est assez juste de dire qu'il faille avoir un minimum de connaissances culturelles et un certain vécu pour le comprendre, ne serait-ce que pour l'allusion aux petites guerres, mais il est quand même très abordable. Plein de subtilités dans cette fiction, qui reflète bien plus un état d'esprit moderne qu'un Age en particulier, elle nous arrache un petit sourire aux coins des lèvres. Ha ! ce leitmotive tellement bon du Back to the trees! Back to nature! Pour un peu, on en redemanderait. Cela dit, je comprends que certains l'aient trouvé "nul", après tout c'est une histoire de goût et je pense que l'âge du lecteur compte pour beaucoup. Tout le monde ne se pose pas non plus de grandes questions existentielles. Néanmoins, je vous conseille vivement d'y jeter un oeil un peu moins dégouté car ce livre aborde des questions éthiques, sociales, économiques voir philosophiques etc. et montre du doigt ce qui pose problème encore aujourd'hui. Utile pour prendre un peu de distance vis à vis du monde dans lequel on vit. Et puis ! Pour une fois qu'une personne tente d'en parler avec un humour et une écriture qui est somme toute plutôt agrèable, forcez vous un peu au début, le travail ça paye un jour ou l'autre. Essayez de mettre de côté le fait que le prof vous a dit de le lire parce que c'est au programme, autrement vous allez passer à côté d'un truc - Eh bien moi je ne suis pas d'accord avec tous ceux qui disent que ce livre est nul , car j'ai eu plusieurs fiches de lectures à faire au cours de cette année et je peux vous dire qu'à côté de L'Enfant, de Jules Valles ou bien La vie, de Maupassant, Pourquoi j'ai mangé mon père c'est exellent bien sûr je ne suis pas morte de rire mais j'ai souri, c'est déjà ça ! Je l'ai lu en quelques heures pas comme 'L'Enfant que j'ai lu en plusieurs jours voire semaines !!! Je vous recommande ce livre si vous ne savez pas quoi lire !!!- J'ai lu seulement quelques pages de ce livre et il ne m'inspire pas du tout! Le problème est que je dois répondre à cette question "En quoi ce roman est-il un apologue? " pour le 27 février! Alors si vous pouviez m'aider ça serait super sympa! merci - C'est vrai que au début les 4 premiers chapitres on comprend pas vraiment mais en fait après ça va beaucoup mieux... et puis ceux qui disent que c'est nul, c'est soit qu'ils n'ont rien compris à l'histoire soit ils n'ont pas beaucoup de culture - Bonjour je dois faire un petite présentation sur l'art du discours dans Pourquoi j'ai mangé mon père, pouvez-vous me donner quelques indications pour me mettre sur la piste? Merci - svp aidez moi!!! je dois faire un résumé rapide du livre, la présentation des personnages principaux, le message de l'auteur répondez-moi - Roy Lewis 1914-1996 était un journaliste et sociologue anglais. Il a vécu en Australie de 1938 à 1946, il était ami avec un ethnologue qui l'a amené à s'intéresser à l'homme primitif et à ce qu'il pouvait de nous apprendre de nous même. Il s'inquiète des risques de l'armement nucléaire et problème de l'éthique qui doit maitriser les conséquences des progrès scientifiques. D'où cette parabole sous forme de roman ayant pour cadre une tribu de pithécanthropes d'Afrique et s'interrogeant sur les limites à poser aux avancées techniques. Un narrateur Ernest, personnage de la fiction fait à ses enfants le récit de la grande aventure qui fit passer sa famille de l'état de horde animale à l'état de tribu humaine. Principal héros Edouard. Lieu Afrique orientale lieu de découvertes des premiers hommes Lucy. Époque le pléistocène. Si quelqu'un pouvait m'aider à répondre à ses questions ce serait génial 1 L'homme civilisé est-il un homme dénaturé? 2 L'homme et les techniques jusqu'où peut-on maitriser la nature? Les expériences innovantes sont-elles dangereuses? 3 L'homme est-il le responsable des progrès de l'espèce toute entière? Doit-il partager ses découvertes? En est-il propriétaire? 4Le contrôle de l'instinct sexuel fait-il progresser intellectuellement l'homme? Le bonheur naît-il de la facilité? Merci - Ce livre est vraiment génial et très drôle. - Est-ce-que le fait de manger son père est une étape nécessaire à l'accomplissement de l'être? L'Humanité a évolué en passant par ce stade "antropophagique" et l'être humain ne devient-il adulte qu'à la mort de son "modèle"??? Bonne nuit. - Ce livre est absolument génial ! Ceux qui disent qu'il est pourri» n'ont rien compris au message que l'auteur veut nous donner ! Enfin... Je le conseille à tout le monde, à lire pour le plaisir ! Mais aux personnes ayant une certaine culture ! - Moi je dois résumer chaque chapitre et franchement il est pourri. Vous savez quoi, j'ai lu les 5 premiers chapitres et tellement que c'est nul j'ai tout oublié l'histoire. [...] - Vous n'aimez pas ce livre; très bien. Mais l'avez-vous lu au moins? Et en quelle classe êtes-vous? Franchement, si vous êtes au collège, c'est un peu dur, sauf pour un élève assez à l'aise dans la chose littéraire. Pourquoi j'ai mangé mon père est une oeuvre passionnante, mais elle mérite des explications, et vous les recevrez en classe. Mais si vous voulez en profiter, faites d'abord l'effort de lire. Sinon vous ne capterez rien au film. Reconnaissez aussi que vous vous y prenez un peu tard pour faire ce travail. N'oubliez pas non plus que tout ne peut pas être "facile" en classe, car le rôle d'un prof de français est de vous faire découvrir des oeuvres que vous n'auriez pas l'idée d'aller chercher tout seul. Pas de sombrer dans la démagogie en choisissant des oeuvres style BD, sans texte, qui vous induiraient en erreur quant à votre niveau. Si vous n'aimez pas ce livre aujourd'hui, vous le comprendrez peut-être un peu plus tard. Ce n'est pas grave si vous sautez des pages, pas grave si vous ne le finissez pas. Mais ne dites pas "c'est nul". Nul, c'est ce qui n'existe pas. Or ce livre existe, et il vous gêne. Vous ne l'aimez pas, il vous rendra service en ce sens qu'il vous aidera à prendre conscience de ce que vous aimez ou pas. Et c'est un beau cadeau à vous faire que de vous aider à former votre choix. Si on ne vous fait étudier que ce que vous aimez, comment saurez-vous ce que vous aimez ? Bonne chance pour l'étude de ce livre. Et pour votre fin d'année. Nicole. - Ce livre est génial si on a la patience de le lire - Je n'ai pas tout lu mais c'est pour l'instant très sympathique. C'est plein d'anachronismes et j'aime bien ça . - Et bien que dire de plus.... .. à part que je remercie ceux qui ont créé le site car il est vraiment utile. Pour ma part je dois rendre mon travail de fin de réthorique sur ce livre mais pour tous ceux qui sont dans le même cas que moi, il existe l'analyse du livre en format pocket 200 pages mais le problème c'est que je ne trouve nulle part de biographie sur Roy Lewis si quelqu'un pouvait m'aider ce serait sympa. Je dois rendre le travail le 10 mai 2004. - Salut j'aurais besoin absolument du resumé de Pourquoi j'ai mangé mon père s'il vous plait car j'ai acheté le livre aujourd'hui mercredi 28 avril 2004 et j'ai un contrôle dessus le vendredi 30 avril s'il vous plait répondez moi - C'est vrai que ce livre était complètement pourrave et j'ai lu seulement quand on était obligé quelques chapitres voilà franchement je déconseille à tout le monde de lire ce livre. Et puis vive l'humour avec eux !!!!! C'était pas drôle du tout. Lola - J'ai lu aussi ce livre et je trouve les 10 premiers chapitres vraiment très nuls et ennuyeux d'autant plus que le seul sujet est le feu. Mais les chapitres suivants sont plutôt pas mal et les anachronisme peuvent faire sourire. Bon j'ai dit sourire pas rire, il ne faut pas non plus en rajouter!!! Je pense alors qu'il ne faut pas juger ce livre trop sévèrement. - Personnellement ce livre ne m'a pas spécialement emballé, je trouve l'humour de l'auteur assez pathétique, il serait malgré tout fâcheux de le critiquer car ce dernier a surement fournit un travail inomable pour son oeuvre. - Déjà quand on voit la couverture on n'a pas trop l'envie de le lire ce book, alors quand on commence les premières pages sans avoir lu la préface..... et bah.... ce n'est pas ppour rien que je suis sur ce site!!! c'est logique! Impossible à lire, ne me donne aucunnement envie... alors je vais encore parcourir les pages d'internet à la recherche de résumés!!!!! Help!!! je ne veux pas le lire , je crois que je n'aurais pas la force!!!!!! C'est l'enfer il ne me reste que 8 jours pour le lire avant la rentrée et je pense que ce sera irréalisable!!! C'est encore plus dur quand vous savez que votre prof de français vous pose le plus souvent des questions assez hardes!!! Il va falloir que je fasse preuve de courage et de force!!!! Peut être fumerais je n'importe quelle substances pour réussir à lire ce livre!!!! bien que je sois pas attirée par ces drogues... mais quand il faut y aller ,faut y aller!!!!!! Bonne chance à ceux qui partage mon avis!!! - J'ai du mal à comprendre les gens qui dénigrent ce livre. Je suis en train de le lire et franchement, je le trouve facile à lire... Ne vous plaignez pas, moi je suis heureuse d'avoir un livre comme ça à lire pour l'école, c'est original pour une fois. Vous n'avez sûrement pas du endurer la lecture de la Peste de Camus ou des longues et interminables description de Zola, ni vous taper un livre de 300 pages sur la question kurde, même Proust et son Swann paraissent plus passionnant. Moi je me régale avec un livre si simple et gai. - C'est nuuuulllllll, vraiment nullll je vous dis qui peut m'aider faire une fiche de lecture pour madame Bernard svp merci je vous aime tous - Je n'ai pas lu le livre et j'ai un travail qui consiste à faire un lien avec un thème du livre et aujourd'hui ou un film ou un autre livre etc, le travail doit comporter environ 1000 mots. C'est pour lundi et je n'ai pas le temps et ni le goût de faire ce travail, puisque j'en ai plusieurs autres à faire...Si quelqu'un à déjà fait le travail, ne vous génez pas pour me l'envoyer. Merci à l'avance. - Alors... je n'arrive pas du tout à m'intéresser à ce livre... je le trouve totalement inintéressant!!! Comment voulez-vous faire un résumé d'un livre qu'on n'a pas lu qui ne vous passionne pas!!! Je pense que ce n'est pas en lisant ce genre de livres que l'on ira plus loin dans la vie parce-que qu'est-ce-qu'on en a à f.......!!! C'est tout - signé 2 filles qui bloquent sur ce livre tout pourri!!! on est véner!!! - Salut j'ai un éloge ou un blâme à faire sur ce livre est-ce que quelqu'un pourrait m'aider svp? Merci - Je dois lire ce livre pour demain 16 mars 2004 et ça ne me branche pas du tout. J'ai lu le 1er chapitre et c'est nul. Si vous devez le lire prévoyez assez de temps car c'est très ennuyeux de lire un chapitre alors tout le livre, bonne chance. "Bonne Lecture....." - C'est de la m[...] ce livre bon courage - Moi, franchement j'ai du lire ce livre pour l'école si ça n'avait pas été pour l'école je pense que je me serais bien passé de le lire !!!! C'est peut être marrant à des passages mais alors il y a des moments où mes yeux se fermaient tout seul tellement ça les fatiguaient de lire des c[...] pareilles!!! Demain je vais avoir des questions dessus par ma prof est franchement ça aussi je m'en serais bien passé!!! Pour ceux qui ne l'ont pas lu je trouve qu'ils on bien fait car moi je l'ai lu en entier et croyez- moi je n'ai toujours rien compris lol j'ai perdu mon temps pour rien !!!! voilà je vous dis salut et bon courage pour ceux qui sont en train de lire !!! lol - J'ai trouvé ce livre pourri mais vraiment pourri !! Déjà rien que le titre ne me donnait pas envie de lire alors quand j'ai commencé à lire j'ai cru que j'allais jamais finir!!!!! Bon courage à vous !!! Manu - Résumé chapitre 1 à 5 Dans notre horde de Pithécantropes, mon père découvrit et appris à manier le feu. Mon oncle n'approuvait pas ce maniemment qu'il qualifiait contre nature. Cependant le feu nous réchauffait, nous éclairait, nous défendait et chassait les habitants des cavernes que nous voulions nous appropriér. En escaladant un volcan, mon père compris comment nourrir et transporter le feu. Par hasard, il créa la lance de chasse à pointe très solide et nous n'avions plus faim. Il fit des pièges dont il s'était inspiré grâce aux crocodiles. Les femmes restaient au foyer car la chasse était plus facile. Notre éducation était basée sur la taille des silexs, la faune, la flore et la chasse. Mon père nous expliqua que notre non-spécialisation nous permettait d'évoluer. Sandrine P. Pour autre information - Super bouquin ! Ca se lit très bien et c'est franchement drôle. On peut même se retrouver dans l'histoire des personnages, par exemple le rétrograde oncle Vania qui refuse de changer ses habitudes pour essayer d'améliorer sa condition, mais aussi Edouard largement en avance sur son temps . On peut prendre ce livre comme une satire de notre époque ! Mais j'aurais quand même une critique il est où le thème de la croyance dans tout ça ???? C'est pas que j'ai un exposé à faire mais presque ! Je me répète super bouquin ... - Moi c'est un livre qui ne me plaisait pas du tout au début et puis de pages en pages il m'a fait sourire avec tous les anachronisme présents dans certains passages. Après c'est chacun son propre avis de toute façon... Bonne lecture - Je trouve ce livre un peu beaucoup bizarre. Je dois faire un résumé et je crois qu'il faut sauter la plupart des passages et je trouve ça dommage car le plus intéressant dans ce livre sont les anecdotes et les petites histoires . Au final je trouve ce livre fait pour des personnes peut-être plus âgées que moi +15 ans car je sens qu'il y a une morale à ce livre gargantuesque et drôle malgré tous les reproches qu'on pourrait lui faire. - Moi j'ai trouvé ce livre très marrant mais il est vrai qu'il n'est pas réaliste cependant je dois faire un big travail dessus et je remercie ceux qui ont créé des sites dessus - Ce livre est franchement nul je vois pas pourquoi les prof nous font faire des résumés de livres. Les mot sont compliqués et il est très ennuyeux. Il y a trop de passages descriptifs. Le résumé dit pourtant que ce livre est marrant je ne vois pas du tout où vous voyez que c'est drôle - Ce livre est une abomination, créé dans l'unique but de nous faire perdre la tête. Je ne perçois toujour pas l'intérêt de ce livre si ce n'est que l'on s'endort plus rapidement que d'habitude lorsqu'on le lit... bonne chance! - Ce livre j'ai même pas envie de le lire rien qu'à la tête de Tchita !.!.! - Quand je pense que j'ai choisi d'étudier ce livre! À part la 3ème de couverture il n'y a rien sur l'auteur. Bonne chance à tous! Alex - Ce livre est vraiment très bien mais c'est un livre sur lequel on ne doit pas survoler les pages car il y a des passages auxquels il faut bien s'accrocher aux lignes... C'est son titre qui m'a attiré. C'est vrai pourquoi un homme pourrait-il manger son père? Ce livre est assez comique donc de le lire n'était pas désagréable. Si on me demande quel livre choisirais-tu la prochaine fois? Ma réponse sera... "Pourquoi j'ai mangé mon père" - Ce ivre n'est vraiment pas réaliste, les personages découvrent le feu, le dessin et tout ça en 2 mois pas plus! En plus y a des mots qu'on ne comprend pas du tout! Des noms d'animaux tous bizarres... enfin moi j'ai des tonnes de questions sur ce livre et je ne trouve pas de site avec des questions sur lui... - Je pense que ce livre est super bien mis à part qu'il y a des mots compliqués. J'ai une fiche de lecture à rendre est-ce que quelqu'un pourrait me faire parvenir le résumé s'il vous plait - C'est de la grosse m[...] il est très ennuyeux. Excusez ma vulgarité mais il n'y en a pas d'autres capables de resumer ce fichu livre - C'est nul et je vois que je ne suis pas la seule à galérer pour un dossier sur ce livre de m[...]! - Je dois rendre une dissertation pour lundi dont le sujet est "on a dit que ce roman était une fable humaniste. Etayer cette affirmation." J'arrive pas à terminer le livre et je vois pas en quoi ce serait une fable HUMANISTE! - Ce livre est génial. - Pourquoi j'ai mangé mon père... Ce livre, je trouve est vraiment très spécial, je trouve qu'il n'est du tout structuré et cette vision de l'homme préhistorique qui connait le futur n'est pas terrible - Pourquoi j'ai mangé mon père... Ce livre, je trouve est vraiment très spécial, je trouve qu'il n'est du tout structuré et cette vision de l'homme préhistorique qui connait le futur n'est pas terrible - Non, ce n'est pas un roman autobiographique... Bienvenue en préhistoire ! "Pourquoi j'ai mangé mon père" raconte l'histoire d'un clan de pithécanthropes, composé de personnages hauts en couleurs, qui ont chacun leur propre opinion de l'évolution que prône le chef de clan. Entre son père, dont l'unique but est d'atteindre enfin le miocène; son oncle Vania, vivant encore dans les arbres, qui apprécie la chaleur du feu tout en la trouvant anti-naturelle; toute une ribambelle de frères, - dont un qui capture les ombres sur les murs et un autre qui veut élever les chiots à défaut de les manger -; et la tribu de femelles qui ne pense qu'à posséder une grotte confortable, Edouard, le narrateur, ne sait que penser de tout ça. Le bouquin est hilarant, truffé d'anachronismes réjouissants, dans la narration notamment, mais aussi dans les dialogues des personnages, que l'on surprend à parler de leurs positions politiques, mais surtout de leurs repères dans la préhistoire hum, untel animal n'existe pas encore, nous ne sommes donc pas rendu au miocène... Les efforts considérables fournis par le père pour se hisser à l'époque supérieure et enfin atteindre le premier des modèles Homo témoignent d'une grande question pas tout à fait résolue par les spécialistes mais bon sang, qu'est-ce qui a fait que nous avons évolué à ce point-là ? Comment ces évolutions se sont-elles déroulées ? Pourquoi les hommes ne sont-ils pas restés sur leurs acquis ? Avis à ma prof de philo au lieu de contourner la question, pourquoi ne pas essayer d'y répondre? Bref, "Pourquoi j'ai mangé mon père" et à la fin on apprend effectivement pourquoi ce génial inventeur a été dévoré par sa progéniture met en lumière cette période peu étudiée qu'est la préhistoire, ce qui constitue donc une très bonne initiation aux cours de... CE2, puisque si je me fie à ma mémoire, c'est la seule et unique fois dans le packaging scolaire qu'on aborde la préhistoire. Roy Lewis est donc à la préhistoire ce qu'est Christian Jacq à l'Egypte vue seulement en 6e. Oui, j'aime les comparaisons hâtives. Plus sérieusement, ce livre est très bien renseigné et établit tout un tas de repère dont on ne se souviendra jamais, mais qui sont toujours intéressants à savoir sur le moment. Un roman atypique, aux éditions pocket. - Je le trouve super dans les passages où je comprends ou quand c'est marrant par exemple, la chasse à la femelle mais il y a des moments où je comprends rien et c'est très désagréable à lire. - ok d'accord ... mon avis? Ce livre est peut être bien. Si je l'avais lu ça aurait eté mieux pour vous dire des choses dessus... moi j'ai une fiche de lecture à rendre dessus pour demain et je galère à la recherche d'infos... genre un résumé ou une biographie de l'auteur Roy Lewis Voila voila si vous en avez n'hésitez pas à me les donner !! merci d'avance ! Ranikette - Ce livre a été adapté par un ami et moi même au théâtre. Non seulement ce livre est un plaisir à parcourir mais à travailler, c'est un régal. La piéce est un réussite, et je dois dire que nous avons un grand plaisir à travailler chaque page de cette oeuvre. M. Roy Lewis nous offre une oeuvre sans pareille La Guerre du Feu s'amuse. - J'ai eu à lire ce livre il y a maintenant un peu moins d'un mois mais je n'ai pas pu finir le premier chapitre j'ai une fiche de lecture à rendre et je dois me dépêcher de trouver un résumé !!! - Je voudrais avoir le résumé de ce livre svp - Franchement j'ai lu une page du livre "Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis, ce livre il est trop pourri... On comprend rien à l'histoire, tout est embrouillé, les personnages ne sont même pas présentés, le vocabulaire est beaucoup trop compliqué des mots comme bronthosaure, pléistocène j'en passe et des meilleurs. En plus je dois faire un exposé dessus pour lundi... Dans l'attente d'une réponse...- Salut ! moi j'ai trouvé ça, maintenant à toi de voir si ça parle bien de ça car je n'ai pas lu le livre ! lol o Jean-Claude Froelich - Pourquoi j'ai mangé mon père ? 1960 1993 "Quelque part dans la savane africaine, Edouard est un Pithécanthrope insatisfait de sa situation de charognard frugivore. Snobant l'Australopithèque, primate encore mal dégrossi, et quelque peu inquiet du raffinement des industries lithiques développées par son voisin du Nord, le rugueux Néandertalien, Edouard est bien décidé à faire son petit bonhomme de chemin sur la route jonchée d'épreuves de L'Evolution, quitte à changer d'espèce s'il le faut. Alors, Edouard observe, expérimente, organise, cogite. Sorte de Professeur Tournesol du pléistocène moyen, il réussit presque à maîtriser le feu et avec ses enfants, il met au point, avec une foi inébranlable envers le Progrès, la fourrure amovible, l'exogamie, le rôti de boeuf, l'orchestre symphonique, les traités de paix, l'art figuratif, l'arc et les flèches, les discours à la fin des repas de famille... Le reste de la horde suit avec enthousiasme ou méfiance tandis que le vieil oncle Vania, un peu réactionnaire, garde pour seul mot d'ordre Back to the trees ! ». Roy LEWIS résume en 180 pages, en un conflit de générations, quelques centaines de milliers d'années qui mèneront l'Homo erectus vers un sapiens qui refermera ce livre dans un grand éclat de rire". Eric Lulé - "Mon avis - Livre que j'ai déjà lu plusieurs fois tellement je trouve l'histoire bien écrite et hors du commun. En effet, c'est assez bizarre de suivre les découvertes et expériences de notre ancêtres pendant la préhistoire de cette manière vu qu'ils ont un langage plutôt actuel pour nommer les choses. Et tout ce qui se passe paraît très actuel aussi, et ce malgré la période où se déroule l'histoire - Le résumé - Ta saloperie de feu va vous éteindre tous, toi et ton espèce, et en un rien de temps, crois-moi ! Yah ! Je remonte sur mon arbre, cette fois tu as passé les bornes, Edouard, et rappelle-toi, le brontosaure aussi avait passé les bornes, où est-il a présent ? Back to the trees ! clama-t-il en guise de ralliement. Retour aux arbres !" Les inventions et mésaventures d'Edouard, hominien de génie, auquel s'oppose son frère Vania, un écolo de la préhistoire, narrées avec les tics de langage de nos modernes ethnologues".- "Aux âges obcurs de la préhistoire, les hommes encore à demi-singes sont parvenus au point critique de l'évolution, sur le seuil de l'humain et s'efforçent de le franchir. Les uns veulent s'affranchir de "la marâtre nature" pour inventer l'outil, le feu ; les autres, effrayés, veulent perpétuer leur existence de singes arboricoles. Ainsi nous sont contées les inventions et mésaventures d'Edouard, hominien de génie, auquel s'oppose son frère Vania, un écolo de la préhistoire..."Phoenix
Coucou Ici, mes histoires seront postées, chapitre après chapitre, histoire après histoire. Peut-être y aura-t-il des OS (One-Shot). Chacune sera dans le fantastique, si vous détestez ce style de lecture, veuillez ne pas lire^^ Il y aura cependant toujours une histoire autour^^ Bonne lecture, et vive les commentaires ! Bisoux
Noé Petit vit à la campagne avec ses parents. Il est souvent seul et s'ennuie un peu. Un soir, un coup de téléphone du commissariat lui annonce la... Lire la suite 7,50 € Neuf Poche En stock 7,50 € Ebook Téléchargement immédiat 5,49 € En stock en ligne Livré chez vous à partir du 23 août Noé Petit vit à la campagne avec ses parents. Il est souvent seul et s'ennuie un peu. Un soir, un coup de téléphone du commissariat lui annonce la mort d'un certain Armand Petit. Noé apprend alors que son père avait un frère aîné qui vivait depuis quinze ans comme un clochard. Epris de liberté et de voyages, Armand était passionné de poésie. En se laissant porter à son tour par les poètes que son oncle aimait, Noé cherche à comprendre qui était cet homme à la dérive. Date de parution 15/04/2013 Editeur Collection ISBN 978-2-7485-1294-6 EAN 9782748512946 Format Poche Présentation Broché Nb. de pages 88 pages Poids Kg Dimensions 12,0 cm × 18,0 cm × 0,8 cm Biographie de Yves Grevet Yves Grevet est né en 1961 à Paris. Il est marié et père de trois enfants. II habite dans la banlieue est de Paris, où il enseigne en classe de CM2. Il est l'auteur de romans ancrés dans la réalité sociale. Les thèmes qui traversent ses ouvrages sont les liens familiaux, la solidarité, la résistance, l'apprentissage de la liberté et de l'autonomie. Tout en restant fidèle à ses sujets de prédilection, il s'essaie à tous les genres. Méto est une trilogie de science-fiction, Seuls dans la ville entre 9 h et 10h30, un roman d'enquête et L'école est finie, un court récit d'anticipation et de politique-fiction. C'était mon oncle ! est le roman qui l'a fait connaître.
Chapitre14 Plan et Retrouvailles Victoria me raccompagna chez moi avec sa voiture blanche. Elle ne voulait pas rentrer avec moi, elle voulait surement rester avec ses parents se que je comprenais. Quand je rentrais dans le salon, mon père et ma mère étaient entrain de lire des magazine, Bryan jouait à la console et Chad lisait un script de ma L'histoire est écrite sous la forme d'une confession d'adultehommes devant un petit garçon. Il était une fois, l'auteur a connu une querelle sérieuse avec son neveu, Zhenya. Dans ce travail il s'adresse précisément à lui, en essayant d'expliquer au garçon, et à lui-même pourquoi il se comportait de cette façon à ce Bunin "Figures". Résumé du chapitre 1-2L'auteur appelle le garçon un joker qui, sansfatigué du matin au soir crier et courir dans toutes les chambres. Mais d'autant plus touchant pour lui, pour un homme adulte, ces moments sont vus lorsqu'un enfant, s'étant calmé, s'accroche à lui, ou quand il l'embrasse impétueusement après la réconciliation. Le soir, le garçon s'est excusé auprès de son oncle et lui a demandé de lui montrer les chiffres. Depuis le matin l'enfant s'est fait virer avec le désir que lui ait acheté un étui à crayons, des crayons de couleurs, il a écrit un magazine pour enfants. Mais mon oncle n'avait pas envie d'aller en ville pour acheter tout ça. Il a dit que c'est aujourd'hui le jour royal, tout est fermé. Alors le garçon a demandé au moins des chiffres à que le gamin ne se rappellera pas quand il sera grand, comme il a quitté la salle à manger avec un visage très triste après une dispute avec son Bunin "Figures". Chapitre 3Dans la soirée, Zhenya agité est venu avec un nouveau jeu rebondir et en même temps crier sonore dans le temps. Maman et grand-mère ont essayé de l'arrêter, mais il n'a pas réagi. Darcy répondit à la remarque de son oncle. Il pouvait à peine se retenir de rougir. Mais après le saut suivant et crier oncle se leva, il a crié au garçon, saisit sa main, giflé et poussé hors de la des "Chiffres" Bunina IA Chapitre 4 De la douleur et de l'insulte, Zhenya a commencé à crier à la porte. D'abord avec des pauses, puis sans s'arrêter et avec des sanglots. Puis il a commencé à jouer avec les sentiments, appelez. Mon oncle a dit que rien ne lui arriverait, ma mère a essayé d'avoir le sang froid. Seules les lèvres de ma grand-mère tremblaient, elle se détournait de tout le monde, mais était attachée, n'aidait pas. Zhenya a réalisé que les adultes ont aussi décidé de se débrouiller seuls. Il ne pouvait plus pleurer, sa voix était enrouée, mais il continuait à pleurer de toute façon. Déjà mon oncle voulait aussi ouvrir la porte de la crèche et arrêter cette souffrance avec un mot brûlant. Mais cela ne correspond pas aux règles du comportement des adultes. Finalement, le garçon se des "Chiffres" Bunina IA Chapitre 5Oncle ne pouvait pas le supporter et regarda dans la pièce, faisant semblant,qu'il cherche un étui à cigarettes. Zhenya a joué des boîtes d'allumettes vides sur le sol. Il leva la tête et dit à son oncle qu'il ne l'aimerait plus jamais. Maman et grand-mère sont également allées à lui et lui ont dit que ce n'était pas bon de se comporter ainsi, que nous devions demander pardon à mon oncle, sinon il irait à Moscou. Mais Génie s'en fichait. Les adultes ont de nouveau commencé à l' des "Chiffres" Bunina IA Chapitre 6 Dans la pépinière, c'était déjà sombre. Zhenya a continué à déplacer les boîtes sur le sol. Ma grand-mère a commencé à murmurer à lui qu'il était impudique, que son oncle ne lui achèterait pas seulement des cadeaux, mais le plus important, il ne montrerait pas les chiffres. Cela a désinhibé Zhenya. Il y avait des étincelles dans ses yeux. Il a demandé de commencer bientôt. Mais mon oncle n'était plus des "Chiffres" Bunina IA Chapitre 7 Zhenya a finalement présenté ses excuses à son oncle, a déclaré queIl l'aime aussi, et il a cédé et a ordonné de porter des crayons et du papier à la table. Les yeux du garçon brillaient de joie, mais il y avait aussi de la peur en eux mais soudainement il changerait d'avis. Avec plaisir sous la supervision de son oncle, Zhenya a montré ses premières figures sur papier.
Résumédu document. 1930 : misère, épidémie + description de sa petite famille. Les jours se ressemblaient désespérément et ne lui apportaient jamais rien. Mais pour la 1re fois, il
Je tiens à préciser que tous les lieux sont inventés ainsi que les personnages. Résumé Au lycée ***** *****, il y a un jeu. Un jeu qui casse toute ta popularité. Celui du Action ou Vérité. Peu importe ce que tu choisis, tu peux être sûr de finir comme une mauviette. Les créateurs de cette histoire ? Le Quatuor. Riley Taylor, Swan Jones, Marley Robinson et Warren Williams. Lorsque Kylie Patel, jeune fille à la confiance détruite, arrive au lycée, elle devient la cible numéro 1 du Quatuor. C'était sans compter sur les sentiments... Je précise que certaines scènes de violence ou de suicide peuvent choquer un jeune public. Prologue La voiture freina brutalement sur le goudron. Une jeune fille sur la banquette arrière se cacha entre ses bras. - Pourquoi tu m'écoutes jamais, bordel ? hurla l'homme au volant, je t'avais dit de ne pas t'attacher ! - Je sais, Eden, je sais et je suis désolée. Pardon, pardon, pardon... Elle se confondit entre ses pleurs, ses excuses et le dénommé Eden reprit le volant de la voiture. - Eden, Eden, freine ! On va se faire tuer... - Kylie ! Butin ! J'en ai rien à faire ! Tout ce qui compte, c'est que tu rentres à la maison, loin de ce butin de canard ! - Eden ! FREINE ! T'es en sens inverse ! Y'a une voiture ! hurla Kylie en se levant pour prendre le volant des mains de l'homme et de brutalement tourner. Ce fut de toute justesse mais pas assez. Kylie fut projetée contre la portière, des bouts de verre s'enfoncèrent dans ses bras lorsque la voiture en face leur rentra dedans puis plus rien. Partie 1 Bombe à retardement Chapitre 1 Nouvelle école, nouveau jour Quelques mois plus tard... - Kylie ? Réveille-toi, murmura une voix. Kylie ouvrit péniblement les yeux. Elle se leva en soupirant. Sa mère l'embrassa sur le front. - C'est un nouveau début. Le lycée où tu es inscrite est réputé pour de très bonnes notes au baccalauréat. - Maman... Je m'en fiche de ça, je veux juste... - Ce n'est pas une raison pour que tes notes baissent. On n'a pas déménagé pour rien Kylie. On a déménagé pour que tu l'oublie, pour que tu les oublies. - Ferme-la, tu me comprendras jamais de toute façon ! hurla Kylie, maintenant en pleurs. Elle s'enferma dans la salle de bain et prit une douche rapide avant de se maquiller pour cacher ses pleurs. Kylie descendit ensuite en bas et prit une banane et son sac avant de sortir de son appartement. Le lycée se situait à 20 minutes à pied et elle arriva de justesse avant la sonnerie. Elle alla à l'administration qui devait lui donner son emploi du temps, ses codes Pronote et son carnet de liaison. La surveillante qui l'y amena dit se nommer Maëva. Elle avait des cheveux lisses et une coloration à la manière de Billie Eillish. - Bonjour, Mlle Patel. Patientez ici je vous prie, le principal-adjoint vous recevra d'ici peu, annonça Maëva. Kylie s'assit sur une des chaises du couloir et patienta. Au bout de quelques minutes, elle entendit des cris et quelqu'un sortit en trombe du bureau. Il commença à s'en aller à grandes enjambées avant de s'arrêter devant Kylie. Cette dernière en profita pour le détailler. Il avait des cheveux courts et des dessins sur le crâne dessiné au rasoir, des yeux bleus très foncés et un nez qui épousait parfaitement ses traits. Kylie détourna les yeux. Il était certes beau mais rien de plus. D'ailleurs, il semblait avoir un caractère de merle... - Tiens, mais c'est que tu es nouvelle toi ! Ton rouge à lèvres a débordé, petite. - Je n'ai pas mis de rouge... - Tes lacets sont défaits, cocotte ! ricana-t-il en s'éloignant. Elle regarda ses chaussures et vit qu'elle n'avait pas de lacets. Elle soupira avant de se lever et d'entrer dans le bureau du principal-adjoint. - Ah ! Kylie Patel, n'est-ce pas ? Assieds-toi je t'en prie. Mr Brown semblait assez jovial. Kylie s'assit sur l'une des chaises en face du bureau et attendit. - Alors, Kylie, qu'est-ce que tu aimes faire ? fit Mr Brown, essayant de détendre l'atmosphère. - Un peu tout, marmonna Kylie. - Alors voilà ton emploi du temps... Kylie jeta un coup d'oeil et aperçut que sa première matière était sport. - Mr Brown ? - Oui ? - Pas de sport... - Ah oui ? - Oui, je m'essouffle très rapidement... - Aucun problème, je vais prévenir Mr Wright ! Il téléphona à quelqu'un tout en hochant la tête. Kylie regarda autour d'elle. Le bureau était plutôt vaste et bien entretenu malgré quelques feuilles volantes par-ci par-là. Le bureau formait un angle droit pour permettre d'être assez large sans pour autant prendre trop de places. - Je te donne le reste et tu iras au gymnase. Mr Wright veut que tu viennes mais tu restes assis sur les gradins. - D'accord. Mr Brown donna le reste des papiers à Kylie qui se leva. Lorsqu'elle s'apprêta à ouvrir la porte, il l'arrêta - Kylie ? - Oui ? - Ne leur laisse pas croire que tu es faible. Kylie fronça les sourcils et le principal-adjoint lui fit signe d'y aller. Chapitre 2 Le sport, ça essouffle ! Kylie entra dans le gymnase en entendant de bruits de chaînes et de ballons. Elle s'aperçut alors que les élèves faisaient du basket et que les paniers étaient en fer. Mr Wright tapa dans ses mains en la voyant entrer et s'écria - Arrêtez-vous ! La plupart s'arrêtèrent et la détaillèrent de la tête aux pieds. Kylie se sentit mal à l'aise. Quatre garçons ne firent rien et Kylie reconnut parmi eux celui qui s'était moqué d'elle. - Riley, Swan, Marley et Warren, arrêtez-vous ! - J'entends pas monsieur ! s'écria l'un d'entre eux en lançant un panier. - Warren ! Mr Wright soupira et jeta un coup d'oeil à Kylie avant de murmurer - Ne m'en veux pas. il reprit plus fort Les garçons, vos camarades ne vont pas déshabiller du regard la nouvelle tout seuls ! Quoi ? Qu'est-ce qu'il avait dit ? Elle... Elle ne ressemblait pas à une bute quand même ! - Où ça une nouvelle ? s'écria celui qui avait fait un panier un peu plus tôt, Warren semblait-il. Ils tournèrent enfin son regard vers elle. - Vas-y, présente toi, lui intima Mr Wright. - Euh... je m'appelle Kylie Patel, dit-elle simplement en sentant ses joues s'empourprer. Les autres la regardèrent, sans une once de sympathie avant qu'un des quatre garçons ne dise - Elle a fini ? Elle est pas timide, la nouvelle hein ! ricana-t-il. Il s'esclaffa et le reste de la classe en fit de même. Kylie devint toute rouge et alla s'asseoir sur les gradins. Mr Wright les envoya recommencer et monta vers Kylie. - Eh Kylie, c'est rien, juste le premier jour... - Merci. Mr Wright soupira en passant une main dans ses cheveux. - Je suis le seul au courant de ce qui s'est passé y'a quelques mois... Avec Mr Brown. Kylie se tourna, les yeux écarquillés, et siffla - Ne me parlez pas d'Eden ni de qui que ce soit en rapport. - A tes souhaits, Kylie. *** Après deux heures de sport ennuyeuses, Kylie se rendit dans la récréation. Des pelouses longeaient le grillage et un large terrain de foot occupait une partie de la cour. - Salut ! Moi c'est Katie ! Et toi ? Kylie se retourna pour voir une jeune fille au teint bronzé et aux cheveux ondulés. - Moi, Kylie, je m'appelle Kylie. - Hahaha, tu sembles stressée, tu veux qu'on aille grignoter quelque chose ? A croire que grignoter était la réponse à tous les maux... Katie lui prit un Candy Up et s'assit sur un banc, Kylie l'imita. - Alors, y'a t-il des choses que je dois savoir au sujet de cette école ? - Ne t'approche pas du Quatuor. - Le Quatuor ? - Les quatre gars qui se sont moqués. C'est les gars les plus populaires du lycée. Ne t'approche pas d'eux. S'ils te choississent pour te pourrir la vie, ne les repoussent jamais au grand jamais. Ou c'est ta vie privée toute entière qui va en être touchée. - Ma... ma vie privée ? bredouilla Kylie. - Ta vie privée, Kylie, fais attention. Regarde, ça recommence. Katie lui montra un attroupement du doigt et Kylie aperçut un lycéen à lunettes se faire tirer le bras pour se faire frapper. - Y'a déjà eu une fille ? - Une fois, lui répondit Katie, mais elle s'est suicidée. A ce qui paraît, c'est la faute de Riley. Ne me demande pas ce qu'il lui a fait. Elle se tut plusieurs secondes, buvant son Candy Up, indifférente à la scène en train de se produire. - Dans cette école, y'a un jeu, reprit-elle, Action ou Vérité. Anodin, pas vrai ? Mais pas quand tu joues avec le Quatuor. C'est la question qu'ils te posent si tu es allé trop loin avec eux. L'école n'est pas aussi rose qu'elle en a l'air, Kylie, crois-moi. Elle but le fond de son Candy Up avant de se lever et de dire - Ne leur laisse pas croire que tu es faible. Exactement la même phrase que Mr Brown. Chapitre 3 Cible numéro 1 Le reste de la journée se passa au fond de la salle et Kylie comprit bien plus vite à qui elle avait affaire. Quatre vrais gros canards comme ce butin de... - Kylie, peut-être pourriez-vous répondre à l'équation au tableau ? Kylie leva la tête et regarda l'équation en tableau. Sans un bruit, elle se leva, marcha vers le tableau avant d'écrire le résultat et sortit de la salle. - Kylie ! s'écria Mr Tonight, le professeur. Cette dernière ne lui répondit pas et sortit aussi calmement que n'importe quoi. Une fois dehors, elle s'assit sur le banc et grignota des Twix avant d'entendre quelqu'un s'asseoir à côté d'elle. Celui qui s'était foutu d'elle ce matin, alias Riley. - Eh beh, t'es chaude pour une nouvelle quand même, tu sais faire autre chose que passer pour une timide et clasher les profs ? Kylie ne répondit rien, se contentant de lécher le caramel à l'intérieur du Twix. - T'as une jolie langue, ricana Riley, elle sait faire autre chose que lécher le caramel ? Tes lèvres aussi d'ailleurs, elles savent faire autre chose que bouffer. Une miliseconde suffit à Kylie pour comprendre ce que Riley insinuait et elle se tournait vers lui, lui lançant le même regard qu'à Mr Wright ce matin. - Ne parle ni de baisers, ni de relations avec moi, OK ? - Pourquoi ? La grande clasheuse Kylie a été traumatisé par son ex ? Kylie sentit son nez la piquer et elle se mordit la lèvre pour empêcher son menton de trembler. - Dans tous les cas, le Quatuor le saura, tu seras la deuxième fille sur la liste à jouer au Action ou Vérité. Tu peux pas nous échapper. Tu as laissé voir la mauvaise facette de toi ce matin, pour brusquement changer. Tu es la nouvelle cible du Quatuor. Il murmura si près de son oreille que Kylie ne put s'empêcher de frissonner. Riley se releva et commença à partir avant que Kylie ne lève ses yeux humides vers lui et dise - Il s'appelait Ryad Leymon mais tout le monde l'appelait Ryley. Un éclair de compassion très fugace passa dans les yeux de Riley avant qu'il s'en aille sans un mot de plus. Chapitre 4 Anti-compassion Kylie rentra chez elle à midi et prétexta des remontées pour éviter de revenir à l'école. Elle entreprit de faire un gâteau, histoire de se changer les idées avant d'avoir de véritables remontées et de vomir dans les toilettes. Une fois son gâteau prêt, elle sortit sur son balcon pour prendre l'air avant qu'un crachat n'atterrisse sur sa balustrade. Kylie leva aussitôt la tête en voyant des mèches disparaître. Des toc-toc retentirent aussitôt et Kylie alla ouvrir. Warren se trouvait devant elle. - Ola la pitite, como estas ? - Salut Warren, qu'est-ce que tu veux ? soupira Kylie avant de s'adosser sur la porte. Warren sourit et entra dans le salon avant de s'asseoir sur le canapé pour allumer la télé... et tomber sur la 18. Il éclata de rire avant de dire - Regarde la pitite ! C'est Barbie ! Tu veux regarder ? Si tu veux regarder un truc où on fait des mamours, regarde After ! - Très drôle, mets autre chose s'il te plaît. Kylie s'éclipsa pour aller dans la cuisine et prendre une brioche et une briquette de jus. Elle revint ensuite s'asseoir sur le canapé où Warren cherchait patiemment Netflix pour mettre la série Neymar. - Non, quoique j'ai pas envie, on regarde All of Us Are Dead ? - Non. C'est 16 ans et plus. - Et elle a quel âge la pitchoune ? - 17 ans, soupira Kylie. - C'est lequel entre Riley et Ryley que tu voudrais frapper ? Il avait dit ça si soudainement et calmement que Kylie s'étouffa avec sa brioche et écarquilla les yeux. Warren penchait la tête sur le côté, ses mèches de cheveux blonds s'échappant de sa casquette. - N'en parle pas si tu veux, pitchoune, mais l'école le saura peut-être pas, le Quatuor sera un jour ou l'autre au courant. - C'est quoi Action ou Vérité pour vous ? murmura Kylie. Warren se leva et plongea ses yeux verts foncés dans ceux de Kylie en lui répondant - Le jeu du Quatuor. Le jeu sans aucune compassion. Le jeu de ta vie intime. Il se releva, s'apprêtant à partir avant que Kylie ne l'arrête - Et cette fille qui est morte, c'était qui ? Le visage impassible de Warren se révéla quelques secondes, laissant voir un sourire triste, avant qu'il réponde - Elle s'appelait Elena. Chapitre 5 Elena Le lendemain, Kylie se réveilla bien trop tard et ses parents étaient déjà partis depuis un moment. Elle enfila une salopette en jean par-dessus une chemise noire avant de courir vers l'école comme si sa vie en dépendait. Bien trop tard visiblement puisque l'école était déjà fermée depuis 20 minutes. Kylie sonna plusieurs fois avant que la porte s'ouvre enfin. Son premier cours étant art plastique, elle dû grimper les 4 étages du lycée pour atteindre la salle de superficie immense. A l'intérieur, tout le monde était concentré sur son tableau et peu de personnes remarquèrent son entrée. Ce qui fut évidemment pas le cas et de Mrs Bubble, la professeure, et du Quatuor. - Mlle Patel ! Vous voilà enfin ! Que faisiez-vous ? Un nouvel accident ? Kylie recula à l'entende du dernier mot. Non... Non... Pas ce mot, pas ce mot. Mrs Bubble semblait s'amuser de sa réaction tandis que l'adolescente renvoyait cet accident. Celui où... - Vous... vous ne prononcez pas ce mot en face de moi ! s'écria-t-elle brusquement. Mrs Bubble haussa un sourcil parfaitement dessiné avant qu'elle reprenne - Lequel ? Accident ? Ben voyons ! Dépêchez-vous d'allez vous asseoir. Mrs Bubble prit un paquet de feuilles qu'elle renversa sous le coup d'épaule de son élève. Kylie jeta son sac sur le tabouret et prit un tube de gouache qu'elle se fit un plaisir d'envoyer sur la toile, répandant une magnifique oeuvre d'art. - Joli, ricana Warren en apparaissant derrière elle. - Plus jamais, Warren, plus jamais ! Warren prit un autre tube de gouache, violet, qui subit le même traitement que le premier. Ils poursuivirent encore un petit moment avant que Kyle ne prenne la parole - Tu peux... m'en dire plus sur elle ? - Sur Elena ? Kylie hocha la tête. Warren soupira, tourna sa casquette de l'autre côté puis lui dit - Elena Danaïs. Puis il repartit vers son chevalet. *** A la récréation, Kylie chercha Katie du regard mais elle était introuvable. Elle se rendit donc dans les toilettes où elle s'enfermait dans une d'entre elle et alluma son téléphone. - Elena Danaïs, se murmura-t-elle. Les résultats affluèrent. Kylie cliqua sur le premier article et s'empressa de lire C'est aujourd'hui, ce dimanche 09 juillet que nous avons découverts le corps d'Elena Danaïs, pendue à la barrière de son lit-mezzanine. Sa famille l'a découverte le soir du samedi et personne n'était censée être venue à la maison des Danaïs. "Un suicide non explicite, la suicidée n'aurait pas laisser de lettre" explique James Bourgon, le détective chargé de l'affaire. L'affaire est rangé comme étant classé. 09 Juillet, il s'était passé quelque chose ce jour-là, ce même soir du 8 juillet. Cet accident. L'accident qui lui avait coûté son proche le plus cher et sa confiance. - Ce n'est pas normal, murmura Kylie. Elle sortit de l'article avant qu'un autre attire son attention. Ce matin d'octobre, le corps d'Elena a de nouveau été examiné et des traces ADN ont été retrouvés sur sa cheville, là où elle portait, l'époque, un bracelet brésilien. C'est après de longues recherches que le suicide de la Danaïs a été repris comme affaire non classée. Elena ne se serait pas suicidée toute seule. "Mes détectives recherchent toujours" explique Mr Bourgon, toujours détective. - Non... Tout coïncidait si bien, le 8 juillet au soir, le 9 juillet au matin, l'affaire non classée... Qui était Elena Danaïs ? Chapitre 6 8 juillet Kylie sortit bien trop tard des toilettes et sécha son cours. Musique. Elle vérifia que personne n'était autour et s'approcha du grillage. - Kylie ! Tu n'es pas en cours ? Kylie se retourna pour voir Katie, ses cheveux foncés attachés en tresse. - Tu sèches ? Kylie haussa les épaules. - Et toi ? questionna-t-elle. - Je fais pas cours ici, je suis pas élève ici, expliqua-t-elle. Kylie pencha la tête sur le côté. - Je suis la nièce du principal-adjoint. Je suis chargée d'enquêter sur l'affaire du 8 juillet. Contrairement à vous, j'ai 19 ans. - De... de quoi ? Lequel des 8 juillets ? - Le 8 juillet d'Elena Danaïs et celui de ton accident. C'est pas une coïncidence. Kylie se recula aussitôt en entendant ce mot. Katie se rapprocha à grandes enjambées. - On est là pour vous aider, Kylie, toi et Riley. - Ryad Leymon ? - Non, Riley Taylor. Vous devez nous faire confiance. - Mais qui ça "on" ? - C'est trop tôt pour que tu le saches mais retiens une chose, Kylie, le 8 juillet au soir, le 9 juillet au matin. Elena et Eden ont été traduit morts. - Ne prononce pas ce nom ! Pas ce prénom ! s'écria Kylie. Katie se recula avant de s'excuser puis de s'éclipser. - Tu dois me faire confiance, Kylie, murmura Katie. Désolée pour le chapitre vraiment court ! Chapitre 7 Riley Peu après que Katie soit partie, Kylie sentit ses jambes flageoler et éclata en sanglots, son mascara dégoulinant sur ses joues. La cour était vide et elle fut heureuse que personne ne la voie dans cet état. Personne ne devait la voir. Personne n'aurait dû mais pourtant... - Kylie ! Qu'est-ce qu'il y a ? Kylie sentit des mains se poser sur ses épaules et pleura contre le torse de Warren à qui elle avait reconnu la voix. Ce dernier ne dit rien, la laissant pleurer sur son T-shirt Nirvana. - Vous êtes ensemble ? entendit-elle. Qui d'autre la voyait dans cet état ? - Oh Riley, ferme-la pour une fois. Je suis pas avec elle, s'énerva Warren. Riley ricana. - Mmh... Elle est une cible je te rappelle, bro. - Je te rappelle ce qui s'est passé la dernière fois qu'on a choisi une fille. Du moins, ce que tu lui as fait. - Fais attention à toi, mec, parle pas de ça devant moi. - Pourquoi ? Cette Elena Danaïs était aussi importante ? questionna Kylie en relevant la tête. Riley écarquilla les yeux et sa mâchoire se contracta. Il se rapprocha à grandes enjambées et se baissa à la hauteur de Kylie. - J'ai pas été assez clair ? Tu parles pas d'elle devant moi. - Et son bracelet brésilien à la cheville alors ? Riley attrapa Kylie par le col. - Tu veux quoi ? Une tarte ? - T'oserais pas, rétorqua Kylie. - Ah ! Parce que tu veux essayer ? - Tu frapperais pas une fille, Riley, t'es comme ce vieux gars de merle. - Ah Ryad Leymon, ce vieux gars ? Kylie sentit une boule se former dans son ventre et gifla Riley avant de lui donner un coup dans le ventre et de s'en aller en courant. Elle entendit Warren crier derrière elle mais n'y fit pas attention. Lorsqu'elle se retourna, elle aperçut Riley en train de lui faire un doigt. - Ryad Leymon, murmura-t-elle. Elle sentit son téléphone vibrer dans sa poche et le sortit. Numéro inconnu. Elle décrocha néanmoins et la voix de Katie résonna - Kylie, j'ai besoin de toi. Quelle a été ta relation avec Ryad. - Non, Katie... Je veux pas en reparler. - Je suis désolée... J'en ai vraiment besoin, je t'en prie. - Je... Où ? céda finalement Kylie. - Au square à côté de chez toi, on ira chez moi, si tu veux. - Chez toi, décida Kylie. - Comme tu veux. Je suis désolée, Kylie. Chapitre 8 Ryad Leymon Kylie arriva devant le petit square, essoufflée et aperçut Katie, sur son téléphone. Elle semblait très concentrée et Kylie en profita pour reprendre son souffle. Je continuerais plus tard, je suis pas chez moi ! Katie leva la tête et aperçut la seule concernée. - Ah ! Kylie, viens, ma voiture est sur le parking ! Kylie afficha un sourire et se rapprocha de Katie. Cette dernière l'a serra dans ses bras puis elles partirent vers la Range Rover de Katie. Je termine mercredi !!! Au bout de quelques minutes de route dans un silence confortable, Kylie et Katie sortirent de la voiture pour se rendre dans le studio de la jeune détective. Les murs étaient bleu ciel et couvert de poster de Gims, Soprano etc... - Pourquoi tu as besoin de savoir quelle a été relation ? demanda Kylie. - J'ai fait des recherches sur Riley Taylor et Ryad Leymon, le rapport ? Y'en a pas justement mais pour approfondir mes recherches sur le 8 juillet, j'ai besoin de plus d'informations, qui ne se trouve pas au commissariat. Tu veux patienter encore un peu avant de te lancer ? Kylie se surprit à penser que Katie aurait excellé en tant que psychologue grâce à sa patience et sa capacité d'écoute. Elle inspira avant de répondre - Je me sens prête. - Bah vas-y. - Ryad et moi, on s'est rencontrés en... 4ième. Il avait redoublé. Et... je sais pas pourquoi ni comment... il... il m'a fait une déclaration enflammée dès la semaine avant les vacances de la Toussaint. J'ai paniqué parce que... je savais pas comment réagir devant ce gars-là... Il était plus grand que moi, plus "mature" et plus "connaisseur" si tu vois ce que je veux dire. Donc j'ai repoussé ses attentes, encore, encore... jusqu'en janvier. Elle se moucha rapidement avant de reprendre - Il m'avait invité à une fête en disant qu'on était que moi, lui, une de mes anciennes meilleures amies, Pauline et... elle inspira tu sais qui. Sauf que je suis arrivée... y'avait la moitié du collège et des lycéens. Pauline m'a accompagné jusqu'à la piste de danse avant de se bourrer et finir au bord de la piscine en train de parler avec l'eau. Et là... j'ai aperçu une photo de moi et... Ryad m'a... m'a... encore une fois, fais une demande de couple en public... Et j'ai craqué, butin ! Au bout de plusieurs mois, mes sentiments pour lui ont grandi parce que... je le trouvais "amoureux transit" alors j'ai accepté... De me mettre en couple avec lui. Mais au bout d'une semaine, il m'a annoncé qu'il me quittait parce que je n'étais qu'un... joujou. Alors je l'ai insulté, frappé et... défoncé quoi... il s'est évanoui limite. Alors au bout d'une semaine, il m'a bien fait comprendre que j'étais allée trop loin... Il a montré une vidéo de moi en train de le frapper, la vidéo avait été retouché et c'était lui la victime ! Et donc... donc tu sais qui m'a pris par la main et on est parti. Il a roulé... à 100 à l'heure... sur des routes à 30 à l'heure. Et ça a lâché... On s'est pris une voiture en sens inverse... Il... il... il est mort sous le coup Katie, il m'a encore hurlé dessus et il est mort ! Je me suis pris des verres dans les bras et... emmené à l'hôpital en urgence... Je l'aimais Eden, butin ! C'était mon grand frère pour moi ! Pourquoi... Pourquoi c'est pas ce cannard de Ryad qui est mort ? Hein, pourquoi ? Kylie pleura désormais à chaudes larmes et Katie la serra dans ses bras. - C'était qui Eden, Kylie ? murmura-t-elle. Plusieurs minutes s'égrenèrent avant que Kylie réponde - Apparemment, c'était mon frère adoptif, il avait mon âge. Bonne dose d'infos, ça suffit malgré le chapitre court, I'm sorry !!! Chapitre 9 Qui est qui ? Katie ramena Kylie chez elle et l'adolescente retourna l'après-midi en cours. Mathématiques étant sa première matière, elle s'assit au fond et commença à tracer la mise en train MET au tableau. Mr Jordan avait ce talent de mettre 30 minutes pour faire l'appel et Kylie finit par s'endormir. - Elle dort ? Mlle Patel, réveillez-vous de suite ou c'est un rapport ! Kylie enfonça encore plus sa tête dans ses bras avant de sortir une main se poser sur son épaule et la secouer légèrement. - Oui, monsieur, elle dort profondément, je vais chercher le rapport ? Ah Riley ! Evidemment, il ne souhaitait pas son bien ! Kylie se leva avant de lui donner un coup formidable là où ça faisait mal. Riley poussa un cri en sautillant comme un bébé. Mon ordinateur n'a presque plus de batterie, à samedi ! - Monsieur, elle m'a donné un coup, ça me fait super mal ! - Sortez tous les deux ! tonna le professeur, mon cours n'est pas fait pour que vous régliez vos problèmes personnels ! Se tenant toujours l'entrejambe, Riley sortit en cavalant de la salle, suivie par Kylie. - Tu m'as fait vraiment mal, grogna-t-il alors qu'ils entraient dans la cour de récréation. - Tant mieux, soupira Kylie en passant une main sur son front. Elle s'assit lourdement sur un banc et Riley s'assit à côté. Un silence régnait, cassé par le bruissement des feuilles. - Comment elle va ta vie ? demanda, en chuchotant, Riley. Mal, pensa aussitôt Kylie, mes parents ne me comprennent plus, j'ai perdu Eden, Ryad est toujours là, tapi dans un coin, tu la pourris toi aussi et Warren, Warren, il est trop mystérieux et j'ai plus la tête pour ça. - Et toi ? dit-elle. - Rien de spécial, mes parents sont encore à Manhattan, je suis seule à Gisèle, la secrétaire de mon père, ma grande soeur compte revenir du Japon le mois prochain. Bref ! Rien d'étrange ou de bizarre ! Alors pourquoi sa voix avait-elle tremblée à la fin ? - Mais tu ne l'as pas oublié, murmura-t-elle. Les muscles de la mâchoire de Riley tressautèrent, ses sourcils froncèrent ainsi que son nez et il craqua ses doigts. Kylie regarda ses dessins fait au rasoir sur son crâne, des zigzags simples. - Non, et je le ferais jamais. Et toi pour Ryad ? - Lui, il est toujours en vie mais c'est un gros chien alors... c'est une bonne chose qu'il ne soit plus dans ma vie... Riley passa un bras autour de ses épaules et Kylie se rapprocha légèrement. - Le 8 juillet, murmura-t-il. Ses paroles planèrent dans le vent avant qu'il ne se relève et époussette son survêtement Lacoste. - Adios la racaille, ricana-t-il en s'éloignant. - Eh ! Riley, attends ! Kylie se releva et courut derrière Riley. Celui-ci se retourna et la fixa un peu trop fort. - Quoi ? - Je... Est-ce qu'on est dans le même pétrin toi et moi ? - On a perdu notre ex, nos parents sont embêtants, on est a pas mal d'argent et on essaie de s'accrocher comme on peut. Qui étaient ceux que l'on pensait connaître ? - Qu'est-ce que tu veux dire ? - Qui était Ryad ? Qui était... il inspira Elena ? Qui était l'autre mort du 8 juillet ? J'ai oublier son prénom. - Eden, murmura-t-elle. - Qui était Eden ? reprit Riley, qui est Warren ? Qui est Katie ? Qui est-tu ? Qui je suis ? La vie, c'est comme un Cluedo, y'a des mystères et tu connais pas l'assassin. - Je suis Kylie Patel, j'ai 17 ans, j'ai un demi-frère mort, des parents, une histoire, une vie et... Le reste de ses paroles furent noyées par les lèvres de Riley qui l'embrassa sans qu'elle s'y attende. - On est dans le même pétrin, chuchota-t-il contre ses lèvres. Chapitre 10 Ne pas partager ! Kylie repoussa brusquement Riley en essuyant ses lèvres d'un revers de main. Ses yeux étaient au bord des larmes et sa main n'arrêtait pas d'essuyer ses lèvres comme si le baiser l'avait brûlé. - Je... Je t'ai dit quoi par rapport au baiser ? dit-elle, la voix tremblante. - Va te faire voir franchement, Kylie. T'es une chochotte. J'ai jamais embrassé personne depuis la mort d'El... sa pomme d'Adam resta bloqué et... et, visiblement, c'est pareil pour toi. Alors, ouais, va te faire voir si tu veux pas ouvrir les yeux. Riley shoota dans un ballon de basket abandonné et s'en alla, les mains dans ses poches. Kylie passa sa langue sur ses lèvres. Ne pas pleurer, ne pas pleurer, ne pas pleurer. Elle se releva et alla vers l'infirmerie. Brusquement, les portes se fermèrent et une lumière rouge s'alluma dans l'école, suivie du message - Un intrus vient d'être détecté, empressez-vous de vous protéger, vous et vos élèves. Ceci est un message de l'ad... Kylie lâcha le Doliprane qu'elle tenait à la main et ouvrit le paravent, plaquant une main sur sa bouche. Ses épaules tremblaient et sa respiration s'affaiblissait. Elle allait faire une crise d'angoisse ! Elle ferma les yeux, pensant à quelque chose de joyeux. Trou noir. Rien d'agréable à voir. Pense à des licornes ! lui intima sa conscience. Aussitôt, le petit cheval à corne qu'Eden lui avait dessiné quand elle était petite apparut et elle inspira et expira un peu mieux. Avant d'entendre un coup de feu. Son stress revint à la vitesse de l'éclair et elle enfonça ses ongles dans ses jambes, des larmes coulant le long de ses joues tandis qu'elle se mordait les lèvres. Doucement, la porte s'ouvrit et une voix chuchota - Kylie, c'est Warren, tu es là ? - Je... Warren dût l'entendre car il vint derrière le paravent et la serra dans ses bras. Comme un grand frère qu'il représentait parfaitement. Ils attendirent plusieurs minutes avant que les sirènes de la police brisent le silence et que l'alarme s'éteigne. Warren l'embrassa sur le front et s'en alla. - Bon courage pour la suite, Kylie. - Qu'est-ce que... Son téléphone bipa et elle l'alluma. Ses yeux s'écarquillèrent en voyant le message. - Non... Elle reconnaissait que trop bien le numéro. 06 7* 4* 9* 2*. Kylie, je suis désolé. Eden Partie 2 A vous deux de changer le monde INFORMATIONS La partie 2 se déroule du point de vue de Riley, merci. Chapitre 11 1, 2, 3 - Riley ! Où est Kylie ? Riley dévisagea nonchalamment Warren, sa casquette sur le côté droit. - Tu peux pas éprouver de sentiments pour elle, tu sais ? Warren leva les yeux au ciel. - Evidemment que je le sais, c'est pas toi qui l'a deviné, c'est moi qui te l'ai dit. Ne lui dis pas maintenant, Riley. Il commença à s'en aller avant d'ajouter - Sinon pour le baiser, vérifie qu'elle le veuille aussi sinon ce sera mon poing sur tes lèvres à la place des siennes. - Oui, oui, boucle-la, grogna Riley, tu sais où est Kylie ? Un coup de feu retentit et Riley poussa un cri. Warren détala comme un lapin et Riley s'en alla vers le réfecftoire. - Et toi là ? Vide tes poches. On va voir qui va se vider, ricana Riley. Il se retourna lentement, l'homme derrière lui était armé d'un simple revolver. - C'est un quoi ? demanda Riley en montrant le pistolet. - Un six coups, vide tes poches ! - Vous êtes combien ? - Vide tes poches ! - 3. T'as utilisé combien de coup ? - Tag ou je tire ! Vide tes poches ! Riley sourit en levant les mains. Avant d'envoyer son genou dans le ventre du braqueur. L'homme lâcha son revolver. Riley enchaîna par une clé de bras puis par un figure de karaté. L'homme grogna et Riley lui enfonça son pied dans les côtes. Les sirènes de police captèrent son attention et il écarquilla les yeux avant de s'en aller en courant, sautant par-dessus la haie. Ses pas le menèrent là où il allait quand il se sentait mal. La tombe d'Elena. Une personne y était déjà. Attends ! Elle y était déjà ! - Elena ? La femme se retourna et il reconnut sa soeur. - Non, Anastasia, répliqua-t-elle, bonjour Riley. - Bonjour Anastasia. Il s'assit à côté d'elle et prit la pomme que lui tendait la soeur d'Elena. - Je suis jamais venu ici depuis sa mort, murmura Anastasia. Tu sais, j'ai cru qu'elle faisait une blague comme la série qu'on avait regardé la semaine d'avant, Arsène Lupin avec Omar Sy. Et après, quand les urgences sont arrivées... j'ai compris que non, qu'elle s'était vraiment suicidée. C'est toi qui lui a enlevé son bracelet brésilien à la cheville hein ? T'étais là ? Tu l'as vu se suicider, hein pas vrai ? Et t'as rien fait ! T'as rien fait comme toujours ! Tu t'es contenté d'observer ! Anastasia pleurait à chaudes larmes, frappant la terre de ses poings serrés. Riley serra les dents. - Je ne lui ai pas enlevé son bracelet brésilien à la cheville, murmura-t-il, oui, certes. Et elle m'a demandé d'aller le mettre dans ta chambre. Réminiscence/Flashback Elena sourit en balançant ses cheveux blonds foncés. Elle enlève son bracelet brésilien. Riley surgit alors dans la chambre. - Ne fais pas ça, rugit-il, tu ne peux pas ! - Ah oui ? réplique Elena. Riley l'attrape par les épaules et la secoue. - Ne fais pas ça, murmure-t-il, puis il reprend plus fort, si c'est pas pour moi, penses à ta soeur ! Elena lève les yeux au ciel avant de sortir des médicaments, somnifères Stylnox, tout une barquette. - Alors, tu veux toujours m'en empêcher ? J'ai plus rien à perdre, je vais faire le Action ou Vérité dans pas longtemps, mes parents et ma soeur m'insupportent, j'ai rien à perdre. Je veux juste rejoindre les morts. - Mais pourquoi ? hurle Riley. Il lâche Elena et passe une main dans ses cheveux. Mauvais geste. Elena en profite pour serrer la corde qu'elle avait au cou, que Riley n'avait pas remarqué, et avalé les somnifères d'un coup. Riley écarquille les yeux. - Elena ? Tu m'abandonnes vraiment ? Alors... alors que je t'aime ? D'une main tremblante, elle montre le deuxième tiroir de sa commode que Riley s'empresse d'ouvrir. Une clé USB. - Fais attention sur la r... Le reste de sa phrase se noie dans un gargouillis et son regard devient vide. - Riley ? Pardon, je... je me suis emportée... s'excuse Anastasia. - Aucun problème, je dois y aller Anastasia ! Il rentra chez lui en courant et ouvrit tous les tiroirs de son bureau. - La clé USB, la clé USB, la clé USB, murmura-t-il, trouvé ! Il sortit la petite clé en l'enfonça dans son MacBook. Veuillez patienter, nous téléchargeons les documents, indiqua l'écran. - 1, 2, 3... Yes ! La vidéo s'alluma et la tête d'Elena apparut. Chapitre 12 Aveux - Bon je suppose c'est toi Riley, commença Elena, avant tout... désolée... J'aurais peut-être pas dû me suicider mais il le fallait. C'est même pas à cause du jeu ni de ma famille, c'est... autre chose. Après tout, je suis heureuse de mes 15 ans de vie, je suis heureuse que tu sois tombé amoureux de moi même si moi, ce n'était pas le cas. Enfin bon, tu as des questions à me poser je le sais, pour commencer, cette vidéo a été faite deux jours avant que je me suicide, ensuite je ne t'ai bel et bien jamais aimé et enfin... si je ne mourrais pas ce soir-là en même temps que mon cousin, Eden, c'est sa soeur adoptif, Kylie, qui serait morte... L'électricité craqua soudain et l'habitacle fut plongé dans le noir. Riley se leva en silence, sortant son couteau suisse de sa chaussette. Aucun bruit... avant un grand fracas. Riley descendit de sa chambre en quatrième vitesse et vit... Kylie ? Quand on parle du loup... - Qu'est-ce que tu fais ici ? Comment t'es rentrée ? - Par la porte, pardi ! C'est Warren qui m'a donné les clés. - Eh bien je vois ça, marmonna Riley. Il allait défoncer Warren, c'était officiel. Il voulait tellement protéger la pitite que ça en devenait bizarre. Il détailla Kylie en train de s'affairer sur le canapé puis partir dans la cuisine. - Tu vas faire quoi ? questionna Riley. - Ce que tu devrais faire, c'est-à-dire rallumer l'électricité. Kylie revint quelques minutes après et s'assit sur le canapé. - Tu restes ici ? - J'attends Warren, il doit me donner quelque chose. - Ah. Il attrapa la télécommande et alluma la télé. C8. - Mets TF1, s'il te plaît. - Non, je vais mettre Netflix, je termine ma série et toi, tu regardes si t'en as envie. Sa série en l'occurrence, était Squid Game saison 2. Kylie attrapa un plaid et s'assit calmement sur le canapé. Au bout d'un moment, Riley remarqua qu'elle n'arrêtait pas de triturer son téléphone et son visage s'éclaira lorsqu'elle reçut une notification. Il regarda par-dessus son épaule et entraperçut Ecoute, je suis désolé mais on peut pas se revoir. Plus jamais. - C'est Ryad Leymon ? Kylie sursauta et croisa le regard de Riley. Elle a un tic, remarqua Riley lorsqu'elle se pinça la joue pour la énième fois. - Non, c'est pas lui. C'est... Sa voix se bloqua tandis que Seon Gi-Hun rabattait sa capuche a la télévision. Riley soupira en mettant pause sur la série. - Respire, inspire, lui intima-t-il, et dis-moi ce qu'il se passe. - Veux pas, marmonna-t-elle. Riley la détailla avant de s'arreter brusquement sur ses bras. Des cicatrices la parcouraient jusq'au coude. Certaines encore violettes et d'autres d'une couleur bordeaux. - Tu étais avec Eden ce soir-la, murmura-t-il, mais tu as survécu... parce qu'Elena est morte. - Hein ? Riley lança un regard incandescent à Kylie avant de lui prendre le bras gauche. - Tu n'as jamais été innocente. Chapitre 13 Mortellique Au moment où Kylie s'aperçut que Riley avait vu ses bras, elle s'empressa de cacher ses bras avec le plaid. Ses pupilles se dilataient aussi rapidement qu'un TGV et Riley soupira avant de s'enfoncer dans le canapé et relancer Squid Game. Kylie ne brisa le silence que plusieurs minutes après. - Je suis plus innocente depuis belle lurette, crois-moi. Dans tous les sens. Riley l'ignora et fit glisser sa pupille vers elle. Kylie se triturait la peau du poignet, à peine concentré sur le combat en train de se dérouler à la télévision. - Je veux juste te dire Riley, reprit-elle, désolée. Désolée de me comporter comme une chochotte, désolée de ne pas réussir à tourner la page, désolée d'être aussi sensible, désolée de te mentir quand tu me parles, désolée d'être Kylie Patel quoi, aussi impure soit-elle ! - Te gêne pas surtout, grommela Riley. - Je fais de mon mieux. - On dirait pas. - Parce que tu trouves que j'en fait pas assez ? C'est pas toi qui a vu la personne que tu aimes le plus au monde... - Eh ben si ! J'ai vu Elena mourir ! J'ai vu Elena se suicider ! A cause de toi ! A cause de ton butin de frère adoptif ! De nous deux, le plus brisé c'est moi alors ferme-la, je vais pas me contenir éternellement... Il remarqua alors que Kylie était recroquevillée sur elle-même, les yeux fermés et les mains sur les oreilles. Son menton tremblait, signe qu'elle contenait tant bien que mal son chagrin. - Arrête de crier, souffla-t-elle, on dirait Ryad... Et elle bascula sur le côté. Les yeux dans la vague. - Kylie ? Il attrapa aussitôt son pouls qui battait lentement. - Non, non, non, pas une deuxième fois, pas une deuxième fois ! Merle ! Il attrapa son téléphone et composa le 18. Aussitôt que l'interlocuteur décrochait, Riley s'écria - Il y a une jeune femme qui vient de tomber dans les pommes, son pouls bat très lentement ! Le pompier lui ordonna de lui faire un massage cardiaque et qu'ils arrivaient dans moins de cinq minutes. Riley retourna vers Kylie et entreprit de faire le massage cardiaque. *** - Elle va bien ? Le médecin Jean-Patrick Martin, un parisien- new yorkais, détailla Riley avant de dire faiblement - Elle oscille entre la vie et la mort... Son pouls bat faiblement mais pas encore pour qu'elle... parte. Elle est dans un coma artificiel. - Elle va survivre ? - Il y a 70% de chance que votre petite amie ne survive pas. Elle a retenu un coup de pression énorme et qui s'est lâché au bout d'un moment. Il ne se concentra même pas sur le "petite amie", tout ce qu'il retenait c'était ses chances de survie. Butin, qu'est-ce qu'il se passait ? Chapitre 14 Patience Vers 23h, Riley rentra chez lui. Warren était en train de faire cuire des pancakes. C'était une habitude qu'il avait avant de se coucher manger des pancakes au sirop d'érable. - Ta pitite est aux urgences, mec. Warren stoppa sa spatule et se retourna brusquement. - Qu'est-ce que tu lui as fait ? Je te jure, si tu fais du mal à ma... - Wow, wow, je lui ai rien fait ! Elle subissait une énorme pression et ça a relâché. - Mmh, elle est pas au bloc j'espère ? - En réanimation, elle est dans un coma artificiel. - Butin... Warren se prit la tête entre les mains. L'alarme gaz sonna pour signaler que les pancakes étaient grillés et Riley l'éteignit. - Je te jure que je fais de mon mieux avec elle, Warren, j'ai pas voulu... - Vous vous ressemblez tellement tous les deux... Tellement que c'est difficile de vous faire comprendre que vous êtes fait l'un pour l'autre. Depuis qu'Elena est morte et depuis que Ryad l'a humilié, vous évitez toute relation. Je sais pas comment te le dire, Riley, je veux la protéger de tout mon coeur mais... c'est toi qui devrais avoir ce rôle. Pas moi, même si je suis plus proche d'elle. Il se leva pour aller prendre les clés de son scooter et dit - Tu veux venir ? Je vais la voir. - Non, je reste ici. Warren soupira avant d'attraper sa casquette et s'en aller. Riley ralluma la télévision et continua sa série, évitant de penser à Kylie. Son téléphone bippa et il l'alluma. Warren Elle se réveillera dans, peut-être, 3 jours. Riley éteignit son téléphone et s'endormit sur le canapé. *** Le lendemain, il sécha la journée de cours. Sa mère l'appela plusieurs fois, ayant devinée, grâce à Pronote, qu'il n'était pas en cours. Warren était, lui, bel et bien allé en cours. Au pire, il lui ramènera ses devoirs. Riley passa une main dans ses cheveux châtains puis sortit dehors et se rendit au café le plus proche. Il fallait juste qu'il se change les idées. Jusqu'à ce qu'elle se sente prête à aimer de nouveau. Chapitre 15 Réveil... ou pas. Les deux jours furent carrément une dose de stress horrible pour Riley. Il eût peine à se concentrer en cours et se tapa un 0, 5 en maths. Warren sécha carrément le reste des deux jours et Swann et James ne lui firent d'aucune aide. A la fin des cours, Riley sortit en courant et enfourcha sa moto pour se dépêcher vers l'hôpital. Il déboula dans la chambre de Kylie, alimentée par des machines à oxygène. Le portrait masculin de Kylie en plus âgé se tenait dans un coin de la pièce, une femme au bras, en larmes. Ses parents sans doute. - Qui êtes-vous ? dit le père. - Mon meilleur ami. Warren entra dans la pièce, lançant un regard noir aux parents de Kylie. Enfin... La mère de Kylie écarquilla les yeux et éclata en sanglots encore une fois. Son père, lui, tait bouche bée. Les laissant seuls, Riley sortit de la chambre pour s'acheter un Twix. La nuit tombait déjà, il n'était que 19h. Il s'assit sur une chaise et le sommeil l'emporta. *** - Bonsoir Riley. Riley ouvrit péniblement les yeux. Devant lui se tenait... Elena. Ses cheveux formaient une couronne de tresse. - Bonsoir... Elena, murmura faiblement Riley. - Toi et moi, faut qu'on mette les choses au clair. Est-ce que tu m'aimes encore ? Cette question... Celle qu'il redoutait le plus. - Je veux plus être amoureux de toi, Elena ! Tu comprends ça ! Je veux plus ! J'en peux plus ! Elena hocha la tête. - Eh, Riley ? Le seul qui me retient encore, c'est toi. Moi, je ne t'ai jamais aimé, jamais. C'était la deuxième fois qu'elle lui disait. Et ça lui faisait autant de mal que la première fois. Pourquoi son coeur ne pouvait pas l'oublier ? Purement et simplement ? Parce que c'était ton premier amour, lui insuffla sa conscience. - Tu ne m'aimes plus comme avant, Riley. Et ça, c'est parce que c'est elle qui doit pouvoir te rendre heureux. Comme je me suis sacrifiée pour elle. - Kylie. Ne. M'aime. Pas, siffla Riley, aussi neutre qu'il pouvait. - Oh que si, ouvre les yeux, Riley. Ryad l'a marqué à vie, Eden et sa mort l'ont traumatisés, il est temps qu'elle accepte d'avancer. De son mieux. Et avec toi. *** Riley rouvrit les yeux. Les lumières de l'hôpital étaient éteintes et il n'y avait que la canalisation comme bruit. Une infirmière passa dans le couloir. - Monsieur, si vous voulez rester avec un patient... - Est-ce que Kylie Patel s'est réveillée ? la coupa Riley. Les yeux de l'infirmière se baissèrent et elle souffla - Non, son cœur a raté énormément de battements. Ses chances de survie sont descendues à 10%. Il s'en alla en courant de l'hôpital. Son nez le piquait sauf qu'il pouvait pas se lâcher, pas ici, pas maintenant. Chapitre 16 Destin de merle Les jours suivants, Riley s'enferma dans sa chambre. Warren avait disparu de la circulation. Après tout, il ne pouvait que le comprendre... Son téléphone bippa et Riley sortit de la couette pour voir le nom du contact s'afficher. L'hôpital. - C'est bien Riley Taylor à l'appareil ? fit une voix féminine. - En effet. - Kylie Patel a besoin d'une aide rassurante, Warren Williams ne peut s'en assuré comme ses parents. - Et elle n'a pas d'amis ? grogna Riley. - Vous en connaissez ? - Katie Brown, c'est une détective de haut niveau. Je vous donne son numéro de travail. Il raccrocha et se laissa tomber sur le lit. Il était éreinté. Il n'avait jamais demandé à s'attacher à Kylie, jamais espérer tomber amoureux comme il l'avait été avec Elena, jamais. Et pourtant... Quel destin de merle... pesta Riley. Il se laissa sombrer dans un sommeil noir. *** Il était à l'hôpital. Kylie toujours avec ses aides respiratoires. Le graphique suivait des montées et des descentes autant qu'il restait en place. Puis soudain... Bip. Bip. Bip. Bip. Plusieurs infirmiers entrèrent dans la salle, tâtèrent le pouls de Kylie, massages cardiaques. Puis l'horrible mot... Heure du décès 3h21 Heure du décès 3... Heure du décès ... Heure du décès... Heure du dé... Heure du... Heure... Heu... ... *** Riley se réveilla d'un sursaut. Son téléphone affichait 3h00. - Merle ! Il se leva d'un coup, enfila un sweat et un jogging et sortit à toute vitesse de la maison de Warren et lui. Sa moto roulait à toute vitesse et il arriva en 10 minutes au lieu de 20 à l'hôpital. A l'accueil, la femme s'était endormie mais il n'eût aucun mal à trouver la chambre de Kylie. Il n'y avait personne avec elle. Riley s'approcha et s'assit à côté. - T'es vraiment idiote, tu sais ? Il devait être vraiment à court d'espoir pour parler seul. - Elena est venu me voir, reprit-il, elle m'a dit de m'y faire. Qu'elle était morte. Elle s'est sacrifiée pour toi, je sais pas comment... La porte s'ouvrit et il aperçut Katie et ses coupes extravagantes. Elle avait opté pour la tresse d'Elsa dans la Reine des Neiges. - Riley ? Qu'est-ce que tu fais ici ? - Je suis venu la voir. Katie afficha un sourire triste et lui tendit les chips qu'elle tenait dans sa main. Katie et lui se connaissaient depuis le début de l'enquête. Elle l'avait aidé à surmonter son traumatisme, elle avait été la seule à savoir qu'il était là le jour du suicide d'Elena. C'était une amie. Une bonne amie. Hypocrite parfois mais bonne. - Elle s'est réveillée deux petites minutes, elle m'a dit qu'elle savait qu'Elena s'était sacrifiée pour elle, et j'ai compris. Pour mourir, Elena a utilisé le système Semivivus. - C'est quoi ? - Une demi-mort. Trois personnes ne peuvent pas mourir en même temps, même à une miliseconde d'écart. Le soir du 8 juillet, Kylie aurait dû mourir. Chapitre 17 Système Semivivus Riley dévisagea Katie, concentrée sur son deuxième paquet de chips. Le jeune homme savait qu'elle était stressée en vrai et que c'était un moyen pour elle d'évacuer son stress, manger. - Comment tu connais ce système ? Comment il marche ? Comment il existe ? - Mon oncle, Mr Brown, le principal adjoint. Il a découvert ce système quand il avait 19 ans. Il faisait des études de thérapie et de kinésiopathie. Ses parents sont morts le vendredi 8 juillet, le soir. Je saurais pas te l'expliquer mais le système se déclenche une fois tous les 8 juillets et 15 janvier, sauf que le 15 janvier, une seule personne peut mourir, pas deux comme le 8 juillet. Des scientifiques et des thérapeutes étudient ce système, c'est récent. Je pense que le système offre une heure précise. Si une mort volontaire est déclenchée à ce moment-là, la personne choisie auparavant ne meurt pas. Elle resta silencieuse un moment avant de se relever et d'annoncer - Bon ! Moi, j'y vais, à plus ! - T'as peur en vrai, hein ? T'es stressée à mort mais t'es trop lâche pour l'avouer, si ? Katie s'arrêta. Elle resta figée plusieurs secondes avant de se retourner et de le gifler avec une force monumentale. Riley resta sonné plusieurs instants et elle siffla - Elle va mourir, crois-moi. Ses chances de survie sont exactement à 7, 21%. - On est quel jour ? - Le 14 janvier. Sans un mot de plus, Katie s'en alla, une sucette XXL Chypa Chups dans la bouche. Riley se prit la tête entre les mains, tremblant. - Tu peux pas faire ça, Kylie, tu peux pas nous faire ça, pas à moi, pas à Warren, pas à ta famille, pas même à Eden... ni même à Ryad. Faut pas que tu abandonnes, pas tout de suite. - Et je veux pas, entendit-il. Il ouvrit les yeux d'un coup et se pencha vers elle. Son souffle respiratoire remontait, cela se voyait sur le graphique. - Kylie ? Elle ne répondit pas, les yeux fermés. Riley se fit violence pour éviter de la secouer et lui dire de lui répondre. Il se rassit sur le fauteuil, passant une main dans ses cheveux. Le téléphone de la malade bippa dans un coin et le prit. Kylie ? Il faut que tu lises ce message avant le 15 janvier, absolument. Parce que ce soir-là, tu n'auras plus la chance que tu as eu le jour de l'accident. Je suis mort en même temps que ma soeur éloignée, Elena Danaïs, c'est une longue histoire que tu n'auras le loisir d'écouter, pour sauver la vie qui était la tienne. Il le fallait. Avant tout, sache que je t'aime et que tu seras toujours ma soeur adorée. Le 15 janvier, le système Semivivus se déclenche pour la première fois dans l'année. Sauf que... je ne crois pas que quelqu'un se suicide ce soir-là. Le système Semivivus est tellement long à expliquer ! Enfin bon, ma mort était prévue, la tienne aussi normalement mais Elena et moi t'avons sauvés. Parce que tu dois vivre, parce que tu dois rencontrer celui qui te ressemble et parce que... tu es tout pour moi. Je t'aime. Eden, bel et bien mort. Les messages ont été écrits deux ans auparavant. - Il m'a dit quoi ? souffla Kylie. - Kylie ? - Dis-moi juste... - Que demain, c'est fini pour toi. - J'aurais dû m'en douté... Riley serra les poings, sortit son téléphone et composa le numéro de Warren. - Réponds, réponds, réponds ! - Quoi ?! - Warren, écoute moi bien jusqu'au bout ! Tu connais le système Semivivus ? - Oui. - Tu connais les deux dates de déclenchement ? - 8 juillet et 15 janvier. - Ta soeur meurt demain. - Kylie ? - Ta soeur, Kylie. Chapitre 18 The End - Vers quelle heure ? Riley regarda sa montre. 3h19. - Dans deux minutes. - OK. Merci Riley. *** Le lendemain matin, Riley ouvrit les yeux et observa Kylie. Après son appel avec Warren, le sommeil avait eu raison sur lui et il s'était endormi. La jeune femme avait les yeux fermés et les graphiques poursuivaient un schéma correct de son système respiratoire, pas défaillant. Elle, elle est pas morte ? - Kylie ? - C'est moi. Sa voix était rauque et ses yeux étaient injectés de sang, à part ça... - Pourquoi je suis encore ici ? - Je sais pas... - C'est le paradis, parce que dans ce cas, le paradis a de jolis beaux gosses... Un sourire se dessina sur le visage de Riley et un éclair de stupeur passa dans le regard de Kylie qui se rendit compte que trop tard de ses paroles. Le portable de Riley bippa et le concerné le sortit. Accident de scooter sur l'autoroute Un jeune homme de 17 ans a eu un accident de scooter hier en rentrant dans une voiture qui s'en est sortie sans problème. - Non... Le passager sur le scooter s'est fait éjecté carrément de son véhicule. Heure du décès situé approximativement à 3h21. Toutes nos condoléances à la famille Williams, Warren Williams. - Non ! Butin de merle ! Non ! s'écria Riley, les larmes humides. Il dirigea sa colère vers Kylie. - Tu t'en rends compte ! Encore un qui s'est sacrifié pour toi ! Ton deuxième frère ! - Frère ? - Warren était ton frère, espèce de canarde ! Et tu as tout gâché ! Encore une fois ! - Etait ? - Il est mort hier au moment où toi tu devais mourir. Bravo ! - Mais... - Va te faire voir, grosse bute. Enrageant, il s'en alla à grandes enjambées, laissant derrière lui son ancien crush et son meilleur ami. Remerciements Un grand merci au wiki-lecteur qui termine ce livre aussi strange qu'amoureux, aussi dramatique que joyeux, je ne l'ai pas terminé à l'arrache ! Merci aux gens qui mettent des commentaires ou qui lisent simplement. Merci d'avoir terminé ce livre. PS le tome 2 est à venir !
CHAPITRE1 Jane a 10 ans et vit chez sa tante Mme Reed avec ses cousins gâtés John, Eliza et Georgiana qui l’excluent et lui donnent peu d’attention à part de la méchanceté. Elle était dans
Chapitres 7, 8 et 9 Chapitre 71. Pennac, de quoi se surprend-il lorqu'il est invité dans un collège pour parler de son roman?2. Quelles sont les réflexions proposées par cette professeure? Êtes-vous d'accord avec cette façon d'agir?Chapitre 83. Pourquoi faire l'appel est si important pour le professeur?4. "J'ai toujours vu mon ami Pierre comme une réincarnation de l'oncle Jules". Expliquez cette 95. Quel type de pédagogie critique-t-on? Commentaires Articles les plus consultés .