Parolesde ET L'ON N'Y PEUT RIEN par Jean-Jacques Goldman: Il nous laisse vide, Et plus mort que vivant, C'est lui qui dĂ©cide, On ne fait que semblant, LuiCapo 1e case Retranscription de la melodie des flutes en tablature G C D G-0-1~~-0~~-0-0-0-2-0-2-0-2-4~-2~-0-0-0-0-4- Em D Em D-0~-0-2-0-4-0-0-0-2-4-2-0-2-2-0-0~~-0-0-0-4-3- G C D G-0-1~~-0~~-0-0-0-2-0-2-0-2-4~-2~-0-0-0-0-4- Em D C D G-0-3-0~-0-2-4-2-0-2-0~~-0-0-2-0-0~~-0-0-0-4-3- C G C G-/3-2-0-/3-2-0-3-0-3-3-0-3-0-0-0-0- C G Em D-/3-2-0-3-0-0-1-0-0-0-3-0-0-2-2-0-2-2~~-0-0- C G C G-/3-2-0-/3-2-0-3-0-3-3-0-3-0-0-0-0- C Em C D G-/3-2-0-3-0-0-1-0-0-0-2-2-2-0~~-0-4- Intro G - C - D - GEm - D - Em - DG - C - D - GEm - D - C-D-G C - G - C - GC - G - Em - DC - G - C - GC - Em - C-D-G G C D G Comme un fil entre l'autre et l'unEm D Em D Invisible, il pose ses liensG C D G Dans les mĂ©andres des inconscientsEm D C G Il se promĂšne impunĂ©ment C GEt tout un peu tremble C GEt le reste s'Ă©teint C GJuste dans nos ventres Em DUn noeud, une faim C GIl fait roi l'esclave C GEt peut dammer les saints C EmL'honnĂȘte ou le sage C D GEt l'on n'y peut rien G - C - D - GEm - D - Em - DG - C - D - GEm - D - C-D-G G C D G Et l'on rĂ©siste on bĂątit des mursEm D Em D Des bonheurs, photos bien rangĂ©esG C D G Terroriste, il fend les armures,Em D C D G Un instant tout est balayĂ© C GTu rampes et tu guettes C GEt tu mendies des mots C GTu lis ses poĂštes Em DAimes ses tableaux C G Et tu cherches Ă la croiser C GT'as quinze ans soudain C EmTout change de base C D GEt l'on n'y peut rien G - C - D - GEm - D - D A D E A Il s'invite quand on ne l'attend pasFm E Fm E Quand on y croit, il s'enfuit dĂ©jĂ A D E A FrĂšre qui un jour y goĂ»taFm E D A Jamais plus tu ne guĂ©riras D AIl nous laisse vide D AEt plus mort que vivant D AC'est lui qui dĂ©cide Fm EOn ne fait que semblant D ALui, choisit ses tours D AEt ses va et ses vient D Fm Ainsi fait l'amour D E AEt l'on n'y peut rien A - D - E - AFm - E - Fm - EA - D - E - AFm - E - D-E-A D - A - D - AD - A - Fm - ED - A - D - AD - Fm - D-E-A A - D - E - AFm - E - Fm - EA - D - E - AFm - E - D-E-A LapensĂ©e et lâexpression se constiÂtuent donc simultanĂ©ment, lorsque notre acquis culturel se mobilise au service de cette loi inconnue, comme notre corps soudain se prĂȘte Ă un geste nouveau dans lâacquisiÂtion de lâhabitude. La parole est un vĂ©ritable geste et elle contient son sens comme le geste contient le sien. Baby Blues AMSTRAM Baby Blues Je suis heureux BĂąton Vanille Madam'oiselle Petite MĂ©lodie Papillons de Nuit Le Parfait Le Croquis Amstram Questions bĂȘtes La Reine de la Provoc Le Club des Gens Ă©gaux On se prenait dans les Bras Jâai couchĂ© des phrases sur le bord de mon lit En attendant de trouver mieux, au beau milieu de la nuit. Jâai rĂȘvĂ© dâinspirations aussi fruitĂ©es que les gorgĂ©es Du vin doux de saison que mon sang avait diluĂ©. Dans les veines de mon nĂ©ant qui braconne mes idĂ©es, Naissantes, timides, froussardes, absentes. Celles qui se sont vidĂ©es en trombes, comme tombent les torrents de pluie Sur le sol dessĂ©chĂ© que reflĂštent mes pupilles. Je calcine mes heures sombres dans un bidon dâessence, Le smog sâimpose, tousse, titube puis danse. Quand les flammes dessinent des ombres sur les catelles en faĂŻence, Je mâendors ventre Ă terre et pour sauver les apparences. Dans mes songes sous somnifĂšre, je pĂȘche des mots dans un typhon; JâĂ©cris des poĂšmes Ă la chaĂźne comme si câĂ©tait ma profession; Je crache du ver par tous les pores, je transpire en Alexandrins. Mais quand je reprends mes esprits, tout sâĂ©vapore et puis plus rien. Jâai la phobie de la page blanche, et des lignes dans mes cahiers. Alors pour noyer le poisson, jâdessine des ronds dans des carrĂ©s. Et dans les marges je tire des traits qui se finissent en pointillĂ©s, Qui se prolongent sur la table, contre les murs, sur le plancher. Jâgribouille des fresques Ă grande Ă©chelle avec une langue imaginaire. Jây cherche un mirage, une vision en les regardant Ă lâenvers. Jâai fumĂ© les verbes du Bescherelle, et les noms propres du dictionnaire. Jâai arrachĂ© toutes mes plumes pour aller les vendre aux enchĂšres. Jâai dĂ©vorĂ© MC Solaar, Barbara et Aznavour, En dansant nue sur du Mozart, jâai vomi leur chansons dâamour. Sous lâoeil narquois du correcteur qui comptait mes fautes de grammaire, Jâai dĂ©posĂ© mon stylo bille pour empoigner un revolver. Et jâai tirĂ© des balles Ă blanc dans mon crĂąne qui grouille de vide. Les textes tout comme les sentiments mĂšnent parfois Ă lâhomicide, IntolĂ©rant, inexpliquĂ©, inexplicable, involontaire. Câest en assommant les syntaxes que lâon tue un vocabulaire. Par hasard, dans un miroir, jâai trĂ©buchĂ© sur mon sourire. Avec son allure de taulard il mâa fait piger quây avait pire Que de se languir Ă crever dâun truc qui allait revenir. Si la parole est un royaume, le silence lui est un empire. Alors jâai fermĂ© mon bec, sur le bord de mon nid En regardant le matin naĂźtre au beau milieu de la nuit. Jâai rĂȘvĂ© dâinspirations aussi lĂ©gĂšres que les moineaux Qui se laissent porter par le vent, sans se faire coiffer au poteau. Jâai attendu que les jours passent et passent les semaines, Le moral est revenu Ă la vitesse de la gangrĂšne. Jâai dĂ©terrĂ© Baudelaire et jâai recollĂ© les morceaux De son spleen en paillettes et de mon coeur en lambeaux. De mes traits sont nĂ©es des lettres et de mes lettres de nouveaux mots. Quand je nâai plus de papier, jâencoche des arbres, recto verso. Jâai enterrĂ© mon encrier comme une graine dans un potager Et je sens pousser ma folie en voyant fleurir mes idĂ©es. © 2019 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Le bonheur, animal sauvage, On le course, on le cherche, on le flic, on le pourchasse, On le domestique, on lâidĂ©alise, On se lâapproprie et puis on le dĂ©guise. Pour lâavoir en laisse, comme un chien de compagnie Que lâon caresse, avec les yeux qui pĂ©tillent. Assis aux pieds, tributaire de nos humeurs, Comme une bĂ©quille de diamant qui reflĂšte les couleurs. Le bonheur, câest une drogue lĂ©gale. Mais câest comme les cerises; si tâen bouffe trop, ben ça fait mal. Ăa sâinfiltre dans les veines comme un oeil dans une spirale. Et puis ça crame le coeur car trop de bonheur est lĂ©tal. Le bonheur, câest pas un jeu de hasard. Ăa te tombe pas sur la gueule comme une victoire au Poker, Ăa sâattrape comme une grippe, ça sâoublie comme un cauchemar, Câest une bataille qui oppose le soleil au brouillard Le bonheur lui, il est toujours Ă lâheure. Et sâil arrive en retard câest quâon lâattendait ailleurs, A la fausse place ou bien le mauvais jour, Quâil Ă©tait sur une terrasse quand on le cherchait dans la cour. Le bonheur câest un train Ă grande vitesse qui passe Dans une gare temporaire que la routine efface. Yâa pas de billet, pas de contrĂŽleur et pas de premiĂšre classe. Et câest pas toi qui bouge, câest le dĂ©cor qui se dĂ©place. Le bonheur se tisse comme une toile dâaraignĂ©e Et il se brode sur une devise avec des perles de rosĂ©e, Se porte en bracelet, en bague ou en collier, Sâoffre en bouquet, en blagues ou en baisers. Le bonheur, câest lâenfant roi aussi fragile que le verre. Quand on le repousse dâun doigt, il se fissure et puis il meurt. Il sâĂ©teint sur un trottoir Ă la lueur des lampadaires, Aussi faible que la lumiĂšre dâune luciole seule dans le dĂ©sert. Le bonheur rend jaloux, rend malade et rend fou. On se lâarrache comme une mĂ©daille quâon attache autour de son cou. On sâen prive sans rĂ©flĂ©chir pour lâĂ©conomiser, Puis on le cache pour surtout, ne jamais sâle faire piquer. On le vend au marchĂ© noir, au prix du kilo dâor. Et personne ne rĂ©alise que quand yâen a plus eh ben yâen a encore. Quand yâen a plus eh ben yâen a encore. Quand yâen a plus eh ben⊠yâen a encore. © 2018 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Tourne tourne le disque dans ma tĂȘte, Si le vacarme avait une mĂ©lodie, ce serait celle-ci. Parlent parlent mes pensĂ©es muettes Qui sâĂ©vadent par nos bouches comme une fumĂ©e de cigarette. Dansent dansent sans un bruit, Jambes en coton, bĂąton vanille. Marche marche dans le bois, Dans la prairie, bĂąton chocolat. Allez grave grave grave mon nom Sur lâĂ©corce Ă©corchĂ©e dâun arbre ou dâun buisson. Presse presse comme en Ă©crivant le tien, Au feutre permanent sous le plus gauche de mes deux seins. Touche touche du bout des doigts, La mousse mousse aussi douce que la soie. Passe passe ta main dans mon courage Aussi volage que ton parfum dans mes draps. Jâaimerais que tu ne me lĂąches pas dâune nuit, Que tes semelles emboĂźtent le pas de mon ombre, Que tu tires aussi vite que tombe la pluie, Que tu restes figĂ© lĂ Ă me regarder fondre. Jâaimerais que tes mouvements portent mes cavales, Que ta bouche lentement dĂ©vore mon Ă©piderme, Quâon enferme le temps dans un boĂźtier en mĂ©tal Et que chaque jour se transforme en contrat Ă long terme. Dormons dormons dans les champs de tournesols Quand le jour se change en nuit, que les abeilles deviennent lucioles. RĂȘvons rĂȘvons rĂȘvons Ă©veillĂ©s, Car câest avec les yeux fermĂ©s que trĂ©passe la rĂ©alitĂ©. Ne bouge plus, regarde moi Me mettre Ă nu, me mettre Ă plat. BĂȘte sauvage, teint porcelaine, Jâai un peu froid, pelage de reine. Gronde gronde le souffle du tonnerre, Plonge ton regard dans lâoeil du cyclone, Frappent frappent frappent les Ă©clairs Qui ricochent sur les cimes de la couche dâozone. Flotte flotte dans la riviĂšre, La dĂ©pouille de ton coeur de pierre. Coulent coulent mes chimĂšres EnfermĂ©es dans une bouteille jetĂ©e Ă la mer REFRAIN Tu es lâannĂ©e sans les saisons, Le piano sans le clavier, Tu es le toit sans la maison, Tu es lâĂ©chec sans le damier. Tu es lâavion sans le pilote, La balle sans pistolet, La portĂ©e sans les notes, Tu es le vĆu sans le souhait. Tu es la veine sans le sang, Le sourire sans les dents, Les poumons sans oxygĂšne, Tu es le taulard sans les chaĂźnes. Tu es le cafĂ© sans la tasse, Le pĂ©digrĂ©e sans la race, Tu es lâalbum sans les photos, Tu es le cri sans lâĂ©cho. Tu es la tulipe sans pĂ©tale, Le grenier sans poussiĂšre, Tu es le Sud sans les cigales, Tu es le repas sans dessert. Tu es La Fontaine sans la fable, LâĂ©crivain sans la plume, Le crime sans le coupable, Tu es la musique sans volume. Tu es lâenveloppe sans le timbre, La bougie sans la mĂšche, Le tableau sans le peintre, Tu es le coeur sans la flĂšche. REFRAIN © 2017 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Aujourdâhui en rayons de toutes les grandes surfaces Et sur toutes les chaĂźnes de toutes les tĂ©lĂ©visions, Dans tous les magazines, tous les journaux et les autres paperasses, On oblige la femme Ă devenir un canon. Si tu rentres pas dans la norme, tâas aucune chance de plaire. Si ton corps a des formes, faut le sculpter Ă coup dâhaltĂšres. Si ton cheveux est terne, faut le huiler comme vache Ă traire. Et puis si tâas des cernes, faut les poncer au papier de verre. On te demande pas ton avis, on te dit âsois-belle et tais-toi!â Et toi mĂȘme quand tâas pas envie, tu te crĂ©pis de mascara Parce que ton but câest dâĂȘtre jolie, mĂȘme pour les gens qui nâte voient pas. Feu dâartifices au saut du lit, le dĂ©but du branle-bas de combat. Moi, Ă 12 ans, je portais des sweet Ă capuche. Et quand jâavais lâennui de maman, jâallais le dire Ă mes peluches. Toi tu marches en Louboutin avec tes peluches dans lâsoutif Parce que tâas pas encore de seins mais que tâas lâinstinct inventif. Jâsortais dâlâĂ©cole en jogging, jâavais des chaussures Ă velcro. Yâavait pas les reines du shopping pour me dire que câĂ©tait pas beau. Toi tâas des ongles Ă paillettes, du loup mort sur ton manteau Mais tes dents-de-lait ne sont pas prĂȘtes de laisser la place Ă tes crocs. Tu snap, tu tweet, tu date et tu swipe, Tu rentres en salle de classe comme si tu tournais dans un clip. Moi jâavais un 3210 avec des boutons Ă presser Et je passais toutes mes rĂ©crĂ©s Ă presser ceux quâjâavais sur le nez. Tu fais lâĂ©cole buissonniĂšre quand tu foires ta mise en plis Parce que dompter ta criniĂšre, câest garder tes amis. Avec mes potes on Ă©tait fiers de sâtatouer au stylo bille Des moustaches de grand-pĂšre et sur le front des zizis. Les peintures de guerre, câĂ©tait que pour Carnaval Mais on se tartinait la face de lâocciput aux amygdales. Maintenant câest monnaie courante comme un rituel matinal, Tu te forges ton entitĂ© avec du gloss et du Kajal. De mon temps, on avait dĂ©jĂ un nombril Mais le mettre en avant nâvoulait pas dire avoir du style. On avait le ventre rond parce quâon se goinfrait de Smarties. Toi les Smarties tu les vends et câest plus la mĂȘme friandise. On jouait Ă chat perchĂ© avec le facteur du village Et quand on piquait son courrier, il nous traitait dâenfants sauvages. Toi tâes sanglĂ©e Ă un Ă©cran comme un cheval Ă son attelage, Alors câest sĂ»r que forcĂ©ment, tu parais sage comme une image. Les quatre saisons de lâannĂ©e face aux trois saisons de lâhumain Enfant, adulte, aĂźnĂ© et nouvel an sans lendemain. La vie câest du one-shot jusquâau gĂ©nĂ©rique de fin. Tu la commences dans un berceau pour la finir dans une boĂźte en sapin. La morale de cette histoire ne mĂ©rite pas de prix Nobel. Jâai pas de conseil Ă donner, jâai mĂȘme pas lâinstinct maternel. Mais ma trentaine est entamĂ©e et dans mon poivre il y a du sel, Je suis assaisonnĂ©e mais jâai grandi au naturel. Alors vieillir ça fait pas dâmal sauf si câest du superflu. Jâavais le nez dans un journal, Ă la recherche du temps perdu. Quand on mâa dit âBonjour Madameâ Ă la caisse du super-U, Devant moi, câest du 12 ans haut de gamme qui a rĂ©pondu. © 2019 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Instru minimum, volume maximum, Grosses basses et rythme qui assomment. Chanson avec peu de paroles, moins de couplets, plus de refrains. Chanson conne, chanson qui parle de rien. PoĂ©sie aux oubliettes, ça fait plus vivre aujourdâhui. Faut faire un tube ma Pool, câest comme ça quâon rĂ©ussit. Faut faire un tube cool, mĂȘme si câest pas joli-joli. Faut faire un tube que les foules pourront chanter aussi. Voici une petite mĂ©lodie qui sâagrippe Ă la cervelle, Que personne nâoublie, quâon siffle en faisant la vaisselle. Et yâa un petit pas de danse que les enfants pourront refaire Dans la cours de rĂ©crĂ© et sous les yeux de leur mĂšre. Ăa boostera les audiences, ça fera grimper mon salaire MĂȘme si câest pas demain la veille que je deviendrai millionnaire. Faudra quâjâarrĂȘte les cols-roulĂ©s, que je me mette aux dĂ©colletĂ©s, Que je me fasse tatouer, que je mâhabille comme BeyoncĂ©, Que je dĂ©tache mes cheveux, je vais les couper un peu. Dâailleurs le blond mâirait mieux, puisque mes yeux sont bleus. Faudra quâjâarrĂȘte de trop sourire et de dire que jâaime les gens. Il ne faut pas trop sâouvrir, il vaut mieux rester prudent. Le monde est truffĂ© de vermines qui tournent comme des requins. Heureusement que vous ĂȘtes lĂ et que vous nâvoulez que mon bien. Je rĂȘve dâune vie de Rock Star mais je me couche avant minuit. Jâsais mĂȘme pas rouler un pĂ©tard et jâramĂšne personne dans mon lit. Mais jâai trouvĂ© une mĂ©lodie, qui sâagrippe Ă la cervelle, Que personne nâoublie, quâon siffle en faisant la vaisselle Jâai fait le buzz dans mon quartier quand jâai dit que jâavais un tube, MĂȘme le fils de mon banquier mâa dit quâil ferait de la pub. Câest lĂ que commence le showbiz, derriĂšre ma porte dâentrĂ©e. Jâtâouche pas encore les royalties, mais jâai dĂ©jĂ le chĂšquier. Jâpartirai en Jet PrivĂ© jusquâĂ mon yacht secondaire, Jâme ferai mĂȘme opĂ©rer pour soigner mon mal de mer. Tout ça grĂące Ă cette mĂ©lodie qui sâagrippe Ă la cervelle, Que personne nâoublie, quâon siffle en faisant la vaisselle © 2019 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Je ne crains pas les coups du sort Quand je les entends arriver, En entrechats, en pas chassĂ©s, Lorsquâils font partie du dĂ©cor. Rien nâarrive jamais par hasard, Ni les coups durs, ni les victoires. Tombe la veste des remords Quand se rhabillent les coups dâun soir. Je ne crains par les coups de sang Qui Ă©claboussent mes vitres, Si la confiance se gagne en gouttes, Lâamour, lui, se perd en litres. Quand les coups de grĂące perforent Les coups de coeur dĂ©jĂ meurtris, Alors les couleurs de mon corps Ressemblent aux papillons de nuit. Je ne crains pas les coups de vent Qui balayent mes souffrances, Celles qui sâilluminent unes Ă unes Quand la nuit se pointe en avance. Sâil faut sâarmer de patience Pour tuer le temps, Jâoffrirai mon Ăąme Ă la science Dâici 150 ans. Je ne crains pas les coups de feu Qui transpercent ma porte, Qui me demandent un peu honteux OĂč enterrer les langues mortes. Nos dialogues de sourds, Les boutades, les calembours⊠Si les cimetiĂšres nâont plus de place, Il reste le tombeau de lâamour. Je ne crains pas la canicule Ni lâapparition des vipĂšres. MĂȘme si je sens que mon dos brĂ»le, Je traverserai les dĂ©serts. Comme un touareg Ă la peau nue, Sans caravane et sans chameau, Câest dans les dunes Ă perte de vue Que je construirai mon chĂąteau. Sans coup de blues, sans coup dâĂ©tat, Sans coup de main et sans coup bas, Câest grĂące au temps qui passe que les princes Deviennent un jour des rois. Des valets de pique en plein cĆur, Des as de trĂšfle mauvais joueurs, Epinglant les cartes perdantes Sur les branches des saules pleureurs. En regardant dans le ciel Voler les papillons de nuit, Et les couleurs au ton pastel Du jour qui sâĂ©tait endormi. Laissant couler la pluie Sur le visage des gens heureux, Qui se relĂšvent un peu groggy Quand ils sont tombĂ©s amoureux. Si Cupidon est voyageur, Il ne se repĂšre quâaux Ă©toiles, Lâaccord de nos corps qui lâĂ©cĆure Lui a fait hisser les voiles. Naviguant vers lâhorizon JusquâĂ ce que mes larmes sĂšchent, Car si tes yeux Ă©taient les arcs, Tes regards en Ă©taient les flĂšches. Je ne crains par les coups de sang Qui Ă©claboussent mes vitres, Si la confiance se gagne en gouttes Lâamour lui se perd en litres. Quand les coups de grĂące perforent Les coups de coeur dĂ©jĂ meurtris, Alors les couleurs de mon corps Ressemblent aux papillons de nuit. Aux papillons de nuit. Aux papillons de nuit. ⊠Petit © 2017 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Toi qui penses que la perfection nâexiste pas sur cette planĂšte, Laisse-moi te parler un peu du pays qui inventa la raclette! On nâa peut-ĂȘtre pas eu Gustave Eiffel ni NapolĂ©on Bonaparte Mais Guillaume Tell vaut bien tous les monuments quâon peut trouver sur une carte. La Suisse, paradis rikiki quâon associe souvent au ski, Abrite 4 langues dont une que personne ne comprend, câest lâpĂštchi. Une sorte de Bulletin-tintamarre-marabout-bout-de-ficelle». Enfin, je te laisse deviner câest laquelle. En Suisse, on a un dictionnaire codĂ© pour tromper lâennemi. On utilise des mots que personne ne connaĂźt, comme panosse ou tricouni. Bien que ça fasse un peu cheni dans la langue de MoliĂšre, On sâen foehn le rösti parce quâon en est vachement fier. Le Suisse parfait nâexiste pas vraiment. En revanche Le Parfait suisse est devenu un classique gourmand. Du foie de porc, un peu dâhuile, beaucoup de sel et de la levure de biĂšre, Sâembrassent dans un tube rouge qui trĂŽne dans toutes les portiĂšres de frigidaires. On a de fins gastronomes dans le catalogue suisse, Comme par exemple le mec qui a inventĂ© le Cenovis. Les plus rĂ©ticents disent quâil sâest plantĂ© dans sa recette En voulant initialement crĂ©er une pĂąte Ă tartiner choco-noisette. En Suisse, on fait de la contrebande de charcuterie. On attend que le feu soit vert pour traverser, mĂȘme quand câest la nuit. On habite en face dâune banque mais on va braquer une Ă©table. On vote Ă main levĂ©e et puis câest moche mais on pisse dans lâeau potable. Le Suisse nâest pas lent, il sâexprime promptement, En prenant le temps de prouver par A plus B aux touristes ignorants, Que nos lacs ne piqueront jamais feu, de Dieu ! Pour autant que Deep Purple ne revienne pas jouer Ă Montreux. Dâailleurs, tâes un peu Ă Suisse-sur-Mer quand tu vas au bord dâun lac. Tu paies ton cafĂ© avec ton treiziĂšme salaire, tu vends ta Rolex, tâachĂštes une Flic-Flac, Tu touilles ta fondue gruyĂšre-caviar dans le sens des aiguilles, Sous les yeux dâun montagnard qui te crie Fais gaffe, moins vite, sinon elle chie!» En Suisse, on a Roger Federer, champion planĂ©taire⊠On nâa jamais gagnĂ© la Coupe du Monde malgrĂ© nos brillants footballers Mais câest voulu, car on sait bien que lâor jaune noircit les cĆurs. On a prĂ©fĂ©rĂ© crĂ©er le couteau suisse avec option tire-bouchon, Parce quâon a compris que le vin nâĂ©tait bon que si lâon parvenait Ă ouvrir le flacon. Bah oui, La Suisse câest les apĂ©ros avec fromage et saucisse. Câest le Pays des Merveilles ou la meringue double crĂšme a remplacĂ© Alice. Nous on nâa pas besoin de partir en vacances sur la CĂŽte dâAzur, On a une plage 5 Ă©toiles sur la Place dâArmes de Bure. Tu connais la diffĂ©rence entre Florence, Nancy et BĂąle ? Bah Ă BĂąle, personne ne sâappelle BĂąle. Il y a des Ueli, Doris, Joseph, Ruth, Hans, Samuel Mais aucune ville ne porte le prĂ©nom dâun Conseiller fĂ©dĂ©ral. En Suisse, lâanimal de compagnie câest pas le chien, câest la vache. Et si tâen nâas pas une dans ton jardin, je te jure que ça fait tache. Quand on la trait dâailleurs, câest pas du lait qui sort de ses tĂ©tines, Câest soit du Rivella, soit de lâOvomaltine. Ici, on a grandi avec Henri DĂšs et Albert le Vert. On a inventĂ© les habits avec velcro et fermeture Ă©clair. Chez nous, les stars se baladent sans body-guard et sans bonnet. Et si personne ne les regarde, câest parce que personne ne les connait. La lĂ©gende dit que tout ce qui est rare est prĂ©cieux, Câest pour ça quâon se fout du fric, câest de loin pas ce qui nous rend heureux. Alors on utilise des liasses de billets verts comme allume-feux. Et si ça sent lâbeutchon, câest quâon a fait flamber nos cartes bleues. Le Suisse ne vit pas sur la terre, câest la terre qui vit en-dessous du Suisse. Le Suisse peut monter en bas, descendre en haut, Faire des ronds avec une Ă©querre, diviser zĂ©ro par zĂ©ro. Bref! Finalement, le parfait Suisse existe⊠Et il nâest pas que dans la porte dâun frigo. © 2019 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Tu es une couleur Ă toi seule Que mĂȘme les peintres ne connaissent pas. Une variĂ©tĂ© de tournesol Qui pousse en hiver, dans le froid. Tu rends le mimosa glaĂŻeul Et les glaĂŻeuls deviennent gagas De se faire sourire Ă la gueule, Ă chaque fois que je pense Ă toi. Tu es le mot que personne ne connaĂźt, Que les poĂštes recherchent dans la forĂȘt. Tu es le verbe au plus-que-parfait, Tu es le soleil du mois de mai. Tu es le poivre au goĂ»t de cannelle, Le piment Ă la saveur du miel, Lâarticle qui nâse trouve pas en rayon, Celui dont on nâsait mĂȘme pas le nom. Tu es lâirrĂ©el, lâimmortel, Le factuel intemporel. Mythologie intĂ©grale Issue dâun rĂȘve en rafale. Je te croque sur des pages blanches Ă lâimage de mes nuits Et je tatoue sur tes hanches Lâadresse de mes envies. Tu es la pluie du jour fĂ©riĂ©, Celle qui mâempĂȘche de sortir. Quand tu tâĂ©coules dans mes vallĂ©es, Ce sont mes torrents qui transpirent. Tu es le froid de fĂ©vrier, Celui qui azure mes paysages. Lorsque mes Ă©tangs sont gelĂ©s, Moi je les traverse Ă la nage. Pour te retrouver en cavale Dans un terrier, une cathĂ©drale, Je veux bien devenir astronaute Pour te rejoindre dans les Ă©toiles. Comme un funambule ambulant, Soldat de la guerre de Cent Ans, Tu es la lune que jâaimerais dĂ©crocher Pour en faire une bague ou un collier. Comme un cracheur de feu pyromane, Jâirai incendier les volcans Pour que la chaleur te chicane Et te fasse suer lentement. Je te rĂ©colterai en gouttes que lâon prendra pour rosĂ©e, Sur les fruits sucrĂ©s du mois dâaoĂ»t Que je regarderai pousser. Je te ferai bouquet de plumes, Feu dâartifice quâun rien nâallume Et nous Ă©craserons les coutumes Entre le marteau et lâenclume. Je tâinventerai des sobriquets Ă chaque minute de la journĂ©e, Que je garderai en secret, Inscrits sur un papier chiffonnĂ©. Le mĂȘme que je gribouille pendant les nuits, Ces nuits qui se mutent en annĂ©es, Celles qui auraient pu ĂȘtre si jolies, Si tu avais fini par arriver. Par arriver dâune autre vie, Dâun notre PĂšre dâun autre temps, Dâune intemporelle galaxie OĂč les croquis deviennent vivants. © 2019 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Il est des pistes oĂč lâor est blanc, oĂč la poudreuse est comestible, OĂč les corbeaux deviennent toucans avec une pupille invisible. Et pour seule musique câest le vent, inhalation susceptible De faire vaciller le temps dans un prĂ©sent peu flexible. Il est des bars oĂč le Tonic ne fait pas partie de la trame. Tu trinques aux produits chimiques quâon te portionne en milligramme. Coca sans glaçon, sans bulle et sans aspartam, Composants peu sĂ©duisants dans le scĂ©nar dâune rĂ©clame. Il est des prises oĂč le courant nâallume pas de lumiĂšre. Le sourire a les bras ballants et le faciĂšs devient glaciĂšre, DĂ©trousse des miroirs en cachette pour les coucher sur la table. Il faut bien se mirer honnĂȘte avant de finir tout minable. Non ? Il est des fĂȘtes oĂč tu nâfĂȘtes rien et tu arrives les poches vides. Mais tu en repars complĂštement plein, câest par le nez quâtu târemplis lâbide. Tu te nourris de pĂąles dĂ©lires, câest peut-ĂȘtre ça qui târendra dingue. Pas toujours facile de choisir entre la bouffe et la dĂ©glingue. Am stram gram, Pic et pic et colĂ©gram, Bour et bour et ratatam, Amstram! Amstram came, Snifez snifez milligrammes! Bourrez vos nez Messieurs-Dames! Amstram! Il est des vies oĂč le tourment se domestique par les sinus, OĂč le gentil sâappelle âmĂ©chantâ, aussi perfide quâun cactus. Câest pas le fruit qui est menaçant mais les picots qui le tapissent. Ă consommer du boniment, tu passes du zĂ©nith aux abysses. Tâas pas la frousse de la police mais câest le vice qui te tracasse. Quand tâas la tristesse Ă tes trousses, tes angoisses deviennent tes complices. Elles tressent de fausses astuces cocasses qui te cadenassent dans la dĂ©tresse, Celle qui efface les traces en douce de tes cicatrices de surface. Il est des lignes entre lesquelles il ne vaut mieux pas lire. Ces lignes sans consonnes ni voyelles, aussi prĂ©cieuses que le saphir. Celles qui te font robot de bois dont les charniĂšres se dĂ©vissent Ă la vitesse du grand malfrat, dans le viseur de la justice. Quand les Ă©toiles se font poussiĂšres, lâunivers tire Ă courte paille Entre les portes de lâenfer et un paradis en pagaille. Câest un voyage en stratosphĂšre mais yâa personne au gouvernail. Une euphorie mensongĂšre, prĂ©sage dâun train-train qui dĂ©raille. Un beau jour ou peut-ĂȘtre une nuit, PrĂšs dâun arbre, tu seras endormi, Sur le marbre on pourra lire ce fragment de devise âIl nây a pas plus tranchant que le couteau que tu aiguisesâ © 2020 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Dâabord, on pose le dĂ©cor, aprĂšs on rĂ©flĂ©chit. On adore se noyer dans des Ă©nigmes existentielles. Puis, on pose les plaques, ça câest le dĂ©ni. Comme quand tâes petit et puis quâun jour, tâarrĂȘtes de croire au pĂšre NoĂ«l. Alors on dĂ©pose le bilan et on sâinvente les rĂ©ponses, Parce quâil faut dire quâentre-temps, on a oubliĂ© les questions. Câest un peu con lâĂȘtre humain, quand on y pense. Ăa veut tout connaĂźtre de la vie mais ça nâsait que tourner en rond. OĂč dort le soleil quand il se couche ? OĂč va le bleu du ciel lorsque la nuit tombe ? Est-ce que la lune respire aussi par la bouche ? Est-ce quâelle entend le bruit que font les bombes ? OĂč va la flamme lorsquâon Ă©teint la bougie ? Y-a-t-il des Ă©toiles jusquâau bout du paradis ? Comment peut-on consoler un saule pleureur ? Est-ce quâil est en larmes lorsquâil est en fleurs ? On sâen fout, tais-toi, ça change rien, arrĂȘte De vouloir tout savoir, de poser des questions bĂȘtes ! On sâen fout, tais-toi, ça change rien, arrĂȘte De vouloir tout savoir, laisse dormir ta tĂȘte ! Est-ce que lâĂ©ternitĂ© peut devenir un quotidien ? Est-ce que des gens sont payĂ©s pour chercher lâaiguille dans le foin ? Est-ce que le temps est plus souple sur les montres molles ? Peut-on arrĂȘter des comĂštes en plein vol ? Quel est le synonyme du mot synonyme ? Que mime un mime lorsquâil mime un mime ? Est-ce que les baisers meurent quand lâamour sâen va ? Est-ce que lâeau de vie est plus concrĂšte que lâau-delĂ ? Si une perle naĂźt dâun caillou dans une coquille, Est-ce quâun printemps Ă©clot dâun mois de mai dans une jonquille ? Est-ce quâun secret rĂ©sulte dâun tabou dans une cachoterie ? Les excuses proviennent-elles dâun contrecoup que lâon oublie ? Combien se vend la peau de lâours qui est encore vivant ? Si le vent Ă©teint les petits feux pourquoi est-ce quâil ravive les grands ? Un sommeil lourd est-il un Ă©chantillon de mort ? Les sans-abris ont-ils vraiment des prĂ©noms Ă coucher dehors ? On sâen fout, tais-toi, ça change rien, arrĂȘte! Tais-toi, tais-toi, tais-toi, arrĂȘte! Tais-toi, on sâen fout, tais-toi, ArrĂȘte de poser des questions bĂȘtes, bĂȘtes, bĂȘtes, bĂȘtes ! A quoi pensait le mec qui a inventĂ© les flingues ? Pourquoi les gens les plus puissants sont toujours les plus dingues ? Est-ce que les gauchers passent lâarme Ă droite ? Est-ce que ce sont les larmes qui ne coulent pas qui rendent nos mains moites ? Est-ce que câest Murphy qui a votĂ© la loi des sĂ©ries ? Le sexisme existerait-il sâil nây avait pas de filles ? Est-ce que les blagues des chauves peuvent ĂȘtre tirĂ©es par les cheveux ? Pourquoi on nâdit pas âun grand beaucoupâ alors quâon dit âun petit peuâ ? Le lait est-il raciste envers le cafĂ© noir ? Si yâa des fautes dans lâdictionnaire comment fait-on pour le savoir ? Le fruit du hasard, est-ce quâil est comestible ? Est-il absurde de dĂ©sirer lâimpossible ? Si un de perdu câest dix de retrouvĂ©s, Peut-on nous indiquer Ă quelle adresse il faut aller chercher ? Est-ce que les oiseaux couchent cachĂ©s dans les nuages ? Que raconte lâhistoire du livre pour tourner la page ? On sâen fout, fout, fout, tâes â tâes â tâes fou, Tais â tais â tais-toi, tâes â tâes â tâes bĂȘte, bĂȘte, fou, bĂȘte, fou BĂȘte, bĂȘte, fou, bĂȘte, fou⊠Laisse dormir ta tĂȘte ! © 2019 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Je suis la reine de la provoc, Je fume du shit at six oâclock. Pas besoin de cafĂ© Pour me rĂ©veiller. Une ligne aprĂšs lâautre, Je sniff et je me vautre Dans mon canapĂ© dorĂ© OĂč je passe toute ma journĂ©e. Iâm so chic, Iâm so perfect, Iâm never sick, thatâs why Iâm so fantastic. Iâm so chic, Iâm so perfect, Iâm never sick, thatâs why Iâm so magic. Je suis la reine de la provoc, Je mange du caviar sous ma hotte, A la petite cuillĂšre, Du dĂ©jeuner jusquâau dessert. Je suis la reine de la provoc, Je fais partie de la Jet Set. Moi je suis une femme qui choque, Car moi lâargent je le jette. Iâm so chic, Iâm so perfect, Iâm never sick, thatâs why Iâm so fantastic. Iâm so chic, Iâm so perfect, Iâm never sick, thatâs why Iâm so magic. Je suis la reine de la provoc, Jâai des chaussures en peau de phoque Et je me dĂ©place en carrosse TirĂ© par des rhinocĂ©ros. Je suis la reine de la provoc, Moi je nage dans la drogue, Des bains de cocaĂŻne Aux infusions dâhĂ©roĂŻne. Iâm so chic, Iâm so perfect, Iâm never sick, thatâs why Iâm so fantastic. Iâm so chic, Iâm so perfect, Iâm never sick, thatâs why Iâm so magic. Iâm so sexy when I am endormie, Iâm so beautiful when I am dans la foule. © 2008 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen 25Ăšme heure de la journĂ©e, 8Ăšme journĂ©e de la semaine, 5Ăšme semaine du mois de mai, 13Ăšme mois de lâannĂ©e. Printemps, hiver, automne, Ă©tĂ©, MĂȘme les saisons sont mal rangĂ©es. 6Ăšme semaine du mois de mai, Je sens le temps sâarrĂȘter. 62Ăšme minute de lâheure, Les statues se mettent Ă bouger, Dansent au milieu des arbres en fleurs, Arpentent les rosiers. Comme une touriste un peu paumĂ©e, Je voltige dans des catacombes. 7Ăšme semaine du mois de mai, Mon corps devient colombe. Je recherche lâentrĂ©e dâune fĂȘte Ă laquelle je suis invitĂ©e. Je me suis coiffĂ©e dâune crĂȘte Et dâun veston dorĂ©. Je recherche lâentrĂ©e dâune fĂȘte Ă laquelle je suis attendue. Jâai mis sur mes joues des paillettes Et une robe fendue. Je passe une porte sans poignĂ©e. On entend la foule en dĂ©lire, Le bal a dĂ©jĂ commencĂ©. Mon sang devient menhir. Sur la piste aux milles couleurs, On voit des tĂȘtes mais pas de pieds. Personne ne semble avoir peur, Mon coeur devient gravier. Le bar est au 2Ăšme Ă©tage Mais il nây a pas dâescalier. On sert le vin dans des nuages Qui pleuvent par gorgĂ©es. Les murs sont en brouillard de rĂȘve, Le plafond en briques de nĂ©ant, Les femmes sont en tenue dâEve, Les garçons en tenue dâAdam. Je repĂšre de vieux amis Au bras de leurs nouveaux amants Et quelques membres de ma famille Qui sâapprochent en riant. Mes animaux de compagnie Que jâavais quand jâĂ©tais enfant Et puis deux vieux qui se charrient⊠Bon Dieu, mes grands-parents! Jâai trouvĂ© lâentrĂ©e de la fĂȘte Ă laquelle jâĂ©tais invitĂ©e. Mon corps se transforme en squelette, Coeur en bĂ©ton armĂ©. Jâai trouvĂ© lâentrĂ©e de la fĂȘte Ă laquelle jâĂ©tais attendue. Lâadresse Ă©tait tenue secrĂšte JusquâĂ ma venue. Que tu claques dans un palace, Sur un trottoir, dans un berceau, Tâauras toujours la mĂȘme place Au club des gens Ă©gaux. Que tu crĂšves avec classe Dans les mĂ©andres ou au plus haut, Tu referas toujours surface Au club des gens Ă©gaux. La mort guette, trĂ©pigne, menace, Elle nous porte sur son dos. Mais câest elle qui nous embrasse A lâentrĂ©e du tombeau. Et si personne nâen revient, Câest parce quâon ne trouve plus la sortie. Ou alors câest peut-ĂȘtre bien Que lâwifi est gratuit. © 2019 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Temps mort, temps perdu, Temps tuĂ© Ă tue-tĂȘte, On est tĂȘtus mais lĂ , câest le temps qui nous a eus. On peut bien tenter de tĂąter Ă tĂątons le bĂ©ton Mais mĂȘme si câest tentant, on doit rester dedans. Le temps câest de lâargent, Jâcrois quâça câest bien connu Mais tout le temps quâon perd, Bah câest celui quâon nârattrapera plus Alors moi jâfouille dans les temps forts, Dans les souvenirs, dans les dĂ©cors. Jâretourne vivre au bon vieux temps OĂč tout fonctionnait encore. Ă vingt ans, jâĂ©tais avec papa maman, On se prenait dans les bras Et si nos mains avaient des gants, Câest parce quâon faisait la vaisselle Et quâon voulait aider maman. Moi jâfaisais des bulles arc-en-ciel Et papa tapait dedans. Ă 15 ans, jâĂ©tais avec papa maman, On se prenait dans les bras Et si nos bouches Ă©taient masquĂ©es, Câest quâon portait un bandana Pour faire une blague Ă mĂ©mĂ© En lâhonneur de cette fois OĂč elle avait perdu son dentier. Ă 10 ans, jâĂ©tais avec papa maman, On se prenait dans les bras Et si papa toussotait, Câest quâil avait bu en riant Pendant que maman lui disait Que pour elle le pied gĂ©ant CâĂ©tait dâmanger dâvant la tĂ©lĂ©. Ă 5 ans, jâĂ©tais avec papa maman, On se prenait dans les bras Et si maman pleurait, CâĂ©tait parce que papa passait La musique que maman aimait. Et moi je pleurais aussi Juste parce que jâen avais envie. Puis avant, et bein jâĂ©tais pas lĂ hein. Ils se prenaient dans les bras Et quand ils sâembrassaient, Et bein ils sâembrassaient Parce quâils pouvaient sâembrasser. Et avec leur bonne volontĂ© Câest grĂące à ça que je suis nĂ©e. Et maintenant, je suis loin de papa maman. On nâse prend plus dans les bras Parce quâon sâaime diffĂ©remment. Et heureusement que la loi Nâinterdit pas les Ă©crans Parce que câest drĂŽle de voir papa Sur le tĂ©lĂ©phone de maman. On nâest pas seuls dans ce tourment Mais on est tous isolĂ©s On nous a volĂ© un printemps, Un de perdu, dix de retrouvĂ©s. Câest pâtâĂȘtre une phrase Ă la con Mais autant devenir philosophe Quand on a lâmoral en portion CachĂ© sous un morceau dâĂ©toffe. Alors âBig Upâ aux astronautes, Ă leur confinement volontaire! Les quarantaines les plus hautes Doivent ĂȘtre plus chiantes que celles sur terre. Sauf quâici câest pas notre faute, On nâle fait pas pour un salaire Mais pour pouvoir marcher dehors Et faire la bise Ă son grand-pĂšre. Et câest quâune question de⊠Temps mort, temps perdu, Temps tuĂ© Ă tue-tĂȘte, On est tĂȘtus mais pour une fois, câest le temps qui nous a eus. On peut bien tenter de tĂąter Ă tĂątons le bĂ©ton Mais mĂȘme si câest tentant, on doit rester patients. © 2020 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Je suis HOLOGRAMME Je suis Des miettes sur le canapĂ© L'inverse de toi Luis Mariano Hologramme C'est normal Toutes les minutes J'aurai le temps Le pire Grandir sous ton aile Une pression, impression, dĂ©pression, rĂ©gression Je me marre, je dĂ©marre, me sĂ©pare, je me barre Je suis moi, je suis vous, tu es fou, je suis nous Venez Ă moi ou moi Ă vous, Ă bout de bras, les bras au cou Je suis vierge, je gamberge, sous la terre, je submerge Manque dâoxygĂšne, je suis vilaine, mĂȘme Ă©goĂŻste, la coupe est pleine Je suis de feu, je suis si peu, mais tellement mieux sans mes cheveux Je suis rien, je suis bien, je suis maintenant, je suis demain To be or not to be, je suis comme je suis Jour aprĂšs jour, je ne change pas, je vis Je suis sauterelle et hirondelle, mĂąle et femelle, je suis jumelle Je suis forĂȘt, je suis tableau, je suis balai, je suis piano Je suis lâhiver, je suis la mer, je suis lâĂ©querre, ses angles amers Je suis le jour, je suis le nord, je suis la mort, je suis lâamour Je tâĂ©cris, tu souris, je mange plus, je maigris Je suis lâidĂ©e, je suis lâaĂźnĂ©e, je suis la bombe et sa portĂ©e Je suis fumĂ©e, je suis aimĂ©e, je suis mariĂ©e et condamnĂ©e Je suis la feuille de lâĂ©cureuil, je suis clin dâoeil aprĂšs le deuil To be or not to be, je suis comme je suis Jour aprĂšs jour, je ne change pas, je vis Je suis caillou, je suis joujou, je suis hibou et je suis pou Je suis dĂ©cembre, je suis mon ombre, je suis la barque, celle qui sombre Je suis le phare, je suis tĂȘtard, je suis bagarre, je suis poignard Je suis lâheure pile, le jour tranquille, je suis dĂ©bile, jâen perds le fil To be or not to be, je suis comme je suis Jour aprĂšs jour, je ne change pas, je vis Je suis lâombre du ciel au soir, je suis le marc du cafĂ© noir Je suis la femme et je suis lâhomme, je suis la came, je suis la somme Je suis moi, je suis vous, tu es fou, je suis nous Venez Ă moi ou moi Ă vous, Ă bout de bras, la corde au cou To be or not to be, je suis comme je suis Jour aprĂšs jour, je ne change pas, je vis â © 2009 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Yâavait des miettes sur le canapĂ© Une cigarette Ă©crasĂ©e dans le fond dâun cendrier Quelques verres de tequila renversĂ©s sur le parquet Une liste dâidĂ©es noires jetĂ©e par-terre et chiffonnĂ©e Yâavait des restes pour lâheure du dĂźner Une belle assiette emballĂ©e dans du papier dâalu dorĂ© Avec une drĂŽle dâodeur qui dĂ©bordait sur les cĂŽtĂ©s La bouffe Ă©tait vivante, chronique dâun repas oubliĂ© Yâavait des cheveux dans le lavabo Deux brosses Ă dents enlacĂ©es, un dentifrice saveur coco Quelques bouteilles de parfum alignĂ©es comme des dominos Une lettre Ă©crite Ă la main avec des insultes au verso Yâavait trop dâeau dans le gaz et pas assez dans le vin CâĂ©tait Ă©crit en majuscules, âtu nâes pas tout, je nâsuis pas rien Les mots mâen tombent et, dans mon corps, jâai le coeur qui perd la tĂȘte Et mes pensĂ©es qui se dĂ©chirent comme un ciel zĂ©brĂ© de comĂštesâ Yâavait des braises dans la cheminĂ©e Et les cendres dâune histoire qui Ă©tait partie en fumĂ©e Une boĂźte fermĂ©e Ă clef Ă©tait dĂ©posĂ©e dans le feu Sur le couvercle câĂ©tait gravĂ© ânos plus beaux souvenirs Ă deuxâ Yâavait des larmes sur un oreiller Et des rĂȘves collĂ©s au plafond par centaines et par millions, Les rancoeurs dâun amour blessĂ©, les reproches pas digĂ©rĂ©s Qui ressuscitaient dans le noir une fois la nuit tombĂ©e Yâavait du vent dans les marronniers Qui faisait danser les feuilles dorĂ©es par la fin de lâĂ©tĂ© Pendant que les tempĂȘtes en mer jetaient les vagues sur les rochers Et que les poumons de son coeur buvaient la tasse Ă sa santĂ© Yâavait des cris dans un hall dâentrĂ©e Des baffes perdues, des coups manquĂ©s, des valises pleines Ă craquer Des clefs rendues, une porte claquĂ©e, un dernier cadeau lancĂ© EnroulĂ© dans du satin Ă dĂ©baller dans lâescalier Yâavait une bague dans une fleur sĂ©chĂ©e Et sur chaque pĂ©tale repliĂ©, au crayon noir câĂ©tait notĂ© âMĂȘme si parfois le temps nous fane, les hivers finissent par passer, Deviens lâĂ©tincelle de ma flamme, veux-tu bien mâĂ©pouser ?â © 2017 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Parle, tais-toi, articule Ferme les yeux, regarde-moi Va-tâen, bouge pas, gesticule Viens vers moi, reste ici depuis lĂ -bas Caresse-moi de tes pensĂ©es Pense Ă moi de tes dix doigts Sers-moi encore pour que je tâignore Hurle en silence, Ă©nerve-toi de bon sens Regarde en bas, la tĂȘte haute Marche droit dans les courbes des contours de mes cĂŽtes Embrasse-moi bouche fermĂ©e dans un Ă©lan de souffle coupĂ© Respire par la peau Ă poumons essoufflĂ©s Pleure, ravale tes larmes Ă©vaporĂ©es Parle-moi du bon temps qui ne tâest jamais arrivĂ© Dis-moi des mots doux, moins gentils, plus piquants Frappe-moi de coups de velours, bats-moi de tes bisous DĂ©teste-moi dâamour en taisant tes âje tâaimeâ Saute-moi au cou en murmurant des poĂšmes Sois lâinverse de toi, reste intact, ne joue pas Sois modeste de prĂ©tention, on est trop nul quand on est bon Deviens la femme au masculin, lâhomme au fĂ©minin Deviens cette nature morte plus vivante quâun humain Avale, recrache, mes paroles et ton sang Mes reproches, tes dĂ©sirs et les mots que tu trouves craquants Lâodeur de ma peau qui dĂ©capite tes sentiments Les regards dans ton dos de la bĂȘte du GĂ©vaudan Allez viens dans mes bras, caresser mon ego Embrasser ma poix, mes feuilles et mes oiseaux Allez viens jouer dehors, viens jouer dans mon bateau Promis, je te laisserai gagner Ă Papier-Caillou-Ciseaux Eteignons la lumiĂšre, câest dans lâombre que les coeurs causent Et on voit beaucoup mieux les yeux quand on voit un peu moins les choses Tiens-toi debout, allongĂ©, Ă genoux, Ă©corchĂ© Mort ou vif, Ă©colier, voleur ou shĂ©rif Parle, tais-toi, articule Ferme les yeux, regarde-moi Va-tâen, bouge pas, gesticule Viens vers moi, reste ici depuis lĂ -bas Caresse-moi de tes pensĂ©es Pense Ă moi de tes dix doigts Sers-moi encore pour que je tâignore Hurle en silence, Ă©nerve-toi de bon sens Regarde en bas, la tĂȘte haute Marche droit dans les courbes des contours de mes cĂŽtes © 2017 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Jâai pĂ©tĂ© du papier bulle Ă longueur de journĂ©e, Jâai fixĂ© le blanc du mur de ma chambre Ă coucher Jâai attendu le crĂ©puscule depuis lâheure du lever Jâai dĂźnĂ© en mangeant dans les couverts du petit dĂ©jeuner â Jâai rien voulu rĂ©pondre quand on mâavait demandĂ© De dĂ©cliner mon rĂȘve de carriĂšre et un choix de mĂ©tier Jâme souviens avoir versĂ© toutes les larmes de mon corps Le jour oĂč ma maman mâa dit âMon trĂ©sor, va falloir bosserâ â Alors jâai dĂ» choisir, jây ai rĂ©flĂ©chi Ă deux fois Le choix B ou le choix A, le B Ă Ba de lâemployĂ© Le mauvais film de sĂ©rie B, jâprĂ©fĂšre rien faire, enfant gĂątĂ© Je postulerai dans un domaine oĂč on est payĂ© pour glander â Et puis un jour, jâai ouvert mon frigo Et jânây ai vu que lâportrait de Luis Mariano â Jâai arpentĂ© les rues Ă la recherche dâune petite annonce En marchant sur des pigeons comme sur des clous quâon enfonce TĂȘte baissĂ©e, majeur dressĂ©, dâun pas dĂ©cidĂ© Pas le temps de batifoler, sauf si on mâoffre un cafĂ© â Jâai dĂ©barquĂ© chez PĂŽle Emploi, sourire aux lĂšvres comme il se doit Et puis jâai donnĂ© mon CV qui tient sur un post-it pliĂ© Je portais une mini-jupe, un push-up, un dĂ©colletĂ© Pas de chance, merde, le mec en face Ă©tait pĂ©dĂ© â Je lui ai dit âBonjour Monsieur, enchantĂ©e de me recevoir, Je postule pour un salaire ou pour du travail au noir, Jâsuis plus trĂšs jeune et pas franchement motivĂ©e Mais jâai un vieux dans mon congĂ©lo Ă qui jâdois donner Ă mangerâ â Et puis plus tard, jâai rĂ©ouvert mon frigo, Luis Mariano Ă©tait couchĂ© sur le dos â Jâsuis ressortie dans la rue, jâai refait le mĂȘme chemin De retour chez PĂŽle Emploi jâai levĂ© les deux mains Jâai dit au mec âĂ©coute-moi bien, tu vas mâtrouver du travail, Sinon tu vois ces deux veines lĂ , hĂ© bien, jâme les entailleâ â Jâai eu une sensation Ă©trange, comme si je quittais le sol Le sentiment dâĂȘtre soutenue, lĂ©gĂšre comme un oiseau qui vole Jâavançais Ă reculon, empoignĂ©e par le chignon, Direction sortie, escortĂ©e par deux gorilles â De retour sur le trottoir jâme suis dit que câĂ©tait pas gagnĂ© Que je nâĂ©tais sĂ»rement pas faite pour trouver un vrai mĂ©tier Un mec a ralenti, mâa demandĂ© le tarif pour la nuit Je lui ai dit âmon canard, je suis absolument hors de prixâ â Puis le soir, jâai ouvert mon frigo Luis Mariano pleurait Ă larmes de croco â Jâai achetĂ© du papier bulle que je tripotais dans le noir Jâai fixĂ© le blanc des murs avec tous mes amis clochards Jâai attendu le crĂ©puscule, du matin jusquâau soir Finalement les jours sont beaux, sans champagne et sans caviar â Maman mâa dit âcâest pas une vie, tu peux pas finir comme ça, Je ne tâai pas mise au monde pour que tu flemmes comme un chat Bouge ton cul, aie le dĂ©clic, fais quelque chose de tes dix doigts, Tu verras le fric câest chic, mĂȘme si tu es hors la loiâ â Et puis le soir, jâai ouvert mon frigo Luis Mariano Ă©tait parti pour Mexico â © 2016 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Est-ce que tu as dĂ©jĂ eu le sentiment de rencontrer quelquâun qui nâexistait pas ? Ce genre de personnage fictif que tu croises dans un polar Qui te semble tellement rĂ©aliste et mille fois mieux dessinĂ© que toi Parce que tu lâas créé en 3D dans ta carte mĂ©moire Câest comme une ombre de spleen coloriĂ©e Ă lâencre noire Ou un croquis au fusain griffonnĂ© Ă main levĂ©e Avec une peau de papier oĂč chaque pli serait un code barre Et tâoses pas lire entre les lignes, sinon tu vas les froisser Câest comme un hologramme que tu croises dans la rue Que tu regardes traverser, qui marche toujours devant toi Quand tu accĂ©lĂšres pour le rattraper, pour lui parler, lui sauter dessus, Il avance de plus en plus vite, il avance au rythme de tes pas. Tu le cherches partout du regard, dans chaque foule, sur chaque trottoir, Sur chaque quai de chaque gare Parfois, tu lâentends rigoler, tu as lâimpression quâil est lĂ , au fond du couloir Alors tu sors, tu allumes ton radar et âpafâ, Il a disparu, comme par hasard Puis la nuit, il te rĂ©veille en mettant tes rĂȘves en sourdine Il sâagenouille au pied de ton lit pour chuchoter dans tes oreilles, Te parler de ta propre vie quâil connaĂźt comme une vieille copine Toi tu restes figĂ© Ă lâĂ©couter, comme un lingot dâor platine Pendant ce temps, il relate tes faits et gestes quâil a Ă©piĂ©s. Il connaĂźt tes goĂ»ts, tes peurs, les rages que tâas pas digĂ©rĂ©es Tes passions , tes rĂȘves, les trucs que tu adores Et quand tu ouvres les yeux pour le faire taire, il se retourne et puis il sâendort Câest bon, tu me suis jusque lĂ ? Il est partout, tout le temps, par tous les temps Il Ă©coute aux portes et mĂȘme Ă la serrure, Chacun de ses mots me fait lâeffet dâun coup de poing dans la figure Sous mon armure de guerriĂšre je cache les traces de ses blessures Il mâenvoie des avions en papier qui se faufilent par mes fenĂȘtres Et quand elles sont fermĂ©es, il me les glisse entre deux lettres Sur chaque aile il empile des poĂšmes qui se superposent Il dit que ses yeux picorent ma nuque quâil a dĂ©crit dans sa prose Quand je chante sous la douche il fredonne les deuxiĂšmes voix Il savonne mon corps en me frĂŽlant de ses dix doigts Les bulles multicolores sâenvolent sous les gouttes dâeau Jâai comme lâimpression quâil me fait un lavage de cerveau Pour les pauses dĂ©jeuner il me fait croire quâil vient manger JârĂ©serve toujours des tables Ă deux qui finissent par ĂȘtre annulĂ©es Personne ne sâexcuse, il nây a que moi que ça choque Et quand je commence Ă mâĂ©nerver il vient me dire que je dĂ©bloque Parfois, il mâattend Ă la sortie du job avec des fleurs Mais quand je mâapproche, il sâĂ©loigne, comme si câest moi qui lui faisais peur Quand je rentre chez moi, câest pas rare quâil soit dĂ©jĂ sur le canapĂ© Et quand ma porte est fermĂ©e, il tourne en rond assis sur lâescalier Il nâest jamais vraiment lĂ , mais moi je ne suis jamais vraiment seule Quand il nâest pas ici, câest quâil prĂ©fĂšre voir dâautres gueules Quâil se bat pour dâautres causes, quâil recherche un autre emploi Quâil crĂ©e dâautres psychoses avec son pouvoir sournois Je nâai jamais touchĂ© sa peau, je nâai jamais frĂŽlĂ© sa paume Je nâai jamais vu son ombre, il est aussi pĂąle quâun fantĂŽme Quand jâavale mes mĂ©docs il sâassied dans le pas dâla porte Et il me fixe dâun air loufoque comme sâil me voyait dĂ©jĂ morte On a refait le monde pendant des heures attablĂ©s Ă des comptoirs Les gens me regardaient toujours attristĂ©s, comme si jâĂ©tais la veuve noire Quand on mâa dit que je parlais seule derriĂšre mon verre de Martini Il a fini par me dire son nom, il sâappelait SchizophrĂ©nie © 2017 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Bonjour Docteur, jâvais pas trĂšs bien Jâai besoin de vos remĂšdes et ça peut pas attendre demain Jâai mal au coeur, je mâvois plus les mains Je me tords de douleur, je mâĂ©teins câest certain Regardez lâblanc dâmes yeux, il est comme un ciel nuageux On dirait que sur chaque paupiĂšre jâai des champignons vĂ©nĂ©neux Le soir quand je mâendors, je dois laisser la lumiĂšre Car dans le noir jâvois Dark Vador sâamuser avec son laser. Il mâa dit câest normal 2x Ah ouais ? Et regardez ma gorge, lĂ Jâarrive plus rien Ă avaler JâdigĂšre mĂȘme plus les bonnes nouvelles, quâelles soient salĂ©es ou sucrĂ©es Jâai comme une pelote de ficelle attachĂ©e Ă ma trachĂ©e Jâai lâestomac dans les talons, je dois prendre mes jambes Ă mon cou Pour ne pas mettre les pieds dans lâplat, corps et Ăąme, Ă tour de bras Je joue des coudes Ă contre-coeur pour dĂ©jouer ma derniĂšre heure Et je me fais des cheveux blancs, oeil pour oeil, dent pour dent Il mâa dit câest normal 2x Ah, alors touchez mes veines, elles sont gelĂ©es et elles sont bleues Il y a plus rien qui coule dedans, elles sont attachĂ©es deux par deux Je me fais un sang dâencre qui nourrit mĂȘme plus mes stylos Mes globules rouges sont aussi pĂąles que le rose de mon cerveau Et quand je sors dans la rue, jâvois plus mon reflet dans les vitrines Jâai les fesses qui se dĂ©gonflent et les seins qui se ratatinent Mon squelette se dĂ©place comme une carcasse de limace En plus jâai mal aux pieds, yâa du gravier dans mes godasses Il mâa dit câest normal 2x Mais enfin Docteur, jouez pas au con, faites-moi une fleur Jâsais bien que jâdĂ©barque Ă lâimproviste et que ça fait pas trop votre bonheur Regardez-moi, voyez ma gueule et avouez que ça fait peur Sâil vous plaĂźt, sauvez-moi ou bien je meurs Pouvez pas mâlaisser comme ça, pouvez pas mâlaisser crever Comme une bĂȘte Ă lâagonie devant la porte de votre entrĂ©e Je vous paierai en nature, en cash, en bakchich, Je vous mettrai sur le podium de mes personnages fĂ©tiches Il mâa dit câest normal Que je puisse pas vous aider, Jâsuis pas toubib, jâsuis cordonnier Je lui ai rapportĂ© les pantoufles que jâdevais lui rĂ©parer Mais allez-y, il vous attend dans le dernier bureau du fond Vous a entendu arriver, souffler Ă©pais et pleurnicher Il mâa dit câest pas facile dâĂȘtre le mĂ©decin des imbĂ©ciles Alors pour les faire dĂ©cuver, jâcommence par un doigt dans lânombril ⊠Bonjour Docteur, jâvais pas trĂšs bien Jâai besoin de vos remĂšdes et ça peut pas attendre demain Jâai mal au coeur, je mâvois plus les mains Je me tords de douleur, je mâĂ©teins câest certain Regardez le blanc dâmes yeux, il est comme un ciel nuageux On dirait que sur chaque paupiĂšre jâai des champignons vĂ©nĂ©neux Le soir quand jâbois ma biĂšre, je dois laisser la lumiĂšre Car dans le noir, jâvois pas jour quand je dois viser mon verre © 2017 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Toutes les minutes dans le monde Une fleur se fane, un oiseau tombe, un feu sâĂ©teint, une maison brĂ»le Un arbre arrĂȘte de grandir, une riviĂšre finit par sĂ©cher Un ciel commence Ă sâendormir, un Ă©toile dĂ©cide de briller â Toutes les minutes dans le monde Dix-huit personnes meurent de faim, neuf cent millions se serrent la main On attend un bus, un taxi, un chauffeur ou bien un train On ne fait pas aujourdâhui les choses quâon pourra faire demain â Toutes les minutes dans le monde Neuf personnes attrapent le SIDA, la terre tremble au moins cinq fois Cinq cents femmes deviennent maman suite Ă lâorgasme du jour dâavant Souvenir soyeux ou accident, violeur ou bien amant â Toutes les minutes dans le monde Cent cinquante millions dâe-mails sont envoyĂ©s dans le ciel Ils croisent nos chemins virtuels, facteurs remplacĂ©s par courriels Papier et stylo bille devancĂ© par clavier-souris â Toutes les minutes dans le monde ça accuse, ça emprisonne, ça oublie, ça fĂ©licite, ça dĂ©nonce, ça pardonne, ça recommence, ça assassine, ça aime trop, ça ment, ça cache maladroitement ça meurt, ça renaĂźt, ça calcule, ça disparaĂźt ça pronostique, ça Ă©lit, ça critique, ça abolit, ça tangue, ça vacille, ça feraille, ça roupille ça gagne, ça manipule, ça cuisine ou bien ça lit â ça donne des conseils, ça prend des cuites ça arrose des jardins, ça braque des banques ça roule trop vite, ça court pour prendre la fuite, ça Ă©vite les bombes, ça compte les gens qui manquent â Toutes les minutes dans le monde Quelquâun dit que câĂ©tait mieux avant, au temps des rois et des bouffons Les fĂ©ministes enlĂšvent le haut, les nudistes remettent le bas, Les poissons rouges boivent de lâeau, les politiciens bouffent leurs doigts â On sâregarde dans des miroirs pendant des heures de bas en haut On sâattarde sur nos rides, nos cicatrices, nos dĂ©fauts, On bombe le torse, on courbe le dos Et on retourne compter nos sous pour payer nos impĂŽts, On dit que la terre va mal, quâelle ressemble Ă un carnaval Que les idiots sont au pouvoir, alors câest clair, y a plus dâespoir Que Daesh fout les flopettes, que Trump fout la dĂšche Que Sarko est une lopette et que sa meuf est une pimbĂȘche â On dit que lâhomme devient gaga, comme si câĂ©tait une race Ă part Que lâĂȘtre humain est dangereux, vicieux, barbare, Que le sol grouille de mauvaises herbes, de serpents et de cafards, Et que la planĂšte regorge de vilains petits conards â Et le plus drĂŽle dans tout ça câest quâon nous demande de nous aimer On nous range les uns sur les autres et on nous dit cohabitez Et yâa des cons qui nous observent comme des souris de laboratoire Pour accoucher dâun diagnostic qui divisera les blancs des noirs â On travaille pour vivre et puis on vit pour dĂ©penser Lâargent quâon nâa pas encore gagnĂ© mais quâon nous a grassement louĂ© âCâest cadeau, servez-vous, vous rembourserez quand vous pourrez, Et puis si vous crevez avant, vos enfants seront lĂ pour payerâ â MĂȘme les fleurs prĂ©fĂšrent pousser la tĂȘte en bas, Elles prĂ©fĂšrent ĂȘtre admirĂ©es par tous ces gens qui nâsont plus lĂ Par ceux qui sont partis avant, par ceux qui sont partis Ă temps Par ceux qui sâmarrent en nous regardant morfler comme des gros dĂ©butants â Alors voilĂ , câest pas glorieux mais câest comme ça On prend pas toujours les bonnes dĂ©cisions et on fait pas toujours les bons choix On ferme les yeux, on tend les bras et on avance Ă lâaveuglette Sous les ordres de nos hommes de loi sans Ă©couter notre propre planĂšte â Et puis on sâĂ©tonne de recevoir des coups de poing dans les dents Quand on pleurniche pour une broutille comme un enfant gĂątĂ© Lorsquâon se plaint dâune journĂ©e minable devant les horreurs du JT Ou quâon se morfond pour un simple repas ratĂ© â On oublie quâĂ lâĂąge du fer yâavait pas dâlike ni de follower Quâils mangeaient Ă mĂȘme le sol et quâils sâaimaient Ă mĂȘme le coeur Quâils vivaient au jour le jour parce que le mot futur nâexistait pas Et quâils croyaient quâen MĂšre Nature parce quâil nây avait ni Dieu, ni croix â Aujourdâhui, on nâsait pas encore oĂč on va mais ce qui est sĂ»r, câest quâon y va Dâun pas sĂ»r, dâun pas lent, dâun pas timide ou chancelant On se regarde comme des lions en cage en miaulant comme des bĂ©bĂ©s chats On sent la moutarde nous arriver au tarin mais on garde notre sang froid â On devrait rĂ©aliser que pour se sortir de toute cette merde on a besoin de pas grand chose Il nous faudrait juste 2018 ans de luciditĂ© et trente secondes de courage Que quelquâun ouvre tout grand sa gueule et quâil presse sur le bouton pause En balançant âCoupez, vous ĂȘtes mauvais⊠allez, on recommence le tournageâ © 2016 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Jâaurai le temps de te regarder dormir Quand mes journĂ©es seront tes nuits Ou que je souffrirai dâinsomnie â Jâaurai le temps de te regarder sourire Pour autant que lâhistoire soit drĂŽle Que mes doigts te chatouillent quand je te frĂŽle Jâaurai le temps de colorier tes souvenirs Dâen faire des statues Ă lâargile IndĂ©modables, indĂ©lĂ©biles â Jâaurai le temps de te regarder Ă©crire Les dĂ©serts et ses mirages Sur des cahiers de 600 pages â Jâaurai le temps de tâemmener sur les nuages Au seuil du vertige Suspendu au dernier Ă©tage â Jâaurai le temps de te regarder rougir Quand le soleil embrasera ta peau Comme ma bouche embrasse ton dos â Jâaurai le temps de te dire de revenir Quand depuis ton avion Tu survoleras mon donjon Mâabandonnant comme une princesse Dans les griffes du dragon Nâoublie pas mon adresse, rappelle-toi de mon nom â Jâaurai le temps de te regarder fleurir Quand les pluies de saison Feront Ă©clore les bourgeons De chaque branche aux reflets verts De chaque bruit de tonnerre Si le coup de foudre est Ă©phĂ©mĂšre, il fait quand mĂȘme flamber la terre â Jâaurai le temps de tâaimer Ă lâinfini Sans barriĂšre et sans peur Sans pansement pour le coeur Quand je porterai pour seul habit Tes soupirs de rĂȘveur Et quâau beau milieu de nos nuits, nous bĂąillonnerons la pudeur © 2017 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Le pire, câest de naĂźtre femme dans un monde oĂč lâhomme, MouillĂ© de chaud, demeure sexiste et macho EngluĂ© dans trente kilos de muscle artificiel DĂ©nonçant les dĂ©fauts des entrailles de maman parce que câest une femelle, Et puis se faire brĂ»ler la peau par les rĂ©tines affĂ»tĂ©es De ces meutes de loups affamĂ©s Bavant sur les cadenas Ă huit chiffres des soutiens gorges harnachĂ©s Aux dĂ©colletĂ©s plongeants des passantes Ă©lĂ©gantes mais fatiguĂ©es Non, le pire, câest de naĂźtre Ă©tranger Dans un pays qui tâa vu grandir, dans un pays qui tâa vu ramer Qui se dit ĂȘtre ta maison, mais qui te cloue au bas de lâĂ©chelle en dĂ©clarant Dommage, vous auriez pu tout avoir, un job intĂ©ressant, une famille, des enfants, Vous auriez certainement pu vous Ă©panouir, jouer dans la cours des grands Malheureusement, les couleurs de votre passeport disent que vous faites Ramadan Et chez nous, on a de la place pour tout le monde hein, vraiment A condition quâils affichent sur leur visage la couleur du parmesan Câest horrible ça, câest avoir une longueur de retard toute sa vie, pour une couleur de peau Etre dĂ©classĂ© par les regards humiliants de ces hommes politiques en une des journaux Et de se sentir trop nu Ă cause dâun drapeau, Se sentir trop diffĂ©rent Ă cause dâun accent Le pire, câest de naĂźtre aveugle avec les yeux ouverts DĂ©posĂ© au pied dâun arc-en-ciel, celui qui rend la terre si belle, CondamnĂ© Ă dessiner le bonheur avec une peinture imaginaire, Sans rouge, sans jaune, sans bleu, sans vert Ou alors, ce qui doit ĂȘtre pire encore, câest de naĂźtre riche lĂ oĂč il nây a rien Ă acheter OĂč lâamour est en libre-service sur chaque arbre fruitier Avoir un portefeuille ruisselant de billets verts Dans un monde oĂč la gratuitĂ© a englouti le quartier des affaires Etre blindĂ© de thune au point de devoir rĂ©flĂ©chir Ă comment dĂ©penser ce qui ne coĂ»te rien Au point de ne plus te souvenir dans quelle foutue baraque tu as oubliĂ© tes gamins Au point de te payer du travail Ă dĂ©faut de te payer des vacances Au point dâavoir louĂ© les trois quarts du Paradis pour toi et toute ta descendance Non, finalement, le pire du pire, ça doit ĂȘtre de naĂźtre gay De se faire montrer du doigt, de dĂ©frayer la chronique Parce que deux mecs en slip, ça fait toujours sourire, non ? Câest typique Et de sâentendre dire par les plus maladroits âAimer quelquâun du mĂȘme sexe, câest nâaimer que soi, Câest Ă©goĂŻste, câest malsain, ça devrait ĂȘtre interdit par la loi On devra leur expliquer nous, Ă nos enfants, Ă quoi ça ressemble la normalitĂ© Leur faire gober que faire crac-crac avec son Ă©quivalent, Câest juste une vilaine mode qui va finir par passerâ Bah voilĂ , câest ça le pire de naĂźtre entourĂ© par des gens qui te filent mal au bide, Qui te lacĂšrent lâexistence de remarques putrides Etre intoxiquĂ© par des mollusques olympiques, fermĂ©s comme des huĂźtres hermĂ©tiques, Productrices de fausses perles en faux plastique Le pire, câest dâĂȘtre vouĂ© Ă subir la frustration de cet humain pessimiste Celui qui dit Ă©voluer sur le droit chemin, mais qui en rĂ©alitĂ©, ne sait faire que du hors-piste Se retrouver parachutĂ© dans un remake bon marchĂ© de la PrĂ©histoire, A cette Ă©poque oĂč la peine Ă©tait de mort et oĂč les rĂšgles du jeu Ă©taient soit blanches, soit noires Le pire, câest de se faire condamner par les jugements de ceux qui pensent avoir raison Subir les recommandations de ces inflexibles bourrĂ©s de principes Ă la con Ceux qui te demandent ta confiance pour te la chĂ©rir, te lâembrasser, puis te lâacheter Et qui finissent par te la broyer dâun revers de reproche, Pour lâĂ©pingler Ă leur tableau de chasse avec audace, Ă grand coup de pioche Tout compte fait, le pire aujourdâhui, câest de regarder ce que font les autres pour essayer dâexister Câest croire que parce que tu es diffĂ©rent, tu as moins de chance dây arriver Et penser un truc comme ça, qui que lâon soit, câest se tirer une balle dans le pied, Câest comme espĂ©rer gagner une course dâorientation, mais avec les yeux bandĂ©s Alors assume dâĂȘtre autrement, Rigole quand les gens pleurent, chante quand les gens se taisent Embrasse quand les gens se frappent et dors quand les gens baisent DĂ©fends quand les gens attaquent, adore quand les gens dĂ©testent Reviens quand les gens partent et pars quand les gens restent Marche quand les gens courent, regarde quand les gens occultent Chuchote quand les gens crient et souris quand les gens tâinsultent Nâattends pas que demain redevienne hier, ni que lâautomne devienne lâhiver Apprends Ă lire lâheure Ă lâinstant prĂ©sent, mais surtout laisse le temps au temps MĂȘme au pied du sapin, ce nâest pas lâemballage qui fait le cadeau Et pour petit rappel, nâoublie jamais quâun renard peut trĂšs bien plumer un corbeau â© 2017 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen Comment tu tâappelles ? ParaĂźt que câest toi ma cheffe directe et que jâvais grandir sous ton aile On nâa pas fini de se regarder, on nâa dâailleurs pas commencĂ© Mais avant tout jâai quelques questions Ă te poser Dâabord, pourquoi tâas souri en entendant mon premier cri ? Pourquoi tes yeux se ferment-ils quand tu mâĂ©coutes respirer ? Pourquoi tes bras font-ils la taille de mon corps tout entier ? Pourquoi jâai sur mes fesses un truc humide et rembourrĂ© ? Puis ces habits bariolĂ©s qui me boudinent comme un sumo On dirait un dindon ficelĂ© qui a fait de la rĂ©tention dâeau Un bonnet sur le crĂ©mol, mĂȘme quand câest la canicule Tâas peur que mon Ăąme elle sâenvole pendant que mes bras gesticulent ? Et dis, câest qui tous ces enfants assis autour de moi Qui nâosent sâexprimer quâen levant le doigt AlignĂ©s comme des moutons devant un tableau noir Marignan, 14-18, je crois que câest leçon dâhistoire Et cette cloche qui hurle pour annoncer la fin des cours Qui me file la libertĂ© de recommencer Ă rĂȘver LĂ©galement sans me planquer, les yeux rieurs, regard figĂ© Ballade sur un lion arc-en-ciel dans la tour de Babel Et puis câest qui ce mec qui ressemble Ă un savant fou Qui se dandine dans la classe comme un mannequin de Moscou Il nous dit que câest lâoeuf qui a fait la poule en premier Et que le coq Ă©tait cocu, du coq Ă lâĂąne câĂ©tait vite vu Comment tu tâappelles ? ParaĂźt que câest toi ma cheffe directe et que jâvais grandir sous ton aile On nâa pas fini de se regarder, on nâa dâailleurs pas commencĂ© Mais avant tout jâai quelques questions Ă te poser Câest quoi ce dĂ©lire, mon corps qui sâest mis Ă changer Tu mâavais dit que jâallais grandir mais pas au point de me transformer Jâai bien pigĂ© les rĂšgles du jeu, mais je prĂ©fĂšre pas y penser A vrai dire je riais plus quand je saignais du nez Alors câest ça dâĂȘtre adulte, câest pouvoir donner la vie Câest faire des piles de factures qui pĂšsent aussi lourd que ton Ăąge Câest avoir le job idĂ©al, chef de la brigade coloriage Un clĂ©bard, une grosse baraque et des vacances aux Antilles Câest se battre pour Ă©voluer comme dans un jeu vidĂ©o Nager comme Picsou dans la boĂźte du Monopoly Regarder Philippe Risoli tourner la roue du âJuste Prixâ Et se rĂ©veiller le matin pour peigner son poil dans la main Câest se lever chaque jour en Ă©coutant ses os craquer Câest se parquer prĂšs du but pour ne pas devoir trop marcher Câest sâassoir dans une gare pour regarder les trains se croiser Câest pleurer dans une Ă©glise et voir les coeurs se sĂ©parer Câest aimer pour la vie puis dĂ©tester Ă la folie Câest rire du malheur des autres en se noyant dans son mal-ĂȘtre Câest parler pour ne rien dire mais ne pas savoir se taire Câest se vendre du paraĂźtre au prix du kilo de pommes-de-terre Salut, comment tu tâappelles ? ParaĂźt que câest toi ma cheffe directe et que jâvais grader sous ton aile On nâa pas fini de se regarder, on nâa dâailleurs pas commencĂ© Mais avant tout jâai quelque chose Ă tâavouer Tu sais, trĂšs honnĂȘtement, jâĂ©tais quand mĂȘme bien dans ton ventre Il manquait juste 10 centimĂštres pour que je puisse Ă©tendre les jambes Et un filet de lumiĂšre traversant une petite fenĂȘtre Que jâaurais pu installer moi entre ton coeur et ton urĂštre © 2016 â Escales Productions & Phanee de Pool Texte & musique Fanny Diercksen
Malheureusement pour diverses raisons,il n'y a plus rien de possible entre lui et moi, et cette nuit-la Ă©tait la derniĂšre. Je n'arrĂȘte pas de repenser Ă des moments, Ă des paroles de cette nuit et je souffre. Tout Ă©tait merveilleux. Maintenant j'ai l'impression que ma vie n'a plus de sens. J'ai l'impression d'ĂȘtre condamnĂ©e Ă etre Ă©ternellement triste, en repensant Ă cettetraduction en anglaisanglais/français A A And nothing one can do about it Versions 123 Like a thread between the one and the other Invisible, it imposes its connections in the wanderings of the subconscious 1 It walks with impunityAnd everything trembles a little bit And the rest fades out Only in our bellys A knot, a makes a king from a slave And can damn the saints The honnest man or the wise And nothing one can do about itAnd one resists it, one builds walls Happy times 2, well sorted photographs Like a terrorist it pierces armour One moment everything is wiped awayYou crawl and you spy And you beg for words You read her poets, Love her paintingsAnd you try to cross her path Suddenly you are fifteen again Everything changes its foundation And nothing one can do about itIt invites itself when one doesn't expect it When one believes in it, it flees away allready Brother who, one day, tasted it Never again will you recoverIt leaves us empty And more dead than alive It's what decides One only pretends It chooses its paths Its coming and going That's the way of love And nothing one can do about it. français françaisfrançais
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Comme un fil entre lâautre et lâunInvisible, il pose ses liensDans les mĂ©andres des inconscientsIl se promĂšne impunĂ©ment Et tout un peu trembleEt le reste sâĂ©teintJuste dans nos ventresUn nĆud, une faim Il fait roi lâesclaveEt peut damner les saintsLâhonnĂȘte ou le sageEt lâon nây peut rien Et lâon rĂ©siste, on bĂątit des mursDes bonheurs, photos bien rangĂ©esTerroriste, il fend les armuresUn instant tout est balayĂ© Tu rampes et tu guettesEt tu mendies des motsTu lis ses poĂštesAimes ses tableaux Et tu cherches Ă la croiserTâ as quinze ans soudainTout change de baseEt lâon nây peut rien Il sâinvite quand on lâattend pasQuand on y croit, il sâenfuit dĂ©jĂ FrĂšre qui un jour y goĂ»taJamais plus tu ne guĂ©riras Il nous laisse videEt plus mort que vivantCâest lui qui dĂ©cideOn ne fait que semblantLui, choisit ses toursEt ses va et ses vientAinsi fait lâamourEt lâon nây peut rienOn nây peut rien Pour prolonger le plaisir musical Voir la vidĂ©o de Et L'on N'y Peut Rien» ï»żMais rien nâest figĂ©. Rien nâest jamais figĂ©. Avoir eu des moments de violence ou se reconnaitre comme quelquâun qui devient violent nâest pas une fatalitĂ©. Tu as bien compris â nous lâespĂ©rons en tous les cas â la violence est surtout liĂ©e Ă une absence de parole, et Ă un dĂ©bordement Ă©motionnel auquel on ne peut faire face. Intro G Comme un C fil en D tre l'autre et G l'un Em Invi D sible, il Em pose D ses liens G Dans les C mĂ©andres D des inc G onscients Em Il se D promĂšne im C punĂ© G ment Et C tout un peu G tremble Et le C reste s'Ă© G teint Jus C te dans nos G ventres Un Em noeud, une D faim Il C fait roi l'es G clave Et peut C dammer les G saints L'hon C nĂȘte ou le Em sage Et l'on C n'y D peut G rien G Et l'on C rĂ©siste on D bĂątit G des murs Em Des bon D heurs, pho Em tos bien D rangĂ©es G Terro C riste, il D fend les ar G mures, Em Un ins D tant tout est C bala D yĂ© G Tu C rampes et tu G guettes Et tu C mendies des G mots Tu C lis ses po G Ăštes Aimes Em ses ta D bleaux Et tu C cherches Ă la G croiser T'as C quinze ans sou G dain Tout C change de Em base Et l'on C n'y D peut G rien A Il s'in D vite quand E on ne l'atte A nd pas Fm Quand on E y croit, il Fm s'enfuit E dĂ©jĂ A FrĂšre D qui un E jour y goĂ» A ta Fm Jamais E plus tu ne D guĂ©ri A ras Il D nous laisse A vide Et plus D mort que A vivant C'est D lui qui A dĂ©cide On ne Fm fait que sem E blant Lui, D choisit ses A tours Et ses D va et ses A vient Ain D si fait l'a Fm mour Et l'on D n'y E peut A rienLes rĂ©fĂ©rences poĂ©tiques au concours sont plus quâapprĂ©ciĂ©es par les correcteurs, dâautant plus si elles sont analysĂ©es finement et sâinsĂšrent dans le cadre de votre rĂ©flexion. Le but de cet article est de vous dĂ©livrer quelques analyses de poĂšmes qui permettront de vous distinguer au concours, puisque câest un domaine largement nĂ©gligĂ© par les Ă©tudiants en gĂ©nĂ©ral. Or, cette annĂ©e, la poĂ©sie est une partie essentielle du thĂšme de la Parole », et câest pourquoi il faut dĂšs maintenant commencer Ă apprendre quelques poĂšmes par cĆur et Ă les analyser. Petit conseil si vous nâĂȘtes pas absolument dĂ©goĂ»tĂ© par la chanson française, le meilleur moyen de retenir un poĂšme est de lâĂ©couter en chanson. Ferrat a notamment repris les plus grands poĂšmes dâAragon dans deux de ses albums Quelques mots sur la fonction poĂ©tique de la parole⊠Si ce nâest pas assez clair cette histoire de fonction poĂ©tique du langage, je vous conseille cette vidĂ©o qui explique ce concept commence Ă partir de 9m38 Au delĂ des simples rĂ©fĂ©rences, la poĂ©sie en elle-mĂȘme en tant quâart, constitue une partie du thĂšme de cette annĂ©e. En effet, selon Jakobson dans Essais de linguistique gĂ©nĂ©rale, le langage dĂ©tient une fonction poĂ©tique. La fonction poĂ©tique de la parole se distingue de la fonction rĂ©fĂ©rentielle qui consiste Ă se centrer sur lâobjet dont on parle et Ă ajouter des informations concernant ce rĂ©fĂ©rent. Cette fonction rĂ©fĂ©rentielle de la parole, celle que nous utilisons au quotidien sâoppose Ă la fonction poĂ©tique de la parole. Celle-ci prend le langage lui-mĂȘme comme objet. La fonction poĂ©tique de la parole explore les possibilitĂ©s offertes par le signifiĂ© sens et le signifiant, câest-Ă -dire le support matĂ©riel du signe, qui possĂšde Ă la fois une dimension graphique â lettres dont on se sert pour Ă©crire le mot ou graphĂšmes â et phonique â les sons ou phonĂšmes qui constituent la rĂ©alitĂ© acoustique du signe linguistique. Le refus de la parole instrumentale â employĂ©e Ă des fins exclusivement utilitaires comme nous le faisons au quotidien â est visible dans le jeu sur les signifiĂ©s, notamment Ă travers les images, qui Ă©tablissent un rapport analogique entre des rĂ©alitĂ©s plus ou moins Ă©loignĂ©es et dĂ©tournent lâesprit de lâobjet de rĂ©fĂ©rence vers les mots qui lâexpriment, comme en tĂ©moignent par exemple les mĂ©taphores suivantes de du vautour aquilon » et du pĂątre promontoire au chapeau des nuĂ©es ». La sollicitation du signifiant se dĂ©cline quant Ă elle en diverses figures de continuitĂ© sonore, telles lâallitĂ©ration, lâassonance ou les rĂ©currences codĂ©es que constituent les rimes de la poĂ©sie traditionnelle. Petit rappel de quelques figures de style ce sont des jeux sur les sons de la parole, Ă mĂ©diter! Une anaphore Il sâagit de la rĂ©pĂ©tition dâun mĂȘme mot ou dâune mĂȘme expression en dĂ©but de vers ou en dĂ©but de phrase dans une suite de vers ou de phrases. Une allitĂ©ration Il sâagit de la rĂ©pĂ©tition dans un mĂȘme vers ou dans une mĂȘme phrase dâune ou plusieurs consonnes. Une assonance RĂ©pĂ©tition dans un mĂȘme vers ou dans une mĂȘme phrase dâune ou plusieurs voyelles plus prĂ©cisĂ©ment, on parle de son vocalique. Harmonie imitative RĂ©pĂ©titions de sonoritĂ©s qui permettent de suggĂ©rer certaines impressions. ex Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos tĂȘtes ? » â Racine ; prĂ©sence dâune assonance en s qui rappelle le sifflement des serpents Deux poĂšmes dâAragon Commençons par un poĂšme dâAragon qui nâest pas trĂšs connu, Rose du premier de lâan dans Les PoĂštes. Connaissez-vous la rose-lune Connaissez-vous la rose-temps Lâautre ressemble autant Ă lâune Que dans le miroir de lâĂ©tang Lâune Ă lâautre se reflĂ©tant Connaissez-vous la rose-amĂšre Faite de sel et de refus Celle qui fleurit sur la mer Entre le flux et le reflux Comme lâarc aprĂšs quâil a plu La rose-songe et la rose-Ăąme Par bottes au marchĂ© vendues La rose-jeu la rose-gamme Celle des amours dĂ©fendues Et la rose des pas-perdus Connaissez-vous la rose-crainte Connaissez-vous la rose-nuit Toutes les deux qui semblent peintes Comme Ă la lĂšvre est peint le bruit Comme Ă lâarbre est pendu le fruit Toutes les roses que je chante Toutes les roses de mon choix Toutes les roses que jâinvente Je les vante en vain de ma voix Devant la Rose que je vois. » Ce poĂšme en octosyllabes traite du thĂšme de lâineffable, du latin fari, parler. Lâineffable, câest ce qui ne peut ĂȘtre exprimĂ©, avec la nuance particuliĂšre que cette impossibilitĂ© est due Ă une insuffisance du langage, inapte Ă traduire une rĂ©alitĂ© » extraordinaire. Lâineffable suggĂšre lâĂ©crasante supĂ©rioritĂ© de la chose sur le mot, une valeur intraduisible de la rĂ©alitĂ©. En effet, dans ce poĂšme, lâidĂ©e illustrĂ©e est que la parole ne peut exprimer la chose concrĂšte, en lâoccurrence la beautĂ© de la rose. Il y a une inadĂ©quation entre la parole et la chose concrĂšte. En dĂ©pit de toute la puissance dâimagination poĂ©tique et des neuf roses imaginĂ©es par Aragon qui apparaissent comme particuliĂšrement farfelues et surprenantes, le poĂšte est impuissant Ă rivaliser avec la beautĂ© de la rose rĂ©elle je les vante en vain de ma voix ». Dans les trois premiers vers de la derniĂšre strophe Toute les roses que je chante », le poĂšte emploie le procĂ©dĂ© de lâanaphore pour insister sur le fait quâil a explorĂ© voire inventĂ© lâensemble des roses possibles et inimaginables. Non seulement le poĂšte nous montre Ă quel point son imagination est riche, mais il nous fait participer Ă©galement Ă ce travail intellectuel en nous donnant Ă concevoir des roses-concept rose-Ăąme», rose-crainte », rose-songe », etc. En effet, le poĂšte interpelle le lecteur, et lâinterroge cinq fois sur sa connaissance des neuf roses quâil a inventĂ©es, par lâutilisation de lâanaphore Connaissez-vous ». Aragon nous met face Ă notre impuissance Ă concevoir de telles roses. Lorsque le poĂšte nous interpelle, il fait usage du verbe connaĂźtre » qui renvoie Ă la connaissance ; il doit de plus, pour chacune des roses nommĂ©es, nous apporter des informations supplĂ©mentaires quoique obscures. Or, le poĂšme sâachĂšve par lâemploi du verbe final voir » qui renvoie Ă la sensation Devant la rose que je vois » ; on remarque lâabsence de description de la rose-rĂ©elle, puisque le lecteur nâĂ©prouve aucune difficultĂ© Ă lâimaginer. Ainsi, Aragon nous suggĂšre lâinfĂ©rioritĂ© de la conceptualisation, de lâusage de la parole en tant quâinstrument de la pensĂ©e intellectualisĂ©e, face Ă la perception sensorielle et la beautĂ© du rĂ©el, qui, elles nâont pas besoin de mots. Ce quâil faut retenir de ce poĂšme 1. Si vous souhaitez illustrer le concept dâineffable, allez-y, servez-vous. Ce poĂšme illustre lâincapacitĂ© du poĂšte Ă exprimer par la parole la beautĂ© de la rose rĂ©elle. 2. Le poĂšte interpelle le lecteur et sâamuse de son incapacitĂ© Ă concevoir les neuf roses surprenantes et farfelues quâil a inventĂ©es. Par lĂ , il prouve que le travail intellectuel quâil a fourni pour inventer ces roses est vain face Ă la rose quâil nous suffit dâobserver, celle que lâon perçoit par la sensation. Il montre ainsi lâimpuissance de la parole intellectualisĂ©e Ă dĂ©crire le rĂ©el que les sensations suffisent pleinement Ă saisir. Aragon â Un jour un jour Tout ce que lâhomme fut de grand et de sublime Sa protestation ses chants et ses hĂ©ros Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux A Grenade aujourdâhui surgit devant le crime Et cette bouche absente et Lorca qui sâest tu Emplissant tout Ă coup lâunivers de silence Contre les violents tourne la violence Dieu le fracas que fait un poĂšte quâon tue Un jour un jour »est un poĂšme dont les quatrains sont Ă©crits en alexandrins ; les strophes citĂ©es sont un hommage au poĂšte espagnol FĂ©dĂ©rico Garcia Lorca. Je tiens Ă prĂ©ciser que je nâai sĂ©lectionnĂ© que les deux premiers quatrains, qui traitent du rĂŽle du poĂšte et de lâimportance de sa parole. Si jâai choisi ce poĂšme, ce nâest pas tant pour le thĂšme dont il traite le fascisme en Espagne et lâespoir de jours meilleurs, mais plutĂŽt parce quâil me sert de prĂ©texte pour exprimer la maniĂšre dont Aragon perçoit la fonction de la parole poĂ©tique. Le premier vers, Tout ce que lâhomme fut de grand et de sublime », illustre parfaitement la conception quâAragon se fait du poĂšte il est celui qui apporte la paix et dont la parole est supĂ©rieure au reste de lâhumanitĂ©. La parole du poĂšte est non seulement ce quâil y a de plus grand et de sublime » chez lâhomme, mais elle est Ă©galement un rempart contre la cruautĂ© de la guerre. Les chants des poĂštes et leur protestation »terme qui renvoie Ă leur engagement politique sont, dans le vers suivant, Ă©levĂ©s au mĂȘme rang que les hĂ©ros. Ce qui fait la quintessence de lâhumanitĂ©, câest-Ă -dire la parole poĂ©tique et lâhĂ©roĂŻsme, se manifeste dans ceux qui se soulĂšvent contre la tyrannie en Espagne câest lĂ le sens de cette strophe. Par lâabsence de ponctuation â typique du mouvement surrĂ©aliste -, Aragon donne lâimpression dâemployer un ton vigoureux, vif et assurĂ©, ce qui renforce lâidĂ©e que la parole du poĂšte constitue ce quâil y a de plus grand chez lâhomme. Par ce procĂ©dĂ©, Aragon marque en outre la spĂ©cificitĂ© de la parole poĂ©tique et souligne quâelle se distingue de la parole commune. Le silence dont il est question dans la deuxiĂšme strophe a deux significations il tĂ©moigne du caractĂšre sacrilĂšge de lâassassinat du poĂšte et il indique que le silence du poĂšte est le silence de lâhumanitĂ©. Dans les vers suivants, on apprend que le poĂšte a Ă©tĂ© assassinĂ© durant la guerre Federico Garcia Lorca sera fusillĂ© par les gardes civiles prĂšs de Grenade durant la Guerre civile en Espagne en 1936. Aragon attribue au poĂšte une essence supĂ©rieure ; sa mise Ă mort est donc prĂ©sentĂ©e comme particuliĂšrement criminelle. Lâassassinat dâun poĂšte est synonyme de sacrilĂšge. Lâinvocation de Dieu, qui ouvre le dernier vers de la strophe, ainsi que le rappel de la loi du talion dans le vers prĂ©cĂ©dent, semble indiquer que la colĂšre divine doit nĂ©cessairement suivre cet acte de cruautĂ©. Lâusage de lâoxymore emplissant lâunivers de silence» remplir quelque chose par du vide montre que le silence qui suit lâexĂ©cution de Lorca est si fort quâil est encore plus assourdissant que le bruit de la fusillade câest lâensemble de lâunivers qui est affectĂ© par la mort de Lorca. Au sein de la mĂȘme strophe, le silence de lâunivers est brusquement suivi par le plus grand des fracas ; ce fracas »est matĂ©rialisĂ© dans le vers par un procĂ©dĂ© dâharmonie imitative, Ă savoir lâallitĂ©ration en t » et en q » du dernier vers de la seconde strophe lâextinction soudaine de la parole du poĂšte est, paradoxalement, une tragĂ©die retentissante. Cette mĂȘme strophe exprime Ă©galement lâidĂ©e que la mise Ă mort du poĂšte frappe lâhumanitĂ© toute entiĂšre de mutisme. Lorsque le poĂšte disparaĂźt Et cette bouche absente et Lorca qui sâest tu », deux Ă©vĂ©nements lourds de consĂ©quences dont la gravitĂ© est soulignĂ©e par la rĂ©pĂ©tition du et », lâunivers tout entier devient silence emplissant tout Ă coup lâunivers de silence». Toutes les paroles, toutes les expressions humaines sont rĂ©duites Ă nĂ©ant lorsque la bouche du poĂšte est absente, que sa parole nâa plus cours. Le poĂšte Ă©tant le porte-parole de ce quâil y a de plus grand dans lâhumanitĂ©, câest la voix mĂȘme de lâhumanitĂ© qui meurt quand meurt celle du poĂšte. On retiendra de cet extrait dâ Un jour un jour » Aragon attribue au poĂšte une essence supĂ©rieure, sa parole est ce qui fait la quintessence de lâhumanitĂ© Le poĂšte Ă©tant un ĂȘtre divin, sa mise Ă mort relĂšve du sacrilĂšge thĂ©matique biblique Le poĂšte Ă©tant porte-parole de lâhumanitĂ©, son silence est Ă©galement le silence de lâhumanitĂ©.
Etlâon nây peut rien changer Tout dĂ©pend de ta naissance Et moi je ne suis pas bien nĂ© LĂ -bas Loin de nos vies, de nos villages Jâoublierai ta voix, ton visage Jâai beau te serrer dans mes bras Tu mâĂ©chappes dĂ©jĂ , lĂ -bas Jâaurai ma chance, jâaurai
traduction en anglaisanglais/français A A Nothing one can do about it Versions 123 Like a thread between the one and the other Invisible, it imposes its connections in the wanderings of the subconscious mĂ©andre means a turning in a river's course, the same word probably exists in English, but I preferred the more literal 'wandering' It walks with impunityAnd everything trembles a little bit And the rest fades out Only in our bellys A knot, a makes a king from a slave And can damn the saints The honnest man or the sage And nothing one can do about itAnd one resists it, one builds walls Happy times lit. happinesses, but that's bad English of course, well sorted photographs Like a terrorist it pierces armour One moment everything is wiped awayYou crawl and you spy And you lie words You read her friends not sure about this verse And you love her paintingsAnd you try to cross her path Suddenly you are fifteen again Everything changes its foundation And nothing one can do about itIt invites itself when one doesn't expect it When one believes in it, it flees away allready My brother who, one day, tasted it Never again will you recover/healIt leaves us empty And more dead than alive [It's] it [that] decides while one only pretends It chooses its paths ? Its coming and going That's the way of love And nothing one can do about it. français françaisfrançais Quantaux participants, lâanimateur a fait ses calculs. Câest pourquoi, il a dĂ©cidĂ© de rĂ©unir les deux plus grands champions de Nâoubliez pas les paroles. Souvenez-vous la (Reine) Margaux a gagnĂ© 59 fois et a remportĂ© la coquette somme de 530 000 euros. Quant Ă Kevin, il dĂ©croche 410 000 euros et peut ĂȘtre fier de ses 43 victoires. Comme un fil entre l'autre et l'un Invisible, il pose ses liens Dans les mĂ©andres des inconscients Il se promĂšne impunĂ©ment Et tout un peu tremble Et le reste s'Ă©teint Juste dans nos ventres Un nĆud, une faim Il fait roi l'esclave Et peut damner les saints L'honnĂȘte ou le sage Et l'on n'y peut rien Et l'on rĂ©siste, on bĂątit des murs Des bonheurs, photos bien rangĂ©es Terroriste, il fend les armures Un instant tout est balayĂ© Tu rampes et tu guettes Et tu mendies des mots Tu lis ses poĂštes Aimes ses tableaux Et tu cherches Ă la croiser T'as quinze ans soudain Tout change de base Et l'on n'y peut rien Il s'invite quand on ne l'attend pas Quand on y croit, il s'enfuit dĂ©jĂ FrĂšre qui un jour y goĂ»ta Jamais plus tu ne guĂ©riras Il nous laisse vide Et plus mort que vivant C'est lui qui dĂ©cide On ne fait que semblant Lui, choisit ses tours Et ses va et ses vient Ainsi fait l'amour Et l'on n'y peut rien On n'y peut rien Writers Jean-jacques Goldman, Erick Benzi Lyrics powered by Paroles Comme un fil entre l'autre et l'un Invisible, il pose ses liens Dans les mĂ©andres des inconscients Il se promĂšne impunĂ©ment Et tout un peu tremble et le reste s'Ă©teint Juste dans nos ventres un nĆud, une faim Il fait roi l'esclave et peut damner les saints L'honnĂȘte ou le sage et l'on n'y peut rien Et l'on rĂ©siste, on bĂątit des murs Des bonheurs, photos biens rangĂ©esLe meilleur de la pop française DurĂ©e 0329 Auteur Jean-Jacques Goldman, Eric BenziCompositeur Jean-Jacques Goldman, Eric Benzi.